Lancement officiel de la saison des asperges
Produire des asperges au cœur de Strasbourg : défi relevé !
Lancement officiel de la saison des asperges
Publié le 01/05/2017
Une saison qui débute avec trois semaines d’avance, un lieu unique à Strasbourg et un premier magistrat qui s’essaie à la cueillette, le lancement officiel de l’asperge d’Alsace a démarré sur les chapeaux de roue…
Lancer la saison des asperges au cœur de la capitale européenne, cette idée inédite a séduit ! C’est à l’Îlot de la Meinau que l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace a fait son show, jeudi 20 avril. Cette exploitation maraîchère, créée récemment par Daniel et Jean-Nicolas Hoerlé et Geoffrey Andna, a accueilli dans ses serres les producteurs d’asperges, les élus municipaux et régionaux, les représentants des organisations agricoles et, bien sûr, « notre » Miss France, Delphine Wespiser, pétulante ambassadrice des fruits et légumes d’Alsace. Cette fois-ci, les asperges n’ont pas attendu le lancement officiel pour pointer leur nez : profitant des beaux jours d’avril, elles ont régalé les consommateurs alsaciens, ravis de pouvoir les inscrire à leur menu pascal. Et si la vague de froid a quelque peu ralenti le rythme de la cueillette, le retour de températures plus élevées devrait relancer la production. L’asperge se modernise Jean-Charles Jost, président de l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace, salue l’ensemble des acteurs de la filière asperge. L’association compte 44 producteurs à titre individuel, auxquels s’ajoutent une trentaine de producteurs regroupés au sein de la coopérative de Hœrdt. Soit environ 250 ha sur toute l’Alsace, dont 70 % dans le Bas-Rhin. Depuis sa création en 1991, la famille des asparagiculteurs a beaucoup grandi - elle a presque doublé, en fait. Elle s’est aussi diversifiée : au côté des producteurs conventionnels, on trouve désormais des producteurs bios. Tous répondent à un cahier des charges privé, contrôlé par Certipaq. L’asperge se modernise : avec la collaboration de Dominique Krafft, de l’agence Musiconair, elle a refait son site internet, changé de visuel et multiplié les supports de communication. « La Région Grand Est nous soutient, à travers l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace. » Les conditions météorologiques ont été favorables à la pousse des asperges, précise le président. « Le froid hivernal leur a permis d’entrer en dormance. Les conditions de buttage étaient bonnes et le soleil a très tôt réchauffé les buttes, ce qui nous a permis de gâter les consommateurs alsaciens avec des asperges à Pâques. » La qualité des turions était exceptionnelle, jusqu’ici, grâce à une pousse rapide en début de saison. Malheureusement, toute l’avance a été stoppée net par la récente vague de froid. « Rien n’est gagné : les jours à venir seront décisifs. » Autre ombre au tableau, le télescopage avec les productions des autres régions. « Les asperges landaises ont du retard et entrent en concurrence avec les asperges alsaciennes. Espérons que la campagne de communication permettra de mettre en avant l’asperge alsacienne et que le consommateur saura faire le bon choix ! Il faut cela pour faire oublier les dernières campagnes, catastrophiques… » Encore faut-il que les prix soient à la hauteur, souligne le président : « Les producteurs alsaciens ne peuvent pas commencer la saison avec des prix de fin de campagne ou de surproduction. Dans ces conditions, l’asperge d’Alsace n’a pas d’avenir ! » Les asperges alsaciennes ont deux atouts, explique Jean-Charles Jost, « un terroir idéal qui confère aux asperges une haute qualité gustative, et un bassin de consommation important et fidèle ». Il faut capitaliser sur ces atouts, estime-t-il. Top départ de la saison des fruits et légumes Comme le souligne Patrick Bastian, vice-président de la commission agricole de la Région Grand Est, le lancement de la saison des asperges marque le top départ de la saison des fruits et légumes d’Alsace. « C’est le début de l’année culturale. On dit que quand la saison des asperges est bonne, toute la campagne est bonne. » Mais l’épisode de gel qui a sévi récemment a fortement douché l’enthousiasme de certains producteurs, en particulier des arboriculteurs et des vignerons. Les assises des fruits et légumes qui se sont tenues récemment ont été l’occasion de réfléchir à l’avenir de cette filière. « Il faut se positionner sur les créneaux porteurs. La Région veut vous accompagner financièrement pour investir et communiquer. » La situation agricole n’est pas mirobolante, admet Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, qui s’exprime au nom des organisations professionnelles agricoles. « Mais il faut faire preuve d’ingéniosité et encourager la diversification. Toutes les productions, tous les modes de production doivent pouvoir coexister. » La ferme de la Colonie, gérée par les frères Hoerlé, en est la preuve : « Cette exploitation, qui était plutôt tournée vers l’exportation, a réussi à se diversifier en se tournant vers le maraîchage, répondant ainsi aux attentes des consommateurs désireux de s’approvisionner en circuits courts. Nous devons mettre en avant l’atout « manger local », une nouvelle tendance qui devrait nous garantir de nouveaux débouchés. Nous avons un métier formidable, nous avons tous les atouts pour continuer à investir sur nos exploitations. » Du bio dans les cantines « Nous avons beaucoup travaillé pour rapprocher la ville et la campagne », souligne le maire de Strasbourg, Roland Ries. Un rapprochement dû à la bonne volonté des uns et des autres et à l’opiniâtreté de Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg, en charge du développement de la politique agricole communautaire et des circuits courts. « Elle a beaucoup travaillé avec les paysans de l’Eurométropole, indique le maire. C’est elle qui m’a convaincu d’inscrire le développement des circuits courts dans mon programme. » Depuis 2010, les surfaces consacrées à l’agriculture biologique ont plus que triplé sur le territoire métropolitain, « et il faut encore augmenter l’offre ». 850 ha ont été classés en zones agricoles et naturelles réservées dans l’Eurométropole. Le maraîchage et les produits bios seront donc amenés à se développer. Mais pas seulement : « Nous avons mis en place un troupeau de highland cattle à la Robertsau et des moutons à l’île du Rohrschollen », souligne Roland Ries. Parallèlement, l’Eurométropole a augmenté la part des produits bios dans la restauration scolaire, sous l’impulsion de Françoise Buffet. Ce sont désormais 248 t de produits bios qui sont transformés par les cantines scolaires, dont 137 t d’origine locale. Par ailleurs, 176 points de vente de produits locaux ont été recensés sur l’Eurométropole, dont la Nouvelle Douane qui a suscité de nombreux débats au conseil municipal… Le dialogue et la collaboration entre la municipalité et les organisations agricoles ont permis de surmonter tous les obstacles ! Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, salue le dynamisme de l’association pour la promotion de l’asperge, le premier légume de printemps. Pour lui, la promotion est la clé de voûte du succès : « Nous sommes la seule région française où la production de fruits et légumes s’est développée grâce à la communication grand public. Nous allons continuer à communiquer, avec le soutien de la Région : les légumes primeurs vont eux aussi faire leur pub. » Pierre Lammert annonce l’organisation du salon Saveurs et Soleil d’automne, du 22 au 24 septembre à Sélestat.












