FDSEA

FDSEA du Haut-Rhin, cantons d’Altkirch et de Dannemarie

La qualité de l’eau au cœur des discussions

Publié le 24/01/2019

La qualité de l’eau, les cours d’eau, les fossés ou encore l’évolution de la politique agricole commune ont été au cœur des discussions de l’assemblée générale des cantons d’Altkirch et de Dannemarie de la FDSEA du Haut-Rhin, jeudi 17 janvier à Carspach.

Une réunion ouverte par le président du canton d’Altkirch, Laurent Rimelin. « L’année agricole 2018 est en demi-teinte même si, pour notre secteur, on s’en sort relativement bien. Pour autant, les prix ne sont toujours pas à la hauteur. Nos charges explosent. Ce n’est donc pas la grande forme sur nos exploitations. Et, comme si cela ne suffisait pas, nous sommes victimes d’attaques quotidiennes dans les médias. Dans le même temps, on importe en France ce qu’on nous interdit de produire. Nous devons trouver des solutions. Quoi qu’il en soit, nous avons un bilan à défendre. Et nous le faisons, ensemble, lors de ces élections à la Chambre d'agriculture. Allons toutes et tous voter pour défendre nos valeurs, notre métier, notre passion », insiste Laurent Rimelin. Il cède la parole, non pas à Denis Nass, mais à son successeur à la présidence du canton de Dannemarie, Vincent Dietemann. Ce dernier est bien connu dans le Sundgau. Il est le président de la CUMA de la vallée de Traubach et il s’investit au niveau du Grand Est pour Coop de France. « Comme pour la CUMA, je compte travailler en équipe. Il faut poursuivre le travail engagé par Denis Nass. Notre secteur présente toute la richesse de la variété du monde agricole. Nous devons préserver notre typicité, défendre nos valeurs », insiste Vincent Dietemann. Un message ensuite relayé par le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann. Comme pour les autres réunions, il rappelle le renouvellement en cours dans le monde agricole. Il insiste, une nouvelle fois, sur l’importance et le rôle que doivent jouer les cantons dans le fonctionnement au quotidien du syndicat. « Nous devons toutes et tous être des forces de propositions sur tous les dossiers. La base doit faire remonter les infos, défendre ses points de vue, donner des idées », précise Pascal Wittmann. Des propos ensuite complétés par le directeur de la FDSEA du Haut-Rhin, Michel Busch et par Denis Nass qui a retracé les grandes lignes de sa politique qu’il souhaite continuer à défendre à l’avenir. C’est quoi un cours d’eau ? Parmi ces points évoqués, la qualité de l’eau. « Le Sundgau est souvent la cible sur ce dossier. Pour autant, nous œuvrons depuis des années pour travailler différemment, être facilitateur. Cela passe, sur ce sujet comme sur d’autres, par un contrat de solutions. Nous devons évoluer dans nos pratiques. Et nous le faisons dans le respect de nos interlocuteurs. Mais aussi, en lien avec la réalité économique de nos exploitations. Dans ce monde en mutation, n’ayons pas peur de l’avenir. Nous devons continuer à être force de propositions. Nous ne devons pas subir, mais être acteur en continuant d’avancer et en en occupant le terrain », souligne Denis Nass. Un autre sujet : les cours d’eau. Michel Busch a rappelé les contours d’un arrêté du 8 septembre 2017. Il est désormais nécessaire d’expertiser au plus vite les différents points d’eau situés dans le Haut-Rhin afin de les classer dans trois catégories distinctes. La première concerne le cours d’eau qui se définit selon trois critères cumulatifs : un écoulement d’eau dans un lit naturel à l’origine ; alimenté par une source ; et présentant un débit suffisant la majeure partie de l’année (plus de six mois). La seconde concerne le fossé ZNT. Il s’agit d’un fossé présentant un enjeu environnemental. La troisième est un fossé « simple ». Il s’agit d’un fossé sans enjeu environnemental avec peu ou pas d’eau pendant les périodes de travaux d’entretien. À quand les paiements ? La réunion a également permis d’évoquer l’évolution de la politique agricole commune. Mais surtout le retard des paiements. « Sur ce point, nous sommes le moins bon département. Certains attendent ce paiement depuis deux, voire même trois ans. Tous les exploitants qui ont changé d’assolement ont, par exemple, vu leurs dossiers bloqués. Ils sont environ 800 dans ce cas dans le département. À chaque fois, on nous explique que c’est un problème informatique. Nous ne pouvons plus entendre cela. Je m’inquiète pour l’avenir de la manière dont évolue la direction départementale des territoires. Hormis Jean Deffinis qui termine actuellement sa carrière, les autres administratifs ne connaissent plus les agriculteurs. C’est consternant. Mais, surtout, inadmissible », s’emporte Denis Nass.

Interview de Pascal Wittmann, président de la FDSEA 68

« Il faut que chacun se responsabilise »

Publié le 23/01/2019

Élu président de la FDSEA du Haut-Rhin en remplacement de Denis Nass, tête de liste aux élections Chambre, Pascal Wittmann explique les raisons qui l’ont poussé à accepter cette responsabilité avec, en perspective, la volonté de construire un syndicat plus « transversal » avec les autres organismes, et plus « responsabilisant » avec ses adhérents.

Paysan du Haut-Rhin (PHR) : Vous êtes président de la FDSEA du Haut-Rhin depuis peu. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à présenter votre candidature à ce poste ? Pascal Wittmann (PW) : « Il y a un an, avec Denis Nass, nous avons discuté de la suite de la FDSEA 68 s’il décidait de se porter candidat pour les élections Chambre. Une partie du conseil d’administration m’a demandé si je pouvais reprendre la présidence dans ce cas. J’ai beaucoup réfléchi car ce n’est pas une mince affaire. C’est le syndicat majoritaire, et il a besoin d’être bien représenté. Alors, j’en ai d’abord parlé à ma nièce, mon fils et mon épouse qui sont à mes côtés tous les jours dans l’entreprise familiale. Une telle responsabilité impose d’être souvent absent. Ils n’y ont vu aucun inconvénient. J’ai donc décidé de briguer la présidence. Ensuite, étant souvent allé en déplacement dans les pays de l’Est, je mesure pleinement ce qui se passe quand il n’y a personne pour défendre les agriculteurs. C’est un aspect qui m’a fortement motivé. Je suis convaincu qu’il nous faut un syndicat fort chez nous pour défendre les intérêts de nos paysans et proposer des solutions sur certains problèmes. »   PHR : Certaines personnes parlent de vous comme d’un président « transitoire ». Que leur répondez-vous ? PW : « Lorsque j’ai été élu à l’unanimité par le conseil d’administration au mois de décembre, j’ai bien précisé que si je prenais la présidence du syndicat, ça serait tout d’abord pour finir le mandat de Denis Nass, et pour briguer ensuite un mandat de trois ans lors des élections en 2020. Je suis pour construire une FDSEA dans laquelle les agriculteurs de la base sont entendus et proactifs quant aux problèmes qu’ils rencontrent. C’est dans cet esprit que j’ai souhaité relancer certains cantons comme celui de la montagne. Les problèmes locaux ne pourront qu’être réglés par les gens du terrain, non par les voisins. »   PHR : Quels sont les dossiers « locaux » sur lesquels la FDSEA du Haut-Rhin souhaite ou compte agir dans le courant de l’année à venir ? PW : « Il y a tout d’abord le dossier des Zones de non traitement, ou ZNT, sur lequel Denis Nass avait pris le leadership. Sous l’impulsion du syndicat, une cartographie précise des cours d’eau est en train d’être élaborée. Il y a encore certains fossés à répertorier afin que l’on sache où se trouvent les contraintes éventuelles pour nos activités. Il y a ensuite tout ce qui touche l’après Fessenheim. Un dossier dans lequel l’agriculture n’avait pas voix au chapitre au départ. Désormais, nous faisons partie intégrante des discussions et nous essayons de voir comment nos exploitants pourraient tirer profit de la fermeture de la centrale. Je pense notamment à des projets d’installations photovoltaïques, de méthaniseurs, mais aussi la création d’une filière de déshydratation de la luzerne. Sur ce point, nous allons mener une étude approfondie. Et nous négocions avec l’Agence de bassin afin qu’une personne qualifiée soit dédiée à ces dossiers. Il y a aussi la création du nouveau schéma départemental cynégétique. J’ai ainsi demandé aux différents cantons de faire un état des lieux des dégâts de gibiers. Il n’y a pas que les sangliers qui posent problème, mais aussi les populations de cerfs, daims ou chevreuils. C’est un gros problème pour notre métier. Ensuite, il y a aussi la question des aménagements routiers dans les communes qu’il va falloir aborder. On a l’impression qu’on ne prend pas en compte les besoins du monde agricole. Dans certains cas, on ne peut plus traverser les villages. Et si on veut quand même passer, cela pose des problèmes de sécurité. Du coup, nous avons l’intention de demander une rencontre avec les représentants du Département et l’association des maires pour en discuter et être associés en amont afin de trouver des solutions qui arrangent tout le monde. Enfin, il y a le dossier de la constructibilité des zones agricoles. Dans les PLU et PLUI actuellement en révision, on nous réserve des emplacements pour le développement de notre activité. Mais l’agriculture évolue vite, de nouveaux projets comme la méthanisation peuvent surgir. Et si l’espace restant n’est pas ouvert, cela peut devenir compliqué à mettre en œuvre. »   PHR : Et sur les dossiers plus « régionaux » ? PW : « Il y a un dossier qui nous tient à cœur, c’est la directive Nitrates. Il faut qu’on aboutisse à un accord. Ensuite, il y a la Pac et les problèmes inhérents au second pilier. Nous sommes l’un des départements français où l’on nous incite à prendre des mesures agro environnementales et à se convertir au bio. Mais aujourd’hui, il est juste scandaleux que ceux qui ont accepté de jouer le jeu n’aient toujours pas touchés leurs aides. Les dossiers sont en instance de paiement depuis 2016, c’est inadmissible. Nous entendons bien rester mobilisés dans ce dossier afin que les choses bougent rapidement. »   PHR : Vous prenez la présidence de la FDSEA du Haut-Rhin dans un contexte social tendu et mouvementé par les actions des Gilets Jaunes et le Grand Débat national lancé par le Gouvernement. Votre syndicat, et le monde agricole de manière générale, souhaite-t-il s’inscrire dans ce débat pour se faire davantage entendre par les pouvoirs publics ? PW : « Concernant le débat national, il est vrai qu’on a des sujets à mettre en avant. Un exemple très simple : quand il y a une construction, il faut régulièrement que l’agriculture compense en partie le foncier, de un à cinq. C’est inacceptable. Nous vivons de la terre, nous ne sommes pas des vaches à lait. Au sujet des Gilets Jaunes, je comprends que certains paysans, principalement des éleveurs qui travaillent sept jours sur sept sans en tirer un revenu décent, se seraient bien retrouvés dans ce mouvement. On peut comprendre les revendications qui l’ont lancé. Notre tort est peut-être de ne pas avoir réfléchi au début du mouvement. Mais après, c’est devenu n’importe quoi. On ne pouvait pas s’associer à quelque chose qui partait dans tous les sens, avec des revendications pêle-mêle. »   PHR : Pourtant, les défenseurs de ce mouvement considèrent que sans ces actions coups de poing, le Gouvernement n’aurait rien concédé… PW : « C’est quelque chose qu’on entend, en effet. Mais à la FDSEA 68, nous considérons que les manifestations d’hier sont plus ou moins révolues. Cela ne veut pas dire qu’on ne fera plus d’actions coups de poing si cela s’avère nécessaire. Mais nous pensons en premier lieu qu’il faut mener une grande réflexion sur les nouveaux modes de manifestation. Il faut voir comment être efficace sur les réseaux sociaux, être capables de répondre de manière posée et pragmatique aux fausses nouvelles. Nous devons mieux communiquer avec tout le monde, faire de la pédagogie. »   PHR : « Tout le monde » ? C’est-à-dire ? PW : « Il y a tout d’abord les associations de consommateurs à qui on doit expliquer ce qu’on fait, comment on le fait, et que tout ceci a un coût. Il faut leur expliquer que même si les OGM sont interdits en France, ils en mangent dans leurs assiettes à cause des produits importés qui en contiennent. Ensuite, je pense qu’il faut qu’on soit capable de travailler en symbiose avec les chasseurs pour régler ces problèmes liés au gibier. Bien sûr, il faut qu’on s’entende. Tout comme avec Alsace Nature que nous allons rencontrer pour discuter des points de convergence qu’on peut avoir comme la préservation du foncier agricole. Idem avec l’Opaba avec des discussions à mener autour de l’agriculture biologique. Et aussi pour faire comprendre qu’il y a de la place pour plusieurs sortes d’agriculture. Tout ce qu’on ne veut pas, c’est qu’on continue à fustiger un certain type d’agriculture. Après, s’il n’y a pas de point de convergence, on prend acte. Mais d’abord, il faut discuter. »   PHR : Des discussions sont-elles également possibles avec les autres syndicats agricoles ? PW : « S’il y a un changement de discours de leur part nous concernant, je suis prêt à dialoguer. Par rapport à certaines problématiques, on peut peut-être trouver certains points de convergence. Après, on n’a pas la même vision de l’agriculture. C’est donc normal qu’il y ait plusieurs syndicats. Mais ce que je leur demande, c’est d’être présent pendant six ans. Nous, on est investi dans les différentes commissions. Eux, c’est un peu la politique de la chaise vide. Notre grande différence, c’est qu’on a un réseau territorial qui existe. »   PHR : Ceci nous amène aux élections à la Chambre d'agriculture qui se clôturent le 31 janvier. En tant que président du syndicat majoritaire, qu’en attendez-vous ? Et comment envisagez-vous le travail de la FDSEA 68 avec les futurs élus de la Chambre ? PW : « Déjà, je veux réitérer mon appel : que les agriculteurs aillent voter. C’est indispensable. On ne représente peut-être plus qu’un très faible pourcentage de la population, mais nous réussissons tout de même à être encore entendus. Pourquoi ? Parce que les agriculteurs sont ceux qui sont le plus fortement syndiqués. Alors, si le taux d’abstention est fort, nous n’aurons plus la même légitimité auprès des pouvoirs publics. Notre force jusqu’à maintenant, cela a toujours été de bénéficier d’un taux de participation important. Concernant nos rapports avec la Chambre d'agriculture, notre souhait, à Denis Nass et moi-même, c’est d’avoir un travail plus transversal entre nos structures. Bien sûr, c’est dans le cas où la liste commune FDSEA/JA/AVA remporte le collège numéro un. Je pense que le syndicat et la Chambre peuvent se retrouver sur plein de dossiers techniques. Nous avons face à nous des problématiques de plus en plus compliquées. Alors oui, la Chambre ne sera jamais la FDSEA et réciproquement. Mais je pense qu’il faut se partager les tâches quand cela est possible. C’est d’ailleurs la logique de la liste commune. Demain, le responsable emploi sera quelqu’un de l’Ava. Les viticulteurs ont en effet plus de saisonniers que les agriculteurs, et sont donc plus à même d’être des référents en matière d’emploi. »   PHR : Cette transversalité des rapports vous tient également à cœur pour le fonctionnement interne de la FDSEA du Haut-Rhin… PW : « En effet. J’ai souhaité que les dossiers spécifiques soient sous la responsabilité d’un membre du conseil d’administration. Un référent qui fera office d’interlocuteur et de spécialiste au sein de la FDSEA du Haut-Rhin. Je pense qu’avec davantage de collégialité, les gens seront plus investis dans leur syndicat. Quand on a des responsabilités, on a envie de s’engager. C’est en tout cas ma conviction. Après, il est essentiel à mes yeux que les responsables syndicaux qui prennent sur leur temps pour s’occuper des dossiers reçoivent une indemnité équivalente à celle des élus Chambre. Jusqu’à maintenant, tout était bénévole. Bien sûr, cela demande un peu de moyens financiers. C’est pour cela que le soutien de la profession est indispensable. Avec nos actions, nous défendons les intérêts de l’ensemble du monde agricole. Ensemble, nous sommes toujours plus forts. »

Publié le 23/01/2019

Le 14 janvier, le canton Montagne de la FDSEA du Haut-Rhin s’est doté d’un nouveau bureau et d’un nouveau président après quelques années de léthargie. Un second souffle « nécessaire » tant les problématiques liées à l’agriculture du massif sont nombreuses.

En sommeil depuis quelques années, le canton Montagne de la FDSEA du Haut-Rhin a été relancé le 14 janvier lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée à Sainte-Croix en Plaine. Une nécessité pour le nouveau président du syndicat majoritaire dans le département, Pascal Wittmann : « Si on n’a pas une FDSEA forte dans ce secteur, personne ne défendra les agriculteurs de la montagne. Car c’est aux gens du terroir de défendre leurs intérêts, pas aux voisins. » L’idée, dans un premier temps, est de disposer à nouveau d’un Bureau et d’un président jusqu’à la prochaine échéance électorale de la FDSEA du Haut-Rhin prévue en 2020. D’ici là, les nouveaux élus du canton présidés par Christophe Rué (voir encadré) ne vont pas avoir le temps de chômer au vu des nombreux dossiers qui impactent à plus ou moins grande échelle les exploitations du massif. Outre la communication envers le grand public sur laquelle il faudra être « plus offensif », c’est surtout les problématiques liées aux manques d’eau, de fourrage, et aux dégâts de gibier qui concentrent la majorité des préoccupations. Le désormais ex-président de la FDSEA 68, Denis Nass, peut en témoigner. « Dès le mois de juillet, nous étions sur le terrain pour alerter l’Administration sur les difficultés rencontrées par nos éleveurs de montagne touchés par le manque de fourrage. Nous avons rapidement été force de proposition. Nous avons dit que la zone montagne doit être une priorité. Nous avons été entendus. Mais de l’autre côté, cela n’a pas été suffisamment réactif. Une cinquantaine de dossiers d’aide ont été montés dans le département alors que nous pensions en avoir plus. » Et le temps presse puisque la clôture des dépôts de dossiers est fixée au 31 janvier. « Parlez-en autour de vous. Il faut qu’on rentre plus de dossiers, c’est important en termes de crédibilité. Quand une aide est disponible, il vaut mieux la prendre que la laisser. Si personne ne la prend, nous risquons de nous voir opposer des refus quand on fera des demandes pour autre chose », explique Denis Nass. Il poursuit en évoquant les autres actions qui ont été menées ces dernières années en faveur de l’agriculture de montagne : l’abattoir qui a permis à la filière viande locale de se développer, les financements des MAE qui tardent toujours à arriver, et l’épineuse problématique des dégâts de sangliers. « Et quoi qu’en disent certains, nous n’avons pas découvert ce dossier au mois de septembre. Nous avons beaucoup travaillé dessus, mais il reste encore beaucoup à faire », prévient-il. Créer des « ponts » avec les chasseurs Au fil des années, ce dossier « chasse » prend des proportions de plus en plus inquiétantes pour les professionnels agricoles. Outre les dégâts de prairies (1 000 ha saccagés en 2018 dans le département), l’aspect sanitaire entre également en ligne de compte avec les populations de cerfs. « Le souci est qu’un problème sanitaire n’est pas un critère pour considérer une espèce comme nuisible. Là, nous avons un gros travail à faire auprès de nos parlementaires. Quand je discute avec eux, ils ne sont au courant de rien », déplore le responsable « chasse » à la FDSEA du Haut-Rhin, René Zimpfer. Sur ce point précis, la profession agricole dispose de partenaires de poids avec l’ONF et les gestionnaires de forêts privés. « Avec le cerf, il y a des enjeux financiers différents », résume simplement Ange Loing, président des JA du Haut-Rhin, qui suit de très près la rédaction du nouveau schéma cynégétique du département du Haut-Rhin. Celui-ci devrait être validé dans le courant de l’année 2019. Mais les interlocuteurs en face sont nombreux. « Déjà, nous avons obtenu la création d’une zone de montagne au sein de la grande région, c’est une belle avancée. Après, il y a certains points qui ne conviennent pas. Nous avions demandé zéro agrainage, nous ne l’avons pas obtenu. Idem sur le cerf où l’on estime que c’est un peu léger. » Pour avancer ce problème récurrent de dégâts de gibiers, Denis Nass considère qu’il faut créer des « ponts » avec les chasseurs plutôt que de tout le temps s’opposer à eux. Sur le terrain, ce n’est en effet pas toujours facile de remplir leur mission de régulation du gibier. « Lors de réunions très instructives que nous avons eues avec eux, le problème du dérangement est évoqué à chaque fois », témoigne Roger Trommenschlager, agriculteur à Dolleren. Entre les touristes, les VTT électriques, ou les simples marcheurs, une pléthore de gens parcourt les sentiers forestiers et ce, malgré les panneaux indiquant une battue en cours. « Plus personne ne respecte plus rien, c’est une réalité. Pire, il y en a qui provoquent. Il faut juste accepter qu’il y ait des périodes où la chasse et les autres activités ne sont pas compatibles », souligne Denis Nass.

Pages

Les vidéos