volaille/aviculture

L’essentiel pour démarrer un atelier poules pondeuses en bio

« Si vous construisez mal votre projet, vous allez au casse-pipe »

Publié le 30/11/2017

Comment démarrer son atelier de poules pondeuses bio ? Quelles sont les difficultés auxquelles s’attendre, et quelles sont les contraintes réglementaires à respecter ? Le 6 novembre dernier, le pôle conversion bio de la Chambre d'agriculture d’Alsace et l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace ont apporté des éléments de réponse lors d’un atelier organisé dans le cadre du Mois de la bio en Grand Est.

Parmi toutes les productions bios qui se développent aujourd’hui en France, celle de l’œuf est certainement la plus dynamique. Selon des études récentes, 49 % des consommateurs n’achètent que des œufs bios, soit plus que le lait. Et un tiers d’entre eux envisagent d’augmenter leur consommation à plus ou moins brève échéance. Des perspectives qui, chaque année, séduisent un nombre grandissant d’agriculteurs ou non, d’agriculteurs désireux de créer leur élevage biologique de volailles. En Alsace, seules 4,8 % des poules sont élevées selon ce mode de production. Un chiffre qu’Emmanuel Rieffel, chef de projet structuration aval des filières à l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), tient à relativiser : « L’Alsace reste une petite région de production de volailles sur le territoire national. Nous sommes loin de la Bretagne ou des Pays de la Loire qui sont les plus gros producteurs. » Mais quelle que soit la région, les contraintes - drastiques - à respecter sont nombreuses pour quiconque souhaiterait franchir le pas de l’élevage de volaille bio. Comme le rappelle très justement Emmanuel Rieffel, « si vous construisez mal votre projet, vous allez au casse-pipe ». C’est pour éviter d’éventuelles mésaventures que la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA) et l’Opaba ont organisé récemment un atelier pour connaître « l’essentiel pour démarrer un atelier poules pondeuses en bio ». Étudier soigneusement son projet avant de se lancer En introduction, Emmanuel Rieffel souligne un élément important : être capable de prendre en compte l’ensemble de l’écosystème qui gravite autour de l’élevage. « Il faut par exemple réfléchir au mode de commercialisation souhaité. Pour les œufs bios, il faut savoir qu’aujourd’hui 57 % des achats se font dans les grandes surfaces, 12 % à la ferme, 10 % au marché, et 8 % en magasin bio. Ensuite, il faut s’interroger sur les possibilités de contractualisation, les différents metteurs en marché, etc. Il y a autant de niveaux d’interrogation qu’il y a de filières d’œufs bios en France. » Avant de se lancer, il conseille à chaque porteur de projet de bien connaître les finalités sur sa propre ferme : quid des possibilités techniques, économiques, écologiques et territoriales ? Quel est le partenariat proposé par le conditionneur ? « Il faut que vous sachiez ce que vous voulez faire. De la vente directe ? Un gros chiffre d’affaires ? Étudiez toutes les pistes. Est-ce que dans cinq ans par exemple, vous voudrez toujours travailler dans un petit bâtiment ? Il est vraiment essentiel de se renseigner auprès de conseillers indépendants, de faire une étude de marché, surtout pour un projet de vente directe. Il faut aussi se demander si, tôt ou tard, je pourrais alimenter mes volailles uniquement avec ce que je produis sur la ferme ? Il faut calculer son prix de revient avant de se lancer, et non pas s’arrêter à l’attrait économique de l’agriculture biologique. » L’autre point essentiel avant de se lancer dans une telle aventure est bien évidemment l’aspect réglementaire forcément important, agriculture biologique oblige. Avant de rentrer dans les détails, Sophie Delattre, chargée de mission agriculture biologique à la CAA, rappelle les grands principes de l’AB : l’interdiction de l’élevage hors sol, une autonomie alimentaire minimale et une obligation de parcours. « Il faut convertir une surface équivalente à 20 % de la ration annuelle des poules en plus du parcours », précise-t-elle. Pour 4 000 poules qui consomment chacune 41 kg d’alimentation par an, c’est une notion à « bien calculer ». Une alimentation qui doit être en théorie à 100 % bio, et issue principalement de l’exploitation. En cas d’indisponibilité en bio, il est possible de recourir à 5 % d’alimentation non bio et garantie sans OGM. « C’est une dérogation valable jusqu’à la fin de l’année. Pour le moment, on ne sait pas si elle va être reconduite », prévient Sophie Delattre. En plus de bien manger, les volailles doivent avoir accès à un parcours « facile d’accès » et abrité, et bénéficier d’une surface de 4 m2 chacune. Le bâtiment ne doit pas héberger plus de 3 000 poules et doit être éclairé au maximum pendant 16 heures afin de laisser un repos nocturne de 8 heures aux animaux. Une production « technique » et exigeante Chez José Pflieger, à Spechbach-le-Bas, les 2 000 poules bios sont hébergées dans un bâtiment divisé en deux espaces de 1 000 poules. Installé depuis 1989 et converti à la bio en 2011, José Pflieger décide d’augmenter sa production d’œufs bios en 2013 lors de l’installation de son fils Jérémy. « On voulait avoir la possibilité de proposer des œufs à nos clients tout au long de l’année. » 80 % sont écoulés en vente directe à la ferme ou sur des marchés à raison de 30 centimes par œuf, le reste est commercialisé en grandes surfaces à 26 centimes par œuf. L’alimentation des volailles est automatisée, contrairement au ramassage et au conditionnement qui se fait entièrement à la main, à raison de deux à trois heures par jour. Pour nourrir les poules, ils ont fait le choix d’acheter des rations prêtes à l’emploi plutôt que de les élaborer eux-mêmes. « C’est très compliqué à faire. On n’a pas assez de protéines. Du coup, on préfère passer acheter ce qu’il nous faut directement à la minoterie Dornier, située dans le Doubs. » Concernant l’achat des poulettes, José Pflieger conseille d’y penser au moins un an à l’avance. « C’est le temps qu’il faut à des poules pour être prêtes à pondre. » Il faut bien anticiper le moment où l’on va recevoir son nouveau lot. En effet, comme le souligne Christian Schleiffer, qui élève 9 000 volailles bios à Uhrwiller, il faut avoir des œufs quand la demande est là. « Si on prévoit son nouveau lot avant les grandes vacances, c’est mort. La vente d’œufs est basse pendant cette période. En revanche, il ne faut pas manquer des périodes comme Pâques et Noël où la consommation d’œufs est très forte. » L’éleveur bas-rhinois pratique l’agriculture biologique depuis 2014. Enfin, en partie seulement, puisque l’autre part de son activité est consacrée à l’engraissement de bovins en conventionnel. Son bâtiment est divisé en salles qui hébergent chacune 2 750 volailles environ. Ceci génère une très grosse production livrée à 95 % à un collecteur. « Nous avons un contrat de plusieurs années pendant lesquelles nous nous engageons à livrer un certain volume. » De ce fait, Christian Schleiffer a comme projet d’ajouter 6 000 volailles supplémentaires en 2018 pour répondre à la demande croissante en œufs bios. Malgré les contraintes réglementaires et les investissements consentis, il ne regrette en rien le fait de s’être lancé dans l’élevage de poules pondeuses bio. « C’est une production très technique et du coup très intéressante », témoigne-t-il. En revanche, il tient à attirer l’attention sur un élément essentiel : le vide sanitaire et le nettoyage. « Il ne faut pas les prendre à la légère. Ils nécessitent du temps et doivent être faits au bon moment. Dans notre cas, il faut dix à quatorze jours à trois pour effectuer ces opérations, entre le nettoyage intégral de tous les éléments du bâtiment et la désinfection réalisée par une entreprise spécialisée. »

Concours « Jeunes talents et produits de qualité »

Déclinaisons de poulet fermier d’Alsace

Publié le 03/06/2017

Vingt-huit élèves alsaciens de troisième année en hôtellerie et restauration se sont affrontés le 9 mai au lycée Storck de Guebwiller. Pour cette 11e édition du concours « Jeunes talents et produits de qualité » organisée par Alsace Qualité, la matière première commune à tous les plats était le poulet fermier d’Alsace Label Rouge IGP.

Le concours « Jeunes talents et produits de qualité » vise à « faire connaître les labels de qualité et l’importance de la matière première aux professionnels de demain », selon Bénédicte Baur, directrice d’Alsace Qualité. « C’est un concours en équipe, comme ce sera le cas dans leur vie professionnelle ». En effet, cette édition a pour particularité de juger aussi bien les métiers de salle que ceux de cuisine. Les sept équipes concurrentes sont composées chacune d’un maître d’hôtel et de son commis, d’un chef et de son commis. Une singularité soulignée par le président du jury, Laurent Arbeit un macaron Michelin à l’Auberge Saint Laurent à Sierentz. Il s’est dit « heureux de participer à ce concours avec des personnes qui, comme lui, défendent les produits du terroir ». Accord mets et vin « Les concurrents doivent respecter le produit et le timing », annonce Bénédicte Baur. Les élèves ont deux heures pour élaborer une entrée et un plat et les accorder avec un vin. Cette dernière étape a été particulièrement contrôlée par Thierry Fritsch du Civa et Vicky Chan Fook Tin de l’Ava. « Le niveau des concurrents augmente d’année en année, constate Ginette Kirchmeyer, inspectrice de l’académie de Strasbourg, ils ont une bonne maîtrise des techniques de base avec, en plus, de la créativité ». Dans le cadre du partenariat entre Alsace Qualité et l’académie, elle participe au jury depuis 2008. Pour Michel Arnold, proviseur du lycée Joseph Storck de Guebwiller, « c’est un concours de grande qualité. Pour les futurs professionnels de demain, il n’y a rien de mieux ». Le lycée des métiers Charles Pointet de Thann a remporté le prix de la meilleure entrée grâce à un œuf parfait, duo d’asperges d’Alsace et espuma au raifort. L’équipe du CEFPPA Adrien Zeller d’Illkirch Graffenstaden est la grande gagnante, car elle décroche le prix du meilleur plat, le meilleur binôme cuisine, le meilleur binôme salle et le prix de la meilleure équipe. Les deux équipes du lycée hôtelier Alexandre Dumas et celles du lycée Joseph Storck de Guebwiller repartent bredouille. Dans tous les cas, la participation à ce concours est « joli point dans le parcours des participants » et un « levier pour se préparer au diplôme », souligne l’inspectrice. « Dès l’année prochaine, il faudra envisager l’avenir du concours dans le cadre du Grand Est », conclut Ginette Kirchmeyer.

Publié le 03/05/2017

Compte tenu de l’évolution favorable de la situation sanitaire observée dans la faune sauvage française et l’absence de cas récent dans les zones de provenance des oiseaux migrateurs présents ou circulant sur le territoire national, le niveau de risque influenza aviaire hautement pathogène faune sauvage est abaissé.

Ce changement du niveau de risque implique : Dans les zones à risque particulier (ZRP) ou zones humides (liste des 75 communes ci-dessus), le passage au risque modéré n’a aucune conséquence et : le confinement des oiseaux à l’intérieur des bâtiments ou leur protection par des filets reste obligatoire : cette obligation permet d’empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages pour toutes les basses-cours. Aucune dérogation n’est possible ; tous les rassemblements de volailles ou d’autres oiseaux captifs restent interdits, ainsi que de la participation à des rassemblements des oiseaux originaires de ZRP. Dans les autres communes du Haut-Rhin, non situées en ZRP, le passage en risque modéré implique : la fin de claustration obligatoire des volailles ou des autres oiseaux captifs ou la fin de leur protection par des filets. la fin de l’interdiction des rassemblements de volailles ou d’autres oiseaux captifs Dans toutes les communes du Haut-Rhin, demeurent : l’application des mesures de biosécurité strictes telles que définies par l’arrêté du 8 février 2016, également pour toutes les personnes susceptibles de rentrer dans les basses-cours une surveillance clinique renforcée : ainsi toute mortalité anormale, chute de ponte, baisse de consommation d’eau ou d’aliments doit faire l’objet d’une déclaration immédiate à un vétérinaire et à la Direction départementale de la cohésion sociale et la protection des populations. Contact : Yvan Beuret - 03 89 24 81 65 (yvan.beuret@haut-rhin.gouv.fr). Liste des communes concernées : Algolsheim, Altenach, Andolsheim, Appenwihr, Artzenheim, Aspach-le-Bas, Aspach-Michelbach, Baldersheim, Balgau, Baltzenheim, Bantzenheim, Bartenheim, Battenheim, Biesheim, Bischwihr, Blodelsheim, Cernay, Chalampé, Colmar, Dessenheim, Durrenentzen, Fessenheim, Fortschwihr, Friesen, Fulleren, Geiswasser, Grussenheim, Guémar, Heiteren, Hindlingen, Hirtzfelden, Hombourg, Horbourg-Wihr, Houssen, Hunawihr, Huningue, Illhaeusern, Ingersheim, Jebsheim, Kembs, Kunheim, Largitzen, Mertzen, Munchhouse, Muntzenheim, Nambsheim, Neuf-Brisach, Niffer, Obersaasheim, Ostheim, Ottmarsheim, Petit-Landau, Richwiller, Porte Du Ried, Rixheim, Roggenhouse, Rosenau, Rustenhart, Rumersheim-le-Haut, Saint-Hippolyte, Saint-Louis, Saint-Ulrich, Sausheim, Seppois-le-Bas, Strueth, Sundhoffen, Ueberstrass, Urschenheim, Village-Neuf, Vogelgrun, Volgelsheim, Weckolsheim, Wickerschwihr, Wittelsheim, Wolfgantzen.

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