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machinisme/agroéquipement

Un nouveau constructeur de tracteur vigneron

Premiers essais pour le JDS Guillet

Publié le 12/03/2018

En cours d’homologation à l’Utac, le prototype du tracteur JDS Guillet effectue ses premières sorties dans le vignoble cet hiver.

Avec son look plutôt dodu et rétro, le nouveau tracteur JDS-Guillet ne passe pas inaperçu dans les vignes. Réincarnation du JDS de Louis Dromson, d’une stabilité légendaire, ce tracteur est de nouveau disponible grâce à Fabien Guillet, un industriel de la serrurerie chaudronnerie basé à Duppigheim. Habitué à relever les défis industriels les plus audacieux. Et à concevoir des engins motorisés hautement normés. C’est cette expertise avec ses équipes de concepteurs et de soudeurs, dont nombre sont compagnons du devoir, qui l’a amené à relancer le JDS avec son « nerveux » moteur John Deere trois cylindres, adapté aux normes Stage IV, avec un filtre à particules. Pour l’heure, trois prototypes sont construits, l’un pour les normes, et les deux autres sont à disposition des viticulteurs qui veulent l’essayer. L’engin pèse un peu plus de 2 t, son empattement avait été voulu le plus court du marché ; et son étroitesse de 104 cm, avait été pensée pour les vignes étroites. S’il reste aux établissements Guillet quelques petits réglages de différentiel et d’embrayage à effectuer, le tracteur, attelé à un broyeur de sarments, a déjà montré toute sa capacité à grimper les coteaux de Westhalten et de Dorlisheim. Et un viticulteur d’Itterswiller a déjà retenu le premier modèle.

Publié le 01/02/2018

Après une première édition l’année dernière sur le matériel de pulvérisation, le constructeur Kuhn a organisé une nouvelle rencontre Experts Kuhn, cette fois consacrée à la thématique des Techniques culturales simplifiées. Plus de 300 agriculteurs d’Alsace et de Lorraine ont répondu présent, signe de l’évolution des pratiques agricoles.

Au Kuhn Center for Progress de Monswiller, les experts parlent aux experts. Dès l’arrivée sur le site, le ton est donné : sur le parvis trônent d’imposantes machines d’un rouge rutilant. Passé les portes d’entrée, le spectacle continu, et le public est invité à flâner parmi une large sélection d’outils conçus et fabriqués par Kuhn. Et du public, il y en avait ce soir-là : « Nous avons organisé cette journée avec nos partenaires revendeurs, et nous avons eu de très nombreux retours, nous attendons près de 300 agriculteurs. Cela va au-delà de nos espérances et prouve l’intérêt des professionnels pour ces techniques », se félicite Christian Fischer, responsable commercial du groupe. Pour Kuhn, ces événements sont évidemment l’occasion de présenter ses produits, sa démarche, mais aussi de se rapprocher des clients. En effet, c’est l’occasion de faire se rencontrer ceux qui utilisent le matériel et ceux qui l’élaborent, soit chez Kuhn, une trentaine de responsables produits rien que pour la gamme d’outils de travail du sol, « des experts qui élaborent des solutions adaptées aux besoins des clients », décrit Christian Fischer. Des produits et des services Une formule qui a du succès. Si bien que l’affluence a obligé les organisateurs à procéder en deux passages, la capacité d’accueil des gradins étant dépassée. Christian Fischer a rapidement présenté l’entreprise, qui fête cette année ses 190 ans puisqu’elle a vu le jour en 1828, à Saverne. La fabrication de machines agricoles dans ses ateliers débute quelques années plus tard, en 1864. Puis, Kuhn traverse les siècles en réalisant régulièrement de nouvelles acquisitions, qui lui permettent de se positionner aussi bien sur le marché des charrues que des semoirs ou encore des outils de pulvérisation. « Nous sommes sans cesse en train d’innover. 4 % du chiffre d’affaires est réinvesti en recherche et développement. C’est ce qui nous permet d’être précurseurs en semis direct, en nouvelles technologies… » En ce qui concerne le sujet du jour, Kuhn propose une gamme complète d’outils de déchaumage, à disques ou à dents, des semoirs, et notamment l’Espro, un outil qui a été consacré Machine de l’année lors du Sima en 2015, et qui a depuis été décliné en plusieurs versions. Des outils c’est bien, avec des services c’est mieux. Kuhn propose donc aussi des extensions de garantie, des solutions de financement, un service de livraison de pièces de rechange réactif, un service de diagnostic de pannes… Faux semis et couverts végétaux Après ces présentations d’usage, Mathieu Meyer, responsable formation produits chez Kuhn, est entré dans le vif du sujet : « La gestion chimique des adventices va devenir de plus en plus problématique. Il s’agit donc de trouver des alternatives mécaniques afin d’éviter leur développement. » Il n’y a pas de recette miracle à espérer : « C’est une stratégie à construire en faisant des compromis entre des facteurs météorologiques, humains… Car dans chaque exploitation, le stock semencier d’adventices évolue différemment, selon que les déjections animales retournent au sol, l’assolement, la rotation, les modes de raisonnement des itinéraires techniques… » Parmi les solutions mécaniques, les faux-semis sont d’ores et déjà couramment pratiqués. Il s’agit d’effectuer un travail du sol superficiel (environs 5 cm) qui va stimuler la levée des adventices. Réalisé idéalement juste après la moisson, ce travail doit laisser un sol fin, humide et bien rappuyé à l’aide d’un rouleau efficace. Un sol qui soit favorable à la levée des adventices, qui seront ensuite détruites par un autre passage d’outil mécanique. Une autre solution consiste à mettre les adventives en compétition avec un couvert végétal, qui doit lever plus rapidement qu’elles et les étouffer. Faire lever les adventices, faire pousser un couvert, c’est bien beau. Encore faut-il pouvoir les détruire efficacement avant la culture suivante ! Pour y parvenir, Kuhn propose une gamme d’outils : « À dents ou à disques, il n’y a pas de solution idéale. Le gros avantage des outils à dents, c’est leur polyvalence, car en changeant le type de dent, on obtient des résultats très différents. Ils procurent aussi un meilleur nivellement du sol, une meilleure répartition de la paille, mais ils sont plus tirants et sortent davantage de cailloux que les outils à disques. Ces derniers vont plus vite, émiettent mieux le sol et coupent les débris végétaux. » Certains outils, comme le Performer, combinent des disques à l’avant, suivis de dents : « Le terrain est préparé en un seul passage, mais il faut de la puissance, minimum 250 à 300 ch », indique Mathieu Meyer. Prolander, un vibrodéchaumeur À cet instant, les portes du Kuhn Center for Progress s’ouvrent, les lumières s’éteignent, et un tracteur fait son entrée sous un ballet de faisceaux lumineux rouges et en musique. Il est attelé au Prolander, un outil que Pierre Reymann, responsable produit déchaumage qualifie de « vibrodéchaumeur ». Cet outil combine une barre niveleuse à l’avant, capable d’écrêter un labour, de niveler le sol. Suivent cinq rangées de dents vibrantes hautes, avec un grand dégagement et un pas assez serré de 15,5 cm, ce qui procure de la terre fine, ouvre le sol sur 3 à 15 cm de profondeur selon les réglages, achève de niveler le sol et répartit les résidus. À noter que la distance entre chaque rangée de dents augmente car le flux de terre augmente. « Cela contribue au dégagement élevé, gage d’un débit de chantier élevé. » Vient ensuite un rouleau, qui rappuie le sol et fait la jauge. « L’outil est simple et confortable d’utilisation, avec un réglage hydraulique de série depuis la cabine, que ce soit pour la barre niveleuse ou les dents. » Deux types de rouleaux sont proposés : le double rouleau barres-cranté sera idéal pour émietter le sol ; le double rouleau U assurera un bon contacte terre/graine, tout en limitant le lissage. Autant de caractéristiques qui font du Prolander une machine polyvalente. Mathieu Meyer revient en piste pour parler des couverts, dont les bénéfices agronomiques se doublent d’impératifs législatifs : « En interculture longue, la couverture des sols est obligatoire, que ce soit par des Cipan, ou à certaines conditions, des repousses de colza, de céréales ou un mulch », rappelle-t-il. Mais c’est aux Cipan que revient la palme des bénéfices agronomiques - amélioration de la structure des sols, recyclage des minéraux, limitation du lessivage, de l’érosion, amélioration de la teneur en azote organique, réduction du salissement par adventices, augmentation de l’activité biologique, éventuellement fixation de l’azote atmosphérique par les légumineuses… - Si bien que Mathieu Meyer estime qu’elles vont devenir un outil de plus en plus indispensable. Là aussi, pas de solution toute faite : « La réussite d’un couvert dépendra de la rotation, du mode d’implantation, de destruction, de la date de semis du suivant… » Pour maximiser les bénéfices agronomiques du couvert, de plus en plus d’agriculteurs choisissent des couverts multi-espèces. Une manière de bénéficier des atouts de chacune et d’assurer la levée d’au moins quelques-unes. Mais, au semis, le risque est d’assister à une calibration des graines en fonction de leur poids, de leur taille, de leur densité. Résultat : un mélange hétérogène des graines dans la trémie. Et un couvert irrégulier. Espro : un semoir, une foule de possibilités Heureusement, les constructeurs mettent des solutions sur le marché. C’est le cas du semoir traîné pour semis simplifié Espro, qui fait son entrée sur le catwalk, en version 6000 RC. Frédéric Gerber, responsable produits TCS, décrit un semoir assez long, d’où des sections qui travaillent indépendamment afin de réduire la taille des fourrières, et qui se règlent depuis un boîtier. À l’avant, il est possible d’installer une roue de rappui, ou une lame de nivellement, relevables hydrauliquement. Viennent ensuite deux rangées de disques de 460 mm de diamètre, à la vitesse de rotation importante, qui émiettent finement la terre afin d’optimiser la levée. Vient ensuite une rangée de roues de rappui, qui ont été particulièrement travaillées pour faire de l’Espro une machine la moins tirante possible. Résultats : des pneus de grand diamètre, étroits afin d’éviter la formation d’un bourrelet de terre à l’avant, et décalés afin d’optimiser le passage des débris végétaux. Cette rangée de roues est suivie de la barre de semis Crossflex, conçue pour assurer un placement de la semence à une profondeur précise, même à vitesse d’avancement élevée. Elle se compose notamment de doubles disques décalés pour pousser les résidus hors du sillon. Des roulettes de rappui et des dents de herse viennent finir le travail. Le semoir Espro 6000 RC est équipé d’une trémie compartimentée, avec deux doseurs, deux têtes de répartition et deux rampes de semis. Il est donc possible de simplement semer une culture, mais aussi de semer une culture principale combinée à de la fertilisation, de semer un mélange de semences… « Il est possible de mettre un type différent de graine dans chaque compartiment de la trémie, puis de les faire se mélanger dans la tête de répartition pour éviter leur calibration dans la trémie. Ou alors de mettre un type différent de graine dans chaque compartiment et d’utiliser les deux rampes de semis pour semer chaque type de graine à une profondeur spécifique… » Retrouvez la rencontre Experts Kuhn consacrée aux TCS en images : Ainsi qu'un vidéo de présentation du semoir Espro au Sima 2015 : Et du vibrodéchaumeur Prolander au Sima 2017 :  

Atout viticole - ACS Andelfinger

La passion de la conduite et des vignes

Publié le 14/12/2017

Depuis 2010, l’ETA Atout Viticole, basée à Soultzmatt, réalise la plupart des travaux mécaniques requis dans les vignes. Une activité créée par Jérémy Flory, un amoureux de la conduite et de la viticulture, et fidèle de la marque italienne New Holland.

Depuis 2010, Jérémy Flory mêle passion de la conduite et amour des vignes. Après douze ans passés au volant de poids lourds, il décide de créer son entreprise de travaux viticoles et d’en faire son activité principale. « J’ai découvert le milieu de l’agriculture et de la viticulture quand j’étais enfant auprès d’un exploitant de mon village. Très vite, je l’accompagnais pour la plupart de ses travaux. C’est comme ça que la passion est née. » Basée à Soultzmatt, la structure qu’il a appelé « Atout Viticole » est capable de réaliser la plupart des travaux mécaniques requis dans les vignes : le prétaillage, le broyage, les labours, le palissage, le rognage, le débroussaillage de talus et terrasses, et la vendange mécanique. Il intervient principalement dans le secteur de Soultzmatt, Westhalten et Orschwihr, ainsi qu’au domaine Schlumberger, à Guebwiller, qui reste l’un de ses plus gros clients. Pour la partie débroussaillage de talus et de terrasses qui représente une part importante de son activité, il se déplace même jusqu’à Barr. Il effectue au total 1 700 heures de travail par an si on inclut la partie vendange mécanique. Un gros volume de travail qui permet l’ETA Atout Viticole d’être une entreprise rentable pour son créateur. Celui-ci réfléchit éventuellement à la développer en embauchant un salarié. « Pour le moment, je suis en pleine réflexion à ce sujet. Cela amène beaucoup de questions. Et puis il faut trouver la bonne personne », ajoute-t-il. Depuis ses débuts, il fait confiance à la marque New Holland dont il salue le « très bon rapport qualité prix ». C’est la concession ACS Andelfinger, de Waldighoffen, qui lui fournit ses machines. Dernière en date : le tout nouveau tracteur vigneron T4.100V. Parmi ses points forts, Jean-Christophe Schmitt, responsable commercial chez ACS Andelfinger, souligne l’apparition du système Common Rail qui permet de réguler le régime moteur, d’un nouveau système de filtration à charbon actif qui permet une pressurisation et une étanchéité complète de la cabine, ainsi qu’un poste de conduite plus spacieux. Par rapport au modèle sorti d’usine, ACS Andeflinger a opéré quelques modifications pour répondre aux besoins de Jérémy Flory. Pendant dix jours, c’est Guillaume, l’un des mécaniciens de la concession, qui a réalisé ces personnalisations : modification de la largeur du tracteur pour la ramener à 1 m 07, remplacement du mono levier électrique par un mono levier hydraulique qui offre plus de « souplesse d’utilisation ». De quoi satisfaire la passion de la conduite de Jérémy Flory et son amour des vignes.

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