Fruits et légumes

11e Trophée de l’innovation alimentaire

Imagination et originalité

Publié le 13/04/2017

Le 11e Trophée alsacien de l’innovation alimentaire a investi le parvis du marché couvert de Colmar samedi 8 avril. Ce concours mettait en lice les créations originales des étudiants de licence en agronomie et agroalimentaire et de ceux de la faculté de marketing et d’agrosciences de Colmar.

La nouvelle dénomination du trophée des fruits et légumes d’Alsace permet d’élargir le champ créatif des étudiants. Notamment à travers une mise en situation des étudiants ou futurs cadres sur un cas réel de création de produit alimentaire en étant confrontés aux enjeux de l’innovation produit et à son développement commercial. Ces étudiants constituent ainsi une pépinière de futurs talents pour les entreprises du secteur. Une centaine d’étudiants répartis en huit équipes ont imaginé un produit alimentaire selon un cahier des charges qui comprenait une liste d’ingrédients et une formulation stricte. Des produits surprenants Les stands ouverts à la dégustation ont permis au public de découvrir des produits surprenants. Ainsi l’Alsapéro, un biscuit apéritif à base de drèches d’orge de brasserie et de babeurre, se différenciait de ses concurrents par son aspect nutritionnel intéressant. Les visiteurs ont découvert le Muggy Cake, un gâteau minute qui se décline en trois saveurs, composé de deux compartiments qu’il faut mélanger, avant de le chauffer au micro-ondes. Le premier contient la mélasse issue de la production de sucre à base de betteraves sucrières, le second de la poudre d’œufs entiers, poudre de lait et farine. Le public s’est laissé surprendre par le Beanis, un gâteau au chocolat moelleux à base de haricots rouges et d’avocat, une alliance innovante qui remplace la farine et le beurre ; Natrur’elle, une boisson rafraîchissante au goût agréable composée de fleurs de tilleuls, de cônes de houblon, de stévia et de jus de citron ; Crousti-Fanes, de délicieuses galettes aux fanes de carottes enrobées de chapelure croustillante au curry jaune ou au paprika doux ; Fruitality, une gamme de desserts à base de fruits locaux mixés avec du miel, de la pulpe d’églantine, enrichie en vitamines et minéraux présentée en pots cylindriques. Sans oublier Perline, un fromage à tartiner sain et source d’oméga 3 conçu à partir de fromage blanc au lait cru, de perles d’huile de colza, un soupçon d’huile essentielle de romarin, et un léger arôme naturel de basilic, ou encore Méri-Croc, une meringue italienne à base de mélasse issue du raffinage de betteraves sucrières, présenté sous forme de bâtonnet, accompagné de son coulis de fruits locaux mûres et myrtilles. Le niveau d’engagement des participants, qui ont avoué qu’il n’a pas toujours été facile de concilier création et fabrication, a été qualifié d’exceptionnel. Au terme des délibérations du jury, le prix coup de cœur de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace est revenu à Fruitality. Le prix du jury, attribué par un collège de professionnels de l’agroalimentaire alsacien, est revenu à Alsapéro ex aequo avec Beanies. Enfin, Natur’elle s’est adjugé le prix du public.

Syndicat des producteurs de myrtilles de France

La drosophile suzukii, ce « fléau »

Publié le 02/04/2017

Le 24 mars, le syndicat des producteurs de myrtilles de France s’est réuni dans les locaux d’Alsace Appro, à Sigolsheim, pour faire le point sur les méthodes de lutte contre la drosophile suzukii. Un « fléau » de plus en plus inquiétant pour le petit fruit violet.

C’est l’histoire d’une petite mouche qui aime trop le violet. Apparue en France en 2009, et hypermédiatisée en Alsace en 2014 pour les ravages causés dans le vignoble, la drosophile suzukii a fait de la myrtille l’un de ses autres plats favoris. Comme l’ensemble des producteurs de fruits touchés par ce « fléau », les producteurs de myrtilles français sont à l’affût de toutes les solutions permettant de lutter contre cet insecte venu d’Asie. C’est dans cette optique que le syndicat des producteurs de myrtilles de France (SPMF) a souhaité rencontrer des représentants des Fredon Alsace et Lorraine, de la Chambre d'agriculture d’Alsace et du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL), le 24 mars dernier à Sigolsheim, la veille de son assemblée générale qui s’est tenue à Guewenheim. Comme le rappelle la présidente du SPMF, Caroline Barbier, les enjeux sont immenses pour la filière myrtille, aussi petite soit-elle dans le paysage agricole français : « Certains d’entre nous ont perdu 25 % de leur production à cause de cet insecte, avec une perte de chiffre d’affaires qui peut s’élever à 50 000 €. » Un montant important qui illustre assez bien l’inquiétude des producteurs de myrtilles français au sujet de cette mouche. Des méthodes de lutte inégales Reste à faire le tri entre les traitements homologués - et pas toujours efficaces à 100 % -, les traitements plus efficaces - mais non homologués en France -, la lutte préventive à base d’addition de saccharose, et des solutions plus « artisanales » comme l’augmentation du nombre de cueillettes dans une même semaine. « Idéalement, il faudrait que cela soit fait tous les deux jours pour limiter les risques de contamination par la drosophile. Ce serait plus efficace que de traiter une fois par semaine », explique Stéphanie Frey, conseillère en arboriculture à la Fredon Alsace. Une méthode de lutte « difficilement applicable » pour la trentaine de producteurs de myrtilles présents. « Ça peut convenir à la framboise. Pour la myrtille, c’est plus compliqué, notamment en libre cueillette. Même dans des fruits pas mûrs, il y a déjà des larves qui bougent. Du coup, à moins que le fruit serve pour la transformation ou la congélation, c’est difficile de vendre ça aux clients. Il ne faut pas se faire d’illusion : un fruit frais et mûr, c’est difficile à obtenir avec cet insecte dans les parages », témoigne l’un des membres du syndicat. Une autre stratégie de lutte évoquée est celle du « push pull » qui consiste à attirer la drosophile suzukii vers des plantes à baies sans émergence. « Cela veut dire que les œufs ne s’y développent pas, enrayant ainsi le processus de reproduction », explique Marie-Laure Schnell, de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Une idée séduisante sur le papier, mais qui pose un problème de taille dans la pratique : trouver une plante qui fructifie en même temps que la myrtille. « Notre culture vient après les autres petits fruits, du coup, cela complique la donne », indique un autre membre du syndicat. Par contre, les producteurs de myrtilles peuvent sans mal appliquer certaines mesures comme une bonne aération des plantations par le biais de la taille, ou le maintien de l’enherbement au ras du sol afin de diminuer l’humidité au sein de la parcelle. « Si l’herbe est haute, la drosophile va rester là tout le temps », fait remarquer Marie-Laure Schnell. Un insecte « opportuniste » Cet insecte est en effet friand d’eau, mais sait aussi résister au froid, au grand dam des producteurs. « On en observe en milieu sauvage à plus de mille mètres d’altitude », déplore l’un des membres vosgiens du syndicat. Elles semblent aussi s’accoutumer assez bien aux températures négatives. « En Lorraine, on a observé des vols à - 10 °C dans les forêts et les vergers. Elles ont le même comportement qu’en été, même si elles sont présentes en plus faible nombre », développe l’animatrice arboricole de la Fredon Lorraine, Marie Laflotte. Néanmoins, le coup de froid ressenti au mois de janvier permet, selon elle, d’espérer un départ de population plus calme. « Mais c’est vrai que c’est un insecte qui supporte assez bien les longs hivers, contrairement aux alternances de températures qu’il a plus de mal à gérer », poursuit-elle. La drosophile suzukii est également « opportuniste » si l’on se fie aux observations de terrain effectuées par les techniciens. « Grâce à plusieurs capteurs, cette mouche peut sentir les dangers. Du coup, quand elle se sent attaquée, elle va se réfugier dans le gui. Ce qui la met à l’abri de toute menace. C’est un insecte vraiment très opportuniste », complète Marie-Laure Schnell. Reste la solution de rendre la drosophile suzukii vulnérable à ses prédateurs naturels, que sont les oiseaux. Une option retenue par Bernard Gsell, arboriculteur à Sigolsheim, pour protéger son verger d’arbres fruitiers contre les ravageurs provenant de la forêt voisine. Son installation est récente, il n’a donc pas de recul à l’heure actuelle pour juger de son efficacité. Par contre, il observe que les oiseaux nichés dans la forêt plongeaient au niveau du filet pour reconstituer leur garde-manger. « On ne peut rien en déduire pour le moment, mais c’est un ballet qu’on observe quotidiennement », témoigne l’arboriculteur. Et si la petite mouche devenait le plat principal de son histoire ?

Assemblée générale de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla)

À l’Ifla, pas de langue de bois

Publié le 26/03/2017

L’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) se réunissait en assemblée générale, mardi 14 mars, à la Maison de l’agriculture de Schiltigheim. Un moment clé dans la construction du dialogue entre tous les acteurs de la filière.

Des assemblées générales un peu molles ? Sans grand intérêt ? Sans vrais débats ? La réunion plénière organisée par l’Ifla, mardi 14 mars à Schiltigheim, a prouvé tout le contraire. Le rassemblement a donné lieu à des échanges constructifs entre les représentants de toute la filière. D’abord sur le label qualité Global GAP. Un exploitant a profité de l’annonce d’une formation au cahier des charges pour interpeller les distributeurs : « Les efforts à fournir pour obtenir la certification sont intenables pour les petits producteurs », a-t-il plaidé. Et d’ajouter que « la grande distribution devrait mieux valoriser le label Ifla déjà en place ». Une problématique que les représentants des grandes et moyennes surfaces (GMS) ont bien en tête. L’émissaire de Lidl a ainsi rassuré l’assemblée : « Il n’est pas question, pour l’instant, d’exclure les produits non certifiés Global GAP ». Mais des efforts doivent être fournis des deux côtés. La solution ? « Il faudrait trouver des équivalences, ou accompagner les agriculteurs dans leur conversion au nouveau label », avance ce responsable. De l’importance de dissiper les malentendus Mais il n’a pas été question que de réglementation. Les producteurs bios se sont ainsi vu réitérer le soutien du Conseil régional. Patrick Bastian, vice-président de la commission agriculture, a voulu dissiper tout malentendu. À un exploitant qui craignait de se voir « mis de côté au sein de la filière », il a répondu : « Nous sommes à vos côtés et le resterons ». Il en a également profité pour souligner l’importance de se parler, et s’est félicité d’avoir l’occasion de clarifier certains points. Une clarification s’est aussi imposée au sujet des relations entre la GMS et les producteurs. Le président de l’Ifla, Pierre Lammert, a souligné que la vente directe et la vente à la grande distribution sont deux créneaux complémentaires. « On a besoin les uns des autres », a-t-il lancé. Du côté des grossistes, on s’est réjoui de la naissance d’une brochure explicative du métier. Conscients d’être inconnus du grand public, « nous nous sommes décidés, l’interprofession nous ayant poussés, à mieux informer quant à notre rôle », a expliqué leur représentant. La communication encore et toujours. Les participants avaient d’ailleurs tellement de choses à se dire, que la discussion s’est prolongée autour du traditionnel verre de l’amitié. La preuve que ces réunions pâtissent d’une (mauvaise) réputation non méritée !

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