La 65e finale départementale de labour associée au S’BüraFascht se déroule ce dimanche 19 août à Sainte-Croix-en-Plaine. Les jeunes agriculteurs du Haut-Rhin, et notamment celles et ceux du canton du Ried qui organisent la manifestation veulent promouvoir le monde agricole à travers trois mots d’ordre : cultiver, préserver, innover.
Le lieu de rendez-vous est fixé sur l’exploitation de la famille Stoffel. Guillaume, 32 ans, est installé depuis près de dix ans (2009). Sur 92 hectares, on y trouve du maïs, du blé, des betteraves et, selon les années, du soja. Cette dernière culture avait remplacé en 2003 celle du blé. « C’était la fameuse année de la première grosse canicule. Le blé avait échaudé. Il n’y avait pas eu de bons rendements. Cette année et pour la première fois nous avons à nouveau semé du blé ». Guillaume Stoffel est motivé à l’idée de recevoir cette grande fête agricole organisée par les jeunes agriculteurs. Il faut dire qu’il sait de quoi il parle. Il a lui-même été président du canton des JA du Ried pendant deux mandats, de 2013 à 2017. Et, au sein de la structure départementale, c’est lui, aujourd’hui, qui est en charge du dossier de l’installation. « Un dossier intéressant à suivre. Depuis deux-trois ans, les installations sont stables en Alsace. Environ 25 à 27 annuellement pour les dossiers aidés auxquels il faut ajouter les parcours non aidés pour celles et ceux qui dépassent l’âge ou qui sortent du schéma d’installation classique », précise-t-il. En outre, il est également co-responsable du dossier chez les JA du Grand Est. Cela nécessite beaucoup de déplacements à Laxou en Lorraine. C’est ce qui explique, aussi, qu’il a voulu trouver un successeur chez les JA du Ried. Un passage de relais réussi avec l’arrivée d’une nouvelle génération qui a élu à sa tête Charlotte Feuerbach.
Première fille et nouvelle génération
Âgée de 22 ans, Charlotte Feuerbach est la première fille du canton à occuper une telle responsabilité. Après des études agricoles, elle a suivi la formation de l’école des cadres. Une formation qui s’est avérée intéressante et définitivement convaincue Charlotte Feuerbach de poursuivre son parcours. Elle est actuellement employée au sein de l’EARL des Laitières à Muntzenheim. Quand, en janvier, il a fallu trouver un successeur à Guillaume Stoffel, elle a accepté la fonction. « Je suis bien entourée. Une nouvelle équipe est arrivée avec moi. Tout le bureau a changé. Nous tentons d’impulser de nouvelles idées, de redynamiser le canton. Cela se passe bien dans une bonne ambiance. Les « anciens » sont toujours prêts à nous aider, à nous conseiller. Nous réfléchissons à réorganiser la ferme ouverte qui a lieu en même temps que la fête de la carotte à Muntzenheim. Mais, chaque chose en son temps. Pour le moment, nous sommes concentrés sur la fête de ce dimanche. Notre objectif est de montrer une belle image de notre métier. Nous voulons que le grand public voie la réalité du monde agricole. Et pas celle véhiculée par certains lobbies, par certains médias ou par les réseaux sociaux », explique Charlotte Feuerbach. Pour y parvenir, les jeunes agriculteurs comptent tout d’abord promouvoir les céréales. Le public pourra notamment déambuler dans un labyrinthe géant de maïs. Il y aura également une exposition sur la production de maïs et de blé au fil du temps et des démonstrations de labour à l’ancienne. Les JA organiseront également un pôle spécifique qui présentera toutes les techniques et innovations qui tournent autour de la production de céréales. « Nous voulons faire découvrir aux gens cette filière si importante pour l’économie de notre région. Les céréales sont partout autour de nous. Les gens, consciemment ou non, les utilisent à l’état brut ou transformé. Il faut le leur rappeler ou le leur faire savoir », insiste Charlotte Feuerbach.
Le bon sillon
Le lieu de la manifestation sera également occupé par une exposition de matériel agricole, par des ateliers pour les enfants avec des jeux, des stands animés par des associations du secteur. Sans oublier le traditionnel marché paysan et la possibilité de déjeuner sur place avec des repas 100 % locaux, à base d’aliments issus des fermes des alentours. Enfin, et pour rappeler que l’on se trouve chez Guillaume Stoffel, un « speed-dating installation » sera proposé avec les principaux interlocuteurs agricoles. Chaque porteur de projet pourra ainsi présenter son projet et obtenir des réponses à ses interrogations. Des stands d’entreprises en lien direct avec le monde agricole présents sur le site constitueront un moment privilégié pour de tels échanges. Enfin, et surtout, cette manifestation servira de cadre à la 65e finale départementale de labour. Ouverte aux jeunes âgés de 16 à 35 ans, la compétition s’effectuera soit avec une charrue simple pour le labour en planches, soit avec une charrue réversible pour le labour à plat. Dans tous les cas, les tracteurs devront être munis d’un arceau de sécurité. Selon la catégorie, les compétiteurs devront labourer 14 à 40 ares. Ne pouvant pas changer de matériel au cours de la journée, le choix de l’instrument de travail sera donc déterminant. « Le but de ce concours est d’obtenir un labour présentant des sillons bien épaulés, bien retournés, réguliers, et visibles sur toute la longueur. L’aspect du labour doit être arrondi, à émiettement régulier, sans grandes mottes ni crevasses afin de réaliser un bon lit de semence », rappelait l’an passé Claude Gretter qui présidera une nouvelle fois cette année le jury. L’ouverture du concours de labour est prévue à 11 h avec le tracé d’ouverture. La reprise du concours aura lieu dès 13 h 30. La remise des prix étant fixée à 16 h 30.