Fruits et légumes

Interprofession des fruits et légumes d’Alsace

La quetsche est en avance

Publié le 27/08/2020

Habituellement récoltée début septembre, la quetsche d’Alsace est en avance. Depuis une dizaine de jours, les exploitations concernées effectuent le travail pour acheminer un fruit emblématique de notre territoire apprécié par les consommateurs.

Le lancement officiel de la saison des quetsches en Alsace s’est déroulé lundi 24 août sur l’exploitation de la famille Bernhard à Sigolsheim. « Cela fait plaisir de se retrouver en ces temps économiques et sanitaires compliqués. La période qui arrive est importante pour les fruits et les légumes en Alsace. Nous démarrons avec la quetsche. Puis, il y aura la pomme avec un lancement officiel début septembre chez Verexal à Obernai. Un focus sera ensuite fait sur la Natti à la fin du mois de septembre. Il est important de valoriser nos productions régionales et l’action des professionnels. Ce travail de communication est complété, tous les ans, par un concours d’étalage dans les magasins. Il s’agit de mettre en avant les fruits et légumes alsaciens. Nous sommes le seul territoire français à proposer de telles actions », rappelle Pierre Lammert, président de l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace. Lancement de la saison "quetsches d'Alsace" En direct de l'exploitation Fruits Bernhard à Sigolsheim. Publiée par Fruits et légumes d'Alsace sur Lundi 24 août 2020 La quetsche d’Alsace est plus petite que les autres prunes bleues. Aussi bien par sa longueur que par son calibre. Son noyau est également plus petit. Il n’adhère pas à la chair du fruit. Sa morphologie est très spécifique. Son diamètre est compris entre 28 et 32 mm dans le cas des fruits de bouche et entre 26 et 32 mm dans le cas des fruits destinés à la transformation pour l’industrie ou la distillerie. Parmi les autres caractéristiques visuelles de la quetsche d’Alsace, il y a d’abord cet aspect extérieur. Le fruit est ferme, mais sans excès. « La couverture en pruine est bien développée et la coloration est intense. Elle va de violacée à bleu nuit. Cette couverture en pruine doit être préservée car il s’agit d’un critère de fraîcheur et de conservation. C’est un gage de bonne manipulation des fruits. La typicité de la quetsche repose sur une fine peau protégée par cette couverture en pruine. Les autres prunes bleues ont, elles, une peau plus épaisse », indique Joël Reisz, président de l’association des producteurs de petits fruits et fruits à noyaux et lui-même producteur à Traenheim. Concernant l’aspect intérieur de la quetsche, la coloration de sa chair est assez marquée. Elle va du jaune-vert au jaune-orange.   Installations « anti gel » et irrigation Comme d’autres productions, la quetsche d’Alsace est confrontée cette année à une météo particulière. Les quelques gelées de cet hiver ont fait des dégâts tout comme la chaleur et surtout la sécheresse qui ont suivi. « Des secteurs s’en sortent très bien alors que d’autres souffrent. Des fruits sont tombés ou ont un problème de calibre. Chaque parcelle, chaque lieu géographique est particulier. Pour l’avenir, nous devons réfléchir à la mise en place d’installations « anti gel », mais également à l’irrigation. Il en va de la pérennité de nos exploitations et de cette culture. D’habitude, la quetsche se récolte à compter du début du mois de septembre. Nous avons donc une quinzaine de jours d’avance. C’est problématique car les consommateurs n’attendent pas la quetsche à cette période de l’année. Il faut pourtant sortir des volumes. Par endroits, la quetsche a souffert au plus fort de la canicule. Au-delà de 30 degrés, le noyau a parfois trop emmagasiné de chaleur », ajoute Joël Reisz. 2️⃣ #AgriGoodNews – Réussir Fruits & Légumes – Une bonne année pour la #quetsche d’Alsace malgré le gel et la sécheresse ? https://t.co/SFefLxDdFm pic.twitter.com/u1qjFgAm8m — AgriGoodNews (@AgriGoodNews) 27 août 2020 La récolte a démarré après le week-end du 15 août et doit se poursuivre jusqu’à début septembre. Ensuite, il faut commercialiser et valoriser la production. Ce que font les producteurs regroupés au sein de l’association des producteurs de petits fruits et fruits à noyaux (Appffna). Elle regroupe trente professionnels adhérents en Alsace. Ils représentent 200 hectares environ de surface en fruits. L’association a pour objectifs de dynamiser et promouvoir la production des fruits à noyaux et petits fruits. Une valorisation au travers, par exemple, d’une étiquette apposée sur les cagettes. « Les professionnels s’adressent alors directement aux consommateurs en leur expliquant les spécificités du fruit. Tout est passé en revue avant même de pouvoir le goûter », se félicite Joël Reisz. Une nouvelle trieuse optique Parmi les producteurs, la famille Bernhard à Sigolsheim. Une exploitation issue d’une lignée de vignerons qui a su se restructurer, se moderniser et se diversifier. Aux vignes se sont ajoutés des fraisiers, des framboisiers, des mûriers puis des quetschiers. Aujourd’hui, la production est issue d’une agriculture raisonnée. « Cette méthode de production donne la priorité aux méthodes écologiquement sûres en limitant les intrants et en assurant une traçabilité de nos produits. Nous profitons également de la faune auxiliaire en entretenant leur écosystème. Notre surface de travail occupe 40 hectares de mirabelles et de quetsches, et 10 hectares de petits fruits. Sans compter la vigne. Nous poursuivons cette diversification pour être le plus viable possible. L’optimisation de la qualité de nos produits est une priorité », explique Danielle Claudepierre, fille de Bernardin et Fernand Bernhard qui avaient planté les premiers mirabelliers dans les années 1960 et développé l’entreprise. En 2017, l’exploitation avait été durement éprouvée par le gel. Cette catastrophe climatique a motivé la famille Bernhard à investir dans du nouveau matériel de travail. Et notamment, une trieuse optique. « Ces aléas climatiques reviennent de plus en plus souvent. Nous devions donc réagir. D’autant plus que le tri de nos produits était compliqué. Cette machine nous permet d’assurer et donc de sauver une grosse partie de la récolte. Elle contrôle, trie et corrige les fruits récoltés en fonction de ce que nous voulons pour leur qualité. La machine ne se pilote pas toute seule. Il faut être présent et assurer son bon fonctionnement. Mais, c’est un gage de qualité », se réjouit Yves Claudepierre. Cela a nécessité un investissement de 400 000 €. Mais, le résultat est là. La teinte, le calibre, la fermeté, l’esthétique, rien n’échappe au laser optique de cette machine. Les fruits écartés sont ensuite envoyés chez les distillateurs. Avant cela, les quetsches sont directement récoltées sur leurs arbres sur des parcelles situées non loin.

La vente directe via un distributeur... automatique

Vendre ses fruits, légumes, pommes de terre, farines, etc., 24h/24 et 7j/7 c'est le choix de plus en plus de fermes habituées ou non à la vente directe. Pour cela elles ont investi dans un distributeur automatique. À Rohrwiller, dans le Bas-Rhin, se situe la société Filbing Distribution créée en 2008 qui commercialise des distributeurs à casiers partout en France...

Assemblée générale Planète Légumes

Une place qui se consolide dans le Grand Est

Publié le 20/02/2019

La station Planète Légumes confirme année après année son rayonnement dans la région Grand Est. En plus de ses missions premières d’expérimentation et de recommandation, elle est maintenant sollicitée par les collectivités et les agriculteurs pour d’autres domaines d’expertise comme la création de serres, les économies d’énergie ou le stockage des fruits et légumes.

Petit à petit, Planète Légumes trace sa route dans la région Grand Est et en France. Créée à l’origine en Alsace, la station d’expérimentation est de plus en plus sollicitée par des agriculteurs et des collectivités au niveau du Grand Est pour des projets de méthanisation, de créations de serre, de stockage des fruits et légumes, ou d’économies d’énergie. « Nous sommes reconnus en tant qu’experts sur ces points. Il nous manque encore la compétence pour les études économiques et les coûts de distribution dans les différents circuits de commercialisation », souligne le président de Planète Légumes, Pierre Lammert. Si le développement en Grand Est a été favorisé par la relation étroite tissée avec la Chambre d'agriculture régionale, il y a encore un peu de travail de promotion à faire auprès des chambres départementales lorraine et champardennaise. « C’est une démarche essentielle pour nous faire connaître. Beaucoup de départements ne savent pas ce qu’on fait au niveau des légumes », poursuit Pierre Lammert. Dans le Grand Est, Planète Légumes est en effet la seule station légumière sur les trois stations expérimentales existantes. Une station régionale dans un réseau national Elle a la chance de pouvoir s’appuyer sur une filière « bien structurée » dans la grande région. Encore plus depuis la signature du contrat de filière en 2018 avec le Conseil régional. « Cela a été une avancée importante pour la collectivité mais aussi pour les professionnels », se félicite Pierre Lammert. Parmi les points qui composent ce contrat de filière, l’expérimentation occupe une place essentielle. « C’est avec elle que nous pouvons apporter des nouvelles solutions et des conseils pointus à nos producteurs. C’est une étape clé pour une meilleure compétitivité de l’exploitation, et cela offre des perspectives à pour les jeunes qui souhaitent s’installer », continue le président de Planète Légumes. Des problématiques qui ne sont pas que régionales mais aussi nationales. À ce titre, la présence de Planète Légumes au sein de l’association nationale des stations d’expérimentation fruits et légumes, Irfel, est « plus qu’enrichissante » pour les techniciens. « Sur la trentaine de stations expérimentales qui existent en France, 25 stations font partie de cette association. Du coup, on peut avoir de nombreux échanges sur les différentes problématiques que nous rencontrons », indique Pierre Lammert. Dans cette quête continue d’amélioration et d’expertise, Planète Légumes peut compter sur le soutien financier de divers organismes : la Chambre régionale d’agriculture à hauteur de 100 000 euros, mais aussi le Conseil régional, les conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, la Draaf, le Casdar les BSV d’Alsace et de Lorraine ou encore l’Agence de l’Eau. Un panel de partenaires qui légitime encore davantage les missions principales de Planète Légumes : répondre aux problématiques des producteurs, être force de proposition et anticiper les besoins des consommateurs. La station expérimentale donne d’ailleurs rendez-vous à ces derniers du 3 au 13 octobre prochain au Parc des expositions du Mulhouse à l’occasion de la nouvelle édition de Folie’Flore dédiée aux fruits et aux légumes.  

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