Viande porcine
Le coup de pouce chinois en 2016
Viande porcine
Publié le 13/01/2017
Un pic d’achats chinois a soulagé la filière mais ne l’a pas sortie de l’ornière en 2016.
2016 ne semblait pas devoir échapper à la grisaille dont les producteurs ne se rappellent que trop qu’elle a pris ses quartiers depuis 2007. Dans un contexte de hausse de la production européenne (+ 3 %), notamment espagnole (+ 4 %), mais aussi néerlandaise et polonaise, les sorties françaises en 2016 sont prévues à 23,8 millions d’animaux, en baisse de 1 % en raison de la diminution du nombre de truies à 13,3 millions de têtes. Les cours de début d’année commencent là où ils s’étaient arrêtés en 2015 : au ras des pâquerettes, à peine supérieurs à 1,10 €/kg au marché du porc breton (MPB). Mais fin juin, presque à la surprise générale, le cours a quasiment gagné 30 cents à 1,40 €. Fin septembre il établit son record annuel à 1,534 €. Il s’est tout simplement passé que la Chine est revenue aux achats ! Sur le premier semestre, le géant asiatique a doublé ses importations d’origine européenne, comparé à la même période 2015. L’équivalent de 5 millions de porcs supplémentaires ! La Chine est ainsi devenue le premier client de la France. Entre janvier et mai, les exportations européennes bondissent de 40 % ! Cette embellie qui fait un peu oublier l’embargo russe qui se poursuit, limite les dégâts. Car elle ne dure pas. Au 25 octobre, le cours a décroché. Il se stabilise à 1,30 €. L’origine mentionnée à partir de janvier 2017 Cet épisode fait du bien à des trésoreries exsangues, mais il n’efface pas d’un coup les pertes passées, encore creusées par un prix moyen du porc de 1,268 € en 2015, soit 6,7 % de moins qu’en 2014. Il ne balaye pas non plus la stratégie des représentants des éleveurs. Le 1er mars, la Fédération nationale porcine (FNP) appelle dans une lettre ouverte l’aval de la filière (abatteurs, découpeurs, transformateurs, distributeurs) à collecter l’argent destiné à un fonds conjoncturel de soutien aux producteurs de 100 M€, soit l’équivalent de 0,10 € par kilo produit sur une période de six mois, à verser en deux fois en cours d’année. Mais les industriels rechignent. Les éleveurs soutiennent également la nécessité contre l’avis des industriels charcutiers traiteurs de mettre en place un étiquetage obligatoire de l’origine des viandes. Cette proposition est acceptée à titre expérimental. Elle débute le 1er janvier 2017. La viande 100 % française et les produits dans lesquels elle entre pour plus de 8 % du poids total, peuvent désormais mentionner « produit d’origine française ». Gains de productivité Les éleveurs alsaciens sont une nouvelle fois parvenus à améliorer leurs résultats techniques. Dans leurs ateliers naisseurs-engraisseurs comportant en moyenne entre 200 et 400 truies, les meilleurs arrivent à sevrer 33,65 porcelets par truie et par an (29,4 en moyenne nationale), notamment en réduisant les pertes en période d’allaitement. Les producteurs détectent aussi les chaleurs de manière de plus en plus précoces, réalisent des contrôles de gestation par échographie et surveillent encore mieux les mises bas. En alimentation, ils s’appuient toujours sur leur propre production de maïs et l’utilisation de coproduits industriels régionaux pour aboutir à un aliment moins cher de 35 €/t que le coût moyen français. Selon l’Institut du porc (IFIP), l’aliment d’engraissement revenait à 238 €/t en mars 2016 et à 222 €/t en octobre. En système naisseur-engraisseur, il fallait calculer 256 € en mars, et 240 €/t en octobre. Les éleveurs alsaciens gardent une petite marge de manœuvre sur l’indice de consommation, un critère sur lequel ils se situent encore un peu sous la moyenne nationale qui est tombée à 2,69 en engraissement 30-115 kg. En aval de leur filière, ils doivent, comme leurs collègues producteurs de viande bovine faire face à la faillite de Copvial qui laisse globalement des impayés d’environ 3 M€ à leurs exploitations.












