Viticulture

Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace

Capsules : simplifier les démarches administratives

Publié le 07/09/2018

La suppression du caractère obligatoire de la capsule représentative de droits (CRD) à partir du 1er juin 2019 a été annoncée en juin dernier. Le Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace souhaite que cette simplification administrative se poursuive pour les entreprises avec la suppression des documents de transport sur le territoire national.

Le dossier est important pour les adhérents du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira), car ce dernier a un statut de délégation de service public. Il a en effet un rôle de répartiteur pour les capsules représentatives de droits (CRD). Reconnu comme organisme capable de répartir et de tracer ces capsules, il joue l’intermédiaire entre les fabricants et les impôts. Une activité qu’il exerce depuis sa création. « C’est une prérogative des syndicats professionnels. Nous en faisons plus de 10 millions chaque année. Nos capsules portent toutes le même numéro d’enregistrement (R 02). Venir chez nous évite les démarches administratives à nos adhérents. Par ailleurs, ils peuvent les acheter en lot. Souvent, ce sont des lots de deux ou trois cartons. Pour les vignerons c’est pratique, car ils les cherchent au détail. C’est un service personnalisé. Nos capsules sont standards, noires ou dorées », explique Alain Renou, directeur du Synvira. « Nous traçons déjà les ventes de vin » Le 12 juin dernier, le Synvira a donc pris acte de l’arrêté annonçant la suppression du caractère obligatoire de la capsule représentative de droits à partir du 1er juin 2019. Depuis 1992, un règlement européen stipule que pour commercialiser du vin, en dessous d’un certain volume, il faut posséder un document d’accompagnement pour pouvoir vendre du vin en France. Et le code général des impôts stipule que les produits soumis à accises mis à la consommation peuvent circuler soit sous couvert d’une marque fiscale, comme la capsule représentative de droits, soit sous couvert d’un document simplifié d’accompagnement. « Or, il apparaît que la possibilité d’utiliser un document simplifié d’accompagnement n’est pas une simplification pour les opérateurs. Nous attendons donc une clarification des Douanes précisant ce qui est exactement nécessaire dans ce document d’accompagnement. Cette clarification a été demandée à l’État et aux Douanes lors du conseil national des Vignerons Indépendants de France en juillet dernier. Quoi qu’il en soit, nous demandons la suppression de ce document et de la simplification. Nous traçons déjà les ventes de vin », ajoute Alain Renou. Une réponse de l’État et des Douanes est officiellement attendue dans les semaines à venir.

Publié le 07/09/2018

À la cave vinicole de Turckheim, les vendanges consacrées au crémant se sont poursuivies jusqu’à ce jeudi 6 septembre. Une récolte de qualité qui représente un quart de la production de l’entreprise. Cette dernière va maintenant se pencher, sans se précipiter, sur l’AOC.

Les vendanges ont démarré lundi 27 août, avec le crémant, qui représente un quart de la production totale de la cave de Turckheim, soit environ 6 000 à 7 000 hectolitres. Et 85 hectares cette année, dont 55 ha pour le pinot blanc auxerrois, 17 ha pour le pinot gris, 10 ha pour le pinot noir, et 3 ha pour le chardonnay. La première semaine, les vignerons coopérateurs ont été accueillis pendant quatre jours, du lundi au jeudi. Une organisation qui s’est renouvelée lors de la deuxième semaine, du 3 au 6 septembre. « Cela se déroule bien. Les raisins sont sains avec une acidité un peu basse et des pH qui se situent à 3,1 - 3,2. Les jus sont biens, propres, droits. Le volume est là. Les quatre premiers jours, nous avons reçu les raisins des terroirs de Turckheim, la deuxième semaine, ceux de la vallée, les vignobles situés à Zimmerbach, Wahlbach ou encore Wihr-au-Val notamment. On remarque une différence. La vallée a eu davantage d’eau que le ban de Turckheim qui souffre de la sécheresse », explique Michel Lihrmann, œnologue à la cave vinicole de Turckheim depuis 1982 et directeur technique depuis 1988. Il constate que l’avancée des dates de vendanges est une réalité. En 1980, alors qu’il effectuait son stage d’œnologie à la cave, les vendanges avaient débuté le 23 octobre et s’étaient poursuivies pendant dix jours. La première fois que la récolte avait été aussi précoce, c’était en 2003. « Cette année, c’est cependant plus compliqué qu’il y a quinze ans. Il fait plus chaud et encore plus sec. Et trouver du personnel intérimaire, pour conforter l’équipe de la cave, est difficile à cette période de l’année », ajoute Michel Lihrmann. 85 hectares pour le crémant La plateforme de déchargement de la cave de Turckheim a été inaugurée en 2010 : elle est grande, pratique et permet de faire le tour sans crainte d’accident ou autre difficulté. « Depuis ce poste d’opération, nous mesurons les degrés et analysons les raisins en les traçant. L’avantage d’avoir le vendangeoir ici sur les hauteurs, c’est qu’il ne dérange personne. Il n’y a pas de bruit. Les voisins ne sont pas gênés par tous ces mouvements. Tout est sécurisé. À la sortie de la plateforme, les viticulteurs nettoient leur matériel et repartent. C’est fonctionnel et facile pour tout le monde », se félicite Michel Lihrmann. Après avoir été analysés et déchargés, les raisins sont dirigés vers le pressoir grâce à un système qui évite le tassement. La cave de Turckheim possède 10 pressoirs d’une capacité d’environ 9 800 kg. Jeudi 30 août, les pinots gris rentrés affichaient 10,5 degrés, lundi 3 septembre ils étaient à 12°. « Les raisins sont répartis pour moitié à l’avant du pressoir, pour l’autre moitié à l’arrière. Les jus vont ensuite directement en cuves. Leur température à l’arrivée est de 18 °C. Nous allons la descendre à 14 °C pour les stimuler. Nous allons un peu sulfiter et effectuer un débourbage statique. Ce travail nécessite trois personnes au vendangeoir, une à la réception, deux à la cuverie et deux pour encadrer. Nous travaillons par équipe de deux pour chaque poste », précise Michel Lihrmann. Ne pas se précipiter Le vendangeoir ouvre le matin à 9 h. Et le dernier délai pour être accueilli le soir est 19 h sur la plateforme de déchargement. « Jusqu’à présent, la plus grosse journée a été la première, le 27 août. Nous avons terminé à 21 h. Nous avons réceptionné 200 tonnes de raisins. En 2003, c’était la même effervescence », se souvient le directeur technique. Avec ses équipes, il va maintenant se concentrer sur la récolte de l’AOC, qui devrait débuter à partir du lundi 10 septembre. « Et encore, nous ne savons pas si nous allons nous précipiter. Nous établissons le planning pour la semaine suivante chaque mercredi soir. Nous allons certainement commencer doucement avec les pinots blancs, gris et noirs. Si la météo ne change pas et s’il n’y a pas un soudain déluge comme en 2006, nous allons demander à tout le monde d’être patient. L’état sanitaire est bon, le volume est là. Mais, pas encore la maturité », conclut Michel Lihrmann qui pense que ces vendanges 2018 vont s’étaler, au minimum, jusqu’au milieu du mois d’octobre.

Maturités du millésime 2018

La ligne 2003 mais plus d’acidité

Publié le 30/08/2018

Précoce, plutôt sain, le millésime 2018 affiche des données de maturité en sucre similaire à 2003, avec cependant des données physiologiques différentes : une charge en raisins parfois abondante avec une première partie du cycle végétatif bien arrosée. Sauf accident hydrique, l’acidité et la fraîcheur sont pour l’heure au rendez-vous.

Les données techniques interprofessionnelles en ligne permettent de comparer les maturités des millésimes. Elles recueillent les analyses de 150 parcelles, ce qui donne une tendance globale pour chaque cépage, qu’il est possible de décliner plus localement à l’échelle des communes, avec le « réseau maturité partenaires ». 2003 avait été le millésime de la plus importante canicule connue depuis que les données météorologiques sont enregistrées. Une canicule en août qui faisait suite à un printemps extrêmement sec. Inversement, 2018 se singularise par un printemps bien arrosé, mais avec des épisodes pluvieux de plus en plus denses spatialement et temporellement. Et en conséquence, des secteurs soumis à une sécheresse intense. L’écart-type des maturités par cépage selon les communes et les terroirs par rapport à la moyenne régionale est donc de plus en plus important. Comme en témoignent cette année, les données de maturité du réseau des partenaires interprofessionnels, en ligne sur le site technique du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa). Prenons l’exemple du pinot gris le 23 août : 9,6° (d’alcool potentiel au 20 août) à Châtenois, 12,2° à Sigolsheim, et 11,25° à Wolxheim, 11,63° à Bergbieten, 12,13° à Pfaffenheim et 12,31° à Eguisheim, soit presque 3° d’alcool potentiel d’écart. Si, à une époque, les avancées de maturité pouvaient être corrélées à la latitude avec globalement le sud du vignoble en avance sur le nord, il n’en est rien cette année : les facteurs stress hydrique, charge en raisins et agronomie ont fait leur œuvre. Les secteurs plus arides apparaissent plus en retard : 7,58° pour du riesling à Châtenois, 7,92° à Colmar, 9,66° à Hattstatt, 7,86° à Dambach-la-Ville, 10,19° à Mittelbergheim, 10,07° à Ammerschwihr et 10,8° à Wintzenheim, 7,58° sur une parcelle à Scherwiller et 9,26° sur une autre à Bergheim. Soit 3° d’écart. Plus homogènes, les pinots noirs s’affichent entre 10,3° et 11,7° et les pinots blancs entre 9° et 10,2°. Côté anthocyanes et polyphénols totaux du pinot noir, les données ne permettent pas de remonter à 2003. Mais il y a moins de couleur qu’en 2015, les teneurs sont équivalentes à 2017 et légèrement supérieures à 2016. Qu’en est-il du gewurztraminer ? 11,4° à Guebwiller, 11,1° à Heiligenstein, 11,6° à Rosheim, 12,03° à Dambach-la-Ville, 10,2° à Eguisheim, 12,7° à Molsheim, 9,8° à Wintzenheim. Là aussi, près de 3° d’écart. L’acidité est la clé de la fraîcheur du millésime et de la qualité sanitaire des fermentations. Les courbes de combustion et dilution des acides à mesure que la maturité avance, indiquent que les gewurztraminers pourraient présenter un peu plus d’acidité qu’en 2003. Quant aux rieslings et sylvaners, ils sont clairement mieux lotis en acides tartrique et malique que ceux de 2003 avec 1 g/l de plus (en équivalent sulfurique). Les pinots blancs en revanche sont sur la même ligne que 2003, de même que les pinots noirs. La bonne nouvelle vient du rapport tartrique/malique qui, à ce stade, se situe autour de 20-25 % de malique et 75-80 % de tartrique. Ce qui signifie que l’acidité va bien résister à l’avancée de la maturité. Mais ce qui signifie aussi que la vigne n’aura pas beaucoup de réserve énergétique pour accumuler les sucres. L’une des voies d’accumulation en cas de stress hydrique est le flétrissement, qui présente l’inconvénient de concentrer autant les sucres que les substances immatures, dont la présence gustative est renforcée par les sulfites.

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