Fruits et légumes
Une année 2016 de petit calibre
Fruits et légumes
Publié le 11/01/2017
L’année a été compliquée dans les vergers, au champ et dans les serres. Les productions qui s’en sortent se comptent sur les doigts de la main.
Une pluviométrie de 550 à plus de 700 mm, une courbe de températures en forme de montagnes russes, une gelée de - 2° dans la nuit du 28 au 29 avril : le début de l’année plombe d’entrée le moral des arboriculteurs. Faute de cumuler une somme de températures suffisante, les cerisiers fleurissent dix jours après les mirabelliers. À la récolte qui démarre le 8 juin, 30 % des fruits ont éclaté. Ce n’est qu’une demi-récolte. La floraison des mirabelliers s’étale sur vingt-quatre jours. Leur charge varie beaucoup selon les secteurs. La chute physiologique est catastrophique. Les vergers conduits en bio connaissent une forte pression de pucerons verts. Les quetschiers n’aiment pas du tout l’humidité et la fraîcheur pendant leur floraison. Les poiriers subissent une forte pression de psylles. La Williams parvient à seulement 50 % d’un rendement normal. Pêchers et abricotiers fleurissent dans des conditions exécrables. Ils procurent des récoltes estimées entre 55 et 100 % de leur potentiel, surtout grâce à une deuxième partie de campagne plus calme. Les pommiers fleurissent sereinement sur deux semaines. Tavelure et puceron cendré nuisent à la qualité des fruits, finalement moyenne. Dans les vergers, la multiplicité des ravageurs et des maladies à contrôler provoque une hausse des coûts de production estimée entre 30 et 100 % selon le type de fruits. En petits fruits rouges, les producteurs de framboises et de myrtilles doivent se montrer vigilants face à la pression exercée par drosophila suzukii. Mais ils réussissent plutôt leur année. Leurs collègues spécialisés en fraises n’en disent pas autant. Leurs 200 ha ont très peu goûté la pluie, notamment en juin où elles sont arrosées vingt jours sur trente par les nuages. L’eau submerge certaines parcelles et raccourcit la campagne d’une semaine. Elle favorise le développement de la pourriture, mais beaucoup moins drosophila suzukii qu’en 2014. La grêle fait quelques dégâts. Les rendements accusent le coup et diminuent de 20 à 30 %. La clientèle ne se précipite pas dans les libres cueillettes. Les prix restent tristes. Rendements en baisse en légumes Les maladies fongiques d’abord, la gestion de l’irrigation ensuite, donnent le plus de soucis aux producteurs de légumes de plein champ comme sous serre. Les tomates manquent de lumière et s’enracinent moyennement. La coulure handicape une productivité que des prix un peu meilleurs ne compensent pas. Les salades se plantent et démarrent difficilement dans des parcelles trop humides. Les prix inhabituellement élevés en début de saison ne tiennent pas la distance car les cycles de production se télescopent en créant le déséquilibre entre l’offre et la demande. Les carottes de plein champ subissent un gros pic de mouches que les producteurs parviennent à gérer convenablement. Les oignons souffrent de l’excès d’eau et de températures insuffisantes. Le mildiou s’invite de manière précoce et met une forte pression sur une culture que les producteurs ne peuvent plus traiter qu’en préventif… La maladie finit par avoir le dernier mot. Les petits calibres inondent le marché. Pour l’ail, des attaques de rouille restent sans conséquence sur le courant des ventes qui demeure correct. Les à-coups climatiques pénalisent le poivron, mais ne gênent pas la courgette. Globalement cette année techniquement compliquée débouche sur des rendements en baisse et des prix stables, voire légèrement meilleurs.












