Réglementation

Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de la Lauch

La commission locale de l’eau valide le projet

Publié le 17/03/2017

La commission locale de l’eau (CLE) a validé mercredi 8 mars le projet du schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) du bassin de la Lauch dont l’objectif est de préserver la ressource en eau de la vallée de Guebwiller.

Installée en mai 2013, la commission travaille régulièrement sur l’élaboration du projet du Sage de la Lauch, qui a pour objectif de préserver la ressource en eau de la vallée de Guebwiller, exploitée pour l’alimentation en eau potable de 36 000 habitants et des activités industrielles et agroalimentaires. Pour le président de la commission Alain Grappe, « il s’agit là d’un excellent travail qui vient d’être fait depuis deux ans. Il y a eu des échanges de qualité avec l’ensemble des partenaires, notamment les agriculteurs. Nous avons un bon compromis entre les différentes composantes qui nous permet d’aboutir à des propositions équilibrées pour la gestion et la qualité de l’eau potable dans notre bassin-versant. Le suivi fait par l’ensemble des participants aboutira à un projet acceptable pour tous ». Il a encore évoqué la continuité du débit pour une bonne qualité des eaux, « avec des précipitations un peu plus nombreuses actuellement, et pratiquement pas d’eau de juin dernier à février ». Des zones humides Les enjeux du projet ont été commentés par les ingénieurs du département, Sylvain Cuenot, Georges Walter et Nicolas Kreis. « La préservation des zones humides est l’enjeu le plus complet et a nécessité beaucoup de travail », a précisé Sylvain Cuenot. Quant à Georges Walter, il a souligné « un travail remarquable sur les zones humides, une première en France. Le Sage souhaite inclure une remise en état du barrage de la Lauch dans sa configuration ancestrale ». Sa gestion qui relève actuellement du Conseil départemental du Haut-Rhin sera bientôt transférée vers l’Epage, le futur Établissement public d’aménagement et de gestion des eaux, suite aux lois NOTRe et GEMAPI. À l’unanimité, la commission a validé le projet. Alain Grappe envisage désormais « une approbation de notre Sage par le préfet fin 2017. Auparavant le projet sera soumis à consultation des assemblées, à l’avis du préfet sur l’évaluation environnementale du projet. La commission se réunira durant l’été prochain pour examiner les modifications éventuelles du projet, qui sera soumis à enquête publique à l’automne 2017, avant validation du Sage par la CLE ».

Caisse d’assurance accidents agricoles (CAAA) du Haut-Rhin

La sécurité fait partie du job

Publié le 05/03/2017

Si le nombre d’accidents liés à l’utilisation de machines et outils agricoles est en baisse, leur gravité augmente. C’est pourquoi la réduction des risques liés à l’utilisation des machines en mouvement sera le thème prioritaire de la campagne de prévention 2017 de la CAAA du Haut-Rhin. Mardi 7 février, elle présentait son plan d’actions lors d’une réunion d’information des délégués.

Les CAAA d’Alsace ont constaté en 2015 et 2016 une recrudescence des accidents liés aux machines en marche. Ce risque concerne tant les salariés que les non-salariés et ces accidents sont souvent assez graves puisqu’en 2016, onze d’entre eux ont engendré l’amputation d’un membre ou encore d’un ou plusieurs doigts. Ces drames sont évitables selon Jean-Michel Habig, président de la CAAA du Haut-Rhin. Car si la machine est au cœur du métier d’agriculteur une véritable alliée, elle peut aussi se transformer en ennemi. Un moment d’inattention, une petite négligence et le drame se produit, laissant parfois des séquelles pour la vie. Aussi, pour enrayer cette série, les Caisses du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ont engagé un plan d’actions. Et cette réunion constitue une étape supplémentaire dans ce travail de sensibilisation, car une meilleure connaissance des risques permet de les réduire. Sensibiliser les lycéens, lire plus efficacement le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), effectuer les chantiers à plusieurs, bien les préparer et les coordonner, arrêter les machines avant toute intervention sont, pêle-mêle, quelques-unes des actions qui permettraient de réduire les risques d’accidents liés aux machines en mouvement. D’autres pistes ont été évoquées par les différents intervenants invités à cette réunion (à lire en encadrés). Montant forfaitaire des aides réévalué Ces quatre dernières années, la Caisse a attribué plus de 408 634 € d’aides financières sur des actions précises ou des contrats de prévention. Bonne nouvelle, le montant forfaitaire de ces aides a été réévalué. Et un nouvel outil est désormais éligible à ces aides, à hauteur de 40 % de l’investissement : le lève-tête pour bovin. En 2017, la CAAA mettra l’accent sur certains outils, parmi les plus efficaces, comme les manchons de protection pour les prises de force, les gants pour l’utilisation de sécateur électrique, les filtres à air pour les cabines de tracteur, qui doivent être renouvelés tous les ans pour être efficaces. 52 interventions dans l’enseignement agricole En plus d’allouer des aides à l’investissement dans du matériel de sécurité, la CAAA mène aussi des actions de prévention sur le terrain. Anthony Metzger, conseiller en prévention, revient sur les actions menées en 2016 : session de formation au bûcheronnage, stands au salon Agriculture de demain, lors des confrontations européennes holstein et lors du concours départemental de labour. Les conseillers en prévention sont aussi intervenus dans les établissements scolaires, au gré de 52 interventions auprès d’un maximum de filières et sur des thématiques différentes. Les élèves de bac pro sont amenés à visiter une exploitation agricole et à en réaliser le DUERP, sur lequel ils sont notés. L’objectif est de les aider à faire le leur plus tard, sur leur propre exploitation. Un CHSCT pour les TPE et PME La CAAA a aussi participé aux réunions trimestrielles des Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) des entreprises agricoles de plus de 50 salariés. En outre, la CAAA est membre de la Commission paritaire d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CPHSCT), une nouvelle instance qui agit en faveur des TPE et des PME des secteurs de la production agricole qui n’ont ni délégués du personnel ni CHSCT. Les actions de prévention de la maladie de Lyme ont été reconduites, avec l’installation de quatre panneaux et l’organisation de trois conférences-débats. La mise en œuvre des Certiphyto se termine avec pas moins de 12 000 personnes formées en 3 ans. Et le site internet de la CAAA (www.3caaa.fr) apporte de nombreux outils : documents gratuits d’aide à la rédaction des DUERP, vidéos, cartographie des points de rencontre avec les secours en forêt… Six thèmes majeurs La CAAA est, avec la MSA, partie prenante du Plan santé sécurité au travail (PSST) 2016-2020 dont Anthony Metzger, conseiller en prévention, rappelle les six thèmes. les TMS : l’objectif de la CAAA est de toucher un maximum de personnes et de les sensibiliser à ce risque professionnel le risque psychosocial (RPS) : deux actions sont en cours avec la MSA, visant à inciter les agriculteurs à parler de leur travail et de son incidence sur leur vie le risque chimique : la CAAA va utiliser le logiciel Seirich, un outil d’évaluation du risque chimique en ligne le risque animal, avec deux principaux thèmes : la contention des bovins et les comportements avec les chevaux. la lutte contre la désinsertion professionnelle : suite à un accident, la reprise d’activité est parfois difficile. Il faut en être physiquement et psychologiquement capable, parfois il faut adapter le matériel, les installations, ce qui peut s’avérer coûteux. le risque machine : après de nombreuses déclarations d’accident en 2016, la tendance se poursuit en 2017. Objectif « zéro accident », plus que jamais une priorité 2016 s’est achevée avec des dépenses de prévention en hausse, près de 177 000 € ont été mobilisés. Parmi les actions prioritaires figurent la formation aux risques professionnels. 50 000 € ont ainsi été dépensés pour former les assurés aux risques de leur métier, mais aussi aux moyens de prévenir ces risques et aux attitudes à avoir en cas d’accident. Deuxième action clé, les aides financières à l’achat d’équipements de sécurité. Elles ont mobilisés plus de 82 000 € en 2016. Les aides à l’acquisition de dispositifs de contention, de sièges de tracteur avec ceinture, ainsi que d’équipements de protection individuelle (phytosanitaires & tronçonneuse) mobilisent toujours d’importants crédits.  Le Président Jean-Michel Habig évoque enfin la mise en œuvre de deux actions nouvelles, demandées par la profession. La première a pour objet la sécurisation des attelages agricoles empruntant les routes départementales, au travers de la commercialisation depuis le 1er juillet 2016, d’une bâche de pré-signalisation lumineuse à fixer à l’arrière des attelages. La seconde vise à proposer aux chefs d’exploitation, nombreux à faire du bois, une journée de sensibilisation à l’utilisation en sécurité de la tronçonneuse et à son entretien. La tronçonneuse étant la deuxième machine la plus impliquée dans les accidents suivis d’arrêts de travail, sa manipulation et son entretien nécessitent un vrai savoir-faire. C’est aux côtés des maîtres-bûcheron de l’Ecole de bûcheronnage de Saverne, que la CAAA convie les chefs d’exploitation du Haut-Rhin. (Informations auprès du service « Prévention » de la CAAA-68, tél : 03 89 45 68 22).

Publié le 06/02/2017

La loi travail ou loi El Khomri est entrée en application le 1er janvier 2017. Avec elle, les obligations concernant la santé en entreprise évoluent. C’est ce qu’a pu constater une vingtaine d’employeurs lors d’une matinée d’information organisée par l’échelon local de Colmar de la MSA.

L’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA) a sollicité la Mutualité sociale agricole pour faire le point sur les obligations des employeurs de 10 salariés ou moins en matière de santé au travail. « La première question de l’inspecteur du travail lors de sa visite en entreprise est la bonne tenue des visites médicales. Par ailleurs, les petites erreurs peuvent être lourdes de conséquences financièrement, notamment devant les prud’hommes », indique Simone Kieffer, de l’AVA, coutumière de cette institution judiciaire. Le Dr Pascale Herbrecht, médecin chef du travail à la MSA d’Alsace, confirme ce constat : « Les grandes entreprises bénéficient de conseil juridique. Pour les petites entreprises, ces conseils passent par l’expert-comptable et sont souvent succincts. » Une période transitoire Visiblement, le sujet intéresse les employeurs. De la petite entreprise familiale embauchant une ou deux personnes, des viticulteurs principalement, des maraîchers et un éleveur laitier, au domaine Schlumberger employant 56 collaborateurs, 15 saisonniers et 90 vendangeurs, représenté par son directeur général, Stéphane Chaise. « Nous sommes dans une période transitoire qui ne facilite pas les choses », conçoit Pascale Herbrecht. Si la loi travail a été adoptée et qu’un décret d’application existe pour le code du travail, ce n’est pas encore le cas pour le code rural et de la pêche maritime. « Nous avons cependant des pistes », rassure-t-elle. Après un recrutement, la visite d’embauche devait être réalisée pour les contrats de plus de 45 jours. Dans la loi travail, elle devient une visite d’information et de prévention. Elle doit avoir lieu dans les trois mois qui suivent la prise de poste. « Cette visite devrait-elle s’appliquer au CDD ? Au contrat de plus de 45 jours ?, s’interroge le Dr Pascale Herbrecht. L’état du droit ne nous permet pas de le savoir. Pour le moment, on continue les visites d’embauche. D’ici deux à trois mois, le décret d’application devrait éclaircir la situation. » Ensuite, la visite d’information et de prévention sera organisée par le médecin du travail, au moins tous les cinq ans. Pour le Titre emploi simplifié agricole (Tesa), la visite d’embauche n’était pas obligatoire jusque-là et ne devrait pas le devenir. Pour autant, il est possible de demander une visite de l’ensemble de saisonniers à la MSA. Postes à risques : un examen d’aptitude Ce qui était appelé auparavant « surveillance médicale renforcée » (pour les femmes enceintes ou allaitantes, les mineurs et travailleurs handicapés, mais aussi les salariés concernés par un poste aux contraintes physiques marquées), devient « suivi individuel renforcé ». « Pour le régime général, les postes à risques particuliers visent surtout le bâtiment et les travaux publics - secteur le plus accidentogène (amiante, plomb, chute de hauteur lors du montage ou démontage d’échafaudage) -, énumère le médecin. La liste des postes à risques peut être complétée par l’employeur. Dans ce cas, l’examen médical d’aptitude aura lieu préalablement à l’affectation au poste et sera accompagné de la délivrance d’un avis d’aptitude ou d’inaptitude. Ensuite, cette visite s’effectuera tous les quatre ans au maximum, avec une visite intermédiaire tous les deux ans. » Les modalités concrètes pour l’agriculture devraient être précisées par le décret. « En tant qu’employeur, on est démuni » En ce qui concerne les visites médicales faisant suite à un arrêt maladie, la nouvelle loi n’apporte pas de changement substantiel. En cas d’arrêt de plus de trois mois, l’examen de pré-reprise est demandé par le médecin traitant, le médecin-conseil ou le salarié, et non l’employeur. L’examen de reprise reste obligatoire. Il s’applique après un congé maternité, une maladie professionnelle, un accident du travail, une maladie ou un accident non professionnel de plus de trente jours. Il doit être demandé par l’employeur et réalisé dans un délai de huit jours après la reprise. Ceci n’a pas changé. Enfin, la visite « à la demande » peut être sollicitée par l’employeur, le travailleur ou le médecin du travail à n’importe quel moment. Jusqu’à présent, l’employeur devait motiver sa demande par écrit. Pierre Gassmann, du domaine Rolly Gassmann à Rorschwihr, emploie une douzaine de salariés permanents : « En tant qu’employeur, on est démuni, parce qu’on ne connaît pas la date de reprise du salarié et cela pose des problèmes avec le salarié recruté en remplacement ». Pascale Herbrecht confirme que cette incertitude est problématique, « le médecin du travail, et souvent le salarié, n’en savent pas davantage, car l’arrêt maladie est renouvelé tous les mois, si nécessaire ». Les indemnités journalières prennent fin au bout de trois ans « Comment vérifiez-vous l’identité de la personne lors de ces visites ? », réagit Olivier Humbrecht du domaine Zind-Humbrecht à Turckheim. « On ne vérifie pas l’identité dans le cadre de la santé au travail, car nous ne demandons pas la carte Vitale et la personne ne paie rien », répond Pascale Herbrecht. L’employeur est sans nouvelle d’un salarié depuis bientôt trois ans. Elle lui conseille de s’adresser au contrôle médical, un des services de la MSA. Lors d’un arrêt maladie prolongé, les indemnités journalières prennent fin au bout de trois ans. Passé ce délai, ou lorsque le salarié ne peut pas reprendre le travail, différentes décisions peuvent être prises. En Alsace-Moselle, les maladies et accidents du travail sont gérés par la Caisse d’assurance-accidents agricole (CAAA). L’incapacité est donc décidée par le médecin-conseil de la CAAA qui détermine un taux d’incapacité permanente partielle. La maladie professionnelle est imputée au dernier employeur. Elle se distingue de l’invalidité qui est une pathologie non professionnelle et qui selon la catégorie ouvre des droits à indemnités. Reclassement du salarié inapte L’inaptitude est déterminée par le médecin du travail. Elle peut être professionnelle ou non. La procédure consiste en une seule visite obligatoire. Cette déclaration concerne le poste occupé par le salarié. Auparavant, la loi obligeait l’employeur à reclasser ce salarié sur un autre poste plus adapté. Désormais, le reclassement du salarié inapte pourra être dispensé par le médecin du travail, si l’état de santé du salarié l’exige. L’impossibilité de reclassement devra tout de même être notifiée par écrit au salarié. Et dans le cas contraire, pour les entreprises de onze salariés et plus, si le reclassement s’impose, les délégués du personnel doivent être consultés. Le médecin du travail peut aussi proposer un temps partiel thérapeutique. Celui-ci peut être refusé dans n’importe quel cas. « Soit le salarié est arrêté jusqu’à ce qu’il puisse revenir à temps plein, soit il revient à temps plein, mais son poste est adapté sur les conseils du médecin du travail. » Enfin, les recours contre l’avis du médecin du travail vont changer. Le recours devra être fait dans les 15 jours auprès du conseil des prud’hommes qui désignera un médecin expert.

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