La Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant a présenté mercredi 4 septembre à Paris quelques éléments prospectifs sur les effervescents et sa stratégie de développement pour les crémants. Les professionnels comptent développer leur communication notamment à l’export.
« Notre fédération regroupe huit régions*. Nous sommes une fédération atypique car nous essayons d’harmoniser au niveau national nos politiques régionales. Notre potentiel de développement est limité en raison des récoltes passées qui ont été assez hétérogènes. Mais, l’an passé, nous rêvions de dépasser le cap des cent millions de bouteilles. Et nous venons d’y parvenir. Il faut dire que la récolte 2018 a été celle de tous les records. Jusqu’à présent, les régions étaient freinées dans leur développement faute de matière première. 2018 a permis de retrouver un potentiel important », se félicite Olivier Sohler, directeur de la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant.
Avec une production de 110 millions de bouteilles en 2018 pour une commercialisation moyenne de 80 à 85 millions de bouteilles, il y a en effet de quoi être optimiste. Sachant que le millésime 2018 va arriver sur le marché à la fin de cette année 2019 ou en 2020. Les professionnels constatent un marché national du crémant stable. Les produits ont le « vent en poupe », mais l’augmentation des ventes se focalise à l’export. Certaines régions enregistrent de très fortes progressions de plus de 100 % pour Bordeaux jusqu’à 200 % pour le Jura. « Le crémant a une image positive à l’étranger. Nous devons donc en profiter. Et poursuivre notre politique de communication pour appuyer la commercialisation. Mais ce sont bien les entreprises et les régions qui doivent faire l’effort de vente. La fédération nationale est là en support », précise le président national Franck Vichet.
Porter les ventes à l’export
Certains marchés à l’export sont connus : Benelux, Allemagne. Derrière, plus récemment, il y a désormais les États-Unis. « C’est en effet souvent la troisième destination d’exportation. Nos producteurs ont été nombreux à trouver des « niches » là-bas. Le crémant est un produit apprécié. C’est la raison pour laquelle les débats politiques sur les accords internationaux nous intéressent en premier lieu », souligne Olivier Sohler. Parmi les autres « places fortes » du crémant dans le monde, on retrouve les pays scandinaves (la Suède tout particulièrement), le Canada, les pays de l’Est ou encore l’Italie.
La fédération nationale compte porter ces ventes en s’engageant financièrement dans des actions concrètes sur les marchés nord-américains et scandinaves. « Un appel d’offres a été lancé pour améliorer la notoriété des crémants et leur image sur ces marchés à fort potentiel. Nous avons mis en concurrence dix agences pour voir comment aller dans ces pays de façon pertinente. Les résultats de ces travaux sont attendus en fin d’année. Ils permettront d’avoir une visibilité plus importante pour travailler en 2020 et 2021 », ajoute Franck Vichet en présentant les crémants des huit régions de façon collective pour capter l’intérêt d’une clientèle qui ne connaît pas forcément les régions.
Cette journée parisienne coïncide avec le démarrage de la récolte des crémants du millésime 2019 en Alsace et à quelques jours dans les autres régions. Si le millésime s’annonce moyen en quantité, il promet une qualité extraordinaire : « En Alsace, la maturité s’est développée en dix jours de 2,5 degrés ! Le potentiel en alcool a augmenté très rapidement. Les raisins sont magnifiques », se réjouit Olivier Sohler. Le constat est le même pour les autres régions même si, dans le Jura, les vignes ont davantage souffert du gel.
Oser la différence
Le crémant a une image à développer et à préserver. Pour y parvenir, les actions nationales doivent se faire en lien avec des actions plus régionales comme les cuvées haut de gamme proposées en Alsace ou en Bourgogne. « Le crémant se développe par rapport à sa typicité et la reconnaissance des consommateurs. On veut faire une promotion collective qui se décline régionalement, sans oublier la bannière « France » pour l’export. Il le faut. La preuve, ici à Paris, on le voit très bien. Les crémants sont encore déficitaires sur les cartes des vins. Il faut donc oser afficher la différence, notre différence », conclut Franck Vichet.
Une différence qui s’est exprimée tout au long de cette journée de communication au restaurant « Istr » situé dans le troisième arrondissement de Paris. Le rendez-vous offrait la possibilité de déguster l’ensemble des crémants médaillés d’or en mai dernier à Die lors du concours national et, en table « découverte », les huit AOC françaises en association avec une cuisine fine.