Cultures

Lancement des primeurs d’Alsace

Le plein de vitamines

Publié le 03/05/2017

Le premier lancement des légumes primeurs d’Alsace a eu lieu le jeudi 27 avril chez ID3A, exploitation maraîchère et céréalière située à Balgau. L’occasion de rappeler les bienfaits et vertus pour la santé des salades, radis, asperges, navets ou oignons blancs.

Les légumes primeurs sont de retour. Comme chaque année à la même période, les salades, radis, navets, rhubarbes, asperges et autres oignons blancs marquent le retour des beaux jours… et de la consommation de produits frais. Des légumes cueillis très jeunes présentant des caractéristiques gustatives « incomparables ». Des qualités que l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) a souhaité mettre en avant le 27 avril en organisant le premier lancement officiel des primeurs sur le sol alsacien. Un événement qui s’est tenu dans les locaux d’ID3A, à Balgau, une exploitation familiale qui cultive 200 ha de légumes et une centaine d’hectares de céréales. Cinquante salariés (jusqu’à 80 dans les périodes les plus intenses) y travaillent quotidiennement pour récolter, nettoyer, conditionner et envoyer les palettes de légumes qui vont alimenter principalement les centrales d’achat du Grand Est. Pour l’instant, cette saison 2017 commence bien timidement, notamment pour les salades qui ont énormément souffert des récents épisodes de gel. « Depuis le début de la récolte lundi 24 avril, on ne récolte que 30 à 40 % de nos salades. On a dû les recouvrir en catastrophe, sans succès. Tout est plus froid et plus humide. C’est la première fois qu’on perd des salades à cause du gel », constate amèrement le directeur d’ID3A, Claude Keller. Heureusement pour lui, il peut compter cette année sur 40 ha de radis, soit environ 1,3 million de bottes qui vont constituer un apport de trésorerie « intéressant » pour son entreprise. « C’est le légume printanier par excellence. Il dispose d’un cycle de récolte assez court, de 18 à 90 jours en fonction de la variété. » Le radis représente un vrai « challenge » pour ID3A cette année. Désireuse de rattraper son « retard » par rapport à la salade, l’exploitation a augmenté sa surface sur des parcelles jusqu’alors dédiées à la culture des céréales. L’atout « forme et bien-être » Ce lancement officiel des primeurs s’inscrit dans la continuité des actions de communication et de promotion menées par l’Ifla depuis plusieurs années. « Je crois qu’il était essentiel de rappeler aux consommateurs les vertus de ces premiers légumes de l’année », souligne le président de l’Interprofession, Pierre Lammert. Ces « jeunes légumes » se montrent en effet plus intéressants en termes de qualité nutritive grâce à des valeurs nutritionnelles à leur maximum. Ils apportent notamment les nutriments dont le corps a besoin : vitamines, minéraux, fibres, etc. Ils sont également recommandés pour déjouer la fatigue et aider l’organisme à passer de l’hiver au printemps en « pleine forme ». « C’est l’atout forme et bien-être ! », résume Pierre Lammert. Un argument supplémentaire pour une production locale de plus en plus plébiscitée par les consommateurs alsaciens. « Grâce aux actions de l’interprofession, l’Alsace est la seule région française où la production de fruits et légumes s’est développée », se félicite le président de l’Ifla. Reste maintenant à conquérir le marché du Grand Est, fort de cinq millions de consommateurs. C’est dans cette optique que l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace devrait signer un contrat d’aide et d’accompagnement de la filière fruits et légumes avec la Région. « Pour la compétitivité de nos produits, nous avons besoin d’aides. C’est notamment par ce biais que nous pourrons développer la part de fruits et légumes locaux dans la restauration collective. Il y a là un grand marché à développer », ajoute Pierre Lammert.

Lancement officiel de la saison des asperges

Produire des asperges au cœur de Strasbourg : défi relevé !

Publié le 01/05/2017

Une saison qui débute avec trois semaines d’avance, un lieu unique à Strasbourg et un premier magistrat qui s’essaie à la cueillette, le lancement officiel de l’asperge d’Alsace a démarré sur les chapeaux de roue…

Lancer la saison des asperges au cœur de la capitale européenne, cette idée inédite a séduit ! C’est à l’Îlot de la Meinau que l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace a fait son show, jeudi 20 avril. Cette exploitation maraîchère, créée récemment par Daniel et Jean-Nicolas Hoerlé et Geoffrey Andna, a accueilli dans ses serres les producteurs d’asperges, les élus municipaux et régionaux, les représentants des organisations agricoles et, bien sûr, « notre » Miss France, Delphine Wespiser, pétulante ambassadrice des fruits et légumes d’Alsace. Cette fois-ci, les asperges n’ont pas attendu le lancement officiel pour pointer leur nez : profitant des beaux jours d’avril, elles ont régalé les consommateurs alsaciens, ravis de pouvoir les inscrire à leur menu pascal. Et si la vague de froid a quelque peu ralenti le rythme de la cueillette, le retour de températures plus élevées devrait relancer la production. L’asperge se modernise Jean-Charles Jost, président de l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace, salue l’ensemble des acteurs de la filière asperge. L’association compte 44 producteurs à titre individuel, auxquels s’ajoutent une trentaine de producteurs regroupés au sein de la coopérative de Hœrdt. Soit environ 250 ha sur toute l’Alsace, dont 70 % dans le Bas-Rhin. Depuis sa création en 1991, la famille des asparagiculteurs a beaucoup grandi - elle a presque doublé, en fait. Elle s’est aussi diversifiée : au côté des producteurs conventionnels, on trouve désormais des producteurs bios. Tous répondent à un cahier des charges privé, contrôlé par Certipaq. L’asperge se modernise : avec la collaboration de Dominique Krafft, de l’agence Musiconair, elle a refait son site internet, changé de visuel et multiplié les supports de communication. « La Région Grand Est nous soutient, à travers l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace. » Les conditions météorologiques ont été favorables à la pousse des asperges, précise le président. « Le froid hivernal leur a permis d’entrer en dormance. Les conditions de buttage étaient bonnes et le soleil a très tôt réchauffé les buttes, ce qui nous a permis de gâter les consommateurs alsaciens avec des asperges à Pâques. » La qualité des turions était exceptionnelle, jusqu’ici, grâce à une pousse rapide en début de saison. Malheureusement, toute l’avance a été stoppée net par la récente vague de froid. « Rien n’est gagné : les jours à venir seront décisifs. » Autre ombre au tableau, le télescopage avec les productions des autres régions. « Les asperges landaises ont du retard et entrent en concurrence avec les asperges alsaciennes. Espérons que la campagne de communication permettra de mettre en avant l’asperge alsacienne et que le consommateur saura faire le bon choix ! Il faut cela pour faire oublier les dernières campagnes, catastrophiques… » Encore faut-il que les prix soient à la hauteur, souligne le président : « Les producteurs alsaciens ne peuvent pas commencer la saison avec des prix de fin de campagne ou de surproduction. Dans ces conditions, l’asperge d’Alsace n’a pas d’avenir ! » Les asperges alsaciennes ont deux atouts, explique Jean-Charles Jost, « un terroir idéal qui confère aux asperges une haute qualité gustative, et un bassin de consommation important et fidèle ». Il faut capitaliser sur ces atouts, estime-t-il. Top départ de la saison des fruits et légumes Comme le souligne Patrick Bastian, vice-président de la commission agricole de la Région Grand Est, le lancement de la saison des asperges marque le top départ de la saison des fruits et légumes d’Alsace. « C’est le début de l’année culturale. On dit que quand la saison des asperges est bonne, toute la campagne est bonne. » Mais l’épisode de gel qui a sévi récemment a fortement douché l’enthousiasme de certains producteurs, en particulier des arboriculteurs et des vignerons. Les assises des fruits et légumes qui se sont tenues récemment ont été l’occasion de réfléchir à l’avenir de cette filière. « Il faut se positionner sur les créneaux porteurs. La Région veut vous accompagner financièrement pour investir et communiquer. » La situation agricole n’est pas mirobolante, admet Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, qui s’exprime au nom des organisations professionnelles agricoles. « Mais il faut faire preuve d’ingéniosité et encourager la diversification. Toutes les productions, tous les modes de production doivent pouvoir coexister. » La ferme de la Colonie, gérée par les frères Hoerlé, en est la preuve : « Cette exploitation, qui était plutôt tournée vers l’exportation, a réussi à se diversifier en se tournant vers le maraîchage, répondant ainsi aux attentes des consommateurs désireux de s’approvisionner en circuits courts. Nous devons mettre en avant l’atout « manger local », une nouvelle tendance qui devrait nous garantir de nouveaux débouchés. Nous avons un métier formidable, nous avons tous les atouts pour continuer à investir sur nos exploitations. » Du bio dans les cantines « Nous avons beaucoup travaillé pour rapprocher la ville et la campagne », souligne le maire de Strasbourg, Roland Ries. Un rapprochement dû à la bonne volonté des uns et des autres et à l’opiniâtreté de Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg, en charge du développement de la politique agricole communautaire et des circuits courts. « Elle a beaucoup travaillé avec les paysans de l’Eurométropole, indique le maire. C’est elle qui m’a convaincu d’inscrire le développement des circuits courts dans mon programme. » Depuis 2010, les surfaces consacrées à l’agriculture biologique ont plus que triplé sur le territoire métropolitain, « et il faut encore augmenter l’offre ». 850 ha ont été classés en zones agricoles et naturelles réservées dans l’Eurométropole. Le maraîchage et les produits bios seront donc amenés à se développer. Mais pas seulement : « Nous avons mis en place un troupeau de highland cattle à la Robertsau et des moutons à l’île du Rohrschollen », souligne Roland Ries. Parallèlement, l’Eurométropole a augmenté la part des produits bios dans la restauration scolaire, sous l’impulsion de Françoise Buffet. Ce sont désormais 248 t de produits bios qui sont transformés par les cantines scolaires, dont 137 t d’origine locale. Par ailleurs, 176 points de vente de produits locaux ont été recensés sur l’Eurométropole, dont la Nouvelle Douane qui a suscité de nombreux débats au conseil municipal… Le dialogue et la collaboration entre la municipalité et les organisations agricoles ont permis de surmonter tous les obstacles ! Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, salue le dynamisme de l’association pour la promotion de l’asperge, le premier légume de printemps. Pour lui, la promotion est la clé de voûte du succès : « Nous sommes la seule région française où la production de fruits et légumes s’est développée grâce à la communication grand public. Nous allons continuer à communiquer, avec le soutien de la Région : les légumes primeurs vont eux aussi faire leur pub. » Pierre Lammert annonce l’organisation du salon Saveurs et Soleil d’automne, du 22 au 24 septembre à Sélestat.

Publié le 28/04/2017

À Illfurth, les deux nuits consécutives de gel ont fait des dégâts. Si la production d’asperges de la ferme Boetsch-Wolf a été relativement épargnée, les fraises qui étaient en pleine floraison n’ont pas résisté. Il y a environ 60 % de pertes.

La SCEA Boetsch-Wolf produit des légumes, des asperges et des fraises. Son magasin de vente directe situé en plein centre d’Illfurth reçoit chaque jour plusieurs dizaines de clients friands de cette filière courte et du professionnalisme des agriculteurs. Le gel a touché les cinquante ares de pommes de terre précoces, les dix hectares d’asperges et les cinq hectares de fraise. La première nuit, la température est descendue jusqu’à - 5 °C et la seconde nuit jusqu’à - 3 °C. C’est arrivé au plus mauvais moment. « Avec le soleil, la sécheresse et les températures de début avril, nous avions pris de l’avance. De quinze jours à trois semaines selon les productions. On ne pouvait rien faire. Si on peut forcer pour avoir de la précocité, retarder la croissance est impossible. Là, nous étions en pleine floraison des fraises. Pour les asperges, les dégâts sont minimes car il n’y a que les têtes qui sortent. Le gel ramollit la pointe de l’asperge qui n’est plus commercialisable. Mais, c’est journalier. L’asperge présente cet avantage », explique Benoît Wolf. La récolte est en jeu L’agriculteur et ses associés se sont relayés les deux nuits pour suivre l’évolution des températures, aller dans les parcelles concernées et assurer l’irrigation des champs de fraises. La première nuit, il a gelé vers 2 h 30 du matin, la nuit suivante dès minuit. « Ce gel était annoncé. Nous avons donc tenté de nous préparer. La récolte est en jeu. Il fallait à tout prix éviter que les cultures ne soient détruites par le gel, sinon les fleurs sont grillées », raconte Ludovic Boetsch. Mais les fraises ont tout de même pris un sacré un coup. « Nous estimons que nous avons 60 % de perte. Il y a beaucoup de fleurs qui sont noires. Et les parcelles qui ne sont pas irriguées sont touchées à 100 %. Maintenant, nous ne pouvons rien faire. Nous allons attendre, voir comment cela va évoluer. Et, dans certains cas, nous allons essayer de sauver ce qui est encore possible de l’être », ajoute Benoît Wolf. Il est toujours inquiet puisque les températures peuvent encore descendre dans les jours qui viennent. Reste à savoir comment les fruits vont désormais réagir.

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