Viticulture

SAS Harmonie des Vignes à Moernach

Le vin, à domicile

Publié le 17/09/2021

Faire découvrir des vins et les associer à des produits régionaux français, tel est le projet professionnel de Vanessa Haegy qui a créé Harmonie des Vignes, en 2017. Elle projette en 2022 d’accueillir ses clients dans un nouveau bâtiment qui doit lui permettre de développer son activité.

Domiciliée à Moernach, dans le Sundgau, Vanessa Haegy a été comptable pendant 25 ans. Elle a terminé son parcours chez Wifor à Roppentzwiller. Quand cette entreprise a disparu, elle a cherché à se reconvertir. « Le domaine du vin m’a toujours intéressé. C’est une passion commune que j’ai avec mon mari, Yannick. Nous dégustons régulièrement et vous visitons des caves depuis longtemps. Nous avons un camping-car. C’est là que l’idée de créer ce concept innovant de vente à domicile est venue. Il repose sur la recherche de petits producteurs et vignerons français, l’originalité des produits et un bon rapport qualité/prix. On a alors commencé à rencontrer des professionnels de la viticulture. On a également assisté à des réunions de dégustation », explique Vanessa Haegy. Le couple parcourt la France pour trouver ces vins, mais aussi ces produits régionaux en charcuteries fines, en tapenades, en condiments ou encore en confitures. Sans faire de publicité, l’entreprise se développe rapidement. « Depuis 2017, ce n’est que du bouche-à-oreille. Avant de proposer les produits, nous les dégustons chez nous avec des amis. Quand cela nous plaît, on en fait venir et ensuite on les distribue chez nos clients, surtout sous forme de paniers garnis. La crise sanitaire a un peu perturbé notre croissance. Mais nous sommes optimistes. Nous avons toujours des commandes », précise la gérante de l’entreprise âgée de 49 ans. Ces cibles restent des petits domaines viticoles familiaux français que l’on ne trouve pas ou très rarement dans les grandes et moyennes surfaces. « Notre fournisseur de Pauillac fait 6 000 bouteilles. Nous apprécions de travailler avec les petits récoltants car nous les connaissons et ils font des produits de qualité. Je pense par exemple au domaine de la Rocalière à Tavel dans le Gard », poursuit Vanessa Haegy. Tous les vignobles français sont présents dans sa cave. « L’Alsace, nous en avons un peu. Mais, elle n’est pas notre priorité. Car, ici les gens qui aiment le vin d’Alsace se déplacent eux-mêmes chez les producteurs et dans les caves », précise-t-elle. Du garage au grand bâtiment Les tarifs sont ceux des grossistes auxquels il faut ajouter le coût du transport. « Nous ne sommes pas là pour vendre nos vins à des tarifs élevés. Nous voulons faire découvrir la viticulture et la gastronomie française. C’est le concept de l’entreprise. La plus grosse période d’activité demeure les fêtes de Pâques. À Noël, nous livrons en moyenne plus de 400 paniers garnis. Nous cherchons également des produits qui nous sont demandés par nos clients. Certains veulent du bio, d’autres des cépages bien précis et les derniers, surtout des chefs d’entreprise, du haut de gamme. Nous avons de tout », insiste Vanessa Haegy. Elle travaille depuis son garage de la maison familiale. Elle livre directement ses clients dans un rayon géographique qui s’étend jusqu’à Soultz. « J’apprécie ce contact humain. Dans mes précédentes responsabilités professionnelles, j’étais enfermée dans un bureau. Là, je partage ma passion. Mon mari qui travaille encore à côté s’occupe du côté commercial. Nous nous complétons. Pour ma part, je fais également du flocage de paniers, je grave des verres. Tout cela depuis ce garage. À terme, nous comptons avoir du personnel si notre projet se développe bien », se réjouit Vanessa Haegy. Ce projet est précisément en cours de finalisation. Il s’agit de la construction d’un bâtiment dans un village voisin, à Koestlach. « Il y aura des chambres d’hôtes, un caveau de dégustation, un bar à vin et un magasin, sans oublier une salle de banquet. Nous aurons notre appartement au-dessus. L’idée est de développer notre concept. Proposer et faire découvrir nos vins et nos produits aux gens qui pourront les déguster sur place, les acheter et même profiter de la chambre d’hôtes pour dormir et visiter la région. Nous comptons proposer des soirées de dégustation et à thème. C’est un gros projet. Nous venons d’avoir le permis de construire et nous avons le soutien de la municipalité. Le bâtiment va se trouver sur une route passante. C’est un gros investissement. Mais nous pensons que nous sommes sur un créneau porteur », conclut Vanessa Haegy. La caviste, originaire d’Épinal, mise sur la qualité de son travail pour continuer le développement de l’entreprise.

Publié le 16/09/2021

Cet été, les vignerons alsaciens ont multiplié les initiatives pour reprendre le contact avec le public et insuffler un peu de convivialité. Avec des propositions originales, alliant découverte des vins, musique ou théâtre.

L’avant-dernier week-end d’août, les amateurs de jazz et de vins avaient rendez-vous sur la place de l’église de Scharrachbergheim. Un cadre verdoyant et plein de charme pour cette première édition du Couronne d’or jazz festival créé sous l’impulsion de Jazzin’Translation, en collaboration avec l’association du vignoble de La Couronne d’or, qui réunit 18 domaines viticoles de Marlenheim et environs. Le projet naît en octobre 2020, alors que la viticulture et le monde du spectacle vivant sont confrontés à l’annulation de tous les événements professionnels - salons et festivités de fin d’année pour les uns, concerts pour les autres - en raison de la deuxième vague de Covid-19. « Ce projet, c’était comme une lumière au bout du tunnel. Ça nous a fait du bien à tous », se remémore Victor Gachet, responsable du label de production strasbourgeois. Dix mois et bien des incertitudes plus tard, les onze vignerons participants savourent l’événement : entre deux concerts, Marjorie Muller, sourire jusqu’aux oreilles, fait goûter sa cuvée Grains de nature issue de la récolte 2020, commercialisée pour la première fois cette année par le domaine Jean-Jacques Muller de Traenheim. Un rouge dense provenant de cépages résistants au mildiou et à l’oïdium, cultivés dans le cadre d’une expérimentation, explique la jeune femme, devant la barrique qui lui sert de comptoir. À deux pas de là, Jérémie Fritsch, du domaine Fritsch à Marlenheim, présente un pinot noir élevé en foudres pendant 10 mois, ce qui lui confère des tanins souples que n’aurait pas permis un élevage en barrique, postule le vigneron. Un troisième rouge, le pinot noir Graureben 2018 du domaine Fischbach, de Traenheim, élaboré sans intrants et non filtré, offre un bel aperçu de ce style de vinification à partir d’un terroir de marnes rouges. Tout l’esprit du free jazz résumé dans une bouteille. Alors que le soleil commence à décliner derrière les vignes, le pianiste Cédric Hanriot et le batteur Franck Agulhon font leur entrée sur scène pour le deuxième concert de début de soirée. Il en va de la musique comme du vin : pour la programmation, Victor Gachet a fait appel à de jeunes talents comme à des formations confirmées. Des musiciens de la région (le duo strasbourgeois Haqibatt, les Lorrains Back to C) jusqu’à des têtes d’affiche de renommée nationale, voire internationale (Diego Imbert et Alain Jean-Marie, Sly Johnson, Laurent Coulondre). L’essentiel étant que les deux journées de festival soient « un moment de rencontre » et de plaisir partagé entre amateurs de jazz et amateurs de vins. À raison d’un vin par vigneron, les festivaliers se concoctent une dégustation à la carte en fonction de leurs affinités : ici, un muscat Sonnenberg du domaine Heydmann à Nordheim, là un crémant brut 100 % chardonnay de la maison Anstotz à Balbronn, plus loin, un simple jus de raisin. Au bar, où sont suspendus guirlandes de bouchons et goulots de bouteilles, les vignerons de la Couronne d’or misent sur un service aléatoire parmi cinq familles de vins. Une façon de stimuler la curiosité des œnophiles et de les inviter à faire un pas de côté pour s’écarter de leurs habitudes gustatives. Pourquoi pas en testant la cuvée Argentoratum, un assemblage de plusieurs cépages élaboré par une dizaine de vignerons de l’association selon des proportions propres à chacun ? En scène avec les Divines Du 26 juin au 7 juillet, ce sont les Divines d’Alsace qui se sont mises à « L’heure d’été », avec un programme festif et culturel décliné en sept dates et sept lieux. Pas de musique cette fois, mais du théâtre, proposé par la compagnie Les Insupportés, déjà connue pour animer le festival Soirs à pressoirs, qui a lieu chaque année en août au domaine Borès à Reichsfeld. Comme Jazzin’Translation avec le jazz, la compagnie ambitionne de décentraliser le théâtre actuel en dehors des grands pôles culturels. Elle s’y essaye avec succès à chaque nouvelle édition de Soirs à pressoirs en brassant différentes formes de création artistique avec la dégustation de vins et d’autres produits locaux. Un tel concept ne pouvait qu’inspirer les Divines : 24 d’entre elles ont pris part aux différents rendez-vous, soit en accueillant le spectacle dans leurs locaux, soit en commentant les accords entre les bouchées apéritives et les vins proposés lors des entractes. Chez Martine et Jean-Philippe Becker à Zellenberg, la seconde représentation, initialement prévue dans le magnifique jardin du domaine, a finalement été délocalisée dans le chai, pour cause de pluie. Pas de quoi perturber les deux comédiennes, Emma Massaux et Lucie Borès, qui ont mis une énergie débordante à incarner deux sœurs ravivant leurs souvenirs de jeunesse à l’occasion du passage à l’heure d’été. Pas de quoi décourager non plus la quarantaine de spectateurs (seulement), qui ont pu apprécier les vins de la maison Dopff au Moulin de Riquewihr, Jean-Baptiste Adam d’Ammerschwihr et Jean Becker de Zellenberg, présentés par Marlène Dopff, Laure Adam et Martine Becker. Des vins qui, du crémant rosé brut au riesling VT grand cru Schoenenbourg 2011 en passant par le pinot gris Letzenberg 2018, ont divinement accompagné les bouchées salées et sucrées du traiteur Foreign Local.

La flavescence dorée sous haute surveillance

Vendredi 10 septembre, viticulteurs et étudiants de l’UHA avaient rendez-vous aux abords de la Cave de Turckheim pour une matinée de prospection organisée par l’AVA, en partenariat avec la Fredon Grand Est. Des agents de ces organismes ainsi que du CIVA, de l’IFV, de la Chambre d’agriculture et du SRAL encadraient des équipes de 8 personnes chargées de sillonner des parcelles de vignes de Turckheim pour repérer des pieds atteints de jaunisse. Dans ce secteur, la cicadelle capable de transporter potentiellement la Flavescence dorée a été capturée, il s’agit donc de localiser les pieds pour les analyser par la suite et écarter ou non le risque Flavescence dorée.

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