Cultures

Procédure calamités agricoles dans le Haut-Rhin

Après les dégâts, le triste constat

Publié le 18/05/2017

Suite aux dégâts de gel et de grêle qui ont touché le département au cours des dernières semaines, la préfecture du Haut-Rhin a diligenté une commission d’enquête tripartite DDT/Chambre d'agriculture/syndicalisme pour évaluer les dégâts en vue d’une demande de reconnaissance en calamités agricoles. Pour certains exploitants, c’est une question de survie.

« On a besoin d’aide ! » Fortement touchée par l’épisode de grêle du 14 mai quelques semaines seulement après un gel déjà destructeur, Danielle Claudepierre tire la sonnette d’alarme. Entre dépit, tristesse et résignation, la gérante de l’EARL Bernhard, à Sigolsheim, constate, impuissante, les ravages de ces deux épisodes climatiques extrêmes pour la saison. La quasi-totalité de sa production a été détruite pour l’année 2017. « Il y a 17 hectares complètement partis à Sigolsheim. Les 14 autres à Durrentzen et Windensolen ont été préservés de la grêle, mais une bonne partie était déjà morte avec le gel. Reste deux hectares qui sont protégés par des filets anti-grêle, mais qui ont été ravagés à 80 % par le gel… » Une double peine fatale qui menace la survie de l’exploitation familiale créée dans les années 1970 par ses parents. « C’était une telle fierté pour moi de reprendre la structure. Aujourd’hui, on est juste complètement démunis », témoigne-t-elle devant les représentants de la mission d’enquête menée dans le cadre de la procédure calamités agricoles. Parcelle après parcelle, des responsables de la DDT du Haut-Rhin, de la Chambre d'agriculture, de la FDSEA, de l’Ava constatent, parfois avec effarement, l’étendue des dégâts. Dans les vignes, le responsable du service Agriculture et Développement Rural à la DDT du Haut-Rhin, Philippe Schott, liste consciencieusement les parcelles concernées par des pertes de fonds, à savoir quand les plants ne reprennent pas, ou très peu. Des vignes de première, deuxième, troisième année ou issues de la complantation sont passées à la loupe. Le président du syndicat viticole de Bennwihr, Arnaud Amann, fait le guide. Il pointe du doigt des pinots gris plantés sur le ban d’Ammerschwihr, à quelques dizaines de mètres de la Pommeraie. « Ici, la parcelle est totalement brune. On constate néanmoins que quelques plants ont survécu. Les pépiniéristes vont avoir du boulot ! Dans le meilleur des cas, il faudra au minimum deux ans pour s’en remettre », annonce le vigneron. La délégation se rend ensuite sur le ban de Bennwihr, là où les vignes ont le plus souffert de ce gel noir. « On est ici au cœur de cette langue de froid qui s’est étendue jusqu’au bas de Zellenberg », commente Arnaud Amann. « On doit continuer, on n’a pas le choix » Retour à la Pommeraie, chez Bernard Gsell. L’arboriculteur emmène les représentants de la mission d’enquête au pied d’une imposante éolienne. Installée depuis peu, celle-ci lui a permis de limiter la casse. En parallèle, il a aussi utilisé des bougies de cire pour protéger une partie de ses cultures. « Les fruits sont encore sur les arbres, mais le stress est bien là. Depuis le gel d’avril, ils n’ont pas encore grossi. Du coup, c’est possible que l’arbre finisse par les rejeter. On ne peut rien prévoir à l’heure actuelle. » S’il avait pu sauver la majorité de ses pêches et abricots du gel, il a été bien plus impuissant face à la grêle. Les marques visibles sur les abricots parlent d’elles-mêmes. « La plupart de ces fruits ne sont malheureusement plus commercialisables, surtout si le marché en vient à être saturé. Qui voudra acheter des fruits comme cela ? », observe-t-il. Sans la grêle de dimanche dernier, Bernard Gsell aurait encore pu compter sur la moitié de sa récolte qui s’étend sur trente hectares. Désormais, il y a surtout beaucoup d’incertitudes. D’autres accidents climatiques ne sont pas à exclure, comme des attaques de drosophiles suzukii qui avaient fait tellement de mal en 2014. « Ce n’est pas compliqué : il va falloir qu’on trouve rapidement un fonds de roulement qui nous permette de fonctionner, sinon on sera obligé d’arrêter. » Car l’entreprise, elle, continue à tourner. Et le travail de s’accumuler. « Tous les travaux hors récolte sont identiques. Il faut continuer, on n’a pas le choix. On doit continuer les traitements comme on le ferait d’habitude. On ne peut pas permettre la moindre erreur au niveau sanitaire. Sinon, on le paie ensuite pendant des années », continue Bernard Gsell. « Économiquement, c’est vraiment très grave ce qui nous arrive », tient à rappeler Danielle Claudepierre. L’exploitante a déjà dû mettre la moitié de ses salariés au chômage partiel, et devra réduire inévitablement l’embauche d’intérimaires « locaux » pour les récoltes. « Il y a tout un tissu économique derrière nous » explique-t-elle au préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet. C’est en lisant l’article paru dans le journal l’Alsace le matin même que le représentant de l’État a pris la décision d’aller constater de visu les dégâts engendrés sur les parcelles de l’EARL Bernhard. Une visite inattendue saluée par l’exploitante et le président de la FDSEA, Denis Nass. « C’est effectivement indispensable que les pouvoirs publics prennent la mesure de ce qui se passe ici. Tout le monde doit être mobilisé sur ce dossier. Chaque entreprise doit pouvoir être accompagnée individuellement. On ne peut pas faire de généralités », estime le représentant syndical. En plus d’une reconnaissance en calamité agricole qui serait forcément bienvenue, Danielle Claudepierre espère obtenir un retour favorable de la MSA pour un report de ses charges, et que les services fiscaux ne lui réclament pas l’acompte de l’impôt sur les sociétés « qui me sera de toute façon remboursé » précise-t-elle. Une demande que la DDT et la FDSEA du Haut-Rhin entendent relayer auprès des services concernés. Un moindre mal pour Danielle Bernhard qui a tout de même besoin de plusieurs centaines de milliers d’euros pour son fonds de roulement, et ainsi pouvoir faire vivre son entreprise jusqu’en septembre 2018, date à laquelle elle devrait enregistrer ses prochains revenus. « Les clients vont repartir » Après ces témoignages difficiles, la mission d’enquête a poursuivi sont état des lieux un peu plus au sud du département, entre la commune de Battenheim et l’autoroute A35. À cet endroit, Jean-Marie Grodwohl cultive 3,10 hectares de fraises destinées à la libre-cueillette. Un choix opéré il y a dix ans dans le but de diversifier ses productions. Il a également un élevage de veaux des céréales, et des pommes de terre. Depuis ses débuts dans les fraises, il n’avait jamais connu de grosses difficultés. En tout cas, pas d’ordre climatique. Jusqu’à cette nuit du 19 au 20 avril. « La température est descendue jusqu’à - 5 degrés. Et comme les fraises étaient en pleine floraison, avec deux à trois semaines d’avance, précisément en raison de la douceur et du soleil du mois de mars, le choc a été terrible. En quelques heures, on a perdu en moyenne 60 à 70 % de la production potentielle. Sur cette parcelle, cela va même jusqu’à 80 %. Depuis, on les a binées pour les garder propres et là, on commence à pailler. On espère que certaines vont repartir. Mais, je ne suis pas très optimiste », explique l’agriculteur. Lucide, il montre un exemple : sur dix fleurs possibles, il n’y en a plus qu’une en état de pousser ! Forcément, le moral de l’exploitant est au plus bas. Son travail annuel est dévalorisé. « Et ici, outre le problème sanitaire, il y a également les difficultés économiques qui s’annoncent. C’est de la libre cueillette. Quand les gens vont arriver ici pour se fournir en fraise, ils vont déchanter et repartir. Ce sont des pertes de clients prévisibles », ajoute-t-il. Des exemples comme ceux évoqués ici sont nombreux dans le département du Haut-Rhin. Et chaque cas sera étudié par l’ensemble des partenaires et organisations économiques assurent les membres de la délégation d’enquête. Les dossiers de calamité agricoles seront ensuite transmis à la préfecture qui se chargera de faire le relais avec le ministère de l’Agriculture. Les premières indemnisations pourraient arriver, au mieux, à la fin de l’année 2017.

Manque d’eau en montagne

Une situation critique

Publié le 11/05/2017

Depuis de nombreux mois, les agriculteurs de montagne souffrent du manque d’eau. Les réserves ont diminué et les professionnels peinent à s’approvisionner pour faire tourner leurs exploitations.

Dans le calme et le silence de la montagne, l’agriculture souffre. Aux difficultés économiques s’ajoute depuis deux ans un souci d’ordre climatique. Il pleut de moins en moins souvent. Il neige essentiellement sur les sommets et sur de courtes durées. Il fait toujours plus chaud et sec. Et, phénomène nouveau, un vent d’Est récurrent se fait sentir quasiment tous les jours. Les réserves d’eau diminuent. « Nous rencontrons des problèmes pour nous approvisionner en eau. Cela concerne les exploitants agricoles évidemment, mais également les fermes-auberges, les communes, les privés. Nous sommes ici au-dessus d’Orbey, à 840 m d’altitude. Il n’y a pas eu de grosse neige cet hiver. Les pluies sont rares et peu importantes. Sans oublier ce vent qui sèche les terrains. Or, les éleveurs doivent nourrir leurs bêtes et les fermes-auberges doivent travailler. Nous souhaitons que nos réseaux nous approvisionnent en eau. Ou alors, nous souhaitons pouvoir faire des forages. Mais, jusqu’à présent, il nous faut une autorisation préalable. La demande est à faire en préfecture », explique Patrick Chaize, responsable « montagne » à la FDSEA du Haut-Rhin. Des sources taries Partout dans la montagne, les sources d’eau sont taries ou pas loin de l’être. Et les professionnels constatent que leurs difficultés ne sont pas reconnues. « Actuellement, le seul dialogue avec la police de l’eau, c’est une visite et un procès-verbal en cas de problème. Mais, personne ne vient à notre rencontre pour discuter, nous écouter et comprendre. Pendant ce temps, les agriculteurs se battent au quotidien avec la nature. Nous faisons, par exemple, des rigoles pour entretenir nos terrains car la politique agricole commune nous impose de les entretenir. Sinon, nous sommes pénalisés. Mais, dans le même temps, nous ne sommes pas autorisés par l’administration à les faire dans certaines zones, comme celles classées Natura 2000. La situation devient critique », ajoute Patrick Chaize. Un exemple concret : la ferme-auberge du Pré Bracot, au lieu-dit Prébracot sur les hauteurs d’Orbey. La famille Siffert gère les lieux depuis 32 ans. Elle sert en moyenne une centaine de repas quotidiennement, possède des gîtes et une trentaine de vaches. L’exploitation occupe une surface de 60 ha et l’auberge est ouverte toute l’année, sauf au mois de janvier. « Mon père qui est aujourd’hui âgé de 89 ans n’a jamais vu le niveau des sources aussi bas que cette année. Nous partageons cette source avec une ferme voisine. Ce manque d’eau pose de nombreuses difficultés. Pour le fourrage car l’herbe pousse très peu. Ensuite, nous faisons de la viande et du lait. Nous allons d’ailleurs passer en bio. Toute cette production nécessite de travailler dans de bonnes conditions. Et puis, à l’auberge, si nous voulons la laisser ouverte et accueillir nos clients, nous devons pouvoir leur servir de l’eau notamment. C’est un problème récent. Pour le moment, nous arrivons à le gérer. Il n’y a pas encore de grosses conséquences. Mais, c’est inquiétant pour l’avenir », estime Claudine Siffert qui travaille avec ses deux fils David et Thierry, et sa petite fille, Emmanuelle. Elle regrette aussi le manque de compréhension et d’écoute des pouvoirs publics. « Ici, personne ne vient nous voir. Et dans les débats que nous écoutons à la radio ou que nous regardons à la télévision, l’agriculture est clairement mise de côté. On ne parle pas de nous. Pas étonnant dès lors que personne ne comprenne vraiment la réalité de notre profession », ajoute-t-elle. Quatre mois de fermeture Un peu plus loin, sur le ban de Soultzeren, la ferme auberge Le Musmiss est gérée par Thierry Baumgart, son épouse Florence. Julien, leur fils de 19 ans, est en formation au lycée agricole de Rouffach et il compte bien s’installer sur cette ferme où travaillait déjà sont arrière-arrière-grand-père… L’exploitation occupe une centaine d’hectares, avec une trentaine de vaches laitières et autant de génisses. La famille fait de la transformation, du fromage et voudrait pérenniser l’auberge. « Ici, il y a toujours eu de l’eau, mais pas de grande source. Ce n’est plus le cas depuis 2015. Cette année-là, nous avons eu de l’eau pendant quatre mois et pendant sept mois en 2016. Nous avons deux sources pour la ferme et l’auberge. Elles sont au plus bas. Nous n’arrivons plus à faire face », regrette Thierry Baumgart. Une situation extrême qui l’a contraint à fermer l’auberge, depuis deux ans, de fin novembre à début avril. Cela a évidemment pour conséquence des pertes économiques. « Fort heureusement, pour le reste de l’année, nous avons la chance d’avoir un maire sympa qui nous permet d’aller chercher de l’eau sur le réseau communal, cinq kilomètres plus bas, en tracteur. Chaque dimanche, nous cherchons 4 m3 d’eau pour la fromagerie et l’auberge. Mais, ces transports représentent un coût financier et un risque sanitaire. Du coup, on ne peut plus garantir la potabilité de l’eau », précise l’agriculteur. La solution serait de faire un nouveau captage. Il y a quelques mois, il a fait des fouilles et des travaux sans autorisation préalable. Les écologistes et la police de l’eau sont intervenus. Il a fait la « une » de la presse locale. Et, depuis, le chantier est arrêté. « Mais, nos difficultés persistent. Et là, face à nous, il n’y a pas la même réactivité. Depuis deux ans, mes questions sont restées sans réponse. Il faudrait davantage de compréhension de l’administration, qu’elle comprenne notre métier, qu’il y ait un véritable dialogue. Or, j’ai un impératif économique. Cette situation est regrettable », conclut Thierry Baumgart. Un devis de 35 000 euros À Fréland, Francis Henry connaît les mêmes problèmes. Depuis 2001, il gère l’exploitation familiale sur une surface de 55 ha, avec un cheptel de 35 vaches de races Montbéliarde et Holstein. Il produit 229 000 litres de lait en bio… avec des prairies naturelles en bio. « Le bio, ici en montagne, c’est une évidence pour moi. Mais, il faut l’expliquer. Le bio, c’est aussi des contraintes supplémentaires, notamment pour le fourrage et l’alimentation des animaux. Pour l’eau, la situation est extrême. D’août 2016 à fin janvier 2017, j’ai cherché de l’eau dans un ruisseau tous les jours avec des citernes de 3 000 et 6 000 tonnes. Les deux sources proches de l’exploitation sont en effet quasiment taries depuis près de trois ans. Et ce sont tous les éleveurs du secteur qui sont concernés. Cela nécessite de circuler dans et autour du village. Et cela commence à faire parler et râler les gens », constate l’éleveur. Il a bien tenté de trouver une solution : celui de forer. Mais, le coût est très important. « J’ai un devis de 35 000 € pour forer à 65 m de profondeur et à 35 m de mon bâtiment ! ». Un investissement financier trop important. En attendant, les vaches souffrent comme en témoigne la baisse de production de lait constatée ces dernières semaines. Ajoutée à la crise du prix du lait, cette sécheresse se mesure au plan économique. « Il faudrait un mois de vraie pluie, pas 2 mm par jour, pour reconstituer les sources. Nous attendons cela depuis de longs mois. En attendant nous comptons sur la compréhension de l’administration et l’aide des communes si elles veulent maintenir une agriculture de montagne à l’avenir », conclut Francis Henry.

Betteraves à sucre

L’heure est au désherbage

Publié le 06/05/2017

Les betteraves ont été relativement épargnées par le gel : 80 ha ont été retournés sur 7 480 ha. Hormis ces parcelles qui viennent d’être ressemées, les betteraves sont désormais levées. L’heure est désormais au désherbage.

Vendredi 28 avril, la sucrerie Cristal Union d’Erstein organisait des réunions de bout de parcelles. Les précipitations bienvenues du 1er mai n’étaient encore qu’annoncées. Aussi Aline Barbière, technicienne au service agro-betteravier, a-t-elle commencé par faire le point sur le manque d’eau : « En moyenne, en un mois, il n’y a eu que 10 mm cumulés. C’est très hétérogène selon les secteurs, parfois il y a eu plus d’eau, mais parfois il n’y a eu que 5 mm ». Pas de quoi faire exploser la végétation. Là-dessus s’est ajouté le gel. Les températures sont descendues jusqu’à -7 °C au plus bas. Certaines betteraves n’y ont pas survécu : « En tout, 80 ha ont été retournés », annonce Aline Barbière. Ça peut sembler beaucoup, mais comparé aux 7 480 ha de betteraves ensemencées en Alsace, cela reste raisonnable. Les experts sont passés constater les dégâts dès le samedi, et les resemis ont eu lieu dans la foulée. « Nous avons vu des cas de betteraves avec les feuilles grillées et le cœur qui repart. Là c’est bon. Mais aussi des cas où les feuilles sont restées vertes mais où le cœur a gelé et noirci. Et là, c’est perdu », rapporte Aline Barbière. Désormais, les dés sont jetés. Mais, les températures restant fraîches, elle conseille de surveiller les bas de parcelle, les cuvettes, les bords de forêt, soit toutes les zones où il peut potentiellement faire plus froid afin de ne pas passer à côté de dégâts localisés. Gare aux tipules et aux limaces Hormis ces betteraves grillées qui ont été resemées, les levées sont désormais achevées. Et force est de constater que « les plus belles sont les premières à avoir été semées. Elles ont désormais quatre vraies feuilles. Les betteraves de semis plus tardifs sont moins belles. Elles ont été semées dans le sec, ont souffert du gel, elles patinent ». Côtés ravageurs, les dégâts de taupins, lièvres et autres mulots restent anecdotiques. Même les limaces sont restées jusqu’à présent discrètes. Mais le retour des précipitations doit conduire à la prudence. Aline Barbière s’est plus longuement attardée sur les tipules (aussi appelés cousins), dont les larves se repaissent de la base des tiges de betteraves. « Les adultes pondent dans la matière organique. Les parcelles en TCS, qui reçoivent du fumier sont donc à risque. ». Maîtriser les liserons Le vif du sujet de cette réunion, c’était le désherbage. Aline Barbière a d’emblée abordé le sujet d’actualité : les liserons. « Ils sont arrivés tôt et nombreux. Nous sommes inquiets car les récoltes ont été rendues difficiles par endroits l’an passé parce que les traitements sur chaumes n’avaient pas bien fonctionné », indique-t-elle. Or l’histoire semble se répéter cette année. Elle a donc rappelé quelques stratégies qui fonctionnent. Il est indispensable de lutter contre le liseron dans les autres cultures et plus particulièrement dans le maïs, dès les prochaines semaines. Elle a incité les planteurs à faire preuve de vigilance, parce que des parcelles infestées de liseron sont très difficiles à récolter. S’adapter à la flore En l’absence de précipitations significatives et afin de préserver l’efficacité des traitements effectués, Aline Barbière a évoqué quelques leviers : augmenter la quantité d’huile dans la bouillie, raccourcir le délai entre deux traitements… « Si vous appliquez la bonne dose dans le bon timing, le résultat sera au rendez-vous », assure-t-elle. Globalement, les deuxièmes passages ont été effectués. La question du jour était donc : quand réaliser le T3 ? Aline Barbière répond : « En fonction de l’état des betteraves. Si elles ont été cognées par le T2, attendez un peu. Et cela dépend aussi de l’état de salissement de la parcelle. Si les adventices reviennent, n’attendez pas trop. Maximum une semaine après le T2. » Et que mettre dans ce fameux T3 ? « Il faut s’adapter à la flore qui reste », répond Aline Barbière. Une chose est sûre : il faut miser sur des racinaires avant une pluie. Aline Barbière a également évoqué un produit en particulier, le Centium 36 CS. Pourquoi ? Parce que bien utilisé il présente une bonne persistance d’action sur chénopodes et mercuriales et constitue donc un produit intéressant. Mais, mal utilisé, il peut pénaliser les betteraves, notamment en provoquant un blanchissement. Pour éviter ce genre de déconvenues, Aline Barbière conseille donc de réserver Centium 36 CS aux betteraves de plus de six feuilles, au T4, de ne pas dépasser une dose de 0,150 l/ha et de ne pas pratiquer d’autres mélanges que le seul préconisé par la sucrerie, à savoir Fasnet SC 1 l + Centium 36 CS 0,15 l.

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