Fruits et légumes

Publié le 08/02/2017

Les premières assises régionales pour le développement des filières et des marchés alimentaires dans la région Grand Est ont été lancées le 2 février à Strasbourg. La première rencontre était consacrée aux fruits et légumes. La suivante, le 9 février à Pont-à-Mousson, à la filière bovine.

« Nous avons décidé, dans le domaine agricole comme dans d’autres domaines, de construire nos politiques en tenant compte encore plus étroitement des acteurs et des réalités du terrain », a expliqué Philippe Richert, président de la région Grand Est en ouvrant les premières assises régionales pour le développement des filières et des marchés alimentaires le 2 février à Strasbourg. Dédiée à la filière fruits et légumes, la première des rencontres a réuni 120 personnes venues du Grand Est à l’Hôtel de Région : producteurs et transformateurs de fruits et légumes, mais aussi grossistes et distributeurs. Les débats ont eu lieu en présence de Philippe Mangin, vice-président de la région Grand Est en charge de la ruralité et de l’agriculture, Pascale Gaillot, présidente de la commission agriculture et forêt, Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est, ainsi que de plusieurs élus régionaux. Favoriser la création de valeur ajoutée Comment accompagner la filière fruits et légumes régionale ? Comment mieux valoriser les productions de la région face à un marché de 5,5 millions de consommateurs potentiels ? Telles ont été quelques-unes des questions abordées lors d’ateliers thématiques. Se posant en « facilitateur de débat », Philippe Mangin a d’emblée rappelé l’ambition de la Région : « Favoriser la création de valeur ajoutée, de richesse et d’emploi à tous les maillons de la filière » tout en prenant en compte la demande croissante pour des produits de proximité, à l’origine garantie. « Ce n’est pas un effet de mode, mais une demande qui s’installe structurellement », a-t-il insisté en citant l’exemple des collectivités, et notamment du Conseil régional, en charge de la restauration collective dans les lycées. Le Région n’entend pas pour autant « privilégier un modèle par rapport à un autre », a déclaré Philippe Mangin. La Chambre régionale d’agriculture s’intéresse aux circuits courts, a déclaré pour sa part Jean-Luc Pelletier, qui constate le succès de ce mode de commercialisation. Il y voit un soutien à l’économie locale, permettant « de garder la valeur au plus près de la production, de maintenir les exploitations et de garder un tissu agricole vivant ». Les circuits courts offrent aussi l’avantage de créer du lien social et de préserver l’environnement et la biodiversité, estime encore le président de la Chambre régionale d’agriculture. Reste à quantifier le débouché potentiel et à organiser la production, en quantité et en qualité. 5 000 emplois permanents Dans le Grand Est, les fruits et légumes occupent environ 2 % de la surface agricole, indique Pierre Lammert, président d’Univers fruits et légumes Grand Est. La filière compte 1 400 producteurs de légumes et environ 1 000 producteurs de fruits. Elle représente 5 000 emplois permanents dans la production, 1 200 emplois dans la transformation, sans compter les saisonniers. Elle a été la première à se structurer au niveau de la grande région avec la création d’Univers fruits et légumes Grand Est, a précisé son président. Les producteurs de fruits et légumes du Grand Est s’appuient sur les trois stations d’expérimentation en place dans la région : l’Arefe et Verexal pour les fruits, Planète Légumes pour les légumes. Ces stations fournissent un accompagnement indispensable aux professionnels, a souligné Pierre Lammert. Ceux-ci ont également besoin d’aides à l’investissement pour pouvoir rester compétitifs. Des soutiens aux entreprises de transformation et des aides à la communication sont également souhaités. Les propositions émises lors des différents ateliers ont fait l’objet d’une synthèse en fin de journée. Elles seront analysées par Univers fruits et légumes Grand Est et les services de la Région, souligne Fabien Digel, responsable du pôle économie et filières à la Chambre régionale d’agriculture. Les choix finaux reviendront à la collectivité, la mise en œuvre des actions retenues étant programmée pour mi-2017. D’ici là, les assises régionales pour le développement des filières et des marchés alimentaires dans la région Grand Est vont se poursuivre : une seconde rencontre, avec la filière bovine cette fois, était prévue le 9 février à Pont-à-Mousson et une troisième, avec les grandes et moyennes surfaces, aura lieu le 7 mars à Metz. D’autres filières (aviculture, productions porcines et ovines, lait) se réuniront ultérieurement.

Syndicat des maraîchers de Colmar et environs

Le maraîchage colmarien veut se faire entendre

Publié le 26/01/2017

Après deux années difficiles, la situation économique pour de nombreux maraîchers est compliquée. La concurrence est sévère, notamment sur de nouveaux marchés où les producteurs locaux n’ont pas toujours trouvé leur place. Mais les professionnels ont reçu une écoute favorable de la mairie de Colmar concernant l’élaboration du nouveau plan local d’urbanisme.

On dit souvent qu’il y a un « microclimat » à Colmar. Les maraîchers n’ont pas pu le vérifier au printemps et en été. « Les mois de mai et de juin ont eu une pluviométrie exceptionnelle. Nous avons souffert pour la mise en place des cultures automnales, tels que les choux, les céleris ou encore les carottes. Pensez, la pluviométrie enregistrée à Colmar en 2016 a été de 607,30 mm. Et rien que sur trois mois, c’est incroyable avec 74,20 mm en mai, 64,20 mm en juin et 66,80 mm en juillet. Les maladies fongiques d’abord, la gestion de l’irrigation ensuite, ont donné des soucis aux producteurs de légumes de plein champs comme sous serres. Les tomates par exemple ont manqué de lumière provoquant un enracinement moyen », constate le président du syndicat des maraîchers de Colmar et environs Serge Hanauer. Il cite également l’impossibilité de mettre en place les rotations des salades, l’excès d’eau pour les oignons et surtout un télescopage des récoltes qui a créé un déséquilibre entre l’offre et la demande, provoquant des prix à la production en forte chute. Ne pas délaisser nos marchés locaux Les maraîchers s’agacent également de l’ouverture de nouveaux magasins qui ne travaillent pas avec les producteurs locaux. Il cite Grand Frais route de Rouffach à Colmar, mais également l’installation d’une multitude de micro-entreprises proposant des paniers livrés à domicile, souvent sans locaux adaptés pour accueillir des produits frais. Et puis, il y a eu l’ouverture du magasin Cœur Paysan. « Monsieur Digel avait pris contact avec moi pour me faire part du projet. Les investisseurs principaux de ce magasin sont des maraîchers et des producteurs de Sélestat. Les autres actionnaires sont répartis dans l’ensemble de la région. Et, à ma connaissance, il n’y a aucun maraîcher colmarien. De plus, il a été dit que nous, maraîchers colmariens, avons été sollicités pour intégrer la structure. J’ai fait le tour de mes confrères. Aucun n’a eu de demande pour se joindre au projet. Seule, l’entreprise de Robert Burgaentzlen a retenu l’attention pour ses cultures d’endive et de champignon ! De nombreux collègues ont diversifié leurs cultures pour vendre sur leurs exploitations et malgré l’implantation de cette structure, le porte-monnaie des ménagères n’est pas extensible. Il va donc sans dire qu’il ne faut pas délaisser voire abandonner nos marchés locaux, les ventes directes sur nos exploitations, et notre marché couvert où de vrais maraîchers colmariens proposent leurs productions dont les traditions ont été transmises de génération en génération », observe Serge Hanauer. Le maraîchage colmarien préservé Le président du syndicat des maraîchers de Colmar et environs a également rappelé que les organisations professionnelles agricoles se sont une nouvelle fois mobilisées pour soutenir les agriculteurs en difficultés. Il constate que, dans les banques, les crédits augmentent, quels que soient les modes de production. Serge Hanauer a également évoqué le plan local d’urbanisme colmarien dont l’enquête publique a été clôturée le 17 novembre dernier, et qui sera présenté en mars, en conseil municipal. « Vous êtes nombreux à vous être déplacés. Comme je m’y étais engagé, j’avais souhaité que l’ensemble des maraîchers et horticulteurs soient reçus en mairie. Je pense que cela a été le cas. Il est clair que toutes les demandes n’auront peut-être pas abouti, entre les maraîchers qui veulent continuer à exploiter leurs parcelles et ceux qui veulent que leurs terrains passent en terrains constructibles. Je rappelle que les maraîchers exploitant des terrains ne sont pas toujours les propriétaires vendeurs. Merci à la municipalité de Colmar pour son écoute et son aide. Les intérêts communs doivent être prioritaires pour notre profession par rapport à l’individualisme de certains. Les maraîchers sont respectueux de l’environnement en utilisant des bâches biodégradables et des engrais bio ou des produits alternatifs. Nous ne pouvons que saluer tous ces efforts réalisés en collaboration étroite avec l’association Planète Légumes et la Chambre d'agriculture », précise Serge Hanauer. Des propos complétés par le maire de Colmar Gilbert Meyer qui s’est félicité de la réussite de ces discussions sur ce PLU. « L’essentiel a été atteint. Il fallait se positionner sur 150 hectares. Nous l’avons fait en préservant l’agriculture évidemment, mais également l’habitat et l’économie. Les conclusions des commissaires enquêteurs sont claires avec un avis favorable sans observation. Cela montre bien, une nouvelle fois, qu’à travers l’écoute de la ville de Colmar, les demandes des propriétaires ont été entendues et respectées. Ce résultat est exceptionnel. Il fallait sécuriser votre profession. Nous l’avons fait en réservant pas moins de 35 hectares au maraîchage ». Attention au poids des taxes L’assemblée générale du syndicat a également permis d’évoquer le décret concernant l’utilisation des sacs plastiques entré en vigueur le 1er janvier. « Là également, il y a un coût financier pour les professionnels. Nous devons payer la différence de ces nouveaux sacs, sachant que le coût varie du simple au double. Certains de nos produits frais tels que mâche et épinards sont souvent humides et ne peuvent pas être emballés dans des sacs papiers », s’agace Serge Hanauer. Il y a également l’augmentation des tarifs du carburant et celui du poids des taxes en général qui va encore s’amplifier les prochaines années. Au contraire des produits maraîchers et agricoles. Néanmoins, la profession se veut déterminée à pérenniser dans le temps ses activités. « Notre savoir-faire et cette envie d’aller plus loin, sont les moteurs de notre détermination. Ensemble, allons plus loin et préservons cette activité maraîchère colmarienne que nos ascendants nous ont laissée », a conclut Serge Hanauer. Le maire de Colmar, Gilbert Meyer, a saisi l’opportunité pour défendre la présence d’une maison d’arrêt à Colmar. Le conseiller départemental et premier adjoint Yves Hemedinger a insisté sur la nécessité de « prendre l’habitude de travailler toutes et tous ensemble, de conduire les réformes en le faisant en douceur, en souplesse et en respectant les racines des uns et des autres ». Enfin le député et président du Conseil départemental Éric Straumann a rappelé sa position concernant le déneigement des axes routiers. « Certaines années, la facture peut monter jusqu’à six millions d’euros. Il est primordial de réduire la voilure si on veut investir à l’avenir. Les automobilistes doivent adapter leur vitesse et leur conduite ».

Publié le 19/01/2017

En plein cœur d’un vrai hiver, froid et neigeux, rien de tel que de se laisser tenter par des plats revigorants. Lassés par la choucroute, la potée et autres pot-au-feu ? Essayez le navet salé, et laissez libre cours à votre imagination, il vous le rendra bien !

Le navet salé, encore une spécialité alsacienne qui gagne à être connue ! Les premières descriptions de fabrication de navets salés en Alsace remontent à 1539. Comme pour la choucroute, la mise en fermentation anaérobie en saumure de lanières de navets visait alors à accroître leur durée de conservation. Se faisant, le légume se charge en micro-organismes bénéfiques à la digestion. Mais attention, tous les navets ne sont pas dignes d’accompagner palette fumée et autres jambonneaux dans la traditionnelle recette de la potée colmarienne. Il doit impérativement s’agir du Stupfelruewe, le navet blanc globe à collet violet, une souche locale dont les semences n’existent pas dans le commerce - marché de niche oblige - et qu’il revient donc aux producteurs de multiplier pour maintenir vivace cette tradition locale. Des saveurs et des textures à explorer Si jusqu’au siècle dernier le navet salé avait encore une place de choix sur les tables alsaciennes, il a été peu à peu oublié, occulté par le succès de sa consœur la choucroute, mais aussi et surtout par la mondialisation de notre alimentation. Aujourd’hui, une dizaine d’agriculteurs cultivent une quarantaine d’hectares de navets salés, avec un rendement moyen de 25 t/ha, soit 850 t de navets produits chaque année, qui donneront 300 t de produit fini. Seules trois entreprises familiales perpétuent le savoir-faire de la transformation du navet en navet salé : la choucrouterie Adès et fils à Krautergersheim, la choucrouterie Speisser et fils à Geispolsheim et la choucrouterie Claude à Chavannes-sur-l’Étang. Les navets arrivent dans ces entreprises bruts, ils sont ensuite épluchés, coupés en lanières, mis en cuve où ils sont salés et laissés dix jours à fermenter avant d’être conditionnés. En 2014, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et les producteurs ont d’ailleurs lancé un nouveau packaging destiné à donner un coup de jeune à ce produit historique. Ce petit seau carré, pratique à transporter avec son anse, contient 1 kg de navet salé, une quantité adaptée à une petite famille, et comporte au dos la recette traditionnelle, ne requérant que 20 minutes de préparation, 7 minutes de cuisson, mais 2 h 30 d’attente, le temps de laisser tous les ingrédients confire doucement ! Mais le navet salé se décline à l’envi. Lors du lancement officiel de la campagne, mardi 10 janvier à Bindernheim au sein de l’EARL Roland Jaeg (lire en encadré), Olivier Paclet, expert culinaire à Sodexo, en a fait la démonstration avec un velouté de navet et son écume de lard virtuel, des samoussas de navet salé, du navet salé façon spaghetti carbonara, une tourte au navet salé végétale, des navets salés façon céleri rémoulade… Cette année, Sodexo s’engage à servir des navets salés dans ses restaurants alsaciens. Une demi-tonne en a été précommandée, et n’attend plus qu’à être accommodée afin de donner envie aux consommateurs d’en acheter eux-mêmes. Autre outil de communication : l’image de Delphine Wespiser, utilisée tant sur les réseaux sociaux, que sur les affiches ou au moyen de spots radio.  

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