commercialisation

Salon interprofessionnel des fruits et légumes d’Alsace à Sélestat

Le commerce dans la convivialité

Publié le 24/06/2017

Le deuxième salon interprofessionnel du commerce des fruits et légumes d’Alsace s’est tenu mardi 13 juin à Sélestat. L’occasion d’échanger et de se rencontrer dans un cadre convivial pour tous les acteurs du commerce de la région.

Producteurs, grandes et moyennes surfaces (GMS), grossistes, restauration hors domicile (RHD), ils étaient tous présents. L’interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) a mis à leur disposition un espace privilégié de dialogue, les Tanzmatten à Sélestat. L’idée est simple : faire se rencontrer tous les professionnels l’espace d’une journée, sans ordre du jour précis. « La journée est axée sur le commerce et la convivialité. Les professionnels exposent leur production. Les GMS, grossistes et autres interlocuteurs échangent avec eux. Le format est le même que l’année passée, car cela avait bien marché. Une trentaine de producteurs sont là. Ils viennent de toute la région. Cette année, il y a une belle présence du bio. Les onze enseignes de la distribution sont également présentes. Ce sont même elles qui ont demandé d’institutionnaliser cet événement lors du dernier conseil d’administration de l’interprofession », souligne Yannick Wir, animateur de l’Ifla. C’est donc dans ce contexte que s’est déroulée cette journée où les échanges ont été nombreux dans une situation économique toujours compliquée. Les gelées du mois d’avril laissent encore des traces avec des productions en baisse. L’impact est évident. Échanges et partage Producteur d’ails, d’échalotes ou encore d’oignons, Arnaud Metzger, professionnel à Stattmatten dans le Bas-Rhin, se félicite de l’organisation de cette journée. « Il faut y être présent pour être vu. Je cherche à me développer. Or, tout au long de l’année, ces échanges se font le plus souvent par téléphone. C’est bien plus difficile d’accéder à certains magasins ou lieux de vente et d’achat. Ici, les contacts sont directs. L’année passée, j’étais déjà présent. Il y a eu des retombées les jours qui ont suivi, des marchés qui se sont concrétisés. Aujourd’hui, les premiers contacts sont également positifs », constate avec satisfaction le jeune professionnel. L’état d’esprit est le même pour Gilles Dumont, directeur de Cora Houssen, et son responsable produits frais, Sébastien Vaxelaire. « Cora fait déjà travailler les producteurs locaux. Du moment qu’il y a une production locale ou régionale, nous la vendons. Mais, le consommateur cherche certains fruits et légumes tout au long de l’année. C’est là, que certains produits viennent alors d’ailleurs. Mais, je me répète, tant qu’il y a une production alsacienne, nous la valorisons. Cette manifestation est une très bonne initiative. Nous rencontrons les producteurs qui, le reste de l’année, sont plus ou moins éloignés de nous. Ce salon est un excellent moment d’échanges et de partage », affirme Gilles Dumont. Un peu plus loin, Claude Keller, qui gère l’entreprise légumière ID3A à Balgau, multiplie lui aussi les échanges directs. « C’est d’autant plus important cette année après le gel du mois d’avril. Ces événements climatiques font partie de notre métier. Mais, nous devons communiquer avec nos interlocuteurs pour leur parler production et qualité. Ce salon est un endroit idéal, car toute la chaîne de production est présente. » Un salon unique dans tout le Grand Est comme partout en France, comme le précisent Pierre Lammert et Fabien Digel, respectivement président et directeur de l’Ifla. Pierre Lammert était d’ailleurs ravi de recevoir Pascale Gaillot, conseillère régionale et présidente de la commission agriculture et forêt du Grand Est, ainsi que Patrick Bastian, vice-président de cette même commission. « Je viens pour découvrir cette manifestation, son originalité, ce savoir-faire, et pour rencontrer l’ensemble des professionnels. Ce type d’action est soutenu par la Région », rappelle Pascale Gaillot. Dans l’après-midi, après un déjeuner pris en commun, les échanges commerciaux se sont poursuivis. Un salon de proximité réussi.

Publié le 20/06/2017

La quatrième assemblée générale de l’organisation des producteurs de lait Sénagral (Oplase), désormais appelée organisation des producteurs de lait Seine et Est, s’est réunie le 9 juin à l’Écomusée d’Alsace. Des échanges vifs entre les producteurs et représentants de la laiterie Eurial Ultra Frais ont émaillé la séance.

L’Oplase réunit 453 exploitations dont 28 dans le Haut-Rhin. En janvier 2017, le président de l’organisation, Michel Rohrbach et le responsable de la production laitière chez Eurial, branche lait d’Agrial, ont signé un engagement réciproque qui prévoit que « les prix sont désormais les résultats de la valorisation moyenne du mix-produit Eurial ». « Le contrat que vous avez signé il y a cinq ans est obsolète, annonce Michel Rohrbach. On a tout mis à plat pour partir sur des bonnes bases juridiques. Nous aurons une autre réunion courant du mois de juin, afin qu’on puisse au mois de septembre proposer un contrat aux associations d’éleveurs ». L’autre objectif de cette rencontre sera d’obtenir le respect de la loi Sapin 2 avec une clause de sauvegarde équilibrée et une prise en compte de l’évolution des charges de production. « La fixation du prix est la chose la plus importante actuellement. Il faut un signe fort de la part de notre partenaire pour un prix rémunérateur pour les producteurs », requiert le président. 304,90 euros au premier trimestre 2017 En moyenne au premier semestre 2017, le prix des 1 000 litres de lait était de 307,95 euros dans l’Ouest et de 304,90 euros dans l’Est, soit une hausse de 32 euros par rapport au premier trimestre 2016. La différence entre l’Ouest et l’Est réside dans l’incorporation historique de la prime froid dans le prix de base de l’Ouest. Pascal Lebrun prend la parole en tant que président de la filière lait d’Agrial, Eurial : « Je suis un producteur de lait. Je crois au métier et je crois à l’avenir de notre profession ». Pourtant, il dresse un sombre tableau de la filière : « L’ultra-frais est toujours en crise. Son débouché est à 95 % vers les marques de distributeurs, nous sommes donc tributaires de la négociation avec la grande distribution. Le prix est en baisse de 2 %. Pour les fromages à pâte molle, c’est une baisse de 4 à 5 %. » Pascal Lebrun expose les leviers de développement étudiés par le groupe : « Il faut de l’innovation, de la création de marques, s’internationaliser. Il faut que l’on se dépêche de reprendre en main la communication qui nous est confisquée par la grande distribution ». Il propose de développer le lait bio, lait de chèvre, voire les laits végétaux. Les réactions ne se font pas attendre. Angélique Tallotte, éleveuse au Sud de Nancy, s’insurge : « Si l’entreprise nous rémunère correctement on n’aura pas besoin de développer ces niches ! Quelques centimes en plus ça ne nous ferait pas de mal ». Pascal Lebrun répond qu' « en payant 350 euros, on ne pourrait garder qu’un tiers de producteurs. Mais qu’est ce qu’on fait des autres ? L’objectif est d’amener tout le monde par le haut ». « On ne peut plus vivre comme ça » Sur ces mots, la Meurthe-et-Mosellanne se lève : « Je me suis installée il y a 20 ans. J’ai une fille qui nous a demandé : papa, maman, est que ce vous allez vous suicider ? Ça fait mal. Mon métier c’est d’être agricultrice, mais on ne peut plus vivre comme ça ». Christophe Bitsch, président des jeunes agriculteurs du Haut-Rhin enchaîne : « Nous, on arrive à produire à moindre coût. C’est vous qui êtes mauvais parce que vous n’arrivez pas à valoriser vos produits, ni à vous placer sur les marchés ». Le représentant d’Agrial répond : « Je suis convaincu qu’on a raté des choses depuis vingt ans. En 2003, on nous a annoncé la fin des quotas et on n’y a pas cru. On ne s’est pas préparé. En France, l’ultra-frais est tenu par dix opérateurs, toujours les mêmes, et les quatre géants de la grande distribution nous plombent. Il y en a toujours un qui finit par baisser les prix. Malgré tout, nous avons fait beaucoup d’effort pour maîtriser nos coûts de production et nos charges ». Jean-Claude Blondin est éleveur à Illois (Seine-Maritime) et maire de sa commune : « À la banque, si vous demandez un prêt, on nous conseille plutôt de vendre nos vaches ». « Est-ce que la France veut encore une production laitière ? », renchérit Jean-Jacques Rohrbach du Gaec de Wittelsheim. « On est payé 30 % de moins qu’en 2014 et pourtant le consommateur paie toujours la même chose. Où va cet argent ? ». Pascal Lebrun assure que le prix moyen est déterminé en fonction du mix des produits : « L’année dernière, la branche lait a fini à l’équilibre grâce au groupe et à sa filière légumes notamment ». Jean-Jacques Rohrbach commente qu'« avec un coût de production de 340 euros payé 300, nous ne serions plus là non plus si nous ne faisions que du lait ». C’est au tour de Philippe Allanic d’Eurial, responsable de la contractualisation avec l’Oplase, de se positionner : « Je peux vous assurer que le contrat est transparent sur la valorisation et le mix de l’ensemble des produits laitiers. La notion d’investissement peut vous interroger, mais il n’y aura pas de valorisation sans des investissements dans les innovations et dans les marques ». Entre 310 et 315 euros en moyenne « Donnez nous envie ! », lance le président de l’Oplase. Pascal Lebrun confirme que la fourchette de prix de 310 et 315 euros en moyenne pour l’année 2017 sera atteinte. « Les perspectives sont bonnes avec une baisse de la production dans certains pays », commente-t-il. Michel Rohrbach prévient que « s’il doit y avoir des manifestations, cela va être dur à vivre ». Pour conclure, un éleveur dit espérer que les négociations entre l’Oplase et Eurial seront bonnes. « Ne soyez pas responsable du génocide des éleveurs », ajoute Angélique Tallotte. Enfin, Daniel Perrin, producteur en Meurthe-et-Moselle et membre de la fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) clôt la séance : « Il faut redonner de l’espoir à nos producteurs. Si l’Oplase va bien, l’ensemble de l’élevage ira bien ».

Publié le 16/06/2017

Les participants aux premières assises de la vente directe, tenues jeudi 8 juin à Strasbourg, ont prédit un avenir prometteur aux circuits courts. Les changements dans les modes de consommation portent ce modèle de distribution. Mais les producteurs vont devoir continuer à s’adapter aux nouvelles pratiques.

Tous les voyants sont au vert pour la vente directe. Les assises régionales organisées le 8 juin à Strasbourg ont décortiqué les changements dans les modes de consommation et les moyens d’y répondre au mieux. Bertrand Oudin, consultant lyonnais et animateur de la séance d’introduction, explique le besoin de proximité des clients. L’urbanisation galopante « a éloigné le consommateur du monde rural, expose-t-il. Les gens souhaitent recréer un lien avec la campagne. » La perte de repères et de cohésion sociale ravive la nécessité de nouer des relations fortes. « Les gens veulent une proximité géographique et relationnelle », déduit l’expert en insistant sur ce dernier mot. Une crise économique bénéfique ? Paradoxalement, la crise économique aurait des conséquences positives sur la vente directe. Elle a ravivé une certaine forme de solidarité. Ou du moins, une conscience collective. Selon une enquête de l’institut Ipsos (2014), 97 % des Français estimaient qu’acheter local favorisait l’économie de leur région. Une manière d’acheter responsable. Autre point positif, le concept de décroissance perd en popularité. Une étude très récente de Greenflex montre que seulement 14 % des Français souhaitent réduire leur consommation en général. Un pourcentage en forte diminution puisqu’ils étaient 21,5 % en 2012. Dans le même temps, toujours plus de sondés estiment que les produits locaux ou labellisés sont synonymes de consommation responsable. Le local, cette valeur sûre De la même manière, les clients tiennent de plus en plus compte du respect de l’environnement dans leurs achats. Cette valeur dite « culturelle » ou « écologique » devient d’ailleurs un élément essentiel de la communication, dans tous les secteurs. Voitures moins polluantes, écotourisme et bien entendu produits alimentaires de qualité. Sans colorants ni conservateurs évidemment ! Là dessus, les producteurs partent avec un avantage certain sur la concurrence. Dans l’étude Ipsos, 46 % des sondés se déclaraient rassurés de la qualité d’un produit quand celui-ci est vendu directement par le producteur. Selon une enquête du Credoc (2015), les termes « proximité, » « local » et « producteur » deviennent des qualificatifs récurrents pour désigner un bon produit. Pas de doute, les paysans sont dans le cœur des consommateurs. Aller vers le consommateur Cependant, cela ne suffit pas. « Les gens cherchent une relation authentique, mais ils n’oublient pas les aspects pratiques », prévient le spécialiste du jour. Autrement dit, simplifier la vie du client devient primordial. Les courses sont de plus en plus vécues comme des corvées. D’après l’Insee, entre 1986 et 2010, la part des Français considérant le shopping alimentaire comme une tâche ingrate a doublé. Passant de 10 à 20 %. Pour que l’idylle perdure, il faut donc s’adapter aux nouvelles pratiques. Par exemple, l’essor du m-commerce (achats sur smartphone) implique le développement de nouvelles offres digitales. Vente directe et terroir riment désormais avec technologie. Le modèle click & collect, mode de distribution qui permet de commander sur internet avant de retirer en magasin, a le vent en poupe. En témoignent les nombreux drives fermiers sortis de terre depuis cinq ans. Mais ce n’est pas tout. Les livraisons en point de retrait se multiplient un peu partout en France. De même que les paniers à retirer en gare. Fruits de partenariats entre des producteurs et la SNCF, ils mettent littéralement les produits sur le chemin des voyageurs. Dernière innovation en date ? Les casiers urbains. Ces boîtes fonctionnent comme des distributeurs automatiques. À ceci près qu’au lieu d’acheter des snacks ou des sodas, on retire des produits fermiers. Pour la relation authentique on repassera, mais niveau pratique le système est imparable.

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