Projet Interreg Rhin supérieur Elena
Partager les expériences pour en retirer le meilleur
Projet Interreg Rhin supérieur Elena
Publié le 02/02/2018
Le projet de coopération transfrontalière Elena court sur la période 2017-2019. Son objectif : améliorer les compétences en matière d’élevage dans le bassin du Rhin supérieur en tirant profit des différentes expériences et compétences acquises de part et d’autres des frontières. Mais pas seulement.
Le bassin du Rhin supérieur, c’est une partie de la Rhénanie-Palatinat, du Bade-Wurtemberg, cinq cantons Suisse et l’Alsace. Trois régions de trois pays différents qui ont néanmoins des problématiques communes en matière d’élevage. Pour que cette activité perdure, se développe et se modernise, elle doit pouvoir s’asseoir sur des filières qu’il s’agit donc de consolider, tant en termes de débouchés que d’approvisionnements. Il s’agit aussi d’accompagner les éleveurs, pour les aider à accroître leur compétitivité. Pour atteindre ces objectifs, plusieurs partenaires œuvrent main dans la main : la Chambre d'agriculture d’Alsace et du Grand Est, le Landesverband für Leistungsprüfungen in der Tierzucht (LKV) du Bade-Wurtemberg et l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba). Et se concentrent sur trois productions : l’élevage caprin, porcin et bovin lait. Pour trois raisons différentes. Maintenir ou créer des filières En ce qui concerne l’élevage caprin, il s’agit de répondre à une importante demande de lait de chèvre, notamment de la part de la laiterie allemande Monte Ziego. « L’objectif, c’est de créer un bassin de production de lait de chèvre dans le Rhin supérieur », affirme Philippe Caussanel, responsable du service élevage à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Ce créneau étant encore réduit à portion congrue en Alsace, tout est à construire : « Le nombre d’éleveurs caprins au Contrôle laitier va passer de six à une quinzaine en un an », annonce-t-il. De loin pas encore de quoi répondre à la demande de Monte Ziego. Mais c’est un début. La filière porcine est surtout confrontée à l’érosion du nombre de structures d’abattage. Un phénomène qu’il est impératif d’enrayer au risque de ne plus pouvoir valoriser dans des conditions correctes le travail des producteurs. « Pour maintenir nos filières porcines, nous devons travailler de manière transfrontalière », affirme donc Philippe Caussanel. Un financement européen Dans le cadre du projet Elena, cinq axes de travail ont été identifiés en matière d’élevage bovin lait. Tout d’abord la santé des animaux : « Il s’agit d’enregistrer, comparer et évaluer les pratiques. En Allemagne, des données sont enregistrées en routine dans 1 000 élevages. Nous allons travailler de manière transfrontalière sur la valorisation de ces données. » Autre axe de travail : les outils de conseil, afin de trouver des passerelles entre ceux qui sont utilisés dans les trois pays. Ou encore les robots, l’alimentation : « Chaque pays a son système de mesure de la valeur fourragère des rations, il est donc intéressant de les comparer », note Philippe Caussanel. Un travail qui a commencé par l’analyse d’un même fourrage en France et en Allemagne. Premières conclusions : la méthode d’analyse française fournit une valeur de cellulose brute plus élevée que la méthode allemande. À l’inverse, la teneur en amidon obtenue en France est inférieure à celle obtenue en Allemagne ! Enfin, le dernier axe de travail concerne la production de lait sans OGM, un domaine dans lequel l’Allemagne a un an d’avance sur la France. Enfin, il convient de souligner que le projet Elena fonctionne grâce à des fonds européens, qui permettent notamment de financer une partie du temps de travail des conseillers agricoles impliqués dans le projet. Les réunions hivernales organisées par Alsace Conseil Élevage rentrent dans ce cadre. Et les éleveurs allemands et suisses bénéficieront du même type de formation.












