Association des communes forestières d’Alsace
Pas de coupes supplémentaires sans équilibre sylvo-cynégétique
Association des communes forestières d’Alsace
Publié le 20/07/2017
L’association des communes forestières d’Alsace maintient provisoirement sa structure, tout en travaillant avec les autres associations du Grand Est pour répondre d’une seule voix au programme national de la forêt et du bois 2016-2020 qui enjoint à la grande région de mobiliser 2,7 millions de m3 de bois supplémentaire.
Avec 3 000 ha et 14 000 m3 de récolte par an, Sainte-Marie-aux-Mines dispose de l’une des plus grandes forêts communales d’Alsace. L’association des communes forestières d’Alsace a donc choisi cette ville pour tenir son assemblée générale. Elle rassemble 303 adhérentes sur les 650 communes concernées, soit 75 % de la forêt communale alsacienne. « Notre ambition est de gérer durablement la forêt. Pour cela, un dialogue est nécessaire entre la population, les habitants de nos communes périurbaines qui ont tellement changé - ils comprennent de moins en moins les choses de la forêt - et les acteurs de la filière. Notre fierté est d’être en charge de ce dialogue. Les Alsaciens aiment la forêt, ils comptent sur nous pour bien la gérer », annonce Pierre Grandadam, président de l’association. Rémunération horaire des bûcherons communaux En 2016, le grand défi pour les communes forestières a été le passage obligatoire de la rémunération au rendement à la rémunération horaire des bûcherons communaux. Émile Fluck, vice-président de l’association pour le Bas-Rhin et maire de Colroy-la-Roche, rappelle qu’une trentaine de réunions ont été nécessaires. « On ne constate pas de baisse de régime, mais un travail plus soigné et plus rationnel. Les bûcherons ne sont pas mécontents, ils attendent la fin de l’année pour savoir comment cette mesure impacte leur rémunération », rapporte-t-il. Si le changement est pour le moment bien accepté par les bûcherons, il l’est moins par les communes. « Avoir des bûcherons formés est une richesse, soutient Pierre Grandadam, cela permet de valoriser les emplois et les ressources locales. En faisant appel à des entreprises privées, l’appel d’offres sera nécessaire et il mettra en concurrence des entreprises européennes. » Un sujet épineux se profile, la réalisation du programme national de la forêt et du bois 2016-2020. Sacha Jung, délégué général de Fibois, la Fédération interprofessionnelle Forêt-Bois Alsace, expose que ce programme « prévoit deux ans pour fixer les priorités de la filière. Or l’État ne prévoit pas d’envelopper pour son financement. Il fixe des objectifs à chaque région. Pour le Grand Est, 2,7 millions de m3 de bois supplémentaire à prélever. Au niveau national, c’est l’exigence la plus forte. La filière dit « non » à une mobilisation supplémentaire de bois tant que l’État ne prend pas d’engagement sur la question de l’équilibre sylvo-cynégétique. » « Le constat est reconnu et partagé : la forêt se dégrade, note Pierre Grandadam. Pourtant, elle devrait respecter le principe de multifonctionnalité : la production, l’accueil du public et la protection du milieu. Dans certains endroits, ce principe ne fonctionne plus. Nous exigeons une réponse de l’État à cette question : est-ce que le mode de gestion actuel permet une gestion durable pour une forêt de qualité, pour le bonheur des gens et des produits pour les entreprises ? » Un courrier signé par 18 organisations a été envoyé au préfet sur cette question de l’équilibre de la faune et de la flore. « Les chasseurs ne peuvent pas porter toute la responsabilité » Gérard Lang, président de la Fédération départementale des chasseurs du Bas-Rhin, indique : « Nous sommes en train d’élaborer un nouveau schéma départemental et nous souhaitons rencontrer la forêt communale à ce sujet. L’équilibre sylvo-cynégétique est par nature instable. Et depuis 1999, on s’est planté, tous ensemble. Les chasseurs ne peuvent pas porter toute la responsabilité. On est en train de réduire la population de cervidés un peu partout avec l’accord des chasseurs. Or, le plan de chasse qualitatif est nécessaire à la pyramide des âges. Le cerf fait partie du patrimoine alsacien. » Pierre Grandadam se félicite de cette volonté de dialogue et assure que « l’on trouvera des solutions intelligentes pour pouvoir transmettre une forêt gérée durablement ». En tant que président de la Fédération nationale du bois, Philippe Siat met cette question en perspective avec le réchauffement climatique. « La forêt a un rôle de stockage du dioxyde de carbone. En prélevant plus, on diminue ce stock. Nous devons planter des essences améliorées et résistantes au réchauffement. Nous ne devons pas rester sur cette querelle de l’équilibre entre la faune et la flore ». Le mot de la fin est laissé à Jean-Pierre Marchand, responsable du pôle nature, chasse, forêt à la Direction départementale des territoires (DDT) du Haut-Rhin : « Notre objectif est de revenir à un équilibre au plus tard d’ici les prochaines adjudications des lots de chasse, dans cinq ans. La réussite de cet équilibre dépendra de tous les acteurs. »












