Cultures

Liseron

Un souci majeur

Publié le 14/02/2017

Dans certaines parcelles, les chantiers d’arrachage ont été perturbés par la prolifération du liseron. Les techniciens de l’usine d’Erstein préconisent un traitement dirigé en maïs, plus efficace que le traitement des chaumes de blé.

« Les entrepreneurs n’en peuvent plus », préviennent Aline Barbière et Michel Butscha, du service agrobetteravier de l’usine d’Erstein. Récolter une parcelle de betteraves propre de 5 ha nécessite en moyenne 6,25 heures, à raison de 80 ares par heure. Mais dans les parcelles infestées de liseron, la cadence descend à 50 ares/heure, et il faut donc 10 heures, sans compter le temps de nettoyage, 1 heure environ. Cela fait un surplus de 4,75 h pour l’entreprise d’arrachage, soit des frais de machine, de chauffeur et gazole supplémentaires. À cela s’ajoutent les pièces d’usure, le temps d’entretien à l’atelier, le surcoût au déterrage et les problèmes à l’usine… ainsi que la perte de rendement pour le planteur. Quelles solutions pour le liseron ? En cas de précédent blé, il est possible de traiter sur les chaumes avec du Roundup ou du 2,4D. Néanmoins, ce traitement n’est pas la panacée : « Les conditions climatiques des étés 2015 et 2016 ont été peu favorables à l’efficacité du glyphosate ». La solution la plus efficace, c’est le traitement dirigé en maïs, insistent les techniciens. « Cela règle le problème du liseron pour plusieurs années et cela ne coûte pas cher : le produit coûte entre 10 et 15 €/ha, auquel s’ajoute le coût de la prestation de l’entrepreneur. » Il préconise de prévoir un premier contrôle pas trop agressif dans le programme de désherbage, puis de laisser repousser le liseron et d’effectuer un traitement dirigé au Banvel. Cette stratégie présente une meilleure efficacité que le traitement des chaumes de blé, permettant ainsi une gestion plus durable du liseron. Michel Butscha met en garde contre les bordures non entretenues : « Il ne faut pas laisser la place aux mauvaises herbes en broyant régulièrement les bordures. Les premiers rangs du champ et les chemins d’irrigation doivent également faire l’objet d’un suivi strict des graminées estivales, qui profitent de la lumière pour faire la semence et envahir progressivement toute la parcelle. »

Publié le 10/02/2017

L’un des principaux responsables des rendements betteraviers décevants de 2016 est la cercosporiose. Retour sur une année atypique, lors des récentes réunions d’information organisées par le service agrobetteravier de l’usine d’Erstein de Cristal Union.

Après un hiver marqué par l’absence de gel, un début de printemps correct malgré quelques sueurs froides pour gérer les repousses de couverts, la préparation des sols s’effectue dans de bonnes conditions à partir du 15 mars. Les semis débutent le 18 mars, dans la plus pure tradition betteravière. Entrecoupés par des périodes de pluies, ils s’achèvent finalement le 15 avril. Malgré une structure des sols grossière, les pluies d’avril favorisent un peuplement régulier, mais dans certains cas, l’abondance des précipitations entraîne l’apparition de croûtes. Si elle est propice à la prolifération des insectes du sol, dont les limaces et les scutigerelles - on constate aussi des dégâts de lièvres -, l’humidité favorise l’efficacité du désherbage. À partir de la fin avril, les choses se gâtent. Les violents orages de mai provoquent des inondations et des coulées de boue et l’on déplore un épisode de grêle dans le Kochersberg. L’humidité des sols persiste durant le mois de juin, et dans de nombreuses parcelles, on constate des stagnations d’eau. Conséquence : fin juin, les betteraves accusent un fort retard végétatif. « Il a plu », rappelle Aline Barbière, technicienne du service agrobetteravier de l’usine Cristal Union d’Erstein. Durant les six premiers mois de l’année, plus de 540 mm de pluie sont tombés. Il faut remonter en 1983 pour retrouver pareille situation, avec 519 mm. « La répartition de cette pluviométrie est rédhibitoire », ajoute-t-elle. « En raison de l’asphyxie des sols, du lessivage et du manque de disponibilité en azote et en soufre, les betteraves sont en état de faiblesse début juillet. » C’est un terrain extrêmement propice au développement des maladies, en particulier celui du rhizoctone brun. On constate une présence importante d’aphanomyces dans les limons blancs et les terres qui drainent mal. C’est ce qui explique le pourcentage important de betteraves malades à l’usine (environ 3 000 t). La bactériose fait son apparition en juin, suivi par la cercosporiose le 20 juin. « Le feu prend très vite malgré les traitements successifs et la réactivité des planteurs. » La situation est encore plus critique dans les terres légères. L’irrigation n’a pas permis de rattraper le retard végétatif des betteraves dans les situations de stress où la cercosporiose est apparue précocement. Pourquoi autant de cercosporiose ? La modélisation de la maladie a été mise à mal par ces conditions climatiques exceptionnelles, explique Aline Barbière : le déclenchement du premier traitement est calculé sur la base d’une somme de températures, la pluviométrie et l’humidité du feuillage n’étant prises en compte qu’à partir de la deuxième intervention (lire l’encadré). « Quand les traitements ont été déclenchés, il était déjà trop tard dans les zones sensibles. » La résistance récente de ce champignon aux strobilurines n’a rien arrangé… À la sortie du printemps, le sol est froid et trempé. Le retour de l’air chaud en juillet favorise l’évaporation et la formation d’humidité sur les feuilles, ce qui fragilise les plantes. Les températures élevées, la sécheresse et la cercosporiose de début septembre bloquent toute possibilité de croissance compensatrice des betteraves en automne. Alors que les parcelles saines enregistrent une baisse de 8 à 9 %, les parcelles touchées par la cercosporiose voient leur rendement chuter 15 à 18 %. « Les planteurs qui ont 20 à 35 % de rendement en moins cumulent toujours plusieurs facteurs, la cercosporiose ne faisant qu’aggraver les dégâts. » La cercosporiose complique également la récolte, car elle provoque le dessèchement des feuilles au sol. « Les feuilles mortes bourrent à l’arrachage et se retrouvent dans les tas de betteraves. » Ce qui explique le taux de tare plus élevé. Trouver des stratégies efficaces « Vous avez connu de grosses déceptions, voire des échecs, poursuit son collègue, Michel Butscha. Aussi devons-nous vous proposer des solutions. » Des solutions testées dans le réseau des plates-formes d’expérimentation du groupe Cristal Union. « Il y a quatre à cinq planteurs expérimentateurs réguliers en Alsace, que nous tenons à remercier. » Le premier critère de choix variétal est la tolérance à la cercosporiose. « En Alsace, cette maladie nous donne du fil à retordre, indique Michel Butscha. Il y a vraiment une répartition géographique de cette maladie, il faut en tenir compte au niveau variétal. » Ce fléau fait aussi des ravages dans d’autres pays européens, en particulier l’Autriche et l’Allemagne du côté de la Bavière, dont les méthodes de lutte sont très proches de celles préconisées dans la région. Le deuxième critère de choix est le barème de paiement qui récompense les fortes teneurs en sucre. « Nous allons dans ce sens en privilégiant le choix de variétés riches en sucre. Nous prenons également en compte la tolérance au rhizoctone brun, aux nématodes, à la rhizomanie. » Certaines variétés voient augmenter progressivement leur tolérance à la cercosporiose. Les semenciers utilisent plusieurs leviers pour faire progresser leurs variétés, indique Michel Butscha. « On le voit sur des variétés comme okapi, libellule ou papillon, dont la note de tolérance s’est améliorée. » Une nouvelle variété, auckland, s’est fait remarquer dans les essais par son bon comportement : « Elle est restée beaucoup plus verte et saine ». Le service agrobetteravier testera cette année d’autres variétés, très prometteuses. « Linotte et auckland se détachent nettement du lot. Linotte a un avantage, elle est très tolérante à la rhizomanie, même si elle est un peu juste en richesse. Les essais effectués en Limagne confirment ces affirmations. » Très logiquement, les variétés mises en avant cette année dans la brochure « Orientations agronomiques 2017 » sont samuela, auckland et linotte ans les zones à forte pression de cercosporiose (zones rouges), papillon et vulkania dans les zones orange avec une protection fongicide normale. Ces deux variétés peuvent également être plantées en zone rouge avec une protection fongicide renforcée. Dans les zones où la pression est moindre, des variétés comme tisserin et origan peuvent parfaitement convenir, précise encore Michel Butscha. « Selon la zone où vous vous trouvez, vous aurez deux choix de programme, en fonction de la pression des maladies. En clair, la protection dont vous avez besoin dépend de votre zone géographique et des variétés choisies (protection renforcée ou protection normale). »

Publié le 08/02/2017

Les premières assises régionales pour le développement des filières et des marchés alimentaires dans la région Grand Est ont été lancées le 2 février à Strasbourg. La première rencontre était consacrée aux fruits et légumes. La suivante, le 9 février à Pont-à-Mousson, à la filière bovine.

« Nous avons décidé, dans le domaine agricole comme dans d’autres domaines, de construire nos politiques en tenant compte encore plus étroitement des acteurs et des réalités du terrain », a expliqué Philippe Richert, président de la région Grand Est en ouvrant les premières assises régionales pour le développement des filières et des marchés alimentaires le 2 février à Strasbourg. Dédiée à la filière fruits et légumes, la première des rencontres a réuni 120 personnes venues du Grand Est à l’Hôtel de Région : producteurs et transformateurs de fruits et légumes, mais aussi grossistes et distributeurs. Les débats ont eu lieu en présence de Philippe Mangin, vice-président de la région Grand Est en charge de la ruralité et de l’agriculture, Pascale Gaillot, présidente de la commission agriculture et forêt, Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est, ainsi que de plusieurs élus régionaux. Favoriser la création de valeur ajoutée Comment accompagner la filière fruits et légumes régionale ? Comment mieux valoriser les productions de la région face à un marché de 5,5 millions de consommateurs potentiels ? Telles ont été quelques-unes des questions abordées lors d’ateliers thématiques. Se posant en « facilitateur de débat », Philippe Mangin a d’emblée rappelé l’ambition de la Région : « Favoriser la création de valeur ajoutée, de richesse et d’emploi à tous les maillons de la filière » tout en prenant en compte la demande croissante pour des produits de proximité, à l’origine garantie. « Ce n’est pas un effet de mode, mais une demande qui s’installe structurellement », a-t-il insisté en citant l’exemple des collectivités, et notamment du Conseil régional, en charge de la restauration collective dans les lycées. Le Région n’entend pas pour autant « privilégier un modèle par rapport à un autre », a déclaré Philippe Mangin. La Chambre régionale d’agriculture s’intéresse aux circuits courts, a déclaré pour sa part Jean-Luc Pelletier, qui constate le succès de ce mode de commercialisation. Il y voit un soutien à l’économie locale, permettant « de garder la valeur au plus près de la production, de maintenir les exploitations et de garder un tissu agricole vivant ». Les circuits courts offrent aussi l’avantage de créer du lien social et de préserver l’environnement et la biodiversité, estime encore le président de la Chambre régionale d’agriculture. Reste à quantifier le débouché potentiel et à organiser la production, en quantité et en qualité. 5 000 emplois permanents Dans le Grand Est, les fruits et légumes occupent environ 2 % de la surface agricole, indique Pierre Lammert, président d’Univers fruits et légumes Grand Est. La filière compte 1 400 producteurs de légumes et environ 1 000 producteurs de fruits. Elle représente 5 000 emplois permanents dans la production, 1 200 emplois dans la transformation, sans compter les saisonniers. Elle a été la première à se structurer au niveau de la grande région avec la création d’Univers fruits et légumes Grand Est, a précisé son président. Les producteurs de fruits et légumes du Grand Est s’appuient sur les trois stations d’expérimentation en place dans la région : l’Arefe et Verexal pour les fruits, Planète Légumes pour les légumes. Ces stations fournissent un accompagnement indispensable aux professionnels, a souligné Pierre Lammert. Ceux-ci ont également besoin d’aides à l’investissement pour pouvoir rester compétitifs. Des soutiens aux entreprises de transformation et des aides à la communication sont également souhaités. Les propositions émises lors des différents ateliers ont fait l’objet d’une synthèse en fin de journée. Elles seront analysées par Univers fruits et légumes Grand Est et les services de la Région, souligne Fabien Digel, responsable du pôle économie et filières à la Chambre régionale d’agriculture. Les choix finaux reviendront à la collectivité, la mise en œuvre des actions retenues étant programmée pour mi-2017. D’ici là, les assises régionales pour le développement des filières et des marchés alimentaires dans la région Grand Est vont se poursuivre : une seconde rencontre, avec la filière bovine cette fois, était prévue le 9 février à Pont-à-Mousson et une troisième, avec les grandes et moyennes surfaces, aura lieu le 7 mars à Metz. D’autres filières (aviculture, productions porcines et ovines, lait) se réuniront ultérieurement.

Pages

Les vidéos