Fruits et légumes

Jusqu’à dimanche aux Tanzmatten de Sélestat

Des saveurs et des couleurs pleines de vitamines

Publié le 21/09/2017

La 7e édition de Saveurs et soleil d’automne démarre aujourd’hui aux Tanzmatten de Sélestat. Jusqu’à dimanche, petits et grands sont invités à venir voir, sentir, entendre et déguster les nombreuses créations, recettes et décorations réalisées avec les fruits et légumes d’Alsace.

Retour au bercail pour la plus grande manifestation française dédiée aux fruits et légumes et destinée au grand public. Ce vendredi, la septième édition de Saveurs et soleil d’automne revient aux Tanzmatten de Sélestat pour un événement qui s’annonce encore une fois riche en couleurs et surprises. Créée en 2001 afin de « célébrer les bienfaits des fruits et légumes et sensibiliser le grand public à la production locale », Saveurs et soleil d’automne a lieu tous les deux ans quelque part en Alsace. La dernière édition, en 2015, s’était ainsi déroulée pendant les Journées d’octobre de Mulhouse. Une présence remarquée qui avait suscité l’enthousiasme de près de 30 000 visiteurs attirés par les sculptures, décors et animations concoctés autour des fruits et légumes. Une recette gagnante que les organisateurs ont décidé de reprendre pour ce millésime 2017. Pour les enfants tout d’abord, avec multitude d’activités et de spectacles qui leur sont consacrés. Pour la première journée, pas moins de 700 élèves venus de plusieurs établissements scolaires sont attendus. Au programme : ateliers culinaires à la découverte des saveurs des fruits et légumes, dégustations à l’aveugle, réalisations de recettes gourmandes encadrées par les lycées agricoles et hôteliers d’Alsace, ateliers récréatifs (course de mini-tracteurs, course en sac de pomme de terre, stand de maquillage), ateliers pédagogiques pour apprendre en s’amusant (initiation aux gestes du quotidien en matière d’écologie, utilité du compost, etc.), et des ateliers de jardinage pour s’initier à la main verte. Au niveau des spectacles, les enfants - et leurs parents - auront également de quoi faire avec la montreuse de légumes Andrée Krupp, le jeu clownesque et interactif « L’Arche aux légumes », le potager musical où ce sont les légumes qui font office d’instruments, et l’aventure des « bonshommes mini-soupe » qui invite les enfants à confectionner un bonhomme avec des légumes et déguster une soupe avec les morceaux restants. « Faire rêver » avec les fruits et légumes Comme le révèle le directeur de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Fabien Digel, l’idée globale de la manifestation est de « faire rêver » les visiteurs et d’aller bien au-delà « d’une simple assiette de fruits et légumes ». Il y a les décorations tout d’abord qui s’inspirent pour certaines de celles qui ont émerveillé le public en 2015 : les tableaux de mosaïques en perspective accueillent les visiteurs à l’entrée du site, tout comme la pyramide des saveurs ; les dinosaures de fruits et légumes apportent un soupçon de Jurassic Park et emmènent petits et grands plusieurs dizaines de millions d’années en arrière ; et le jardin éphémère créé par le Syndicat des maraîchers de Sélestat apporte une touche bucolique dans le but de mettre tous les sens en éveil. « Faire rêver » passe aussi par les saveurs gustatives. C’est ce que feront les chefs étoilés Patrick Fulgraff (le samedi) et Joël Philipps du restaurant Le Cerf à Marlenheim (le dimanche). Au menu, des démonstrations culinaires à base de fruits et légumes d’Alsace, mettant en lumière des recettes transmises de génération en génération dans les cuisines du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. « On veut ainsi montrer qu’on peut faire plein de bons repas avec les fruits et légumes locaux », souligne le président de l’Ifla, Pierre Lammert. Dans un autre registre, le champion d’Europe de sculpture sur fruits et légumes, Frédéric Jaunault étalera tout son art en réalisant des œuvres aussi colorées qu’improbables. Fleurs, cigognes, oiseaux exotiques, il déshabillera les fruits et légumes pour faire découvrir leurs trésors cachés avec finesse et volupté. Samedi, Saveurs et soleil d’automne accueillera pour la première fois le concours du Meilleur ouvrier de France (MOF) dans la catégorie primeur. Trente candidats auront 2 h 30 pour réaliser trois corbeilles différentes correspondant à trois commandes distinctes dévoilées le jour même. Le retour des Bateliers de la Lauch Les fruits et légumes, ce sont aussi des alliés précieux pour la santé. Un aspect essentiel que le docteur Christian Recchia ne manquera pas de rappeler dans ses conférences et ateliers pour enfants. Pour lui, notre identité culinaire s’étiole et notre santé est en danger, en particulier chez les jeunes générations, de moins en moins éduquées au plaisir de l’alimentation et de la cuisine. « De nos jours, nombreux sont ceux qui oublient de prendre le petit-déjeuner, sautent un repas puis grignotent pour combler une petite faim. Par ailleurs, les consommateurs ont perdu de vue ce qu’est un bon produit, sain, naturel et de saison. Nous varions moins notre nourriture que par le passé. Or, il ne faut jamais oublier que nous sommes ce que nous mangeons, à la molécule près », explique celui qui est aussi chroniqueur sur les radios RMC et France Inter. La confrérie des zewweltreppler et la maison du pain n’ont, elles, pas oublié de manger beaucoup de légumes, surtout quand il s’agit d’oignons. Dimanche, elles composeront ensemble une tarte géante à l’oignon dans le village des saveurs. Une recette traditionnelle que les visiteurs pourront bien sûr déguster. La confrérie des zewweltreppler profitera de l’occasion pour introniser l’ambassadrice des fruits et légumes d’Alsace, Delphine Wespiser. La restauration ne sera bien sûr pas en reste avec de nombreux espaces dédiés et moult buvettes. Saveurs et soleil d’automne oblige, les mets et boissons proposés aux gourmands seront quasi exclusivement réalisés avec des fruits et légumes d’Alsace : saucisses de légumes, frites fraîches, salades, soupes, plateau apéro, tartes aux pommes, choucroute, et jus de fruits créées spécialement pour l’occasion. Le tout payable uniquement en zewala, une monnaie locale, propre à la manifestation, qui vaudra un euro pour un zewala. Le ventre plein, les visiteurs pourront aller faire une pause le long de l’Ill où les Bateliers de la Lauch, venus tout spécialement de Colmar, descendront la rivière, l’embarcation pleine de fruits et légumes. Ils n’avaient pas participé à la manifestation depuis la première édition en 2001. À noter enfin que tous les fruits et légumes utilisés pour la décoration (ou non consommés) pendant cette septième édition de Saveurs et soleil d’automne seront distribués aux Restos du Cœur. L’inauguration est prévue ce soir à 17 h et sera suivie, de 18 h 30 à 22 h 30, d’un afterwork qui permettra de découvrir l’ensemble des décorations du site en version nocturne, le tout dans une ambiance musicale assurée par un DJ.

Interprofession des fruits et légumes d’Alsace

Une maigre récolte

Publié le 08/09/2017

La récolte battant son plein, les producteurs de pommes, de quetsches, de mirabelles et autres fruits se sont retrouvés sur l’exploitation Bernhard à Sigolsheim mardi 5 septembre. Comme prévu, le gel et la grêle du mois d’avril impactent fortement les rendements. Petite consolation, la qualité est là !

L’exploitation de fruits Bernhard à Sigolsheim date des années 1970. Mirabelles, quetsches, pommes, pêches font partie des vergers de l’exploitation familiale, qui embauche pour la récolte quatre permanents et une trentaine de saisonniers. 20 hectares sont consacrés aux mirabelles et une dizaine d’autres aux quetsches. Actuellement, le personnel est mobilisé pour la récolte de la quetsche. « Nous avons un chantier qui nécessite la présence de dix personnes. Avec l’aide d’engins mécaniques, on fait tomber les quetsches des arbres sur un tapis au sol. Ensuite, on fait le tri en enlevant les feuilles et autres branches. Les quetsches vont alors sur la chaîne, sont calibrées puis mises dans des caisses », explique Yves Claudepierre qui gère l’exploitation avec son épouse Danielle. Cette dernière réceptionne ensuite les caisses au bâtiment de conditionnement. « Ici, nous réceptionnons toutes les commandes des centrales d’achat. Nous faisons cela le matin. On démarre souvent dès 4 h jusqu’à 12 h 30 environ. Ensuite, les camions arrivent et prennent la marchandise pour l’acheminer chez nos clients. Nous avons des machines spécifiques pour les mirabelles et les quetsches, qui ne fonctionnent que cinq semaines dans l’année », précise Danielle Claudepierre. 2017 restera pour eux une année difficile. La grêle de la mi-avril, suivie du gel, le même mois, sont passés par là. « Nous estimons que la perte de rendement est de 70 % pour l’ensemble de l’exploitation. Nous avons donc un énorme manque à gagner. Nous n’avons pu récolter que 20 % de mirabelles et de pommes et la moitié des quetsches. Pour les cerises et les pêches, nous avons perdu la totalité de la production. Je n’ai jamais vu cela. » Danielle Claudepierre a été contrainte de reporter ses cotisations à la Mutualité sociale agricole, ainsi que ses investissements, et a dû se résoudre à recourir au chômage partiel. « J’attends l’indemnisation pour catastrophe naturelle », précise-t-elle. Elle estime sa production à 130 tonnes au lieu de 300 t environ pour les quetsches, et 80 t au lieu de 300 t pour les mirabelles. « 90 % de notre production partent vers les centrales d’achats. Les 10 % restant sont en vente directement ici au magasin. Avec une si petite récolte, c’est évidemment difficile de le développer. Néanmoins, nous cherchons d’autres voies de distribution. Nous avons, par exemple, adhéré à Cœur Paysan à Colmar. Là-bas, les ventes sont intéressantes », constate Danielle Claudepierre. Les atouts de la quetsche d’Alsace Les responsables de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), de l’Association des producteurs de fruits à noyau d’Alsace (Apfna) et de l’association Production fruitière intégrée d’Alsace (PFI) constatent que, sur la région, les pertes sont très importantes. Notamment dans le Haut-Rhin. Tout avait pourtant bien commencé avec la récolte de la cerise. « Les vergers sont principalement situés dans le Bas-Rhin. Nous avons réalisé une belle campagne avec des cerises de joli calibre. Les volumes étaient là. En revanche, pour la cerise à kirsch, cela a été catastrophique. Avec une récolte proche de zéro », souligne Jacques Philippe, conseiller arboricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. La récolte des mirabelles s’est terminée vers le 20 août. « Sur l’ensemble de l’Alsace, les producteurs ont fait une demi-récolte, soit 7 à 8 tonnes/hectare. Nous avions de beaux calibres et la récolte s’est bien déroulée. Il y a davantage de mirabelles dans le Bas-Rhin, notamment sur les secteurs de Westhoffen et de Traenheim qui bénéficient de terres argileuses parfaitement adaptées à ce fruit », ajoute Jacques Philippe. Mais, la production phare en Alsace est évidemment la quetsche. « Même si nous avons du mal à la valoriser, nous communiquons au maximum sur ses qualités et ses atouts. Nous avons ainsi lancé un visuel appelé « Quetsche alsacienne de tradition ». L’idée est de la promouvoir sur cette courte période de production et donc de vente », note Joël Reisz, président de l’Apfna qui regroupe une vingtaine de producteurs en Alsace. Commencée il y a une quinzaine de jours, la récolte de quetsche touche actuellement à sa fin. Les professionnels constatent que la quetsche est le fruit à noyau le moins touché par les épisodes climatiques successifs. 70 % de la récolte habituelle devrait pouvoir être assurée avec une belle qualité, soit environ 600 à 700 t de fruits de bouche et d’industrie. Néanmoins, il y a des secteurs bien plus difficiles comme, précisément, la région de Sigolsheim. « Nous avons des quetsches magnifiques avec un taux de sucre très élevé, qui sont très fermes, et sans pointe d’acidité », se félicite Jacques Philippe. Univers des fruits et légumes du Grand Est Quant aux pommes, elles ont commencé à être cueillies la semaine écoulée. « C’est toujours le Haut-Rhin qui subit les pertes les plus importantes. Entre 80 et 90 %, quasiment 100 % dans les vergers bios du Sundgau. Il n’est pas improbable que le prix des fruits augmente suite à ces aléas. Dans le Bas-Rhin, la récolte de pommes n’atteint que 50 % de la normale », souligne Daniel Dettling, président de PFI, association forte de 28 membres, qui recommande l’emploi de pare-gel sur les cultures. Il annonce que d’ici deux ans une nouvelle variété de pommes devrait arriver. « On a envie de redonner une dynamique à la pomme alsacienne. C’est une pomme légèrement acidulée qui existe déjà en Italie. Elle est plus résistante à la tavelure », ajoute Pierre Barth, vice-président de PFI. « Septembre est un mois important pour les producteurs de fruits et de légumes, souligne Pierre Lammert, président de l’Ifla. Avec nos partenaires, nous mettons en avant les fruits et légumes d’Alsace dans les rayons des enseignes de la région. Une communication importante est en cours. Elle va se voir, notamment lors de la prochaine édition de Saveurs et soleil d’automne à Sélestat les 21, 22 et 23 septembre prochains. Ce salon sera l’occasion de signer le contrat des fruits et légumes au niveau de toute la région Grand Est au niveau d’une nouvelle entité appelée « Univers des fruits et légumes du Grand Est ». Nous avons réussi à fédérer l’ensemble des producteurs dans cette grande région et ce contrat va définitivement entrer en vigueur à l’automne prochain. Il s’agit de faire face à de nouveaux enjeux et d’être encore plus compétitifs », se félicite Pierre Lammert. Sans oublier le désormais traditionnel concours au niveau des magasins du plus beau rayon de fruits et légumes d’Alsace. « Ce fonctionnement est unique en France pour une interprofession désormais territoriale. La Région nous soutient et nous allons continuer à communiquer sur l’ensemble de nos terroirs et de nos territoires ».

Arboriculture fruitière d’Alsace

Une journée entre pros

Publié le 12/07/2017

Mercredi 5 juillet, les arboriculteurs de toute l’Alsace se sont retrouvés au verger expérimental d’Obernai pour une journée consacrée à la pulvérisation. Une journée qui a permis de resserrer les liens entre professionnels malmenés par les aléas climatiques de ce début de campagne.

« Le constat a été dressé il y a trois ans : une certaine distance s’était instaurée entre le verger expérimental et les arboriculteurs, explique Pierre Barth, président de Verexal. Nous organisons des portes ouvertes une fois par an, mais c’est plutôt une journée tournée vers le grand public, même si les producteurs sont cordialement invités à y participer. Nous avons donc décidé d’organiser une journée technique à intervalle régulier. » Cette année, elle est consacrée à la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires. De nombreux thèmes ont été abordés tout au long de la matinée. Denis Litt, préventeur de la Caisse d’assurance accidents agricole du Bas-Rhin, a rappelé que des subventions sont accordées par la Caisse pour l’achat des équipements de protection individuelle. Il a également effectué une démonstration pour mettre en avant l’utilité des gants lors du changement de buses de pulvérisation. « Le Comptoir agricole est intervenu sur l’impact du plan Ecophyto 2 sur la coopérative et les producteurs, en insistant sur les contraintes de résultat », explique Pierre Barth. Enfin, l’assemblée a évoqué la démarche d’homologation des pulvérisateurs à turbine. Désormais, certains pulvérisateurs arboricoles sont officiellement reconnus comme permettant de réduire la dérive des produits phytosanitaires. Optimiser l’eau de traitement Dans la foulée, les différentes méthodes permettant de réduire le nombre d’applications et les doses de produits phytosanitaires ont été passées en revue. Benoît Pintat, gérant de la société Atiben, a par exemple présenté Aquatiben 3 P, un système de préparation et d’optimisation de l’eau de traitement qui permet une réduction significative des doses de produits phytosanitaires. « Il a proposé de mettre en place un essai dans le verger cet automne pour démontrer l’efficacité de ce procédé », indique Pierre Barth. « Nous avons aussi approfondi les alternatives au tout-chimique, comme le désherbage mécanique et le désherbage thermique. Ce dernier est déjà pratiqué dans la houblonnière, et le matériel pourrait aisément être adapté aux vergers. Mais nous nous heurtons à certaines limites : le désherbage mécanique est difficile à mettre en œuvre dans les vergers existants, car le système racinaire est superficiel et les arbres risqueraient d’être endommagés. De plus, il est exigeant en main-d’œuvre, ce qui le rend difficilement rentable. » Lors de l’assemblée générale de Verexal, le président avait insisté sur le fait que l’arboriculture est dépendante des produits phytosanitaires. « Même si les produits sont plus respectueux de l’environnement, plus sélectifs, c’est très compliqué de réduire les doses de 20 à 40 %, à l’instar des grandes cultures. Car on ne peut pas se permettre de perdre une récolte. Cette année, nous avons déjà subi d’importants dégâts de gel. Les fruits à pépins ont été particulièrement touchés : à Verexal, le potentiel de récolte a été entamé de 80 %. » Pour les fruits à noyau, le bilan est plus mitigé. En cerises, la saison s’achève sur une demi-récolte, pour Verexal. Une variété alsacienne de pomme résistante à la tavelure « Les arboriculteurs sont constamment tiraillés entre la contrainte de rentabilité et la pression du prix d’un côté, et la pression environnementale de l’autre. En pommes, cela fait trois ans que la situation est tendue, ça ne motive pas les arboriculteurs à investir dans de nouveaux matériels ou à tester de nouvelles techniques. » En partenariat avec la station expérimentale lorraine, l’Arefe, Verexal veut lancer un nouveau projet visant à réduire l’utilisation de produits phytosanitaires. « Nous avons soumis le dossier à la Région Grand Est, explique Pierre Barth. Nos deux stations se complètent bien : nous sommes plutôt orientés vers les fruits à pépins, les Lorrains vers les fruits à noyau (prunes et mirabelles, notamment). » Pierre Barth fonde beaucoup d’espoir dans la nouvelle variété de pommes résistante à la tavelure, développée en Alsace. « Cela permettrait de supprimer un tiers, voire la moitié des traitements. Nous en avons planté deux rangs l’an dernier à Verexal, à titre d’essai. Cette année, nous effectuerons de nouvelles plantations. C’est la Cuma Alsa Pomme de Brumath qui porte le projet. »

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