bio

Publié le 20/12/2018

Dans le cadre du mois de la bio, une cinquantaine de personnes a assisté à une journée d’information sur la conversion bio en grandes cultures, le 15 novembre à Schwindratzheim. Les animateurs de la Chambre d'agriculture ont rassuré ceux qui hésitent à se lancer.

Dépasser les peurs afin de sauter le pas de la conversion. Voilà l’objectif de la journée d’information organisée le 15 novembre à Schwindratzheim dans le cadre du mois de la bio. Cinquante personnes, dont de nombreux agriculteurs, ont répondu présent à l’appel de la Chambre d'agriculture et de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba). « La bio c’est quoi pour vous ? » La question de Benoît Gassmann peut paraître simpliste. Mais elle a le mérite de lancer la discussion. Le conseiller bio a la Chambre d'agriculture privilégie les échanges directs aux présentations PowerPoint. Le format semble plaire à l’auditoire. Les réponses fusent. « La bio, ce sont des produits sains et moins de pollution », tente un jeune homme. « Ça demande plus de vigilance, d’observation et de technique », lance un autre participant. Pour répondre aux interrogations et aux doutes, Benoît Gassmann s’est allié à Julien Jacob. Ce jeune agriculteur de Wickersheim a amorcé sa conversion en 2017. « La bio a été un vrai tremplin dans le cadre de mon installation », témoigne-t-il. Bref, la preuve par l’exemple. Ainsi, le jeune paysan répond à toutes les craintes. La bio coûterait plus cher que l’agriculture conventionnelle ? Faux, rétorque Julien. « L’achat de matériel peut être subventionné à hauteur de 60 %, contre 40 % en conventionnel. » De plus, les économies sur les produits phytosanitaires compensent une bonne partie de l’augmentation des charges de main-d’œuvre. Le soja à 1 000 € la tonne La bio manquerait de débouchés ? Oui, mais la situation s’améliore à vitesse grand V. « La filière s’est structurée de manière impressionnante ces dix dernières années », insiste Benoît Gassmann. Le lait par exemple. Hélène Claire, de l’Opaba, prend le relais : « Biolait collecte dans le Haut-Rhin depuis 2015 et ils ne sont pas opposés à l’idée d’aller en Alsace du Nord. » Unicoolait s’y est déjà mis depuis plusieurs années en Alsace Bossue. L’agriculture biologique alsacienne cacherait même quelques pépites. Le soja en tête. « On fait du très bon soja bio, avec des taux de protéines intéressants », se félicite Benoît Gassmann. Résultat : la tonne de soja se vendrait environ 700 €. Les meilleurs stocks s’arracheraient même à 1 000 €. Autre préoccupation des agriculteurs : le désherbage. Pour apaiser les âmes sensibles, Benoît Gassmann diffuse une série de photographies de champs bios. Les parcelles apparaissent propres et bien entretenues. Le secret ? « Semer le plus tard possible », selon le conseiller Chambre. Fin octobre, voire mi-novembre, afin d’éviter les mauvaises herbes et les parasites. Mais le principal frein à la conversion reste la peur de l’inconnu. « Ça nous pousse à sortir de notre zone de confort », traduit un participant. Toutefois, les producteurs peuvent recevoir de l’aide et des conseils de la part de la Chambre d'agriculture et de l’Opaba. Les deux organismes proposent différentes sessions d’information. Elles sont générales ou spécialisées sur un type d’activité, en groupe ou individuelle, chacun y trouve son compte. De toute façon, Benoît Gassmann coupe court aux tergiversations. « En bio, on peut tout faire, il suffit de se lancer. » Avis aux volontaires !

Publié le 20/11/2018

Dans le cadre du « Mois de la bio », la visite de l’exploitation de Nicolas Fady à Reiningue visait à cerner les atouts de la filière. Pour réussir sa conversion, l’agriculteur peut s’appuyer sur un réseau de compétences..

La particularité de l’exploitation de Nicolas Fady ? Le choix de la race de son cheptel, tourné vers la Salers. « C’est une rare que j’apprécie tout particulièrement car elle est rustique, docile, laitière et maternelle. Les vêlages sont faciles et la longévité des vaches est longue », explique l’éleveur. Il a un cheptel de quarante mères, ainsi que des brebis et des chevaux en pension. Il cultive des céréales sur quinze hectares, de la luzerne sur dix hectares. L’exploitation compte 80 hectares de prairies. Le bio, Nicolas Fady y réfléchit depuis longtemps ; il a passé le cap en 2018 en démarrant sa conversion au printemps dernier. Il sera certifié en mai 2020. Nicolas Fady est adhérent à la coopérative agricole de céréales (CAC) qui l’accompagne dans le cadre de la politique de l’entreprise en agriculture biologique. L’objectif est de créer une filière pérenne, durable et rentable pour les adhérents avec une pertinence agronomique. La coopérative est là pour apporter le conseil technique nécessaire et le support logistique. Le tout, dans une démarche de coopération positive et locale. La coopérative propose ses solutions pour son activité « appro » avec sa sélection de semences et la lutte biologique, ses expérimentations ou encore son système de collecte. L’objectif final étant la recherche de la qualité de la récolte et l’anticipation dans les décisions à prendre. Tendre vers un milieu équilibré Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où la production biologique poursuit sa croissance en France appuyée par une consommation également en hausse dans toutes les filières. En Alsace, 88 élevages en bovin allaitant étaient orientés en bio ou en conversion. Dans le Haut-Rhin, on comptait en 2017, 26 éleveurs avec un cheptel qui dépassait déjà les 500 têtes. Pour faciliter la croissance, la Chambre d'agriculture d’Alsace mise sur l’accompagnement : « Il s’agit de tendre vers un milieu équilibré (autonomie, respect des cycles naturels, recyclage des matières organiques), de maintenir la fertilité du sol sans engrais chimique de synthèse, de protéger les plantes sans pesticides de synthèse, et de pratiquer un élevage en harmonie avec l’exploitation, respectant le bien-être animal », souligne Sophie Delattre. Le tout, dans le cadre de la réglementation européenne, tant pour les productions végétales qu’animales. Pour une conversion en élevage bovin, une conversion simultanée (terre et animaux) se fait sur une période de 24 mois. Il y a des étapes administratives à réaliser. Le pôle « conversion bio Alsace » de la Chambre et de l’Opaba est là pour réaliser un accompagnement individualisé, adapté à chaque situation d’exploitation (visite de sensibilisation, approfondissement technique, simulation économique). Un pôle qui est complété par les conseils et le suivi du service « Élevage » de la Chambre d'agriculture. Daniel Renger, conseiller, a présenté les performances techniques en bio et en conventionnel. Une filière régionale La filière régionale viandes bio s’organise autour de l’union des éleveurs « Unebio ». Ses racines, ce sont les réseaux de producteurs bio, qui depuis 1995, ont structuré leur filière. Le capital de l’union est détenu par les éleveurs bio à travers les structures actionnaires, proportionnellement aux volumes mis en marché. L’union est gouvernée par des éleveurs. Cet outil de commercialisation 100 % bio valorise la viande dans les grandes et moyennes surfaces (Unebio est partenaire historique d’Auchan), les boucheries, ou encore les magasins spécialisés. Unebio est ainsi le premier outil de commercialisation des éleveurs bio en France avec un réseau de 2 500 éleveurs et une équipe de professionnels au service de la filière. L’union respecte des règles précises de mise en marché : une planification des bovins, des prix stables dans le temps, définis en commun, en déconnexion avec le marché conventionnel, une régularité de l’approvisionnement et du commerce.

Trebogad, la cuvée sans sulfites ajoutés de la cave du Roi Dagobert

Dans le prolongement naturel de la viticulture bio

Publié le 17/11/2018

Lundi 12 novembre, la cave du Roi Dagobert lançait Trebogad, sa cuvée bio sans sulfites et autres intrants ajoutés, chez le chef Antoine Kuster, au Bistrot d’Antoine à Strasbourg. Trebogad est le palindrome de Dagobert, le bon roi, qui méritait bien une cuvée écrite à l’envers…

L’idée de l’élaboration d’une cuvée bio sans sulfites ajoutés, à la cave du Roi Dagobert, ne résulte pas d’une volonté particulière des vignerons ou du service commercial d’Alliance Alsace de répondre à un marché en vogue, mais du souhait de l’œnologue, Lilian Andriuzzi, d’élaborer de tels vins. « Nous n’incitons pas nos vignerons coopérateurs à passer en bio. Quand ils se convertissent, ils le font de leur propre volonté et nous ne faisons que les accompagner », explique Christophe Botté, directeur de la coopérative. C’est aussi dans cet esprit qu’a été élaborée la première cuvée bio sans sulfites ajoutés, Trebogad. Elle s’inscrit dans le prolongement naturel de la mouvance de vignerons de la cave de Turckheim et du Roi Dagobert à Traenheim qui se convertissent en bio. Pour l’heure, 100 des 1 300 hectares que comptent les deux caves du Roi Dagobert et de Turckheim sont en bio, mais nombre de vignerons projettent de se convertir. Conversion qui passe par une phase d’acquisition des convictions, observe Christophe Botté. Lilian Andriuzzi, l’œnologue, a souhaité pousser la logique jusqu’au bout. Et ce sont quelque 14 000 bouteilles de Trebogad, un pinot gris sec, qui sortiront de la cave pour cette première. Mais d’autres cuvées 2018 sont en gestation pour compléter la nouvelle gamme. « No stress mais sans filet » Difficile pour un œnologue de se lancer dans l’aventure des vins sans sulfites, surtout lorsque l’enjeu concerne des centaines d’hectolitres. Car la suppression de l’adjonction de sulfites expose le vin à toutes sortes de microorganismes autres que la levure Saccharomyces cerevisiae. Il faut donc avoir confiance en la matière de base afin qu’elle sélectionne naturellement de bons microorganismes. « J’ai appris avec ce vin à déstresser, sinon on ne dort plus, convient Lilian Andriuzzi. Mais on travaille sans filet. » D’ailleurs « ce vin a fait une graisse en bouteille », explique-t-il, chose impensable dans l’univers de l’œnologie pasteurienne, mais régulièrement rencontrée « chez les nature ». Non levurée, non sulfitée, et sans autre intrant œnologique, juste filtrée grossièrement sur plaque dégrossissante, Trebogad a été élaborée avec la complicité de Xavier Couturier, du laboratoire Duo Œnologie. Huîtres, fromages à pâte cuite, salade persillée de hareng, joue de porc et purée façon Antoine Kuster - dont la « cuisine bourgeoise » gagne en réputation à Strasbourg - la cuvée Trebogad a été testée sous toutes les coutures avec, semble-t-il, une certaine buvabilité au vu des bouteilles consommées lors de ce lancement… Reste désormais au service commercial d’Alliance Alsace - sept personnes au total sous la direction d’Emmanuelle Gallis - de faire connaître ce vin. Christophe Botté regrette un peu que les cavistes nature de Strasbourg aient boudé la soirée. Sectarisme anti-coopérative ou surbooking ? Peu importe, Trebogad s’inscrit dans les valeurs qu’attendent les nouvelles générations de consommateurs, avec en plus l’idée de projet coopératif. Tout pour séduire…

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