volaille/aviculture

Publié le 28/03/2018

Chez Nathalie et Gilles Hermann, de l’Eàrl des 3 Bouleaux à Witternheim, la production d’œuf a pris de l’ampleur au fil des ans. Aujourd’hui, ils cherchent encore à étoffer davantage leur offre.

Quand elle s’installe avec son père en 1996, Nathalie Hermann se lance dans le poulet de chair. En 2000, elle a l’opportunité de reprendre en location deux bâtiments de 5 000 et 20 000 pondeuses distants de quelques kilomètres avec un potentiel de vente directe correspondant à la ponte de 5 000 poules. Deux ans après, les jeux sont faits. Les difficultés que connaît son acheteur de volaille de l’époque conduisent Nathalie à reconvertir son bâtiment chair à Witternheim en bâtiment pondeuses. En 2005, la nécessaire mise aux normes du site en location l’incite à rapatrier toutes ses poules sur le site de l’Eàrl. Gilles, son mari, la rejoint la même année. Le couple rajoute un poulailler en 2005, un autre en 2014. Il les équipe de volières pour produire de l’œuf de poule au sol avec 20 000 Lohmann brunes et 10 000 Hyline. « Les premières font de plus gros œufs. Nous avons les secondes en essai. Ce sont des animaux plus calmes. Ils se déplacent moins et produisent des œufs d’un calibre un peu inférieur » commente Gilles. Les poulettes déjà habituées à la volière arrivent vaccinées (maladie de Marek, Gumboro…) à l’âge de 17-18 semaines. « Le démarrage est essentiel. Je les fais de suite bouger » explique Gilles. « Elles doivent rapidement trouver leur aliment et l’eau de boisson. La prise de poids est le meilleur indicateur de leur bonne santé. Une auge à chaîne fait le tour du bâtiment et des pipettes sont placées sur toute sa longueur. Je surveille particulièrement le passage à la chaîne. Une poule fait en moyenne de quatre à cinq repas par jour. Elle consomme environ 125 g d’aliment par jour, soit de 10 à 15 g de plus que la même en cage. La chaîne est vide pendant au moins trente minutes entre 6 h 30 et 8 h 30 pour laisser du temps pour la ponte ». Les éleveurs recherchent en priorité des œufs de calibre 64-65 g. Ils y parviennent pour un peu plus de la moitié de la production. La carrière d’une pondeuse est de cinquante-cinq semaines. Les réformes partent en Allemagne. Leur prix n’est pas négocié. Quand tout va bien, elles sont payées entre 20 et 25 cents/tête, voire… rien quand le marché est trop déprimé. « Il faut déjà se satisfaire qu’elles soient enlevées » commente Gilles, philosophe. Des contrats négociés en début d’année Certains lots de poules pondent jusqu’à 10 % des œufs hors des nids. Ils sont à récupérer à la main deux à trois fois par jour. Un système de ramassage automatique transporte les autres jusqu’à la calibreuse où s’activent Nathalie et trois salariés. La mise en boîte dans sept formats de six à trente unités est mécanisée. L’unité conditionne la production de quatre autres éleveurs en essayant d’anticiper les volumes commandés, notamment en fin de semaine. Elle livre en direct des grossistes, des boulangers-pâtissiers et cinquante-cinq grandes surfaces entre Haguenau et Saint-Louis. « Nous avons pris pied dans la grande distribution en 2005 en devenant fournisseurs de la société Val Œuf. Nous sommes entrés à son capital en 2014. Cette décision nous a permis d’augmenter nos ventes. Au point que nous recherchons de nouveaux producteurs d’œufs plein air et bio » détaille Gilles. « La poule au sol n’est pas condamnée pour autant. Leur poulailler respecte les mêmes normes qu’un bâtiment plein air » insiste Nathalie. Les éleveurs écoulent leurs œufs sous les marques l’œuf du Ried et l’œuf Riestahl. « La demande en œuf d’origine locale, surtout plein air et bio, est forte. Elle a explosé l’an passé avec le scandale du fipronil. Cela porte notre activité. Mais pour être crédible, il faut absolument produire et conditionner sur place » affirment Nathalie et Gilles. Concurrence entre producteurs oblige, cette conjoncture favorable n’a qu’une incidence marginale sur le prix de vente. « Il y a eu une augmentation. Elle a été faible. Nos contrats sont négociés en début d’année. Mais nous ne travaillons pas au cours de l’œuf qui est basé sur un élevage en cage. Le prix de l’œuf au sol est supérieur. L’écart peut atteindre 20 % » indique Gilles. Le prochain projet de l’Eàrl est de renouveler sa calibreuse en optant pour un modèle plus fonctionnel. Leur entreprise a de l’avenir. Nathalie et Gilles ont été rejoints depuis peu par Pauline, leur fille et Romain, leur futur gendre. Et puis, « il existe encore des points de vente proches sans références locales ! ».

Élevage de volailles bios à Spechbach-le-Bas

Du confort en plus pour les animaux et les hommes

Publié le 04/02/2018

Le Gaec Pflieger, à Spechbach-le-Bas, a mis récemment en service ses deux nouveaux bâtiments destinés à son élevage de volailles bios et sa culture de pommes de terre. Des investissements qui permettent d’améliorer le confort de travail au quotidien, la croissance des animaux et les performances économiques de l’entreprise.

Avec leurs nouveaux bâtiments, Jérémy Pflieger et son père José ont pu améliorer leurs conditions de travail et le confort de leur élevage de volailles bios situé à Spechbach-le-Bas. Tout a commencé en 1989 quand José a repris l’exploitation familiale historiquement tournée vers les grandes cultures et l’élevage de bovins. Il a d’abord pris la décision de développer la culture de pommes de terre. En 2000, il a fait une sortie d’exploitation pour lancer un élevage plein air de poulets de chair dans six bâtiments mobiles de 60 m2 chacun. « C’était pour répondre à la demande des consommateurs pour ce type de produits », se souvient Jérémy. L’exploitation se convertit à l’agriculture biologique en 2011 et, en 2012, une chambre froide à pommes de terre et une chaîne d’abattage de volailles sont mises en place dans l’un des bâtiments historiques de la ferme, au cœur du village. Jérémy s’installe à son tour en 2013 avec le double projet de faire de la pomme de terre transformée et des poules pondeuses. Pour ce faire, il réalise une nouvelle sortie d’exploitation sur un autre site isolé du village et fait construire un bâtiment comprenant trois espaces distincts : deux - totalement indépendants l’un de l’autre - abritant chacun 1 200 poules, et le troisième, situé au milieu, servant de chaîne de conditionnement pour les œufs. L’année 2016 constitue un tournant pour la ferme Pflieger. « On a tout d’abord été contacté pour s’inscrire dans le Plan Bâtiment et ainsi remplacer nos bâtiments mobiles qui étaient vieillissants et plus fonctionnels », explique Jérémy Pflieger. Le projet est donc lancé de créer un autre bâtiment plus spacieux et plus confortable à côté du bâtiment de poules pondeuses. Le deuxième fait marquant de cette année 2016 est l’incendie, au mois de mai, du hangar abritant la chaîne d’abattage et la chambre froide des pommes de terre. « Du coup, on a entrepris la construction d’un nouveau bâtiment à côté des deux autres pour y mettre ces activités, mais aussi pour stocker le matériel et, prochainement, un atelier de transformation des pommes de terre », poursuit Jérémy Pflieger. Une meilleure croissance pour les poulets Ces deux ouvrages ont été mis en service à l’automne dernier. Celui destiné aux poulets de chair fait 850 m2 et se divise en six espaces distincts (avec des lots de poulets d’âge différents à chaque fois) et isolés les uns des autres. « Cela nous permet d’avoir des poulets en permanence tout en gardant un espace pour le vide sanitaire qui dure trois semaines. Si on avait fait une bande unique, on aurait eu une période de plusieurs semaines pendant laquelle nous n’aurions plus eu de poulet. Avec cette disposition, nous pouvons assurer une production continue », indique Jérémy Pflieger. L’exploitation reçoit 1 400 poussins toutes les trois semaines et en abat 420 par semaine. Avec les bâtiments mobiles de l’époque, elle ne pouvait abattre « que » 310 à 320 poulets par semaine. Si les performances économiques ont été améliorées, le confort des animaux a lui aussi été bonifié. Comme le stipule la réglementation pour ce type d’élevage, il n’y a pas plus de dix poulets au m2 à l’intérieur du bâtiment, et le parc extérieur - obligatoire en élevage biologique - fournit au moins 4 m2 par poulet. « Du coup, on obtient de meilleures performances au niveau de la croissance des animaux, étant donné qu’ils ont plus de place pour se développer », précise le jeune agriculteur. Un tel confort a un prix. Ce bâtiment a coûté 350 000 €, dont une partie subventionnée par le Plan Bâtiment de la Région. « Et vu qu’on a six espaces indépendants à l’intérieur, tout est multiplié six fois : les ordinateurs, les distributeurs d’alimentation, etc. » La régulation de la température (avec des lanterneaux) ainsi que la gestion de l’alimentation ont été automatisés. Et dans quelques semaines, le confort sera encore amélioré puisque l’alimentation sera directement versée dans un silo via un quai de chargement. « Ça va clairement nous changer la vie », s’enthousiasme Jérémy Pflieger. « Un chargement assurera deux jours d’autonomie alimentaire. On gagnera encore en confort de travail. »

Publié le 03/02/2018

Trente ans après son père, Marine Meyer développe la production de poulets label rouge en construisant quatre nouveaux bâtiments sur le ban de Zeinheim.

Installée depuis le 1er juillet 2016, Marine Meyer fait partie de ces jeunes éleveurs qui se lancent dans la production de poulets label rouge (lire notre encadré). Il faut dire que cette production n’est pas une nouveauté dans la famille Meyer, de Rangen, près de Wasselonne, puisque le père de Marine, Francis Meyer, en produit depuis trente ans. Il a construit deux bâtiments dédiés aux poulets label en 1988 et 1990. À l’époque, il s’agissait de diversifier les activités de son exploitation basée sur le tabac, le lait et les céréales. « Par la suite, j’ai abandonné le lait et le tabac et je suis parti travailler dans les travaux publics », raconte Francis Meyer. Durant dix ans, il concilie cette activité avec l’élevage avicole et l’exploitation d’une soixantaine d’hectares. Mais en 2013, nouveau virage : il se recentre entièrement sur l’agriculture et, dans la perspective de l’installation de Marine, envisage d’augmenter la production de volailles. Un nouveau site dans le village voisin C’est que la jeune femme a un projet bien précis : après trois années d’études au lycée agricole d’Obernai, d’où elle sort avec un bac pro, elle passe un an comme apprentie dans une boucherie. Son objectif est de transformer les volailles à la ferme et d’ouvrir un magasin de vente directe. Victime d’une hernie discale, elle doit cependant mettre son projet entre parenthèses. Reste l’opportunité de participer au développement de la filière poulet label rouge d’Alsace en construisant quatre nouveaux poulaillers. D’emblée, il lui faut choisir un nouveau site que celui où sont installés les deux premiers, car le règlement du label rouge fixe à quatre le nombre maximum de bâtiments sur un même lieu. C’est sur le ban du village voisin de Zeinheim que la jeune éleveuse trouve la surface disponible. Un permis de construire est déposé en mairie, ainsi qu’une déclaration à la sous-préfecture de Saverne. En parallèle, Marine Meyer sollicite une subvention auprès de la Région au titre du Plan Bâtiment. « Sans l’aide de la Région et des fonds européens, qui couvre environ 30 % de l’investissement, on n’aurait pas pu construire », explique la jeune femme, dont le projet se monte à près de 450 000 €. La construction démarre en 2017. Le site d’implantation étant en pente, d’importants travaux de terrassement sont nécessaires. L’expérience de Francis Meyer dans les travaux publics est un atout précieux. « On a fait le terrassement nous-mêmes, il a fallu ramener 20 000 m3 de remblai », précise l’exploitant. Dans la foulée, il réalise les soubassements en béton isolé des quatre bâtiments, ce qui constitue un autre poste d’économie non négligeable. Mieux isolés et moins énergivores Dans leur conception comme dans leur aménagement, les quatre poulaillers ne diffèrent pas de ceux construits ces dernières années par les éleveurs d’Alsace Volaille. Seule leur disposition, en escalier du fait de la pente, les distingue. « Nous sommes dans un cahier des charges contraint », explique Mario Troestler, technicien en charge de la filière chez Costal-Lorial. Chaque poulailler offre 400 m2 de surface. La largeur est limitée à 9 m et la distance entre chaque bâtiment est d’au moins 30 m. 2 m linéaires de trappe sont aménagés pour 1 000 poulets. Les trappes - chaque bâtiment en compte huit - ouvrent sur un parcours de 88 ares, auquel les volailles ont accès dès qu’elles sont suffisamment protégées par leurs plumes (vers l’âge de 6 semaines). Pour permettre une bonne luminosité à l’intérieur des bâtiments, la surface vitrée est d’au moins 16 m2. « Les matériaux ont beaucoup évolué depuis la première génération de bâtiments poulet label. Les poulaillers actuels sont beaucoup mieux isolés, moins énergivores et se nettoient bien plus facilement », souligne Mario Troestler. Montés par BFC Construction, les quatre bâtiments sont équipés d’une chaîne d’alimentation Big Dutchman, pilotée par ordinateur, de deux lignes de pipettes pour l’abreuvement des animaux et de radiants Systel alimentés au gaz. La ventilation - une ventilation statique simple - est gérée par un boîtier Tuffigo qui régule aussi le chauffage (à partir des indications des sondes de température disposées dans le bâtiment) et la consommation d’eau. L’éclairage est fourni par des lampes basse consommation. En tant que fournisseur d’aliment, Costal-Lorial met à disposition les silos d’alimentation. Au terme d’une convention de 10 ans, ceux-ci reviennent à l’éleveur. Le fabricant d’aliment assure également un accompagnement technique de l’élevage et anime un groupe de gestion technico-économique auquel participent les trois quarts des éleveurs alsaciens de poulets label rouge. En parallèle, il propose un système de valorisation des céréales de l’exploitation.

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