Grandes cultures

Intervention de François Bernier, enseignant chercheur en biologie moléculaire

« Les plantes répondent aux critères de l’intelligence »

Publié le 08/12/2017

L’assemblée générale de la CAC s’est terminée avec l’intervention de François Bernier, enseignant chercheur en biologie moléculaire à l’université de Strasbourg, qui a présenté les travaux de plusieurs chercheurs démontrant une forme d’intelligence chez les plantes.

« Quand vous irez faire votre moisson, vous verrez peut-être vos plantes différemment. » François Bernier, enseignant chercheur en biologie moléculaire à l’université de Strasbourg, adresse aux adhérents de la CAC une drôle de prédiction. Son exposé, présenté en clôture de l’assemblée générale extraordinaire de la coopérative, apporte un regard nouveau sur les végétaux et la manière dont ils fonctionnent. Plusieurs chercheurs ont en effet essayer de démontrer que ces derniers disposaient bel et bien d’une intelligence qui leur était propre. Un sujet très nouveau qui fait la une du dernier numéro du magazine Science et Vie, actuellement en kiosque. Les plantes voient les couleurs, pas les images Avant toute chose, il convient d’abord de définir ce qui caractérise l’intelligence. « C’est le fait de connaître, de savoir, de communiquer, d’être conscient d’élaborer des stratégies, de résoudre des problèmes, de percevoir son environnement, de se souvenir, de classer, de hiérarchiser et de prendre des décisions », détaille François Bernier. Une fois ce postulat établi, il faut éviter les pièges de l’anthropomorphisme, à savoir prêter aux êtres vivants des comportements et sentiments humains, et ainsi ne voir l’intelligence que par ce seul prisme. C’est ce qu’on fait les différents scientifiques qui ont travaillé sur le sujet. Pour commencer, il faut déjà savoir si les plantes savent ce qui se passe autour d’elle, la « première étape de l’intelligence » note François Bernier. « Est-ce qu’elles voient ? Si oui, comment ? Et que voient-elles ? » Les plantes sont en effet dépourvues d’œil comme les animaux ou les humains peuvent l’être. Elles disposent en revanche de photorécepteurs sensibles à des longueurs d’onde, comme ceux qu’on peut trouver dans nos yeux. « Nous savons ainsi qu’elles peuvent voir les couleurs, pas les images. Contrairement à nous, elles n’ont pas un cerveau qui leur permet de traiter ce qu’elles voient. » Les plantes sont également sensibles à l’alternance jour/nuit, et savent détecter la présence d’autres plantes. On peut citer comme exemple la cuscute, un parasite végétal qui sait faire la différence entre un plant de blé et un plant de tomate autour duquel il viendra s’enrouler. « Les plantes qui ont inventé la guerre chimique » Deuxième question à se poser : les plantes sont-elles capables de sentir comme nous le faisons avec notre système olfactif ? Là encore, la réponse est affirmative comme l’illustre François Bernier : « On utilise de l’éthylène pour faire mûrir les bananes importées d’autres pays. Et si nous mettons un autre fruit à côté d’une banane ayant baigné dans ce gaz, on se rend compte qu’il mûrit plus vite qu’un fruit identique qui est isolé. » Ensuite, les chercheurs ont établi que les plantes savaient sentir le goût comme les humains, mais sans papilles gustatives. Leurs racines savent en effet détecter les éléments nutritifs présents dans le sol et ainsi se frayer un chemin jusqu’à eux. Les plantes savent aussi communiquer entre elles et avec leur environnement, même si elles n’émettent pas de son pour ce faire. Une communication chimique qui permet de détecter des plantes et des bactéries dans le sol, mais aussi une communication par les odeurs ou les couleurs pour attirer à elles les insectes pollinisateurs. Elles sont également capables d’émettre un signal de détresse quand elle est attaquée en produisant du salicylate de méthyle, considéré comme « l’aspirine de la plante ». « Cela devient un système de défense contre les pathogènes. En clair, ce sont les plantes qui ont inventé la guerre chimique », fait remarquer François Bernier. Un autre élément essentiel qui confirme l’intelligence des plantes est leur capacité à se souvenir. Une plante carnivore par exemple doit être touchée à au moins deux endroits différents en moins de trente secondes pour se refermer. « Ce qui veut dire que la plante se rappelle avoir été touchée une première fois. » De la mémorisation à la prise de décision Si on ne peut pour l’instant pas prouver que les plantes aient conscience d’être des plantes - comme les hommes -, on sait en revanche qu’elles ont conscience de l’endroit où elles se trouvent. « Elles détectent la lumière et sont capables de toucher. En fonction de cela, elles sont capables d’évaluer si cet environnement est propice à leur développement. On observe ainsi des plantes qui se développeront pour aller chercher davantage de lumière. » Car, oui, les plantes sont capables de prendre des décisions. Lors du fleurissement, elles peuvent être confrontées à plusieurs facteurs contradictoires leur indiquant que c’est le moment ou non de déclencher cette étape. Idem pour la graine qui prend la décision de germer en fonction des informations dont elle dispose. Encore plus étonnant, les plantes sont capables de transmettre des informations d’une génération à l’autre. « On a ainsi observé que deux groupes de plantes dont les parents avaient poussé respectivement à 10° et 30° présentaient des différences de taille lors de leur croissance alors qu’ils étaient disposés côte à côte. C’est ce qu’on appelle la mémoire épigénétique, une façon de transmettre à la génération suivante les stress accumulés dans la vie. » Dans le même registre, les chercheurs ont aussi observé des arbres qui produisaient un insecticide un an après avoir été infestés alors même qu’aucun insecte n’était présent à ce moment-là. Tous ces faits observés sont pour François Bernier la preuve que les plantes répondent bien aux critères de l’intelligence avec une notion de conscience qui est bien là, une capacité à communiquer, à prendre des décisions, à se défendre et à mémoriser. En revanche, les travaux menés par ces scientifiques n’ont pour l’instant pas démontré que les plantes entendaient. « Même si des expériences prouveraient l’influence de la musique sur la plante, les recherches qui ont été menées sur le sujet ont plutôt démontré que les plantes n’entendaient pas. Du coup, il vaut mieux continuer à les arroser et à leur donner de l’engrais. » Même pourvue d’intelligence, une plante a des besoins de plante.

Qualité de l’eau souterraine en Alsace

« Il faut continuer à faire progresser les techniques »

Publié le 08/12/2017

Jeudi 30 novembre, l’Aprona a présenté les résultats de son étude sur les nitrates et les produits phytosanitaires dans les eaux souterraines d’Alsace. Principale conclusion : la présence de produits phytosanitaires et de leurs métabolites se généralise. Une table ronde a permis de mettre ces résultats en perspective. Et d’identifier quelques freins qu’il s’agit de lever pour permettre aux agriculteurs de produire tout en préservant l’environnement.

Tout le monde aurait aimé pouvoir analyser et commenter des chiffres différents. Mais les résultats de l’étude de l’Aprona sont ce qu’ils sont (lire en encadré). Et il s’agit désormais « d’examiner les politiques publiques existantes, et d’en construire de nouvelles », a déclaré Frédéric Pfliegersdoerffer, président de l’Aprona, lors de son allocution d’ouverture de la demi-journée de restitution des résultats. Pour Christian Guirlinger, président de la commission Environnement de la Région Grand Est, ces résultats ont le mérite d’arriver à temps : « Ils vont permettre d’anticiper les politiques à mener et d’identifier des pistes de travail pour adapter les actions engagées afin de réduire la pollution par les produits phytosanitaires ». Une table ronde réunissant Guy Dietrich, de l’Agence de l’eau Rhin Meuse, Cécile Billaud, de l’Agence régionale de Santé Grand Est, Fabien Metz, de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Jean-Philippe Torterotot, directeur régional adjoint de la Dreal Grand Est, et Christian Guirlinger a fait suite à la présentation des résultats. L’étude met notamment en évidence la rémanence importante de certaines substances actives. « Il faut avancer sur la compréhension de ces phénomènes », a estimé Jean-Philippe Torterotot. Il a aussi considéré qu'« on ne peut pas comparer ces résultats à ceux qu’on aurait eus si on n’avait rien fait. L’échec aurait été de ne rien faire et de ne pas s’intéresser à la situation. » Une analyse que partage Christian Guirlinger, pour qui ces résultats « vont permettre d’agir pour corriger le tir ». « Accepter le temps long de la nature et des phénomènes chimiques » Fabien Metz a rappelé que les agriculteurs utilisent les produits phytosanitaires dans le respect d’un cadre réglementaire, avec des AMM, des doses maximales… « Malgré cela, constater que des molécules migrent vers la nappe nous interpelle. Pour quelles raisons certains produits phytosanitaires migrent plus ou moins en fonction des secteurs ? Le savoir nous permettra de mieux adapter nos pratiques. » Il a rappelé que les agriculteurs utilisent des produits phytosanitaires pour préserver les cultures des ravageurs et pour respecter des normes de qualité sanitaires. S’ils n’en utilisent pas, ils risquent une perte de rendement, ou de qualité, donc de revenu. Et s’ils utilisent des alternatives aux produits phytosanitaires, cela engendre un surcoût qu'ils ont du mal à répercuter sur le prix de vente, car il est dicté par un marché mondial, où la concurrence est rude, et par une logique de prix bas. Pour Guy Dietrich, ces résultats ne sont pas une surprise puisqu’ils convergent avec les données des Agences de l’eau. Il s’est félicité de la stabilisation enregistrée pour les nitrates, bien qu’il considère que leur teneur soit toujours inquiétante. Quant aux résultats sur les produits phytosanitaires, « il faut accepter le temps long de la nature et des phénomènes chimiques ». Reste que « le nombre élevé de molécules retrouvées, et leur possible effet cocktail, sont préoccupants». « La présence de résidus de produits phytosanitaires dans l’eau est un sujet à préoccupation sanitaire fort, qui figure parmi les quatre priorités de la politique nationale de santé, avec la pollution de l’air et les perturbateurs endocriniens », a indiqué Cécile Billaud. Il existe certes des procédés de traitement de l’eau pour la rendre potable, mais pour protéger la santé des populations, il faut en installer plus, et « mieux protéger la ressource en eau potable en amont ». Des actions à poursuivre Les participants sont revenus sur les actions qui ont d’ores et déjà été engagées, et que nous avons évoquées dans notre précédente édition. Guy Dietrich a rappelé que  l’Agence de l’eau Rhin Meuse finance des postes de conseillers, participe au financement des conversions à l’agriculture biologique et de différents plans (AgriMieux, FertiMieux, Ecophyto…). « Il est nécessaire de mobiliser de nouveaux financements », a-t-il lancé. Jean-Philippe Torterotot a souligné que, de 1991 à aujourd’hui, le nombre de substances phytosanitaires autorisées est passé de 1 200 à 300, ce qui démontre la restriction qui est faite à leur usage. Fabien Metz a indiqué que la profession agricole a engagé diverses actions. Parmi elles, il a plus longuement évoqué le réseau Dephy, dont il fait partie, et qui vise à « faire se rencontrer les agriculteurs afin de faire évoluer les pratiques». Puis à vulgariser et diffuser ces nouvelles connaissances. « Dans mon groupe, l’IFT moyen a baissé de 28 %, sans conséquence sur le revenu. Cette marge de progrès peut être démultipliée. Mais pour atteindre une baisse de 50 % des IFT, il faudra d’autres accompagnements », a-t-il estimé. Techniques, mais aussi financiers, car les solutions de biocontrôle ont un coût qu’il faut pouvoir répercuter sur le prix de vente. C’est le cas en agriculture biologique, mais c’est plus difficile en agriculture conventionnelle : « Ce n’est pas moi qui fixe mon prix de vente. Si on veut pouvoir le faire, il faut trouver d’autres façons de vendre. » D’autres à engager Que faire à l’avenir pour que, dans six ans, la qualité des eaux souterraines se soit améliorée ? Pour Jean-Philippe Torterotot, il s’agit de « ne baisser la garde sur aucune piste car il n’y aura pas de solution unique. » Certes il faut continuer à faire progresser les techniques. Mais la substitution de molécules par d’autres ne réduit pas la contamination globale, a-t-il souligné. Il s’agit donc de chercher des produits moins problématiques. Et l’Inra y travaille. Jean-Philippe Torterotot a aussi estimé que les solutions passeront par une évolution des modèles de production. Mais pas seulement. « C’est l’ensemble du système agricole, de l’alimentation et des filières de consommation qu’il faut revisiter. Et c’est le travail qui est engagé dans le cadre des États généraux de l’alimentation. » Pour Guy Dietrich, il s’agit d’identifier les secteurs les plus dégradés, et d’y «mettre le paquet», notamment en identifiant des assolements qui concilient qualité de l’eau et revenu des agriculteurs. L’Agence de l’eau travaille donc à l’implantation de cultures « water friendly » dans ces secteurs sensibles. Sur le reste du territoire, il faut « continuer les efforts, élargir la voie ouverte par les fermes Dephy pour passer du niveau expérimental à une application massive de ces pratiques dans toutes les exploitations agricoles alsaciennes. » Reste la question de la compensation des surcoûts engendrés. « Il faudra trouver des moyens financiers », a constaté Guy Dietrich. Pour Fabien Metz, une partie de la solution réside dans le développement de filières locales, au sein desquelles les producteurs peuvent peser dans les négociations tarifaires. Mais il constate aussi : « L’alimentation ne représente plus en moyenne que 13 % du budget d’un ménage. On peut manger partout, de tout, et n’importe quoi en n’importe quelle saison. La nourriture a perdu sa valeur. » Christian Guirlinger approuve : « Il ne faut pas se voiler la face, les responsables, c’est chacun d’entre nous, lorsque nous consommons des produits importés de pays où les pratiques sont toutes autres. »

Dephy Tour. Ferme Wild à Merxheim

Une « prise de risque » payante

Publié le 07/12/2017

Le 22 novembre, la ferme Wild située à Merxheim ouvrait ses portes dans le cadre du Dephy Tour organisé par la Chambre régionale d’agriculture Grand Est. Principal constat : d’excellentes performances économiques malgré une diminution drastique des produits phytosanitaires utilisés.

« Ce n’est pas réservé à une élite. » En tant qu’animateur du réseau des fermes Dephy dans le Haut-Rhin, Jean-François Strehler commence à avoir un certain recul sur la faisabilité de réduire ou non l’utilisation des produits phytosanitaires au sein de son exploitation. Comme il l’explique en préambule des portes ouvertes organisées le 22 novembre à la ferme Wild, à Merxheim, 70 % des fermes du réseau Dephy au niveau national ont réussi à diminuer leur IFT (indice de fréquence de traitement). Et, pour 80 % d’entre elles, cette baisse d’IFT n’a pas entraîné de baisse de la marge brute. Dans plusieurs cas, celle-ci s’est même améliorée. Ce dont peut témoigner Jean-Marc Wild, qui fait partie des treize fermes volontaires Dephy du Haut-Rhin. L’apparition de la chrysomèle comme élément déclencheur Au départ, c’est l’apparition de la chrysomèle en 2003 qui l’a poussé à diminuer ses intrants. « En raison des problèmes de trésorerie rencontrés cette année-là, j’ai commencé à réduire leur utilisation », se rappelle-t-il. Aujourd’hui, il n’utilise plus que 10 % de la quantité de phosphore et de potasse qu’il appliquait à cette époque. Il poursuit dans cette démarche en 2007 lorsqu’il abandonne la betterave pour faire plus de maïs, soit 80 hectares sur les 100 que comptait son exploitation. Comme il le souligne, « le maïs est la culture qui utilise le moins de produits phytosanitaires : il n’a pas besoin de fongicide, et on peut pratiquer la lutte intégrée. Je suis passé de deux palettes de produits phytosanitaires pour la betterave à une demi-palette pour le maïs. » En 2008, il souscrit à une MAET, puis, en 2010, il crée un GIE avec dix autres agriculteurs pour installer un réseau d’irrigation permettant d’alimenter en eau 230 ha à Merxheim et alentours. Depuis qu’il a intégré le réseau Dephy, Jean-Marc Wild a considérablement fait évoluer son système de culture passant d’une monoculture de maïs à un système 5 maïs + 1 blé (arrêté chrysomèle de 2011), puis ajoute du tournesol semences en 2013, pour arriver à un système MAEC en 2016 avec cinq cultures différentes (maïs sur 60 ha, blé sur 20 ha, tournesol semences sur 10 ha, soja sur 10 ha et pommes de terre sur 10 ha). Des leviers « accessibles à tous » Les résultats présentés à ces portes ouvertes couvraient une période allant de 2014 à 2016. Trois années pendant lesquelles Jean-Marc Wild a réussi à maintenir un IFT toujours inférieur à l’IFT de référence, que ce soit en blé, en maïs et en soja, même si les résultats sont moins parlants sur cette dernière culture étant donné le manque de recul comparé aux deux autres. Pour y parvenir, il a utilisé plusieurs leviers. Le premier, c’est « les yeux », confie Jean-François Strehler. « On commence déjà par aller observer directement dans la parcelle s’il y a des maladies et des mauvaises herbes. Ensuite, il y a des outils comme le Bulletin de santé du végétal, le Flash Culture, des brochures ou des logigrammes qui indiquent s’il faut traiter ou non. » Pour lutter contre les adventices et les ravageurs sur ses blés, Jean-Marc Wild sème habituellement après le 20 octobre. « Il n’y a ainsi pas de levée de mauvaises herbes à l’automne, ou très peu, et pas de problème de pucerons. Dans ce cas, on peut faire l’impasse sur le désherbage chimique au printemps qu’on compense avec un passage de herse étrille quand c’est possible. » Jusqu’à maintenant, Jean-Marc Wild faisait l’impasse sur le traitement contre la pyrale pour ses maïs. Mais suite à une forte pression observée en 2017, il envisage d’utiliser des trichogrammes lors de la prochaine campagne. Contre la verse, il est très attentif à ses choix variétaux. Un point également essentiel lorsqu’il s’agit de lutter contre la septoriose et la fusariose. Il est aussi attentif à la densité de semis et utilise presque systématiquement le binage dans ses parcelles de maïs. « Ce sont des leviers utilisables par tout un chacun », insiste Jean-François Strehler. Concernant les traitements, il convient de les faire au bon moment et dans les bonnes conditions pour qu’ils soient réellement efficaces. « S’il y a un peu de vent, s’il fait trop chaud, ou s’il n’y a pas assez d’hydrométrie, je n’y vais pas. La plupart du temps, je dois traiter la nuit pour que ce soit vraiment efficace. Et pour le maïs, je n’y vais qu’à partir du stade 2-3 feuilles », révèle Jean-Marc Wild. Moins de charges, plus de marge En réduisant son IFT, l’exploitant de Merxheim obtient toujours de très bons rendements, bien que légèrement inférieurs à ceux fournis par le service économie et gestion de l’entreprise (EGE) de la Chambre d'agriculture pour des exploitations de typologie similaire à celle de Jean-Marc Wild. Un écart de quelques quintaux qui ne nuit pourtant pas à la marge brute finale de l’exploitation (voir tableaux). À chaque fois, celle obtenue par l’exploitant est supérieure à la marge EGE. « Ce qui joue beaucoup au final, c’est la réduction des charges. Cela ne touche pas que les phytosanitaires, mais tous les produits. Et comme on peut le constater, la marge qui reste à l’agriculteur à la fin, et donc ce qui le fait vivre, est supérieure, même avec des rendements un peu moins bons. Ce n’est pas incompatible », poursuit Jean-François Strehler. Il reconnaît cependant un aspect fondamental : la réduction des charges, c’est un état d’esprit à avoir. « C’est une prise de risque, c’est vrai. Certains sont prêts, d’autres moins. Et la perception du risque est très personnelle. Mais dans le cas présent, on remarque que les efforts et la prise de risque sont payants à l’arrivée. »

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