Campagne Pomme de terre 2016
Rendements corrects et prix fermes
Campagne Pomme de terre 2016
Publié le 12/01/2017
La pomme de terre n’a pas trop été à la fête au champ cette année. Elle est pourtant l’une des rares cultures à tirer son épingle du jeu en 2016.
Le printemps donne des frissons aux planteurs dès la plantation : la pluie l’a décalé de deux semaines à mi ou fin mai sur les quelque 1 500 ha réservés à la culture par un peu moins de 800 producteurs. Dans le Ried, certaines parcelles inondées n’ont jamais été plantées. L’excès d’eau compacte les sols et ralentit la croissance des tubercules. Dans certains cas, elle oblige à replanter ou à rebutter. Le mildiou exerce une pression record dès le mois de juin, obligeant à renouveler les traitements tous les quatre à cinq jours. Un feuillage bien développé fait le bonheur de l’alternaria. À l’exception des toutes premières plantations, la tubérisation est conséquente. Gale argentée et dartrose affectent la qualité visuelle des tubercules fréquemment creusés en parcelles non irriguées. Limaces et taupins ajoutent leurs dégâts sur les arrachages qui interviennent jusqu’à la mi-octobre. Le taux de matière sèche élevé ainsi que l’alternance de température et d’hygrométrie en fin de cycle rend la conservation des tubercules délicate. De bons prix Les rendements alsaciens fluctuent selon le contrôle du mildiou au printemps, l’irrigation estivale et la structure du sol. Ils sont en retrait de la moyenne nationale. Ils restent cependant corrects, voire meilleurs en variétés tardives et résistantes au stress hydrique. Les variétés primeurs reculent de 25 t/ha en 2015 à 20 t/ha en 2016. Les demi-tardives et les chairs fermes maintiennent leur score de l’année passée à respectivement 40 et 30 t/ha. Sur un marché national qui enregistre une hausse de ses surfaces de 5,3 % à 125 250 ha, l’offre reste dans une moyenne basse. En l’absence de gros stocks en conservation, les prix se raffermissent. Ils gardent leur niveau de 250 €/t en primeur et de 200 €/t en demi-tardives. À 350 €/t, les chairs fermes gagnent 50 €/t sur 2015. La marge brute hors stockage, conditionnement et autres frais spécifiques, diminue de 100 €/ha à 3 190 € en primeur, s’établit à 4 190 €/ha en demi-tardives et grimpe à 6 500 €/ha en chair ferme, soit, pour ces dernières, 1 275 € de mieux que l’an passé !












