Pour le Crédit Agricole Alsace Vosges, l’assemblée générale d’information a été l’occasion de délivrer quelques messages forts aux sociétaires et aux actionnaires : la gouvernance est harmonieuse, les équipes sont dynamiques et la volonté de développement est plus forte que jamais. La soirée s’est poursuivie par une conférence de Jean-Christophe Rufin, président d’Action contre la faim, sur le thème « Quel humanisme dans un monde barbare ? »
Pierre Fort a pris ses fonctions de directeur général du Crédit Agricole Alsace Vosges en mai 2016, peu après l’élection d’Henri Buecher à la présidence. « La transition s’est passée sereinement, confie Henri Buecher. Nous avons trouvé rapidement un régime permettant une gouvernance en pleine harmonie. »
Le groupe Crédit Agricole a publié récemment ses résultats 2016, jugés très positivement sur les marchés. « Le recentrage des activités au plan géographique et sur ses cœurs de métier a porté ses fruits », souligne le président. Le groupe a dégagé un résultat de 6 milliards d’euros (Md€), en progression de 3 %. Crédit Agricole SA, de son côté, affiche un résultat de 3 Md€, en hausse de 23 % « Ces belles performances, le groupe les doit à un fort dynamisme commercial, une bonne maîtrise des charges de production, un coût du risque bas. Le ratio de solvabilité sort renforcé. »
Une stratégie ambitieuse de développement rentable
Cette stratégie ambitieuse de développement rentable repose sur deux priorités, le déploiement d’un nouveau modèle de banque répondant aux évolutions des attentes des clients et la simplification capitalistique du groupe. « L’étape franchie en 2016 a permis d’améliorer notre lisibilité sur les marchés. Le Crédit Agricole est en ordre de marche pour affronter les prochaines années. » Les Caisses régionales ont contribué de manière significative à ce développement, indique le président.
Leader dans de nombreux métiers, le Crédit Agricole est l’un des établissements bancaires les plus solides d’Europe. Les marchés sont convaincus de la pertinence de cette stratégie et les agences ont revu leur appréciation à la hausse, explique le président. « Le groupe va verser un dividende de 0,60 € cette année, annonce le directeur général. Ce taux de rémunération devrait se maintenir à ce niveau dans les prochaines années. »
Interrogé par Lionel Augier, l’animateur de cette soirée, sur les faits marquants de 2016, Henri Buecher a évoqué le climat des affaires : « La confiance s’est renforcée sur la fin de l’année, mais nous ne sommes pas à l’abri des incertitudes économiques et électorales ». Autre phénomène, les taux d’intérêt très bas. « La tendance des taux longs est haussière depuis la rentrée, du fait de la hausse de l’inflation et de la remontée des taux aux USA », explique Pierre Fort. Ces mouvements de hausse n’ont pas été répercutés immédiatement à cause de la concurrence mondiale. Dernier élément, la crise agricole : « Notre région n’y échappe pas, souligne le président. Le Crédit Agricole y a apporté toute son attention. Nous avons mis en œuvre des solutions adaptées aux problèmes des agriculteurs en difficulté. » Pour autant, l’agriculture de nos régions investit et innove pour renforcer sa compétitivité et répondre aux attentes des consommateurs.
De très belles performances en crédits à l’habitat
Conséquence du niveau de taux historiquement bas, le résultat brut d’exploitation de la Caisse régionale est en baisse. Mais une très bonne maîtrise des risques et une baisse de l’imposition permettent de maintenir le résultat au niveau de 2015, à un peu plus de 70 M€. « Nous avons réalisé de très belles performances en crédits à l’habitat : plus de 8 000 emprunteurs ont ainsi pu réaliser leur projet. Le dynamisme de nos équipes et des prix compétitifs y ont contribué. » La Caisse régionale a également connu une belle activité dans le financement des ménages : les crédits à la consommation progressent de 17 %. « C’est devenu un outil de gestion du budget des ménages », explique le directeur. Les crédits d’investissement sont en légère progression, malgré l’attentisme économique. Les crédits aux agriculteurs sont en hausse de 13 %. « Nous nous développons également dans le secteur de l’artisanat, notamment dans l’agroalimentaire. » L’assurance représente une part importante du chiffre d’affaires de la Caisse régionale, poursuit Pierre Fort. « Nous connaissons de belles progressions, notamment en prévoyance. »
Si le résultat net est comparable à 2015, le chiffre d’affaires est en baisse, malgré les volumes en hausse, sous le coup de la forte réduction des marges. « Pour autant, nous avons continué à investir dans nos agences et nos ressources humaines. Et nous continuerons à investir en 2016. Nous allons lancer une étude pour la construction d’un nouveau site à Épinal », annonce Pierre Fort. « La Caisse régionale a fait preuve de résilience et dégagé un bon résultat », souligne-t-il.
Succès de la carte bancaire Sociétaire
Comment continuer à faire exister des valeurs mutualistes fortes ? Le président se réjouit du succès du bonus de la carte bancaire Sociétaire : pour chaque opération effectuée (retrait ou paiement), la Caisse régionale verse 1 centime d’euro sur un fonds destiné à accompagner des initiatives locales, et ce sans coût supplémentaire pour le sociétaire. « Cela nous a permis de soutenir 18 projets en 2016 (culture, insertion, animation des territoires). »
En 2017, la croissance française devrait rester timide, estime Pierre Fort. Les taux d’intérêt ne devraient monter que très graduellement. « Nous n’anticipons pas de hausse très marquée, mais les échéances électorales aggravent l’incertitude : la sortie de l’euro, en particulier, aurait des conséquences graves pour l’économie, le budget de l’État et celui des ménages. »
Des lois sont votées pour renforcer la concurrence, de nouveaux acteurs viennent bouleverser le paysage bancaire. Dans un contexte de banalisation de l’offre, le Crédit Agricole entend continuer à se différencier par le conseil, insiste le directeur général. « Les attentes du client évoluent en profondeur à l’heure du digital, nous obligeant à nous réinventer. Cette transformation nous conduira à faire de la banque autrement. Avec une exigence, satisfaire le client et proposer un rapport qualité-prix adapté. Nous pouvons nous appuyer sur la puissance du groupe Crédit Agricole. »
« Nous avons commencé notre transformation, souligne Pierre Fort. Notre ambition est de devenir une banque 100 % digitale et 100 % humaine : l’agence devient une plateforme multicanal, au cœur de la relation entre le conseiller et son client. » De quelle banque parle-t-on ? « Une banque animée par des hommes et des femmes formés tout au long de leur carrière, avec des agences rénovées pour offrir de bonnes conditions d’accueil à nos clients et de travail à nos collaborateurs, une banque qui simplifie la vie, avec la possibilité de traiter ses affaires depuis sa tablette, depuis chez soi. C’est le client qui fait le choix du mode de la relation avec son conseiller. »
« Pas de repli frileux »
Présent auprès des entreprises, quelle que soit leur taille, le Crédit Agricole Alsace Vosges a pris l’option d’encourager les stars up. « Nous avons inauguré l’an dernier notre première plateforme d’entreprises à Colmar et nous sommes associés au projet KM0 », explique Pierre Fort. « Nous avons signé un partenariat avec l’Adie pour accorder des microcrédits afin de favoriser l’insertion économique » ajoute Henri Buecher. Les « start-up » agricoles ne sont pas oubliées : « Nous allons lancer l’Installation by CA » ; une convention sera signée prochainement avec les Jeunes Agriculteurs.
« Notre Caisse régionale est tournée vers le développement. Sa solidité financière nous autorise cette stratégie. Les hommes et femmes qui la composent sont déterminés à mener à bien la transformation dans laquelle nous nous sommes engagés », conclut Pierre Fort.