Cultures

Publié le 10/04/2017

Le sclérotinia est une maladie peu fréquente, mais qui peut être très nuisible. Malgré sa faible fréquence d’expression, la perte potentielle de rendement et l’absence de solution curative incitent à réaliser une protection préventive au stade G1.

Les pertes de rendement liées à sclérotinia sont en moyenne de 6,5 q/ha dans les essais Terres Inovia menés depuis 2008 et touchés par la maladie. Elles peuvent dépasser 10 q/ha, comme en 2007. En l’absence de maladie visible, un gain moyen de 1,5 q/ha est mis en évidence (synthèse pluriannuelle des essais Terres Inovia), rentabilisant le plus souvent l’intervention fongicide (passage et produit). Malgré la faible fréquence d’expression de la maladie, la perte potentielle de rendement et l’absence de solution curative incitent à réaliser une protection préventive au stade G1. Traitement unique à bien positionner au stade G1 Il y a différentes façons de reconnaître le stade G1. Ce stade correspond à la chute des premiers pétales, à la formation des 10 premières siliques (< 2 cm) et à une parcelle « bien jaune ». Le stade G1 apparaît, en fonction des températures, 6 à 12 jours après le début floraison. Aidez-vous du Bulletin de santé du végétal (BSV) de votre région pour repérer ce stade clé et surveillez vos parcelles car les écarts de stade entre parcelles peuvent être importants. Terres Inovia a démontré qu’un traitement positionné trop tôt ou trop tard par rapport à G1 avait une efficacité fortement amoindrie. Les résultats d’essais de ces dernières années n’ont pas montré de gain significatif d’efficacité ou de rendement d’un double passage par rapport à une application unique d’un fongicide de référence dès lors que ce dernier est bien positionné au stade G1 et à dose pleine. Une gamme de solutions large pour varier les matières actives Dans le dispositif de surveillance Résistance du sclérotinia aux fongicides (Anses, Terres Inovia), on constate une progression la proportion de souches détectées résistantes au Boscalid d’année en année. Aujourd’hui grâce à un large panel de solutions, il est possible de varier les matières actives en se limitant à une seule application de SDHI par campagne et en associant systématiquement le Boscalid lorsqu’il est utilisé. Les solutions efficaces contre le sclérotinia sont nombreuses et permettent cette alternance : Propulse, Filan SC, Efilor (ou Pictor Pro + Sunorg Pro), Prosaro et Joao, mais aussi plus récemment le pack Forza ou Aviator Xpro. En présence de cylindrosporiose, choisissez un programme fongicide intégrant une triazole et idéalement du prothioconazole. L’année 2016 a démontré l’efficacité de ces solutions pour éviter le passage de la maladie sur siliques. Il existe également deux solutions mixtes associant une solution de biocontrôle à un fongicide : depuis 2014 Acapela Soft Control qui est une association de la bactérie Bacillus pumilus (Ballad, 1 l/ha) et du fongicide Acapela 250 SC (picoxystrobine 0,5 l/ha) et, depuis 2016, Polyversum® associant un champignon (Pythium oligandrum) et un fongicide à demi-dose : tébuconazole (Spekfee, Erasmus) ou metconazole (Sunorg Pro). Ces solutions mixtes offrent une efficacité sur sclérotinia qui se rapproche des références pleine dose ou demi-dose (Propulse, Filan SC), mais elles restent néanmoins en retrait. Ces packs peuvent être positionnés dans les situations où la pression sclérotinia est plutôt faible à moyenne (rotations longues supérieures à quatre ans, historique sclérotinia faible).

Publié le 09/04/2017

Avec les conditions météorologiques clémentes, les semis de printemps battent leur plein. Après la betterave, le maïs est progressivement implanté. Les céréales à paille, le colza, les prairies profitent également des températures clémentes. Il manque juste un peu d’eau pour couronner le tout !

Après un hiver plutôt rigoureux, les cultures se portent plutôt bien. En blé « il n’y a pas eu de pertes, certains blés ont mis du temps à lever, mais finalement les densités sont bonnes, voire élevées. Il faudra alors être vigilant au risque de verse », indique Laurent Fritzinger, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Les blés atteignent pour la plupart le stade épi 1 cm, sauf les semis les plus tardifs. « On se situe de fin tallage à plus de 1 cm, soit dans les clous pour la saison. » Le premier apport d’azote a été effectué il y a un mois et, les besoins allant croissants à partir de la montaison, il serait temps d’effecteur le second apport, généralement le plus important. De nombreux agriculteurs l’ont d’ailleurs déjà effectué la semaine dernière, espérant un peu d’eau durant le week-end pour valoriser l’apport, sauf qu’il n’y en a quasiment pas eu. « Il faut 10 mm d’eau pour bien valoriser un apport d’azote », rappelle Laurent Fritzinger. Donc, si le stade optimal est atteint, les conditions ne sont pas réunies pour bien valoriser les apports : « Les températures clémentes et le vent ont asséché le sol en surface, il faudrait plus d’eau pour amener l’engrais jusqu’aux racines ». L’idéal serait donc d’effectuer cet apport, avant une pluie annoncée. Il est également temps de procéder au désherbage : « La portance est bonne et, plus on attend plus on aura de mal à toucher les adventices qui seront de plus en plus développées ». Puis, il sera temps de procéder aux applications de régulateurs de croissance sur les parcelles à risque, c’est-à-dire avec une densité élevée, une variété sensible… Pour l’instant, les pucerons se font discrets : « Je n’ai rien vu, rien entendu », constate Laurent Fritzinger. Mais, comme les dégâts provoqués par la Jaunisse nanisante de l’orge (JNO), maladie virale transmise par les pucerons, ne sont visibles qu’à partir du moment où la montaison est bien engagée, il n’est pas dit que des contaminations se révèlent dans les jours à venir. Reste que le niveau de risque est plutôt faible. Maïs : c’est parti pour les semis Alors que les semis de betteraves s’achèvent, « les plus courageux ont commencé à semer les maïs à la fin de la semaine dernière », indique Laurent Fritzinger. Pourquoi pas ? Puisque, hormis dans les sols lourds, les conditions peuvent être réunies : portance, sols suffisamment ressuyés et réchauffés… « Semer tôt, cela se justifie surtout si on a des variétés tardives », rappelle Laurent Fritzinger. Histoire de sécuriser la fin de cycle. Donc, si les conditions anticycloniques se maintiennent, la cadence devrait s’accélérer dans les prochains jours. Premier constat, positif : grâce au gel hivernal, les conditions de préparation du sol sont bonnes. Pourvu que ça dure ! Colza : la floraison écarte le risque méligèthes Les colzas se sont « bien retapés » depuis l’hiver. Les premières fleurs sont désormais ouvertes sur les colzas les plus précoces, ce qui éloigne le risque de constater des dégâts liés aux méligèthes. En effet, Laurent Fritzinger rappelle que l’insecte ne cause de dégâts qu’en perçant le bouton floral pour atteindre le pollen qui se trouve à l’intérieur. Une fois que le bouton est ouvert, les méligèthes ont libre accès au pollen. Et comme en plus ils sont attirés par la couleur jaune, ils délaissent les boutons floraux au profit des fleurs, participant alors à leur pollinisation. En outre le conseiller rappelle qu’au stade E (boutons séparés), un colza vigoureux supporte la présence de six à sept méligèthes. Et, de toute façon, la floraison va très vite s’installer. Prairies : il ne manque qu’un peu d’eau Malgré un mois de janvier froid, les températures plus clémentes en février et en mars ont permis un redémarrage assez précoce des prairies. Contrairement au blé, les apports d’azote qui ont été effectués au bon moment (lorsque la somme des températures atteint 200 °C depuis le 1er janvier) ont pu être valorisés puisqu’ils ont été suivis de précipitations. « Cependant, les apports d’azote n’ont pas encore été effectués sur toutes les prairies, et risquent alors de manquer d’efficacité », constate Laurent Fritzinger. Déjà, la portance permet de mettre des animaux à la pâture. Pour les premières fauches, il faudra attendre encore un peu : « Certains ray-grass dérobés après céréales pourront être fauchés dans une quinzaine de jours pour bénéficier de bonnes valeurs alimentaires. Sur les prairies naturelles, un peu d’eau ferait vraiment du bien. Sur des sols bien réchauffés comme on a, cela ferait exploser la végétation », projette Laurent Fritzinger.

Betteraves à sucre

Les premiers semis ont levé

Publié le 03/04/2017

Les semoirs de betteraves à sucre sont entrés en action dès le 15 mars en plaine d’Alsace. Avec les bonnes conditions climatiques, ils devraient s’achever dans les prochains jours. Les premiers rendez-vous de bout de parcelle sont prévus pour début avril.

« Le fait marquant de l’année, c’est l’augmentation des surfaces », souligne Laurent Rudloff, responsable du service agrobetteravier de l’usine Cristal Union d’Erstein. La betterave à sucre couvrira cette année 7 470 ha, contre 6 740 ha l’an dernier, soit une hausse de 11 %. « C’est un chiffre que nous n’avions jamais connu : nous dépassons nettement les surfaces de 2007. » La progression des emblavements est le fait des planteurs historiques de la sucrerie d’Erstein, mais aussi de l’arrivée de 53 nouveaux planteurs, dont certains sont situés dans le secteur de Phalsbourg-Sarrebourg. « L’équipe terrain, qui se compose de Michel Butscha et Aline Barbière, aura à cœur de suivre de près ces nouveaux planteurs pour les conseiller, mais aussi d’épauler ceux qui ont rejoint les rangs ces dernières années. » Autre fait marquant de cette nouvelle campagne, les reliquats azotés en sortie d’hiver sont en moyenne plus élevés, surtout après un précédent blé. On observe cependant de grandes disparités. « D’où l’importance de faire des analyses de reliquats d’azote à la parcelle », insiste Laurent Rudloff. Les semis ont démarré le 15 mars. Ils ont été interrompus par les pluies du 21 mars qui ont permis de bien recouvrir les premiers semis. Ils ont repris avec entrain le week-end dernier et, en fin de semaine, plus de 75 % des surfaces devraient être semées. Bonne structure des sols « On sort d’un hiver parfait, mis à part les craintes sur les réserves en eau, précise Michel Butscha, technicien du service agrobetteravier. Les structures sont bien affinées, la reprise est facile. Et la bonne capillarité des sols permet à l’humidité de remonter. » Mais cela peut présenter un inconvénient : « Dès qu’il pleut, le sol se comporte comme une éponge : la terre est tellement fine qu’elle retient l’eau longtemps. C’est pourquoi les planteurs ont dû attendre jusqu’à samedi midi pour pouvoir rentrer dans les parcelles. » La bonne préparation des sols a permis de positionner la graine dans de bonnes conditions. « Le but de la manœuvre est d’avoir un champ relativement plat et d’appuyer la graine avec la roulette plombeuse dans la raie humide pour permettre la remontée capillaire, avant de la recouvrir de terre fine. Cette année, tout va bien, car les structures de sols ont bien évolué. Les germinations que nous avons observées sur les premiers semis sont bonnes. » Cependant, certains planteurs ont constaté la formation de petites croûtes sur les semis effectués au début de la semaine dernière, juste avant la pluie. « Ils ont dû intervenir avec une écroûteuse, mais nous restons confiants. » Ce qu’il faut, c’est surveiller la météo et espérer une bonne pluie dans les prochains jours. « Il faut que le travail du sol reste superficiel et que la préparation du sol et le semis soient coordonnés, pour éviter que la terre ne dessèche. » Un dernier conseil : « Après la pluie, les limaces ont fait leur apparition sur les premiers semis. Une surveillance attentive est nécessaire, car le danger est réel, surtout après un précédent blé. » « Vu les conditions actuelles, nous donnerons rapidement rendez-vous aux planteurs pour faire le point sur le désherbage », conclut Michel Butscha.

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