Grandes cultures

Entrepreneurs du territoire

Bas-Rhin et Haut-Rhin main dans la main

Publié le 03/02/2018

C’était une première ! Mercredi 24 janvier, les syndicats des entrepreneurs des territoires du Haut-Rhin et du Bas-Rhin tenaient leur assemblée générale en commun. Ils avaient choisi un lieu central : l’entreprise Würth, à Erstein.

C’est devant une salle pleine d’entrepreneurs alsaciens que Claude Gretter, président des entrepreneurs des territoires (EDT) du Haut-Rhin et vice-président des EDT du Grand-Est, ainsi que Bernard Diss, président des EDT du Bas-Rhin, ont animé cette première assemblée générale en commun. Après un tour de table de présentation des participants, Claude Gretter a fait le point sur la dernière campagne. Le pessimisme de 2016 laisse la place à l’optimisme : hausse des surfaces et des rendements en colza, + 7 % de surface de soja, très bon rendement des orges, surface de maïs en progression et rendement moyen très honnête, à 113 q/ha, sont autant de raisons de se réjouir pour les entrepreneurs des territoires. « On aura toujours besoin de moissonneuses en Alsace », constate Claude Gretter. Les assemblées générales statutaires se sont poursuivies paisiblement, tant du côté du Haut-Rhin que du Bas-Rhin. Les comptes ont été approuvés, les membres sortants des bureaux ont été renouvelés dans leurs fonctions, les niveaux des cotisations sont maintenus… Et les syndicats vont poursuivre leurs actions, entre journées de formation (Écophyto) et de détente (paella). Les principaux événements à venir sont un voyage d’étude, qui aura lieu du 13 au 16 février, et qui permettra aux participants de visiter des usines Amazone et Claas, et le congrès des entrepreneurs des territoires, qui se déroulera cette année à Ajaccio, du 31 mai au 2 juin. Pour des entreprises plus performantes Dans son rapport d’activité, Éric Brodhag, secrétaire général, a évoqué le programme EDT 2020, qui comprend notamment un outil qui doit permettre à chaque entreprise d’identifier ses points faibles, que ce soit la relation client, la gestion des impayés, la communication… Un diagnostic préalable indispensable à la mise en œuvre d’éventuelles solutions. « L’objectif, c’est que les entrepeneurs puissent s’améliorer sur la base du volontariat. » Les entrepreneurs ont également évoqué la normalisation des règles de circulation des machines agricoles en Europe. Une normalisation qui permettrait d’homologuer une machine une fois pour tous les pays européens. Et les constructeurs souhaitent globaliser l’offre en tracteurs capables de rouler à plus de 40 km/h. Ce qui ne va pas sans poser quelques interrogations, notamment sur le type de permis à détenir pour les conduire. Vers une plus grande reconnaissance de la profession Robert Dieudonné, président des EDT de Lorraine et du Grand Est, a salué l’initiative de rapprochement des deux départements. Et a appelé à aller encore plus loin : « Les administrations fonctionnent désormais à l’échelon du Grand Est et leurs interlocuteurs doivent donc également être structurés à cette échelle. Les entrepreneurs de travaux forestiers ont déjà une belle équipe Grand Est, qui leur permet de se faire entendre. Les entrepreneurs de travaux agricoles et ruraux doivent encore se structurer, pour être davantage visibles dans le paysage régional, tout en conservant des représentants plus locaux. Cela demande de l’investissement. » L’embauche d’un animateur au niveau des EDT du Grand Est est donc à l’étude. Un des objectifs de cette embauche serait aussi de capter davantage d’adhérents. Il s’agit en effet d’un enjeu important puisque la fédération nationale travaille à l’élaboration d’une convention collective spécifique aux entrepreneurs des territoires. « Or pour pouvoir être reconnus comme une branche professionnelle nous devons regrouper un certain nombre d’adhérents et d’employeurs de main-d’œuvre », explique Robert Dieudonné.

Publié le 31/01/2018

Lundi dernier, la Coopérative Agricole de Céréales a officiellement lancé son nouveau service de modulation intraparcellaire de densité de semis de maïs : Mod-IP. Une solution novatrice destinée à « améliorer la compétitivité des exploitations agricoles ».

Présentée comme une « première nationale » en 2017 par la Coopérative Agricole de Céréales (CAC), la modulation intraparcellaire des semis de maïs a été lancée officiellement lundi dernier, lors d’une réunion organisée au restaurant Chez Pierre, à Blodelsheim. Adhérents et non adhérents de la coopérative étaient invités à découvrir un peu plus en détail ce nouveau service baptisé Mod-IP destiné à améliorer la compétitivité des exploitations agricoles. Les résultats obtenus après deux années d’essais ont ainsi fait apparaître un revenu l’hectare de 140 euros en moyenne, net de semences et de surcoût de séchage. « C’est l’aboutissement de plus de trois ans de travaux pour notre coopérative », explique le directeur général de la CAC, Jean-Marc Schacherer, en préambule de cette réunion. Au vu de l’intérêt croissant d’autres opérateurs pour ce sujet, la CAC a estimé que c’était le moment de montrer qu’elle avait déjà « quelque chose » de tangible et d’éprouvé à montrer sur cette innovation. Florence Brayé et Christian Jenn, en charge de ce dossier au sein de la CAC, l'ont présenté comme un « tournant pour la maïsiculture haut-rhinoise ». « Nos métiers doivent s’adapter s’ils veulent perdurer. Et pour y arriver, il faut être capable d’innover. On ne peut pas influencer les facteurs externes comme le prix de la tonne de maïs. On ne peut pas influencer la législation, on ne peut que s’adapter. Il faut donc réfléchir aux paramètres sur lesquels on peut agir concrètement », développe Jean-Marc Schacherer. Avec Mod-IP, la Coopérative Agricole de Céréales souhaite également montrer que les opérateurs peuvent apporter des solutions « porteuses » dans le monde agricole. « C’est notre vraie mission. Nous devons être capables d’amener rapidement l’innovation aux agriculteurs », estime-t-il. De 10 à 13 q de plus grâce à la modulation Pour aboutir à ce nouveau service, Florence Brayé et Christian Jenn ont commencé par étudier les sols, en analysant finement le comportement entre la plante et le sol. « On a essayé de voir ce qui se passait quand on modifiait la densité de semis en fonction du sol et de la variété. On s’est ainsi rendu compte que le comportement n’était pas le même en fonction du type de sol. À partir de là, nous avons étudié la possibilité d’aboutir à une préconisation plus fine en termes de densité et de variétés », souligne Christian Jenn. Les essais menés par la CAC ont eu lieu dans cinq exploitations situées dans la Hardt et la Plaine de l’Ill. Vingt-trois variétés dans douze types de sols différents, soit 240 modalités testées en parcelles entières, et non en micros parcelles. Après une première année encourageante en termes de résultats, il fallait voir si cela allait « tenir » lors de la campagne suivante. « Et comme l’année précédente, on a constaté que dans les trois grands types de sols que l’on avait identifiés, la modulation avait permis d’enregistrer de meilleurs rendements (de dix à treize quintaux en plus), ou au moins aussi bons, que les parcelles sans modulation et ce, même si le niveau de rendement moyen était moins bon à cause de la météo. Mais ça, on ne peut pas y faire grand-chose », poursuit Christian Jenn. Par contre, il existe certainement encore des marges de progression puisque seuls la variation de la densité de semis a été explorée. « Que ce soit la partie fertilisation, irrigation ou désherbage, on était sur une conduite classique. Mais cela fait partie des choses sur lesquelles nous travaillons aussi », annonce-t-il. Une carte de préconisation géoréférencée Concrètement, comment fonctionne cette modulation de la densité de semis de maïs pour l’agriculteur ? Tout d’abord, ce service ne peut que fonctionner sur des parcelles irriguées. Ensuite, un gros travail amont est effectué par les techniciens de la CAC pour l’étude et le zonage du sol, ainsi que sur les variétés les plus appropriées. Une carte de préconisation géoréférencée est ensuite générée et remise à l’agriculteur. « Il faut donc être équipé en GPS, mais pas spécifiquement en RTK. Tous les signaux sont compatibles », précise Alfred Biller, agent relations culture à la CAC. L’agriculteur doit aussi avoir une console de commande en lien avec le semoir qui doit, de préférence, disposer d’un entraînement électrique ou hydraulique pour « jouer sur la densité de semis » pendant que le tracteur roule. « Avec tout ça, on est équipé. Néanmoins, pour ceux qui ne le sont pas, il existe des solutions. On peut ajouter des kits d’entraînements hydrauliques aux semoirs. Et pour ceux qui n’ont pas de GPS, la CAC va voir avec des constructeurs pour mettre à disposition des machines afin que ceux qui ne sont pas équipés puissent faire des essais », ajoute Alfred Biller. Un point sur lequel Jean-Marc Schacherer tient à apporter une précision importante : « Que l’on soit bien clair, nous ne sommes pas une entreprise de travaux agricoles, et nous n’avons pas vocation à l’être. Notre travail porte sur l’expertise et continuera à l’être. Quand on a imaginé la solution, c’était un peu compliqué pour nous de savoir quel était l’état d’équipement de chaque exploitation. Si l’agriculteur est déjà équipé, il lui suffit d’adapter la solution. S’il ne l’est pas, il nous a semblé bon d’explorer quelques pistes pour qu’il puisse effectuer des essais, et s’équiper par la suite s’il le souhaite. » Pour ce qui est du coût de ce service, il va de 42 euros/ha à 72 euros/ha en fonction du « niveau d’engagement » de l’agriculteur avec la Coopérative Agricole de Céréales.

Publié le 11/01/2018

Fin décembre, la Chambre d'agriculture d’Alsace et Arvalis-Institut du végétal ont organisé une série de réunions techniques pour dresser le bilan de la campagne maïsicole 2017 et préparer la suivante. En matière de désherbage, quelques nouveautés - bonnes et moins bonnes - sont à signaler. Par ailleurs, certaines solutions sont sur la sellette. Pour préserver leur autorisation, mieux vaut en faire un usage parcimonieux.

Ces réunions techniques suivaient de près la divulgation par l’Aprona des résultats de sa campagne de prospection sur la qualité des eaux souterraines d’Alsace. Campagne qui a révélé une présence assez généralisée des molécules phytopharmaceutiques et de leurs dérivés dans la nappe. « C’est un enjeu sociétal qu’il s’agit de relever en améliorant les pratiques agricoles. Car leur impact sur les milieux, et notamment l’eau, constitue un enjeu pour tous, y compris les agriculteurs », estime Laurent Fritzinger, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Si les cinq molécules les plus fréquemment quantifiées dans les eaux souterraines sont désormais retirées du marché, la sixième est le nicosulfuron (Pampa), un herbicide foliaire, utilisé à des grammages pourtant généralement peu élevés. Et, en septième position, arrive le S-métolachlore (Camix, Dual Gold), un herbicide racinaire, dont les dérivés sont aussi fréquemment détectés. Parmi les cinq métabolites les plus retrouvés figurent quatre métabolites du S-métolachlore. « Cette molécule, autorisée sur maïs, betterave, soja, est utilisée à assez grande échelle, mais est aussi assez lessivable. C’est un problème, parce qu’elle risque d’être interdite alors qu’elle est efficace. Or, si le panel de solutions est trop réduit, on va au-devant de résistances. C’est déjà le cas d’adventices qui ont développé des résistances aux sulfonylurées », analyse le conseiller agricole. Économiser le S-métolachlore pour le préserver La classification HRAC (Herbicide Resistance Action Committee) des substances actives herbicides, établie selon leurs modes d’action, les répartit en 23 groupes et sous-groupes, avec des risques d’apparition de résistances plus ou moins importants. La famille des chloroacétamide, à laquelle appartient le S-métolachlore, apparaît dans le groupe K3, avec un faible risque de résistance. « Donc si on enlève le groupe K3, il ne restera quasiment plus que des solutions anti-graminées à risque de résistance plus élevé », constate Laurent Fritzinger, qui conclut : « Il faut modifier nos pratiques pour conserver cette solution à notre gamme ». Il a ensuite présenté une synthèse de 23 essais pluriannuels, menés soit sur une flore simple, soit sur une flore dicotylédone complexe, soit sur une flore graminée complexe. Les différentes modalités ont été notées selon leur efficacité et leur risque de transfert vers les eaux souterraines. Ces essais visaient notamment à comparer les performances de programmes avec et sans S-métolachlore. D’autant que sa supériorité n’est pas toujours réelle En traitements de prélevée, sur une flore simple, de bons résultats sont obtenus avec de l’Adengo sans S-métolachlore. « Il n’y a donc pas d’intérêt à l’utiliser. » Sur une flore dicotylédone complexe, les efficacités sont très aléatoires, que ce soit avec ou sans S-métolachlore, puisque dans tous les cas les traitements ne sont pas forcément adaptés à la flore. Sur flore graminée complexe, aucune modalité ne donne vraiment satisfaction, ce qui suggère de les gérer en post. « Toute flore confondue, le S-métolachlore apporte un petit gain d’efficacité. Mais il y a aussi des échecs, que cette molécule soit utilisée ou pas. Ce qui suggère qu’il est possible de trouver des programmes qui fournissent de bons résultats sans S-métolachlore », résume Laurent Fritzinger. Dans les situations où la pression en graminées est importante, faire un anti-graminées de prélevée, avec Adengo + Isard, Dakota ou Adengo + Atic Aqua puis éventuellement un traitement de rattrapage. Dans les traitements de post-levée, le risque de transfert de matières actives vers les eaux souterraines diminue dès lors que les modalités ne comprennent pas de S-métolachlore. « Si cette molécule sécurise l’infestation dans les parcelles présentant une pression en graminées élevée, il est possible d’obtenir de bons résultats avec des alternatives comme Isard, Adengo, Atic Aqua, Dakota-P… », indique Laurent Fritzinger Alternatives au S-métolachlore En stratégie de pré + post, les meilleures alternatives au S-métolachlore sont Isard et Adengo. Deux produits qui peuvent toutefois être un peu plus sensibles à la sécheresse du sol que le S-métolachlore, qui présente la propriété de bien se réactiver, même après 10 jours sans précipitations. Si tout le désherbage est géré en post, Laurent Fritzinger préconise un T1 avec Elumis + Isard puis un T2 avec Elumis. Ou un T1 avec Mondine + Isard puis un T2 avec Mondine. « Il est plus simple de trouver des alternatives au S-métolachlore en maïs qu’en soja ou en betterave, où il n’existe qu’une seule alternative, l’Isard, qui n’est utilisable qu’un an sur deux… », conclut Laurent Fritzinger.

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