économie

Champs du possible, Villes du futur en Sud Alsace

L’agriculture à chaque page du projet

Publié le 24/05/2018

Acteurs du monde économique, politique et institutionnel du Haut-Rhin portent vingt projets pour l’agriculture de demain dans le cadre du programme national d’investissement d’avenir (PIA). Sur les 117 candidatures déposées en France, 24 sont encore en lice dont quatre dans le Grand Est notamment celle du Consortium Sud Alsace.

L’appel à projet a été lancé en 2017 par la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Pour être sélectionnée, l’initiative doit être destinée à améliorer la qualité de vie des habitants et augmenter la durabilité du territoire. Vingt-quatre candidatures ont été retenues au niveau national. Dans le Haut-Rhin, la candidature est coordonnée par Mulhouse Alsace Agglomération (M2A) et réuni en réalité vingt projets innovants visant à relier les espaces ruraux, urbains et périurbains, tout en préservant les ressources. Le « consortium PIA (projet d’investissement d’avenir) TIGA (territoire d’innovation de grande ambition) Sud Alsace » officialisé le 19 mai dernier, est baptisé « Champs du possible, Villes du futur en Sud Alsace ». La CDC contribue aux études de faisabilité à hauteur de 380 000 euros. Fin 2018, la CDC retiendra entre dix à douze candidatures. Ces dernières bénéficieront d’un appui financier de 40 millions d’euros. « Cela va permettre de donner de la visibilité à notre territoire au-delà de nos frontières institutionnelles », affirme Laurent Riche, vice président M2A. Chaque territoire oriente son projet vers ce qui fait sa force. Pour le Sud Alsace, c’est l’agriculture. « Les vingt projets sont tournés vers quatre axes principaux : les productions durables, les technologies innovantes, l’autonomie alimentaire et l’agriculture réparatrice ». « Une révolution agricole, environnementale et textile » « Le centre Inra (institut national de la recherche agronomique) Grand Est Colmar intervient dans deux projets, détaille Frédérique Pelsy, responsable du site : une plateforme de modélisation simulant des scénarios pour évaluer la durabilité des systèmes de cultures innovants et une plateforme de variétés de vignes résistantes au mildiou à l’oïdium pour réduire l’utilisation des fongicides en viticulture ». Pour Denis Nass, vice-président de la Chambre d'agriculture, ce projet est « l’opportunité de partager entre les ruraux et les urbains, de parler d’agriculture, parce qu’à chaque page qu’on tourne on voit le mot « agriculture », de parler innovation dans l’agriculture, de prendre des risques ensemble avec les acteurs économiques et politiques, la coopération, avec l’agriculture biologique. La relocalisation de l’économie agricole est une vraie opportunité pour nos territoires ». Ce projet ouvre également la possibilité de développer de nouvelles filières (lin, ortie), initiatives portées par la recherche, l’université de Haute Alsace et le président de Velcorex, Pierre Schmitt : « Nous sommes dans une révolution agricole, elle est suivie d’une révolution environnementale, industrielle et textile. Ce contexte nous permet d’être confiant dans ce projet. On est dans un écosystème idéal qui permet d’avancer concrètement ». Du circuit court sur l’ancienne friche DMC Produire durablement sur le territoire passe par une mise en confiance du consommateur. Le projet prévoit la création d’un label agricole 100 % : « Avec ce produit, je préserve les Ressources de mon territoire ». Une production qui passe aussi par la diversification pour garantir un revenu aux petites et moyennes exploitations agricoles, en introduisant de nouvelles cultures ou de nouvelles méthodes de culture et en structurant les filières du champ aux consommateurs. Lionel L’Haridon, du projet Salsa, propose la création d’un système alimentaire localisé en Sud Alsace, pour favoriser l’autonomie alimentaire. « Issu d’une dynamique de citoyens pour se réapproprier l’acte d’achat et de consommation, il répond à une double logique : sécuriser le débouché pour les producteurs avec magasin, plateforme logistique et restauration, sécuriser la production et l’approvisionnement. Ce lieu est envisagé dans un bâtiment mulhousien de 2 000 m2 de la friche DMC ». Les cônes marins du Sundgau La société Domi Conus d’Obermorschwiller, avec la communauté de commune du Sundgau, porte un projet de technologie innovante. Cette société collecte du venin d’escargots marins en forme de cône, dits cônes marins, pour la recherche et les laboratoires pharmaceutiques. « À ce jour, nous connaissons 748 espèces différentes, ce qui représente plus de 100 000 toxines disponibles, soit un gisement énorme de molécules bioactives, révèle Denis Weltin, conseiller scientifique de Domi Conus. Or, on ne connaît que 3 % de ces molécules. Nous en avons dix en étude. Avec 150 spécimens qui relèvent de 26 espèces différentes, nous sommes, un an après sa création, la plus grande ferme de cônes marins du monde. Mais nous sommes encore dans une phase de validation de nos procédés. Nous ne pouvons rien sans la collectivité ». Ces molécules permettraient de traiter le diabète, la maladie d’Alzheimer, les douleurs… Le PDG de l’entreprise, Dominique Flota, est ambitieux : « Nous pourrions rapidement embaucher de 150 à 200 salariés, car cette technique nécessite de la main-d’œuvre ». L’agriculture est source de solutions médicales et environnementales : une valeur « réparatrice » en créant de nouvelles ressources par la valorisation de la biomasse via un procédé de pyrolyse rapide, grâce à l’expertise d’Agrivalor, du laboratoire Chrono Environnement et Biophénol.

Publié le 10/05/2018

À Beblenheim, Brian Stoeffler s’est glissé dans la peau du viticulteur qu’il n’était pas sensé devenir. Sans avoir beaucoup l’envie de grandir, davantage avec le souci de maîtriser sa rentabilité.

Jusqu’où peut mener le souhait de ne pas avoir de regrets ? La réponse que Brian Stoeffler a donnée en 2012 à cette question le conduit aujourd’hui à se retrouver à la tête d’un domaine créé en 1920. Avec sa formation en informatique et en télécommunications, il entame en 2005 une carrière dans la banque sans envisager un instant de reprendre l’exploitation de 6 ha de Gaby et Georges, ses parents. « J’avais fait un peu le tour de mon métier. Je connaissais la vigne. J’y ai toujours aidé. J’ai eu envie de changement, d’être fier d’un produit que j’élabore de A à Z » avoue-t-il. Brian opte dès lors pendant deux ans pour deux mi-temps, le premier chez son employeur, le second sur le domaine, ou plutôt au CFPPA de Rouffach où il complète son bagage viticole et s’initie à l’œnologie. Georges cède en octobre 2015, le mois de ses soixante ans, à ce fils unique les rênes d’une Eàrl de production et d’une Sàrl de vente créée en 1981 pour les achats et d’eaux-de-vie et surtout de crémant, impossible à produire dans une exploitation un peu à l’étroit dans le village. Dès son arrivée, Brian réfléchit au passage en bio, mais remet sa décision à plus tard, faute de pouvoir suivre en main-d’œuvre et en temps de travail. Il enclenche néanmoins le processus de réduction des phytosanitaires. Il cesse les herbicides de prélevée et commence à passer l’interceps sur le cavaillon. Un quart de la surface est désormais désherbé de la sorte. Les trois ou quatre passages nécessaires dans l’année représentent la contribution bénévole de Georges à la bonne marche du domaine. Brian est tenté par une stratégie de protection uniquement basée sur le cuivre et le soufre, mais encadre toujours la fleur avec deux systémiques pour « se faciliter la vie et sécuriser sa récolte ». « Je suis seul ou presque. Si je choisis de traiter de manière plus légère, je n’arriverais pas à suivre la cadence à une période où les travaux se télescopent. Sans oublier que je dois continuer à être présent au caveau pour assurer la vente » justifie Brian. Il vise le rendement autorisé, ce qui ne lui a pas trop mal réussi ces trois dernières années où il a rentré entre 70 et 80 hl/ha. Il vendange mécaniquement environ la moitié de sa surface. Rester sur les vins de cépage Brian enzyme fréquemment ses moûts et les levure tous avant de les vinifier en foudres mais principalement en cuves inox. La fermentation classique de trois semaines est de règle, mais Brian n’empêche pas les vins qui le souhaitent de prendre davantage leur temps. « Je veux rester sur des vins de cépage » dit-il. Le début de sa gamme est sec avec par exemple un riesling à moins de 4 g/l de sucre restant. Pinot gris et gewurztraminer sont plus ronds. « J’en ai fait des secs. Je les vends. Certains clients sont agréablement surpris. Mais tous n’accrochent pas. Mes arbitrages doivent tenir compte de la demande » argumente le jeune viticulteur. Au cours de l’année, les cinq petits salons français et belges où il se retrouve unique représentant de vins d’Alsace sont pour lui le moyen de vendre bien entendu en direct, mais aussi d’attirer du monde au caveau situé dans une rue de Beblenheim à très faible passage. « J’accueille des groupes. J’initie à l’œnologie. Je fais voir mes vignes. Il faut que mes visiteurs repartent avec le sentiment d’avoir passé un bon moment, pas seulement d’avoir acheté du vin » glisse Brian. « C’est un moyen de fidéliser. Mais cela devient plus compliqué avec les jeunes générations qui commandent moins par cartons de six ». Avec son expérience dans la banque, Brian s’est rapidement posé la question de la rentabilité. Il a renoncé à vendre à un restaurateur et a renégocié les tarifs consentis depuis des années à deux autres. Il a recalculé ses coûts avant d’augmenter en moyenne ses prix de 70 cents par col sur trois ans. Il n’a diminué ni son chiffre d’affaires, ni son nombre de bouteilles vendues. « À première vue je m’en sors financièrement mieux qu’auparavant. Mais ramené à l’heure de travail, c’est pire. Je suis loin du contrat de quarante heures » constate-t-il. C’est pourquoi, Brian commence à instaurer doucement des horaires d’ouverture du caveau afin de préserver plus de temps pour sa compagne et ses deux enfants. « Je souhaite toujours rester seul sur une exploitation à taille humaine. Je me suis fixé huit hectares au grand maximum. Au-delà, il faudrait investir en main d’œuvre, en cave, en moyens commerciaux. Alors qu’à sept hectares, je suis dans l’équilibre ».

Communiqué de la Direction Départementale des Territoires du Haut-Rhin

RAPPEL : Télédéclaration PAC - Avant le 15 mai minuit !

Publié le 09/05/2018

La date limite de dépôt de votre dossier PAC 2018 est fixée au 15 mai minuit. Aucune prolongation de télédéclaration ne sera mise en place en 2018 contrairement aux années précédentes. Tout dépôt réalisé après cette date entraînera une pénalité de retard de 1 % par jour ouvrable. Aussi, vérifiez bien que vous êtes allé jusqu’au bout de la déclaration et que vous avez signé votre demande. Le code Télépac adressé par courrier en mars 2017 est celui à utiliser. En cas de problème (oubli de numéro pacage, perte code Télépac,…), contacter la DDT 68 à l’un des numéros suivants : 03 89 24 82 71/03 89 24 86 36/03 89 24 85 59

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