FDSEA

Fdsea, ses actions

Faire la fête…

Publié le 10/05/2018

Durant quelques jours, nous avons été abreuvés par le joli jeu de mots « faire la fête à Macron ». Évidemment, derrière ce phrasé, chacun peut bien y mettre ce qu’il veut. Dans nos campagnes, nous cultivons l’image de nos villes et villages, ce qui permet aux urbains de faire tranquillement la fête dans un cadre idyllique. Sacré cadre qui hélas aujourd’hui devient la foire aux bobos ! Peut-on encore durablement accepter ces incivilités croissantes des gens qui promènent le gentil toutou, voire qui roule derrière le chien histoire d’aérer la bête, enfin presque. Au-delà des crottes, des voitures qui empiètent le champ, sans oublier ceux qui se garent n’importe où, ou qui nous regardent de travers quand on soigne nos blés, il y a un pas qui nous agace et on peut comprendre qu’ici et là on veuille, nous aussi, faire la fête à certains ! J’adore voir ces colliers antimoustiques avec des produits interdits pour nous, à en pleurer de rire, car sept doses d’anti-poux ou tiques correspondent à la couverture d’un hectare de terre. Avec le nombre d’animaux de compagnie, on voit bien qui dérive et où ! J’ai l’impression que le monde se meurt tout doucement par la pauvreté de son intelligence, comme si désormais il y avait les sachants et les autres. N’est-ce pas risible tout cela, mais faire la fête aux paysans est tellement bon, et surtout cela permet de faire fructifier les comptes en banque des maîtres de l’absurde ! Au fait, qui a entendu parler des 6 millions d’abeilles victimes du Vectobac, un super insecticide bio… Ouf, heureusement que notre département démontre la complémentarité entre les professionnels de l’agriculture ! Mais comme toute semaine avec des ponts, à l’image d’un appât à souris, on nous distille un leurre histoire de nous faire tous culpabiliser. Désormais, nous vivons déjà à crédit ! L’État, oui, depuis belle lurette, mais nous simples concitoyens aussi, semblerait-il quand j’écoute le cher Hulot ! Il faut changer nos modes de vie et surtout, oui, la fête aux paysans revient, stopper les pesticides sinon, trois terres te faudra ! Alors on va faire tout cela, dès que M. Hulot aura changé à titre personnel de mode de vie car si nous avions tous sa panoplie d’engins de toute sorte, nous serions toujours à crédit ! Heureusement que dans leur petit coin, les cultures que l’on entretient, concourent à transformer le CO² en O². En mode silence, nos plantes travaillent et nos bêtes entretiennent. À quand une vraie fête pour ce joli labeur ? Pour finir, quelques mots sur les États Généraux de l’Alimentation ! Une belle idée, un accord avec bon nombre de Députés, mais au final, un texte d’une piètre emprise, hormis des contraintes nouvelles ! Dans 10 jours, le texte sera à l’Assemblée Nationale et là on fera les comptes. Faute d’un vrai projet pour les gens de la terre, on viendra vous faire la fête, et oui, vous aussi aurez droit à un joli anniversaire ! On ne joue pas avec la Terre alors ne jouons pas avec le monde paysan !

Interview de Jean-Marc Schwartz, administrateur à l’AGPM

Préservons les territoires maïsicoles !

Publié le 03/05/2018

Les travaux de la réforme de la Pac sont largement engagés et la Commission européenne doit présenter ses propositions le 29 mai prochain. Le verdissement, jugé trop complexe et inefficace passera inexorablement à la moulinette de la réforme. L’avenir des zones spécialisées maïs est donc au cœur des préoccupations de l’Association Générale des Producteurs de Maïs qui se mobilise pour faire connaître les spécificités de ces territoires. Explications avec Jean-Marc Schwartz, administrateur de l’AGPM, à Ensisheim.

PHR : alors que la Commission européenne s’apprête à livrer ses propositions pour la prochaine Pac à la fin du mois, qu’est ce qui pourrait changer pour la production de maïs ? Jean-Marc Schwartz : « Outre les interrogations sur le budget et le risque de subsidiarité accrue qui impacterait l’ensemble des agriculteurs français, le verdissement est fortement remis en cause. Dans son rapport de fin 2017, la cour des comptes européenne pointe du doigt ce dispositif qu’elle estime inefficace du point de vue environnemental et prône la rotation à la parcelle. L’enjeu est donc de taille pour quelques 600 000 ha de maïs, cultivés en monoculture, en particulier en Aquitaine, mais aussi en Alsace et en Rhône-Alpes. Dans ces zones, le maïs est une culture ancestrale. Lors de la dernière réforme, l’AGPM et la CEPM étaient parvenues à sensibiliser la Commission européenne à la pertinence économique et environnementale de ces exploitations - le plus souvent de petite taille - où la transformation du maïs est réalisée sur place (par des élevages) ou à proximité immédiate de la production (usines au pied des champs). Nous avions donc obtenu la certification maïs comme équivalence au verdissement. » PHR : La monoculture reste toujours pointée du doigt comme n’étant absolument pas durable. Qu’avez-vous comme arguments pour convaincre la Commission et l’État français de ne pas imposer partout la rotation ? J-M. S. : « Nous avons aujourd’hui le bilan de trois années de certification maïs qui concerne 1 400 exploitations et 80 000 ha de maïs. Les exploitations engagées dans la certification ont développé les couverts hivernaux sur la totalité de leurs parcelles qui présentent d’incontestables bénéfices pour l’environnement. Les agriculteurs certifiés contribuent davantage aux objectifs environnementaux de la Pac que les exploitations qui se sont diversifiées pour répondre aux exigences du verdissement. Mais les préjugés sont nombreux sur le maïs. Les inquiétudes portent essentiellement sur les sols, la biodiversité, les paysages et le recours à l’irrigation comme l’avait évoqué Jean-Claude Bévillard, vice-président de FNE, à notre dernier congrès. Autant de points sur lesquels nous avons demandé l’expertise de l’institut Arvalis. Nous avons à présent tous les résultats pour affirmer que le maïs, y compris en monoculture, bien loin de menacer l’environnement, contribue à le préserver. » PHR : Comment cela ? J-M. S. : « Déjà, le maïs est la grande culture nécessitant le moins de produits phytosanitaires à l’hectare : pas de fongicide, peu d’insecticides, quelques interventions herbicides pouvant parfois être remplacées par du désherbage mécanique. Ensuite, la plante est particulièrement efficace pour stocker le carbone dans le sol grâce à son abondante biomasse laissée au sol après la récolte. En outre, les mesures de biodiversité dans le sol ont montré une très forte activité biologique et ce, même après cinquante ans de monoculture. Il en est de même pour la végétation qui abrite autant d’insectes que dans les jachères apicoles proches*. Loin de s’appauvrir, les sols conservent leur richesse en matière organique, en témoigne d’ailleurs l’augmentation régulière des rendements dans ces zones. Quant au recours à l’irrigation, il est loin d’être systématique (près de 50 % des parcelles en monoculture sont en culture pluviale, à commencer par toutes les zones de vallées hydromorphes). » PHR : Comment comptez-vous faire reconnaître ces résultats auprès de la Commission européenne ? J-M. S. : « La CEPM, Confédération Européenne de la Production de Maïs, rassemble le maïs européen représenté par ses dix pays membres (Allemagne, Bulgarie, Espagne, France, Hongrie, Italie, Pologne, Portugal, Roumanie et Slovaquie) et présidé par Daniel Peyraube, le président de l’AGPM. Elle se mobilise en ce moment à Bruxelles, avec l’AGPM, pour présenter ces résultats aux directions générales de l’agriculture et de l’environnement de la Commission européenne mais aussi à toutes les parties prenantes (ONG, parlementaires…).   L’objectif est de montrer toute la richesse de ces petits territoires à très hautes valeurs, avant tout humaines, économiques, environnementales mais également paysagères, qu’il est impératif de préserver. Autant d’arguments pour convaincre que la Pac ne doit pas imposer des mesures systématiques, parfois contre-productives, mais au contraire permettre des adaptations locales et efficaces pour l’environnement et économiquement viable à l’image de la monoculture dans les territoires maïsicoles ».

Publié le 20/04/2018

Vendredi 13 avril, la Fdsea du Haut-Rhin a été reçue par Sébastien Lecornu, Secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, en charge du dossier de Fessenheim. L'agriculture a obtenu sa place dans la construction de l'avenir énergétique du secteur.

La fermeture de Fessenheim sera accompagnée d’un plan d’envergure en matière d’énergie renouvelable et d’accompagnement pour l’établissement d’entreprises vertueuses. L’agriculture du département veut à ce titre être un interlocuteur privilégié. Aussi, la FDSEA a sollicité et obtenu un entretien avec M. Le Ministre Lecornu – d’une durée d’une heure- pour parfaire le rôle des exploitants agricoles. En préambule, saluons le côté volontariste du Ministre qui partage la démarche de la FDSEA et qui considère comme nous que nous devons être des plus actifs afin que nos entreprises profitent de l’opportunité d’adosser à nos productions traditionnelles, des activités complémentaires à des fins de diversification des revenus. Trois dossiers privilégiés ont été abordés : le photovoltaïque, la méthanisation et la filière luzerne Un appel à projet photovoltaïque de 300 MégaWh Acte est donné ce jour pour un appel à projets d’envergure pour notre département, d’une capacité de 300 MégaWh. La cible privilégiée sera les toitures des bâtiments. Avec le Ministre, nous avons pris l’engagement d’être exemplaires et de fédérer au plus vite l’ensemble des exploitants agricoles désirant profiter de cette opportunité. Le principe retenu sera 1 bâtiment = 1 projet. Nous avons convenu que nous allons prendre attache avec les antennes locales de nos partenaires énergie (Enedis, Vialis, Alsen, Uem) pour être en capacité à présenter, dès le mois de septembre, des projets qui tiennent compte du Schéma Régional de raccordement électrique. Nous devons être les premiers à « dégainer » sur ce projet. Un Schéma départemental de la méthanisation Demande a été faite au Ministre que nos métiers puissent être des acteurs majeurs pour le fonctionnement des nouvelles installations. Nous souhaitons être partie prenante lors de la procédure d’appel d’offres afin que les unités de méthanisation soient d’une taille adaptée aux différents territoires. Le Ministre a confirmé l’existence d’une enveloppe financière conséquente, et a réaffirmé devant nous, le rôle essentiel de la Caisse de dépôts et consignations à des fins d’accompagnement financier des projets. Bien évidemment, différents projets d’envergure ont été présentés lors des réunions précédentes. Pour autant, nous avons ensemble acté l’élaboration d’un label méthanisation par la création d’un groupe de professionnels capables d’accompagnement technique des futures installations. Enfin et sur notre demande, le Ministre a décidé qu’il y a lieu de bâtir un schéma départemental de la méthanisation pour profiter de la synergie entre les projets et les acteurs. Créer une filière de déshydratation de luzerne Présentation a été faite de la volonté de la FDSEA – APCO de créer une filière de déshydratation de luzerne. Une filière qui permet de « recycler de l’énergie », de diversifier les sources de revenus des agriculteurs tout en les accompagnant en fonction des enjeux environnementaux sur leur territoire. Le Ministre fut très attentif à notre demande et a souhaité que les collectivités locales (Département, Région...) s’engagent à nos côtés. Notons qu’il souhaite que cette installation soit créée au plus près du site de reconversion de la centrale. Enfin, le Président de la FDSEA a demandé qu’il n’y ait pas de distorsion de concurrence qui s’installe suite aux synergies voulues avec nos voisins allemands. Pour conclure, et au-delà des phrases de circonstance, nous avons apprécié cette entrevue qui fût très à l’écoute, partagée et constructive.

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