économie

Publié le 07/04/2017

Pour le président Henri Buecher, les résultats 2016 du Crédit Agricole Alsace Vosges sont de bonne tenue. « Notre dynamisme commercial et notre bonne gestion des risques nous permettent de tirer notre épingle du jeu », a-t-il indiqué lors de la conférence de presse qui précédait l’assemblée générale statutaire de la Caisse régionale, vendredi 31 mars à Strasbourg.

Au Crédit Agricole Alsace Vosges, le fait marquant de l’année 2016 était le changement de gouvernance : le président et le directeur général ont été renouvelés au même moment. Henri Buecher a été élu à la présidence le 24 mars ; Pierre Fort a été nommé directeur général la veille. « Après cette première année, je ne peux que m’en féliciter, affirme Henri Buecher. Notre tandem a fait la preuve de son efficacité. » « Près de 26 000 nouveaux clients nous ont rejoints », annonce le nouveau directeur général, Pierre Fort. Malgré ces efforts, le solde net est légèrement négatif, précise-t-il. Pour l’instant, la loi Macron n’a pas engendré d’explosion des mobilités. « Cette loi va contribuer à accroître la multibancarisation plutôt qu’à inciter au transfert d’établissement bancaire. C’est un élément qui doit nous pousser à viser la satisfaction client, pour continuer à être la banque principale. » En matière d’épargne et de placements, 2016 est une année très satisfaisante. L’encours d’épargne atteint 12,2 milliards d’euros (Md€), en progression de 3,2 %. La Caisse régionale enregistre une progression forte des dépôts à vue. « L’épargne logement, comme l’année précédente, connaît une croissance élevée car les taux sont attractifs. » Belle année aussi pour les crédits : l’encours progresse de 2,6 % pour atteindre 7,80 Md€. La Caisse régionale a accordé 1,50 Md€ de nouveaux financements, une activité fortement tirée par les crédits à l’habitat, dont les déblocages dépassent 1 Md€. « Nos offres sont compétitives. Entre 2014 et 2016, nous avons fortement révisé nos taux à la baisse : sur 100 000 € empruntés, le client réalise une économie de 12 000 €. Nous avons redonné du pouvoir d’achat à nos clients. L’agriculture souffre mais ne baisse pas les bras. » Les crédits à la consommation sont en croissance de 17 %, les crédits d’investissement de 2,5 %. « Malgré les difficultés que traversent les agriculteurs et auxquelles le Crédit Agricole a porté toute son attention, nous réalisons de belles progressions sur le marché agricole (+ 13 %). Cette crise ne doit pas occulter la réalité : l’agriculture investit pour renforcer sa productivité, sa compétitivité, et pour mieux répondre aux attentes des consommateurs. Cette agriculture qui continue à investir et à se développer, nous tenons à l’accompagner », insiste le président Henri Buecher. Le Crédit Agricole Alsace Vosges se développe sur le marché des artisans. « Nous sommes très présents dans le domaine agroalimentaire, en particulier. Cela nous permet d’affirmer que nous sommes un acteur majeur au service du développement régional, de la création d’emplois. » En matière de services, le Crédit Agricole Alsace Vosges a fortement développé la prévoyance et l’assurance dommages, avec une croissance de l’activité de respectivement + 14 % et + 9 %. Le portefeuille dépasse 200 000 contrats. « Notre métier est touché sur les marges de crédits. La vente de services est vitale pour nous. » 2016 est donc une belle année sur le plan commercial. Elle marque aussi la poursuite de la transformation engagée sur le plan technologique : « Notre ambition est d’être une banque 100 % humaine et 100 % digitale », déclare Pierre Fort. « Nous avons fait preuve de résilience » Le produit net bancaire s’élève à 265 M€. Il recule de 4,1 %, du fait des renégociations de crédits. « Dans un contexte pénalisant pour la banque de détail, nous avons fait preuve de résilience. Les volumes sont au rendez-vous mais, les prix ayant fortement baissé, la marge d’intermédiation globale est pénalisée. D’où l’intérêt de préserver la vente de services qui représente près de 50 % du produit net bancaire. » Le Crédit Agricole Alsace Vosges continue à investir dans les ressources humaines : « Nous avons procédé à 150 recrutements et fait des efforts de formation. La compétence fait la différence. » Il continue également à moderniser son patrimoine immobilier (180 agences) : « Nous avons rénové quinze agences et renforcé les moyens technologiques, notamment pour déployer la signature électronique. » Il n’y a aucun plan de fermeture d’agences, même s’il risque d’y avoir quelques ajustements ponctuels, insiste Pierre Fort. « Grâce au digital, les points de vente perdurent, avec des collaborateurs pour accueillir les clients qui viennent en agence et pour répondre aux questions de ceux qui nous contactent par téléphone ou par internet », explique le directeur général. Les charges de fonctionnement sont en augmentation de 2,6 % par rapport à 2015, essentiellement du fait des charges informatiques pour préparer l’évolution technologique, de la contribution aux fonds de garantie et de résolution, et de la progression des amortissements. Le résultat brut d’exploitation est en recul, à 102 M€. Le coût du risque reste à un niveau bas. « Ce n’est pas de la frilosité mais de la saine gestion. » Le résultat net, qui dépasse 70 M€, est comparable à celui de 2015. « Plus de 90 % de ce résultat vont consolider nos fonds propres qui s’élèvent à 1,40 Md€, ce qui nous permettra de continuer à investir pour avoir des offres compétitives. » Le ratio de solvabilité Bâle 2 s’établit à 22,16 %, très au-delà de l’exigence réglementaire. Conclusion de Pierre Fort : « Dans un contexte adverse pour les banques de détail, notre Caisse régionale a su faire preuve d’une belle dynamique, continuer à se développer, consolider sa situation financière et se donner les moyens de continuer à investir. » La preuve, c’est que la Caisse régionale va s’engager dans la construction d’un nouveau site à Épinal, un chantier de 20 M€. Elle lance également une nouvelle solution de paiement, PayLib, dès le 7 avril.

Rendez-vous annuel des Cuma d’Alsace

La fédération régionale est sur les rails

Publié le 24/02/2017

Depuis le 2 janvier dernier, la Fédération régionale des Cuma du Grand Est remplace les anciennes fédérations départementales et interdépartementales de huit départements de la grande région. Une nouvelle entité qui entend mutualiser les compétences de tous ses adhérents tout en renforçant les liens avec les acteurs du terrain.

Un dispositif « simplifié » pour gagner en efficacité. C’est le vœu pieu de la nouvelle Fédération régionale des Cuma Grand Est, créée en juin 2016 et active depuis le 2 janvier 2017, qui regroupe 506 Cuma de huit départements de la région Grand Est (la Meuse et les Vosges n’en font pour le moment pas partie). Lors du rendez-vous annuel des Cuma d’Alsace qui a eu lieu le 8 février dernier, le président de cette nouvelle entité, Matthieu Goehry, a souligné l’intérêt qu’avait l’ensemble des Cuma départementales à se regrouper aujourd’hui sous une même bannière. « Avec la réorganisation territoriale entérinée en 2016, nous devions nous aussi évoluer pour nous adapter à cette nouvelle donne. Désormais, le Conseil régional, la Draaf ou nos financeurs n’ont plus qu’un interlocuteur en face d’eux. » Exit donc les anciens échelons départementaux ou régionaux. Place désormais à la FRCuma Grand Est, une entité qui entend devenir la référence sur la mécanisation et l’organisation collective des exploitations agricoles. « Nous devons pour cela construire et affiner notre autonomie financière pour être véritablement indépendants. Cela passera principalement par les cotisations de nos adhérents et par les prestations de services que nous proposons », détaille Matthieu Goehry. Fédérer l’existant Un élément essentiel de cette nouvelle fédération régionale reste le maintien de la proximité avec l’ensemble de ses adhérents. Si le siège est établi à Châlons-en-Champagne, des antennes locales, à travers des sections départementales ou interdépartementales (comme en Alsace par exemple), continueront d’assurer le lien au plus près du terrain. Et afin de ne « pas perdre le fil » avec ce qu’il se passe dans les territoires, la FRCuma Grand Est souhaite renforcer ses structures locales en leur permettant de se concentrer en premier lieu sur le travail d’animation. Une évolution qui satisfait pleinement Hubert Reech, l’animateur des Cuma d’Alsace. « J’ai passé beaucoup de temps ces dernières années sur les aspects administratifs et statutaires. Un travail indispensable, mais lourd, qui prend beaucoup de temps. » Désormais, ces fonctions supports seront gérées en grande partie par la fédération régionale, sous la houlette de sa directrice, Hélène Hertgen, recrutée spécialement pour l’occasion. « Nos antennes locales doivent vivre le plus possible avec des projets pilotes pour chacune d’entre elles. Il faut qu’il y ait un maximum d’idées qui remonte. C’est grâce à cela que nous pourrons évoluer et répondre aux évolutions souhaitées par les chefs d’exploitations. Il faut que l’on comprenne comment vous fonctionnez pour préparer l’agriculture de demain », indique le président de la FRCuma Grand Est. Autre atout de cette nouvelle fédération régionale, c’est la possibilité pour les différentes Cuma de bénéficier des savoirs et savoir-faire d’autres Cuma. « Nous pouvons mutualiser l’ensemble des compétences de la grande région. Grâce à cela, chacun pourra bénéficier du même service, où qu’il se trouve sur le territoire. Notre idée est de fédérer ce qui existe », conclut Matthieu Goehry.

Publié le 04/02/2017

Plus qu’une crise, l’économie mondiale vit actuellement une vraie « révolution numérique » similaire à l’apparition du chemin de fer ou de l’électricité. Une mutation profonde à laquelle les PME françaises ont encore beaucoup de mal à s’adapter, pénalisées par des lourdeurs administratives et fiscales toujours trop présentes aux yeux de la présidente d’Ace Compta, Gabrielle Rolli.

Crise qui se prolonge ou mutation profonde ? Huit ans après la chute de la banque américaine Lehman Brothers, l’économie française peine toujours à redécoller. Et pour la présidente d’Ace Compta, Gabrielle Rolli, les causes seraient plus structurelles que conjoncturelles. « Peut-on encore parler de crise après tout ce temps ? Ne serions-nous pas dans une mutation de notre société liée aux nouvelles technologies ? Quand on voit aujourd’hui les temples de la consommation que sont les supermarchés être mis à mal par l’e-commerce, on peut se poser la question. Des structures qui vivent ce qu’elles ont elles-mêmes provoqué dans les années 1970 face aux petits commerces. » Invité à s’exprimer sur ce sujet lors de l’assemblée générale d’Ace Compta, le consultant en communication, Samuel Mantelet, compare l’époque actuelle avec l’apparition des chemins de fer et de l’électricité au XIXe siècle. « Nous vivons une troisième révolution numérique qui a démarré dans les années 1980 avec l’apparition des premiers ordinateurs personnels. Puis l’arrivée d’Internet dans les années 1990 et du smartphone dans les années 2000 ont accéléré ce bouleversement. » Des changements majeurs qui ont vu progressivement apparaître une concurrence féroce pour l’économie dite « traditionnelle ». Chaque jour, les grands « mastodontes internationaux du commerce » - comme les nomme Gabrielle Rolli - grappillent des parts de marché à des PME qui ont bien du mal à s’adapter à ce nouveau paradigme. La faute, selon la présidente d’Ace Compta aux « Énarques qui conduisent en regardant dans le rétroviseur ». « À leurs yeux, l’entreprise reste une belle vache à lait qu’on peut traire à volonté, plutôt que de lui donner les moyens de s’adapter à ces mutations. Entre la nouvelle DSN, qui épuise notre système social, la loi El-Khomri, le registre sécurité, le registre sanitaire et j’en passe, le chef d’entreprise a trop de boulets accrochés aux pieds pour pouvoir innover et s’adapter à ce nouveau monde. Car toutes ces charges supplémentaires ont un coût. Et tout cela se fait malheureusement au détriment des investissements d’avenir », déplore-t-elle. « L’âge de pierre » du numérique Et le temps presse si l’on en croit les différentes études menées sur l’évolution de l’emploi dans le monde dans les prochaines décennies. Le fondateur du site Doctissimo et spécialiste de l’Intelligence Artificielle (IA), Laurent Alexandre, prévoit par exemple que 100 % des emplois seront liés à l’IA en 2050. Il estime ainsi que 42 % des emplois français pourront être remplacés par des robots. Un scénario qui n’est plus vraiment de l’ordre de la science-fiction si l’on regarde les dernières « innovations » en matière d’intelligence artificielle : les voitures autonomes de Google ou Tesla, l’assistant vocal intelligent Alexa du géant Amazon ou bien les robots désherbeurs si l’on regarde ce qu’il se fait en agriculture. Une machine « intelligente » développée par l’entreprise française Naio Technologies qui prouve que le « Made in France » a aussi son mot à dire dans cette révolution numérique. « Car oui, cette économie crée des emplois. Encore faut-il qu’il y ait une volonté politique en amont », explique Samuel Mantelet. « Mais pour le moment, l’hypothèse la plus probable, c’est que cela détruira plus d’emplois que l’inverse dans notre pays. Concrètement, la France en est encore à l’âge de pierre sur ces développements numériques », reconnaît-il sans détour. « Que ferait Google à votre place ? » Les têtes pensantes sont pourtant nombreuses à sortir tous les ans des écoles hexagonales, preuve que le savoir et le savoir-faire liés aux nouvelles technologies existent bel et bien dans le pays. « Les jeunes diplômés préfèrent s’expatrier à l’étranger, là où l’économie numérique est bien plus développée », poursuit le consultant en communication. On pense en premier lieu à la Silicon Valley, en Californie, qui abrite les plus grands acteurs mondiaux dans le secteur comme Google, Amazon, Facebook et Apple appelés plus communément « Gafa ». À elles seules, ces quatre entreprises totalisent 123 milliards de dollars de réserves financières. Leur croissance est 33 % plus élevée que celle de la Chine, et leur PIB équivaut à celui du Danemark, 34e richesse mondiale. Un développement spectaculaire qui est loin d’être dû au hasard. Pour en arriver là, le géant Google a appliqué une méthode « radicalement nouvelle » de l’économie connue aujourd’hui sous le nom de « méthode Google ». Une approche novatrice qui a donné naissance à un livre sorti en 2009 : « La méthode Google : que ferait Google à votre place ? » Un ouvrage qui se présente comme un « mode d’emploi » pour toutes les entreprises désireuses de se « réinventer ». Le premier pas vers une « mutation » qui paraît désormais inévitable.

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