FDSEA

FDSEA - Cantons de la Hardt et de la Plaine de l’Ill

Se « réconcilier » avec la société

Publié le 01/02/2019

En plus des habituels dossiers syndicaux, l’assemblée générale des cantons de la Hardt et de la Plaine de l’Ill de la FDSEA du Haut-Rhin a permis de débattre sur la nécessité, pour le monde agricole, de recréer du « lien » avec la société civile.

Comment recréer du lien avec la société ? Cette question a animé les discussions lors de l’assemblée générale des cantons de la Hardt et de la Plaine de l’Ill de la FDSEA du Haut-Rhin. D’un côté, il y a le monde agricole avec ses codes, son vocabulaire, ses connaissances, ses certitudes aussi. De l’autre, il y a une société « qui part dans tous les sens » résume Thierry Engasser, agriculteur à Hombourg. Dans ce monde qui défile à cent à l’heure, l’agriculture peine à s’accrocher au wagon, peine à se faire comprendre d’une société de plus en plus urbanisée, en déconnexion progressive avec ses origines rurales. Pourtant, il ne peut y avoir de société sans agriculture, comme il ne peut y avoir d’agriculture sans quelqu’un pour acheter et consommer les produits au bout de le chaîne. Alors que faire pour recréer un « pont » entre l’un et l’autre ? Pour le président du canton de la Hardt, Jean Goetz, il va falloir mettre en place une « communication positive » du métier dans laquelle on doit aussi parler du « bien-être de l’agriculteur ». « C’est vrai qu’il y a une pression sociale sur le glyphosate. Il y a pourtant pour le moment peu de solutions alternatives qui ont fait leurs preuves. Néanmoins, malgré les exigences qu’on peut avoir à notre égard, et le fait qu’on ne tienne pas compte des efforts qu’on fournit, il faut rester positif. » Thomas Thuet, agriculteur à Rumersheim-le-Haut, et ex-président de la Coopérative Agricole de Céréales, est lui plus circonspect. « Tout ce que je constate, c’est qu’on assiste à une perte de rentabilité de nos exploitations depuis dix ans. Et clairement, je ne vois pas d’issue. » Il se demande au passage si la profession agricole n’aurait pas dû s’associer au mouvement des Gilets Gaunes pour faire entendre sa cause. « Ils nous ont piqué la ruralité. Qu’est-ce qui nous reste maintenant ? Nous, on récupère des clopinettes quand on manifeste. Eux ont réussi à débloquer des milliards. » Tête de liste aux élections Chambre sous la bannière FDSEA/JA/AVA, Denis Nass se veut, lui, plus confiant sur l’avenir de la profession. « Plus de 75 % des gens soutiennent les paysans. Alors, arrêtons d’être complexés et tâchons de croire en nous-mêmes ! Oui, nous devons changer. Oui, nous devons innover. Et c’est à chaque agriculteur sur son territoire d’être un acteur de cette innovation. Nous avons des belles choses sur nos territoires, il faut en avoir conscience. Nous, on peut irriguer par exemple, c’est une chance que tout le monde n’a pas. » Trouver des « alliés » sur les territoires Être « bon », produire mieux, créer de la valeur ajoutée sont autant de solutions que prône Thierry Engasser. « On ne peut pas lutter contre les changements qui ont lieu autour de nous. On ne peut pas être nostalgique et répéter que c’était mieux avant. Non, maintenant nous devons déjà réussir à anticiper l’année prochaine. Et pour y arriver, nous devons, entre autres, nous réconcilier avec les gens. Si nous n’y arrivons pas, nous allons être marginalisés. » C’est dans cet esprit de dialogue et d’ouverture que Denis Nass souhaite créer un débat avec la société civile « tous les deux mois » à la Chambre d'agriculture en cas de victoire aux élections. « On pourrait ainsi échanger et répondre aux questions qui peuvent se poser quant à nos métiers. » Dans sa commune de Roggenhouse, Danielle Bras a pris les devants. Mais plutôt que d’organiser des tables rondes où l’on discute, elle s’est rapprochée de la directrice de l’école communale pour faire découvrir la filière céréalière aux quinze élèves de primaire. Une bonne manière selon elle d’insuffler des connaissances à des jeunes déconnectés de l’agriculture, aussi ruraux soient-ils. « Combien d’enfants d’aujourd’hui ont encore quelqu’un de leur famille dans le monde agricole ? Avant, on avait tous un grand-père, un oncle ou son père qui était dans le métier. Ce n’est plus le cas maintenant. Du coup, les savoirs se perdent. La connaissance est pourtant la base de tout. » L’agricultrice et vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace est persuadée qu’un partenariat avec l’Éducation Nationale serait une idée à creuser. Dans son cas, la maîtresse de l’école de Roggenhouse a décliné l’agriculture dans différentes matières comme les SVT, la géographie ou l’histoire. « Plus les enfants en savent, plus ils sont demandeurs de plein de choses », précise-t-elle. Si une telle initiative mérite d’être creusée, il va néanmoins falloir du temps avant que ces enfants deviennent des adultes décisionnaires et influenceurs auprès de leurs pairs. C’est pourquoi le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann, propose de trouver des « alliés » sur le territoire. « Avec les associations de consommateurs, il faut savoir si on peut trouver des points de convergence. Idem avec Alsace Nature avec qui il ne faut pas avoir de tabous. Il faut les écouter tout en essayant de les convaincre. Ça ne sera pas facile de mettre tout le monde de notre côté, mais il faut le faire. »

FDSEA du Haut-Rhin, canton du Ried

« Allez voter ! »

Publié le 24/01/2019

Lors de l’assemblée cantonale du Ried, les responsables de la FDSEA du Haut-Rhin ont particulièrement insisté sur les élections Chambre qui se terminent le 31 janvier, et l’importance qu’elles revêtent pour la crédibilité future du monde agricole.

« Allez voter ! » S’il n’y avait qu’un seul message à retenir des assemblées cantonales de la FDSEA du Haut-Rhin, c’est bien celui-là. Lors de l’AG du canton du Ried, son président, Claude Gebhard, a particulièrement insisté sur l’importance des élections Chambre qui se termineront le 31 janvier. « C’est la crédibilité du monde agricole qui est en jeu. Ayez bien à l’esprit qu’il existe une volonté de rapprocher les chambres consulaires entre elles. Dans ce cas de figure, l’agriculture ne serait plus qu’une sous-division. Ça deviendrait alors bien plus compliqué pour nous de nous faire entendre. Alors, allez voter. D’autant plus que c’est encore plus facile grâce à Internet. » Le président de la FDSEA 68, Pascal Wittmann, appuie les propos de son collègue estimant qu'un taux de participation élevé est plus important qu'une large victoire pour la FDSEA. «C’est la crédibilité de l’ensemble du monde agricole qui est en jeu, pas uniquement celle de la FDSEA. » Remplaçant Denis Nass, tête de liste aux élections Chambre, le nouveau président du syndicat majoritaire a tenu à expliquer pourquoi il avait accepté cette nouvelle responsabilité. « Déjà, il y avait peu de candidats. Ensuite, quand je vois comment cela se passe pour les agriculteurs dans les pays où il n’y a personne pour les défendre, je me dis qu’on a beaucoup de chance. » Pour l’année à venir, Pascal Wittmann a deux priorités. La première, faire revivre les cantons afin que les problèmes soient identifiés et remontés directement par les agriculteurs. La deuxième, c’est préparer le terrain pour les « jeunes » qui reprendront la FDSEA dans quatre ans. « Tout d’abord, je finis le mandat de Denis Nass, ensuite je briguerai la présidence pour trois ans supplémentaires en 2020 », tient-il à préciser. Arrêter « l’électoralisme primaire » La « jeunesse » et le renouvellement sont aussi deux caractéristiques de la liste FDSEA/JA/AVA menée par Denis Nass. « Nous avons renouvelé 50 % de l’équipe par rapport à la précédente mandature, ce n’est pas rien. » Le canton du Ried y est bien représenté avec quatre élus potentiels sur les 33 candidats de cette liste. Claude Gebhard en fait partie. Cette assemblée cantonale est pour lui l’occasion de donner son point de vue sur les propos tenus par le représentant de la Coordination Rurale dans les colonnes du PHR. « À la fin de l’article, il explique qu’à chaque fois qu’ils ont participé à une réunion, ils ont apporté quelque chose. Je veux bien. Mais si je prends l’exemple de la Safer, où la Coordination Rurale siège au comité technique depuis le 14 novembre 2016, dix réunions ont eu lieu, ils n’ont été que trois fois présents. À la CDOA, c’est exactement la même chose. Donc, je veux bien qu’on fasse de la propagande, mais derrière il faut assumer. Il ne faut pas juste être là pour faire de l’électoralisme primaire. » Ceci étant dit, Denis Nass tempère, estimant qu’il vaut mieux avoir des « cousins » à ses côtés face à une tablée de fonctionnaires plutôt que d’être seuls : « C’est aussi une réalité, on ne peut pas le nier. Mais voilà, une fois qu’on est élu, il ne faut pas oublier de travailler pendant six ans, et pas juste se réveiller quelques semaines avant la fin. Si notre département a réussi à obtenir tant de résultats au cours des dernières années, c’est parce qu’un gros travail a été fourni. Et ces résultats, on les doit à un taux de syndicalisme important. Vos représentants sont là pour vous défendre et défendre vos intérêts. Mais n’oubliez pas que la première marche, c’est vous qui nous la donnez », conclut Denis Nass.

FDSEA du Haut-Rhin, cantons de Sierentz et de Saint-Louis

Faire entendre la voix du monde agricole dans les communes

Publié le 24/01/2019

L’activité syndicale a été au cœur des discussions de l’assemblée générale des cantons de Sierentz-Huningue, le 18 janvier à Ranspach-le-Bas. Les dossiers sont toujours plus nombreux. Pour les traiter efficacement, les agriculteurs, dans leurs cantons, sont appelés à s’engager davantage aux côtés de leurs responsables locaux et départementaux.

Le président du canton de Sierentz, Alain Rosenblatt, n’a pas caché son agacement devant l’évolution de la politique gouvernementale : « Depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, force est de constater que les enjeux agricoles ne sont pas la priorité de l’État français. Nos difficultés demeurent. Et si les prix ne reviennent pas rapidement, je me demande vraiment où nous allons. On nous parle de l’évolution de la politique agricole commune et des nouvelles directives. Or, nous sommes nombreux à ne pas avoir reçu nos paiement des mesures agro-environnementales climatiques. On le répète tous les ans. Et, on nous réponds toujours de la même façon : c’est un problème informatique ! ». Plus localement, il constate qu’avec le développement de la communauté d’agglomération de Saint-Louis, le monde agricole est, là également, souvent oublié. « Les travaux réalisés dans les communes en sont un exemple flagrant. Les chicanes et les rétrécissements de chaussées se multiplient. Avant leur réalisation, le monde agricole n’est que très rarement consulté. Nous avions pourtant signé une charte il y a six ans afin de mieux travailler ensemble. Il est donc urgent de revoir les représentants du Conseil départemental du Haut-Rhin et l’association des maires. Il faut faire remonter ces difficultés », prévient Alain Rosenblatt. Les agriculteurs souhaitent que ces projets routiers se réfléchissent et se réalisent en lien avec eux. Se rencontrer et échanger Claude Butsch, président du canton de Huningue, a fait le tour de l’année agricole 2018 : « Une année, une nouvelle fois, atypique avec des mois de mai et de juin où les orages se sont succédés avant une nouvelle sécheresse cet été. Il a donc fallu s’adapter. À nouveau, l’eau a manqué. Un gros problème sur le secteur comme sur bien d’autres. Sans parler des contraintes environnementales auxquelles nous faisons face tant bien que mal », constate l’éleveur. Sur ce point, Denis Nass rappelle que le monde agricole souhaite être un partenaire efficace avec les collectivités et l’État, à travers un contrat de solutions. « Les élections européennes à venir puis les élections municipales en 2020 seront l’occasion de se rencontrer et d’échanger. Nous vous invitons à rejoindre les conseils municipaux pour faire entendre la voix du monde agricole. Nous sommes de moins en moins nombreux. Il est donc important d’être présent, partout », affirme Denis Nass. Avec lui, le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann, en a profité pour inviter les agriculteurs présents à s’investir syndicalement, dans les cantons, et dans les différents organismes où le monde agricole se doit d’être présent. Les échanges avec la salle qui ont suivi ont permis d’évoquer les mêmes problématiques qu’à Carspach : le paiement de la PAC, la qualité de l’eau, la directive nitrates ou encore les rapports du monde agricole avec ses riverains.

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