Cultures

Interprofession des fruits et légumes d'Alsace

Endives d’Alsace : belles à croquer !

Publié le 05/02/2017

L’endive est l’un des légumes préférés des Français. La filière alsacienne compte trois entreprises qui viennent de créer un packaging spécial pour valoriser leur production, sous la bannière de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace.

Crue, elle est croquante, cuite elle est fondante. Pas besoin d’être ch’ti pour aimer l’endive ! C’est le sixième légume le plus consommé en France, avec un peu plus de 5 kg par ménage et par an. Le climat de notre province, avec ses pics de température en été, ne se prête guère à sa culture. En revanche, trois maraîchers alsaciens se sont spécialisés dans la production de chicons par forçage hydroponique, à partir de racines cultivées dans le nord de la France : la SARL Burgaentzlen à Colmar, l’EARL Endival à Bourgheim et l’EARL Friess à Rohr. Les trois producteurs, Robert Burgaentzlen, Angèle Gloeckler et Rémy Friess, étaient présents autour de Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, le jeudi 26 janvier à Bourgheim, pour mieux faire connaître ce légume peu banal, ses vertus diététiques et les mille et une façons de le préparer.   Le saviez-vous ? L’endive ne se trouve pas à l’état naturel. Issue de racines de chicorée sauvage améliorée, elle pousse sur des racines au chevelu impressionnant. Une fois récoltées, celles-ci sont stockées en chambre froide à + 2 °C. Puis elles sont repiquées dans l’obscurité et dans une atmosphère chaude et humide. C’est la technique du « forçage » qui permet d’obtenir des bourgeons bien blancs, très compacts et dépourvus d’amertume (communément appelés « chicons » dans le Nord). La France est le premier producteur et exportateur d’endives, devant les Pays-Bas et l’Italie. 21 jours en salle de forçage À Bourgheim, Angèle Gloeckler a repris les rênes de l’EARL Endival, créée en 1979 par son père, Michel Gloeckler. Elle a expliqué les différentes étapes de la production des endives et présenté son entreprise, qui s’apprête à faire un gros investissement pour automatiser partiellement le triage des racines avant leur placement en chambre de forçage, dans l’obscurité totale. L’EARL Endival en commercialise 500 tonnes par an. La production s’étale sur toute l’année, avec une période de forte production entre mars et septembre. Il faut 21 jours pour obtenir des chicons bien ventrus, aux belles feuilles blanches ourlées de jaune. Les racines sont alignées dans des bacs galvanisés et placées dans une salle climatisée à 18 °C et 80 % d’hygrométrie, dans un bain d’eau à 19 °C. L’eau coule sur les bacs empilés sur sept rangées et est récupérée dans une gouttière avant d’être réinjectée en haut de la pile. Cette eau est enrichie en oligoéléments et en potasse pour favoriser la pousse. Après trois semaines, les bacs sont dirigés vers une chaîne où les chicons sont séparés des racines avant d’être empaquetés et directement envoyés dans les magasins, le plus souvent dans la même journée.

Publié le 03/02/2017

Avec un fourrage de qualité, récolté dans de bonnes conditions et correctement mis en silo, le recours à des conservateurs est superflu. Mais parfois, pour accélérer la fermentation, stabiliser la reprise du silo, ou préserver la richesse de certains fourrages, le recours à quelques artifices peut s’avérer bénéfique.

Ensiler les fourrages sert à allonger leur durée de conservation. L’opération consiste à les mettre en conditions humides et anaérobies afin d’obtenir, par fermentation lactique anaérobie, un produit acide, stabilisé, sain, et dont la valeur alimentaire est proche de celle du fourrage récolté en vert. « La qualité de l’ensilage dépend essentiellement de l’état des fourrages au départ et de la qualité de la mise en silo », indique Philippe Le Stanguennec, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Pour réaliser un bon ensilage d’herbe il faut donc privilégier de l’herbe jeune, riche en sucre, digestible, et qui se conservera mieux. « La période optimale de fauche se situe au stade début épiaison. C’est à ce moment qu’on enregistre un pic d’UF et de MAT à l’hectare. Ensuite ces valeurs plafonnent puis diminuent, il n’y a donc aucun intérêt à attendre », poursuit le conseiller. C’est pour profiter à chaque coupe de ces bonnes valeurs alimentaires qu’il est conseillé d’attendre environ six semaines entre elles. La durée de séchage du fourrage avant son ensilage dépend du type de flore, du pourcentage de feuilles, de la productivité et du type de prairie. « Pour limiter les pertes, il faut rechercher une teneur en matières sèches de 30 % pour les graminées, et de 35 à 40 % pour des légumineuses », résume Philippe Le Stanguennec. Favoriser l’anaérobie Le processus d’ensilage débute par une phase de respiration, durant laquelle les micro-organismes naturellement présents utilisent les glucides de la plante et l’oxygène présents dans le silo. Afin de préserver la valeur alimentaire du fourrage, cette phase doit être la plus courte possible. Il est donc important de favoriser l’anaérobie le plus rapidement possible. Car ce n’est qu’en absence d’oxygène que les bactéries lactiques prennent le dessus sur les autres (levures, bactéries acétiques conduisant à la perte de matière sèche et d’appétence) et produisent de l’acide lactique conduisant à une acidification rapide du milieu. Or il est important d’atteindre rapidement un pH de 4, car c’est là que le fourrage est stabilisé et que le métabolisme des bactéries indésirables est bloqué. Pour favoriser l’anaérobie, la technique consiste à bien tasser le silo pour évacuer l’air. Puis il convient d’assurer rapidement et durablement la meilleure étanchéité possible. Une fois le silo ouvert, le front d’attaque du silo doit progresser régulièrement, « d’environ 25 cm par jour en été et de 15 cm par jour en hiver ». Lorsque les conditions d’ensilage sont bonnes, la perte de matière sèche entre le produit vert et fermenté est de 12 à 14 %. « En diminuant la protéolyse, en inhibant l’activité anaérobie des bactéries indésirables, et en améliorant la stabilité des ensilages, les conservateurs permettent de préserver 4 à 5 % de matière sèche », déclare Philippe Le Stanguennec. Choix du conservateur : fonction du fourrage et de l’objectif visé Le type de conservateur à mettre en œuvre dépend du type de fourrage et de l’objectif visé. En effet, tous les fourrages n’ont pas la même prédisposition à l’ensilage. « Plus la teneur en sucres est importante et plus le pouvoir tampon* est faible, plus le pH va descendre rapidement et se stabiliser ensuite », résume Philippe Le Stanguennec. Il faut donc distinguer la luzerne, caractérisée par un fort pouvoir tampon qui rend sa conservation difficile, des ray-grass, plus faciles à conserver parce que riches en sucres et de faible pouvoir tampon. Face à des fourrages pauvres en sucres et riches en MAT, pour lesquels la diminution du pH peut s’avérer difficile à obtenir, il est possible d’apporter des conservateurs biologiques à base de bactéries homofermentaires (lactobacillus, pediococcus) qui vont à la fois diminuer le pH et limiter la fermentation butyrique. « Une solution qui convient aux fourrages ressuyés ou préfanés, et qui représente un coût de 20 à 40 €/ha. » Pour les coupes directement ensilées, une autre solution consiste à apporter de l’acide formique. Compter environ 45 €/ha. Si l’objectif poursuivi est la stabilité à la reprise du silo, il est possible d’utiliser un conservateur biologique sous forme d’inoculum de bactéries hétérofermentaires, qui vont produire de l’acide lactique mais moins que des bactéries homofermentaires, et des acides gras volatils, qui vont limiter les risques d’échauffement et de reprise de fermentation au front d’attaque. Autre solution, plutôt pour des fourrages riches en sucres et avec une teneur en matière sèche élevée : l’utilisation d’acide propionique. Cette solution peut aussi être envisagée en été, sur un front d’attaque qui n’avance pas assez vite, ou dans la mélangeuse, si le fourrage chauffe à l’auge. Sur du foin, l’utilisation de conservateurs est à réserver aux fourrages de haute qualité, type luzerne peu fanée pour préserver les feuilles, ou lorsque le séchage, donc la teneur en matière sèche, est insuffisant. Trois types de produits sont utilisables : l’acide propionique, des bactéries lactiques, et des extraits de fermentation de bactéries lactiques, avec un coût de 8 à 16 €/t fourrage. « Le plus difficile est d’estimer le rendement et la teneur en matière sèche puisque la quantité de conservateur à apporter doit être ajustée en fonction de la teneur en matière sèche. » « La priorité doit être donnée à la bonne gestion de la récolte et de la mise en silo. Car l’utilisation de conservateur n’est pas nécessaire dans de bonnes conditions. Mais en cas de défaut d’ensilage, ou si on se trouve face à des fourrages riches en valeur alimentaire dont on souhaite réduire les pertes, il peut s’avérer intéressant d’utiliser un conservateur, à condition que son coût ne soit pas supérieur au gain apporté par la réduction des pertes… », conclut Philippe Le Stanguennec.

Publié le 25/01/2017

Le sorgho est un fourrage aux propriétés intéressantes, qui peut par exemple accompagner avantageusement des fourrages riches en amidon. Mais sa culture comporte quelques difficultés, notamment de désherbage, ou encore de date de récolte.

Traditionnellement cultivé dans le Ried, parce qu’il se sème plus tard que le maïs, et qu’il est donc moins soumis aux risques d’inondations, le sorgho s’est développé en Alsace suite à l’installation de la chrysomèle des racines du maïs et l’obligation de rotation qui en a découlé. « La Chambre d'agriculture d’Alsace a commencé à mener des essais sur le sorgho en 2004, avec une difficulté principale : l’absence d’équation pour calculer la valeur énergétique de ce fourrage », indique Laurent Fritzinger, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Pas un, mais des sorghos Cinquième céréale la plus cultivée au monde, le sorgho est une plante très hétéroclite. On en distingue trois grandes familles : grain, fourrager et sucrier. Le sorgho grain présente un petit gabarit. Comme son nom l’indique il est généralement cultivé pour ses grains qui sont récoltés à la moissonneuse. « Il peut être ensilé mais il faut alors éclater ses grains pour en valoriser l’amidon », précise Laurent Fritzinger. Au sein de la famille des sorghos fourragers il faut distinguer les monocoupes des multicoupes. Les premiers ne se récoltent qu’une fois. Dans cette catégorie, le plus fréquent est le sorgho sucrier, qui présente une bonne aptitude à l’ensilage, mais dont la teneur en amidon est faible car il n’a quasiment pas de grains. Autre représentant de cette catégorie, le grand sorgho grain, plus riche en amidon. Les sorghos multicoupes ont la faculté de repousser, donc de procurer plusieurs coupes dans la même saison. Le sorgho le plus classique dans cette catégorie, le sudangrass, ressemble à une grande graminée, qui émet une panicule, mais qu’il faut récolter avant l’émission de l’épi car ensuite sa valeur alimentaire diminue. Ce sorgho affiche un démarrage rapide, qui permet de faire une première coupe au bout de huit semaines. Théoriquement les repousses de sorgho fourrager sont pâturables, « mais il y a un risque de paralysie respiratoire lié à la présence d’acide cyanhydrique si le sorgho est pâturé à un stade trop jeune ». Généralement les coupes sont donc ensilées, et l’acide cyanhydrique disparaît avec la conservation. Dans la famille des sorghos sucriers, il faut faire la distinction entre le type normal et les BMR, identifiables grâce à leur nervure centrale brune, qui sont à la fois plus faciles à ingérer et plus digestibles, et qui constituent donc une bonne source d’énergie avec peu d’amidon, mais qui sont aussi plus sensibles à la verse. Ils peuvent être mono ou multicoupes. Une culture de la patience Pour réussir un sorgho, il faut d’abord choisir les parcelles qui se prêtent le mieux à cette culture, c’est-à-dire celles dont les sols se réchauffent vite, qui ne sont pas trop sensibles à la battance, ni trop superficiels, ni trop envahis d’adventices. Les semis doivent être soignés, dans un sol suffisamment chaud, à 2-3 cm de profondeur, à une densité de 220 000 à 300 000 grains/ha, de préférence avec un semoir monograine. Il est en effet important d’obtenir une levée homogène, pour que les plantes atteignent le plus simultanément possible le stade trois feuilles avant lequel aucun désherbage chimique n’est possible au risque de détruire aussi les plantules de sorgho. La culture est peu gourmande en phosphore et en potasse. « Les sorghos monocoupes ne doivent pas recevoir trop d’azote pour éviter la verse. Pour les sorghos multicoupes, il est conseillé d’apporter 30 unités au semis et 30 unités après chaque coupe. » L’une des principales difficultés de la culture du sorgho, c’est le désherbage. Peu de matières actives sont homologuées pour cet usage : il n’y a que deux produits en prélevée. Ils permettent de limiter le développement des adventives au départ, « mais il faut souvent procéder à un rattrapage car leur spectre d’efficacité n’est pas complet ». Pour faciliter le contrôle des adventices, il est donc aussi conseillé de pratiquer un faux semis, et/ou de choisir un écartement entre les rangs compatible avec le binage. Une autre difficulté de la culture relève du timing : « Plus on attend pour atteindre le stade de récolte optimal, plus le risque de verse augmente. Il n’est donc pas toujours facile d’atteindre les 28 % de matière sèche recommandés. D’autant que, contrairement à l’aspect du grain pour le maïs fourrage, il n’y a pas de repère qui permette de détecter le stade optimal d’ensilage. » Lorsque ce stade est atteint, le maïs est déjà ensilé depuis un mois environ, ce qui signifie qu’il faut rouvrir le silo, le retasser, le refermer… Et, même si la teneur en matière sèche de 28 - 30 % est atteinte, il est conseillé d’avoir déjà quelque chose dans le silo, sous le sorgho, pour en absorber les jus riches en sucre afin de ne pas les perdre. En termes de productivité, on peut compter sur 4 à 6 tonnes de MS/ha de potentiel pour une première coupe de sorgho multicoupe. Un sorgho BMR pourra produire 12 t MS/ha. Les rendements des sorghos sucriers sont comparables à ceux des BMR en termes d’UF/ha car le fait qu’ils fassent moins d’UF est rattrapé par le fait qu’ils font plus de rendement.

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