PORC
Enfin un peu d’air !
PORC
Publié le 09/01/2018
La dégradation des cours en fin d’année ne remet pas en cause le bilan 2017. Après dix ans de creux plus ou moins profonds, le secteur porcin peut enfin commencer à se redonner un peu d’assise financière.
Même s’ils s’inscrivent dans une tendance baissière, les achats chinois continuent à faire le beau temps du marché européen pendant une grande partie de l’année. C’est grâce à eux que le cours du porc à 56 de TMP au MPB de Plérin s’affiche en avril à 1,546 €/kg. Un record pour ce mois ! De janvier à début juillet, les 1,50 € font office de prix pivot. Le reflux s’accentue à partir de la mi-août jusqu’à plonger à 1,18-1,17 € début novembre. Il se stabilise à ce niveau. Dans la région Grand Est, le porc est payé entre 1,72 et 1,35 €. En Alsace, le prix moyen sur l’année avoisine 1,40 €, soit 14 cents de plus d’une année sur l’autre. La filière régionale se situe 6 cents au-dessus du prix français. La stabilité du prix de l’aliment engraissement entre 226 et 230 €/t se répercute favorablement. La marge par truie gagne 150 € pour atteindre les 912 €. La mauvaise qualité des céréales dans les ateliers qui valorisent leurs propres récoltes par la fabrication à la ferme dégrade en revanche l’indice de consommation (IC) de 0,1 point, autrement dit de 60 € par truie. Cette pénalité devrait être rapidement effacée par la qualité récoltée au champ en 2017. Segmenter l’offre au consommateur Ces prix plus rémunérateurs étaient indispensables aux éleveurs et aux abatteurs. Mais redonneront-ils confiance à une filière française en plein doute ? Rien n’est moins sûr. Certes il y a eu un effet « porc français » qui s’est traduit par une baisse des importations de 10,7 % en 2016. Elle s’est accompagnée d’une augmentation des exportations de 4 %. Mais le prix français se caractérise toujours par son décalage négatif d’environ 10 centimes comparé aux prix allemand rendu abattoir à 56 TMP. Les organisations de producteurs bretonnes ne se sont toujours pas regroupées (comme elles en avaient l’intention) pour être aussi bien en ordre de marche que leurs concurrents. L’offre produits aux clients n’a toujours pas été modernisée alors que la segmentation semble vitale pour reconquérir des consommateurs qui mangent de moins en moins de viande. D’ailleurs de janvier à octobre 2017, les achats de viande de porc des ménages français reculent de 5,2 %, un phénomène général à l’Europe. À cela s’ajoute le débat sur le type d’élevage souhaité par la société, le bien-être et la santé animale, autant de thèmes sur lesquels les éleveurs sont sur la défensive. Conséquence de cette ambiance lourde : sur le premier semestre, les abattages français se replient de 3,9 %, et le poids produit baisse de 4,7 %. Certes, les perspectives à dix ans du marché mondial de la viande brossées par l’OCDE et la FAO demeurent favorables à la production. La consommation est attendue en hausse de 1,5 % par an. Mais elle concernera avant tout les pays en développement et la viande porcine ne fait pas partie de celles que le consommateur entend plébisciter… Les deux organisations envisagent un niveau de prix inférieur ou égal à 2016, n’évoluant que marginalement à la hausse…












