Fruits et légumes

La saison des fraises commence

« Allez-y ! Elles sont toutes rouges… »

Publié le 31/05/2017

La saison des fraises est ouverte. Le lancement officiel a eu lieu mardi dernier au magasin Le Fruitier de Haguenau, à l’initiative de l’Association des producteurs de fraises d’Alsace et de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace.

La campagne avait bien commencé, les fruits s’annonçaient abondants, mais les gelées noires des 17, 18 et 19 avril ont refroidi l’enthousiasme des fraisiculteurs qui ont vu leur récolte amputée de 40 %. Heureusement, la période ensoleillée que nous venons de vivre a permis de redresser la situation et aujourd’hui, les fraises sont présentes en abondance. « Ne tardez pas ! » insiste Olivier Grinner, président de l’Association des producteurs de fraises d’Alsace. La saison est très courte, elle ne dure que trois ou quatre semaines… Que vous les achetiez en barquettes dans les magasins et sur les marchés, ou que vous vous rendiez en famille dans une des nombreuses libres cueillettes de la région, c’est maintenant ! Michel Hegé se réjouit de voir les producteurs de toute l’Alsace rassemblés à la ferme Densch de Haguenau pour le lancement de la campagne, au côté des membres de l’interprofession, des représentants des organisations professionnelles agricoles et de la Région Grand Est. À l’orée de la forêt de Haguenau, le magasin Le Fruitier est entouré d’un « grand jardin » de 8 hectares où sont implantés une petite fraiseraie, un carré de myrtilles, un verger de pommes et de poires - qui a entièrement gelé - et un champ d’asperges. « Nous envisageons de convertir le verger en bio. » Le magasin, quant à lui, propose une large gamme de produits du terroir et de l’artisanat local, l’agencement soigné mettant particulièrement en valeur les fruits et légumes. « Nous allons tous dans le même sens » « La saison a du mal à démarrer en raison des fortes gelées qui ont considérablement réduit la production, poursuit Michel Hegé. Les clients attendent avec impatience l’ouverture de la libre cueillette, ils nous inondent de coups de fil. » Il est vrai que le magasin est idéalement placé à la sortie nord de Haguenau, une ville de 35 000 habitants. « Mais je voulais attendre cet après-midi pour que vous puissiez voir de belles fraises bien rouges… » « Après les asperges, le lancement de la saison des fraises est toujours un moment très attendu », explique Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla). Il marque en général le retour des beaux jours… et c’est le cas cette année. Il a remercié la Région Grand Est qui soutient la promotion, tout au long de l’année, des fruits et légumes d’Alsace. D’année en année, la liste s’allonge : récemment, les légumes primeurs ont fait une entrée en scène remarquée, et dès la semaine prochaine, ce sera au tour de l’ail, de l’oignon et de l’échalote d’être mis en valeur. La preuve que les producteurs locaux ont la pêche ! D’autres événements sont prévus dans les prochains temps. Le salon interprofessionnel du commerce des fruits et légumes d’Alsace réunira les acteurs de la filière le 13 juin, et le salon Saveurs et Soleil d’automne accueillera des milliers de visiteurs, du 22 au 24 septembre aux Tanzmatten à Sélestat. « C’est le plus grand salon des fruits et légumes de France, précise Pierre Lammert. Nous continuerons à communiquer pour promouvoir les produits de notre région, avec notre ambassadrice de charme, Delphine Wespiser, ancienne Miss France. Elle ne pouvait être parmi nous aujourd’hui car elle est en tournage pour l’émission Fort Boyard. » Boris Wendling, responsable régional de la Scofel, centre d’achat régional du groupe Auchan, rappelle que dix enseignes de la distribution sont réunies au sein de l’Ifla. « Vous retrouverez un peu partout la même communication autour de la fraise d’Alsace, quelle que soit l’enseigne. C’est une demande du client, il attend ce produit. » La grande distribution est le canal de distribution le plus important en France, ajoute-t-il. Il commercialise 70 et 80 % de la production. Pour Boris Wendling, il n’y a pas d’opposition entre grande distribution et circuits courts. « Nous allons tous dans le même sens : nous cultivons le bon, le sain, la proximité. »

Procédure calamités agricoles dans le Haut-Rhin

Après les dégâts, le triste constat

Publié le 18/05/2017

Suite aux dégâts de gel et de grêle qui ont touché le département au cours des dernières semaines, la préfecture du Haut-Rhin a diligenté une commission d’enquête tripartite DDT/Chambre d'agriculture/syndicalisme pour évaluer les dégâts en vue d’une demande de reconnaissance en calamités agricoles. Pour certains exploitants, c’est une question de survie.

« On a besoin d’aide ! » Fortement touchée par l’épisode de grêle du 14 mai quelques semaines seulement après un gel déjà destructeur, Danielle Claudepierre tire la sonnette d’alarme. Entre dépit, tristesse et résignation, la gérante de l’EARL Bernhard, à Sigolsheim, constate, impuissante, les ravages de ces deux épisodes climatiques extrêmes pour la saison. La quasi-totalité de sa production a été détruite pour l’année 2017. « Il y a 17 hectares complètement partis à Sigolsheim. Les 14 autres à Durrentzen et Windensolen ont été préservés de la grêle, mais une bonne partie était déjà morte avec le gel. Reste deux hectares qui sont protégés par des filets anti-grêle, mais qui ont été ravagés à 80 % par le gel… » Une double peine fatale qui menace la survie de l’exploitation familiale créée dans les années 1970 par ses parents. « C’était une telle fierté pour moi de reprendre la structure. Aujourd’hui, on est juste complètement démunis », témoigne-t-elle devant les représentants de la mission d’enquête menée dans le cadre de la procédure calamités agricoles. Parcelle après parcelle, des responsables de la DDT du Haut-Rhin, de la Chambre d'agriculture, de la FDSEA, de l’Ava constatent, parfois avec effarement, l’étendue des dégâts. Dans les vignes, le responsable du service Agriculture et Développement Rural à la DDT du Haut-Rhin, Philippe Schott, liste consciencieusement les parcelles concernées par des pertes de fonds, à savoir quand les plants ne reprennent pas, ou très peu. Des vignes de première, deuxième, troisième année ou issues de la complantation sont passées à la loupe. Le président du syndicat viticole de Bennwihr, Arnaud Amann, fait le guide. Il pointe du doigt des pinots gris plantés sur le ban d’Ammerschwihr, à quelques dizaines de mètres de la Pommeraie. « Ici, la parcelle est totalement brune. On constate néanmoins que quelques plants ont survécu. Les pépiniéristes vont avoir du boulot ! Dans le meilleur des cas, il faudra au minimum deux ans pour s’en remettre », annonce le vigneron. La délégation se rend ensuite sur le ban de Bennwihr, là où les vignes ont le plus souffert de ce gel noir. « On est ici au cœur de cette langue de froid qui s’est étendue jusqu’au bas de Zellenberg », commente Arnaud Amann. « On doit continuer, on n’a pas le choix » Retour à la Pommeraie, chez Bernard Gsell. L’arboriculteur emmène les représentants de la mission d’enquête au pied d’une imposante éolienne. Installée depuis peu, celle-ci lui a permis de limiter la casse. En parallèle, il a aussi utilisé des bougies de cire pour protéger une partie de ses cultures. « Les fruits sont encore sur les arbres, mais le stress est bien là. Depuis le gel d’avril, ils n’ont pas encore grossi. Du coup, c’est possible que l’arbre finisse par les rejeter. On ne peut rien prévoir à l’heure actuelle. » S’il avait pu sauver la majorité de ses pêches et abricots du gel, il a été bien plus impuissant face à la grêle. Les marques visibles sur les abricots parlent d’elles-mêmes. « La plupart de ces fruits ne sont malheureusement plus commercialisables, surtout si le marché en vient à être saturé. Qui voudra acheter des fruits comme cela ? », observe-t-il. Sans la grêle de dimanche dernier, Bernard Gsell aurait encore pu compter sur la moitié de sa récolte qui s’étend sur trente hectares. Désormais, il y a surtout beaucoup d’incertitudes. D’autres accidents climatiques ne sont pas à exclure, comme des attaques de drosophiles suzukii qui avaient fait tellement de mal en 2014. « Ce n’est pas compliqué : il va falloir qu’on trouve rapidement un fonds de roulement qui nous permette de fonctionner, sinon on sera obligé d’arrêter. » Car l’entreprise, elle, continue à tourner. Et le travail de s’accumuler. « Tous les travaux hors récolte sont identiques. Il faut continuer, on n’a pas le choix. On doit continuer les traitements comme on le ferait d’habitude. On ne peut pas permettre la moindre erreur au niveau sanitaire. Sinon, on le paie ensuite pendant des années », continue Bernard Gsell. « Économiquement, c’est vraiment très grave ce qui nous arrive », tient à rappeler Danielle Claudepierre. L’exploitante a déjà dû mettre la moitié de ses salariés au chômage partiel, et devra réduire inévitablement l’embauche d’intérimaires « locaux » pour les récoltes. « Il y a tout un tissu économique derrière nous » explique-t-elle au préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet. C’est en lisant l’article paru dans le journal l’Alsace le matin même que le représentant de l’État a pris la décision d’aller constater de visu les dégâts engendrés sur les parcelles de l’EARL Bernhard. Une visite inattendue saluée par l’exploitante et le président de la FDSEA, Denis Nass. « C’est effectivement indispensable que les pouvoirs publics prennent la mesure de ce qui se passe ici. Tout le monde doit être mobilisé sur ce dossier. Chaque entreprise doit pouvoir être accompagnée individuellement. On ne peut pas faire de généralités », estime le représentant syndical. En plus d’une reconnaissance en calamité agricole qui serait forcément bienvenue, Danielle Claudepierre espère obtenir un retour favorable de la MSA pour un report de ses charges, et que les services fiscaux ne lui réclament pas l’acompte de l’impôt sur les sociétés « qui me sera de toute façon remboursé » précise-t-elle. Une demande que la DDT et la FDSEA du Haut-Rhin entendent relayer auprès des services concernés. Un moindre mal pour Danielle Bernhard qui a tout de même besoin de plusieurs centaines de milliers d’euros pour son fonds de roulement, et ainsi pouvoir faire vivre son entreprise jusqu’en septembre 2018, date à laquelle elle devrait enregistrer ses prochains revenus. « Les clients vont repartir » Après ces témoignages difficiles, la mission d’enquête a poursuivi sont état des lieux un peu plus au sud du département, entre la commune de Battenheim et l’autoroute A35. À cet endroit, Jean-Marie Grodwohl cultive 3,10 hectares de fraises destinées à la libre-cueillette. Un choix opéré il y a dix ans dans le but de diversifier ses productions. Il a également un élevage de veaux des céréales, et des pommes de terre. Depuis ses débuts dans les fraises, il n’avait jamais connu de grosses difficultés. En tout cas, pas d’ordre climatique. Jusqu’à cette nuit du 19 au 20 avril. « La température est descendue jusqu’à - 5 degrés. Et comme les fraises étaient en pleine floraison, avec deux à trois semaines d’avance, précisément en raison de la douceur et du soleil du mois de mars, le choc a été terrible. En quelques heures, on a perdu en moyenne 60 à 70 % de la production potentielle. Sur cette parcelle, cela va même jusqu’à 80 %. Depuis, on les a binées pour les garder propres et là, on commence à pailler. On espère que certaines vont repartir. Mais, je ne suis pas très optimiste », explique l’agriculteur. Lucide, il montre un exemple : sur dix fleurs possibles, il n’y en a plus qu’une en état de pousser ! Forcément, le moral de l’exploitant est au plus bas. Son travail annuel est dévalorisé. « Et ici, outre le problème sanitaire, il y a également les difficultés économiques qui s’annoncent. C’est de la libre cueillette. Quand les gens vont arriver ici pour se fournir en fraise, ils vont déchanter et repartir. Ce sont des pertes de clients prévisibles », ajoute-t-il. Des exemples comme ceux évoqués ici sont nombreux dans le département du Haut-Rhin. Et chaque cas sera étudié par l’ensemble des partenaires et organisations économiques assurent les membres de la délégation d’enquête. Les dossiers de calamité agricoles seront ensuite transmis à la préfecture qui se chargera de faire le relais avec le ministère de l’Agriculture. Les premières indemnisations pourraient arriver, au mieux, à la fin de l’année 2017.

Lancement des primeurs d’Alsace

Le plein de vitamines

Publié le 03/05/2017

Le premier lancement des légumes primeurs d’Alsace a eu lieu le jeudi 27 avril chez ID3A, exploitation maraîchère et céréalière située à Balgau. L’occasion de rappeler les bienfaits et vertus pour la santé des salades, radis, asperges, navets ou oignons blancs.

Les légumes primeurs sont de retour. Comme chaque année à la même période, les salades, radis, navets, rhubarbes, asperges et autres oignons blancs marquent le retour des beaux jours… et de la consommation de produits frais. Des légumes cueillis très jeunes présentant des caractéristiques gustatives « incomparables ». Des qualités que l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) a souhaité mettre en avant le 27 avril en organisant le premier lancement officiel des primeurs sur le sol alsacien. Un événement qui s’est tenu dans les locaux d’ID3A, à Balgau, une exploitation familiale qui cultive 200 ha de légumes et une centaine d’hectares de céréales. Cinquante salariés (jusqu’à 80 dans les périodes les plus intenses) y travaillent quotidiennement pour récolter, nettoyer, conditionner et envoyer les palettes de légumes qui vont alimenter principalement les centrales d’achat du Grand Est. Pour l’instant, cette saison 2017 commence bien timidement, notamment pour les salades qui ont énormément souffert des récents épisodes de gel. « Depuis le début de la récolte lundi 24 avril, on ne récolte que 30 à 40 % de nos salades. On a dû les recouvrir en catastrophe, sans succès. Tout est plus froid et plus humide. C’est la première fois qu’on perd des salades à cause du gel », constate amèrement le directeur d’ID3A, Claude Keller. Heureusement pour lui, il peut compter cette année sur 40 ha de radis, soit environ 1,3 million de bottes qui vont constituer un apport de trésorerie « intéressant » pour son entreprise. « C’est le légume printanier par excellence. Il dispose d’un cycle de récolte assez court, de 18 à 90 jours en fonction de la variété. » Le radis représente un vrai « challenge » pour ID3A cette année. Désireuse de rattraper son « retard » par rapport à la salade, l’exploitation a augmenté sa surface sur des parcelles jusqu’alors dédiées à la culture des céréales. L’atout « forme et bien-être » Ce lancement officiel des primeurs s’inscrit dans la continuité des actions de communication et de promotion menées par l’Ifla depuis plusieurs années. « Je crois qu’il était essentiel de rappeler aux consommateurs les vertus de ces premiers légumes de l’année », souligne le président de l’Interprofession, Pierre Lammert. Ces « jeunes légumes » se montrent en effet plus intéressants en termes de qualité nutritive grâce à des valeurs nutritionnelles à leur maximum. Ils apportent notamment les nutriments dont le corps a besoin : vitamines, minéraux, fibres, etc. Ils sont également recommandés pour déjouer la fatigue et aider l’organisme à passer de l’hiver au printemps en « pleine forme ». « C’est l’atout forme et bien-être ! », résume Pierre Lammert. Un argument supplémentaire pour une production locale de plus en plus plébiscitée par les consommateurs alsaciens. « Grâce aux actions de l’interprofession, l’Alsace est la seule région française où la production de fruits et légumes s’est développée », se félicite le président de l’Ifla. Reste maintenant à conquérir le marché du Grand Est, fort de cinq millions de consommateurs. C’est dans cette optique que l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace devrait signer un contrat d’aide et d’accompagnement de la filière fruits et légumes avec la Région. « Pour la compétitivité de nos produits, nous avons besoin d’aides. C’est notamment par ce biais que nous pourrons développer la part de fruits et légumes locaux dans la restauration collective. Il y a là un grand marché à développer », ajoute Pierre Lammert.

Pages

Les vidéos