Vie professionnelle

Développement forestier

Forestiers d’Alsace dans la tempête

Publié le 08/06/2017

Privée de subventions, Forestiers d’Alsace a dû licencier ses quatre techniciens, ce qui remet en cause de nombreuses actions de développement forestier. La fédération réclame le retour en Alsace de la taxe additionnelle sur le foncier non bâti.

Cette année, Forestiers d’Alsace aurait dû fêter 50 ans de développement forestier. Pourtant, le cœur n’est pas à la fête. La fédération, née en 2015 de la fusion de Bois et Forêts 67 et de Forêts Services 68, a dû licencier ses quatre techniciens suite à une baisse importante de ses financements, a confirmé Jean-Marie Batot, son président, à l’assemblée générale de la fédération, le 13 mai dernier à Steige. En avril 2016 déjà, Jean-Marie Batot avait tiré la sonnette d’alarme, estimant que les annonces sur la gestion future du Fonds stratégique de la forêt et du bois et la réorganisation territoriale menaçaient « l’équipe de techniciens compétents et dévoués » qui œuvrent au service du développement forestier en Alsace. Vote d’une résolution, lettre d’information aux élus, interpellation des représentants de l’État et du Conseil régional, adoption d’une motion diffusée aux parlementaires alsaciens, courrier au ministre de l’Agriculture… Les démarches entreprises n’ont pas eu l’effet escompté. 800 jours d’activité perdus La réforme territoriale a privé Forestiers d’Alsace des subventions versées jusqu’alors par la Région Alsace et par les deux Départements alsaciens - respectivement 147 000 € et près de 60 000 € en 2016. Face à cette situation, « les membres du bureau n’ont pas eu d’autres solutions que de cesser les activités subventionnées et de procéder à contrecœur au licenciement économique ». Si les quatre salariés concernés ont pu retrouver un emploi dans le secteur forestier, les conséquences de leur départ vont se faire sentir durablement : « Nous avons perdu annuellement plus de 800 jours d’activité de conseil et de services suite au départ forcé de techniciens cumulant plus de 80 années d’expérience, déplore Jean-Marie Batot. Nous découvrons progressivement l’impact irrémédiable dans les domaines de l’amélioration foncière et des visites-conseil ». Dans ce contexte, une réorganisation s’impose. Celle-ci devra se faire « en cohérence avec les impératifs du service forêt de la Chambre d’agriculture et du Centre régional de la propriété forestière, à présent installé à l’échelle du Grand Est », estime le président de Forestiers d’Alsace, soulagé malgré tout que les quatre conseillers forestiers de la Chambre d’agriculture aient été maintenus. « Une mutualisation inacceptable » Reste qu’une menace plane toujours sur le développement forestier en Alsace : la création d’un service « Valorisation du bois et du territoire » au sein des Chambres d’agriculture, confirmée par un décret daté du 3 mai dernier, va entraîner la remontée des contributions des forestiers alsaciens (les « centimes forestiers ») dans un fonds national dit « de solidarité et de péréquation ». Ces contributions, collectées par le biais de la taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti (TATFNB), sont actuellement conservées par la Chambre d’agriculture. Pour Jean-Marie Batot, une mutualisation, « qu’elle soit nationale ou régionale est tout simplement inacceptable au regard des différences invraisemblables de contribution ». En Alsace, la fiscalité foncière par hectare de forêt est la plus élevée de France : elle est neuf fois plus élevée que la moyenne nationale, et 20 fois plus qu’en Champagne-Ardenne, selon Forestiers d’Alsace. En vertu de cette situation, l’assemblée générale de la fédération adopte une résolution demandant « l’affectation au territoire alsacien à partir de 2018 de la totalité de la part de la TATFNB versée par la Chambre d’agriculture d’Alsace au Fonds stratégique forêt-bois (297 056 € en 2017) pour la mise en œuvre d’actions locales dans le cadre du Programme régional forêt-bois. » Cette demande est légitime et soutenue par la Chambre d’agriculture Alsace, précise André Jacob, son directeur, regrettant que la stratégie nationale ne prenne pas en compte la réalité territoriale. « En Alsace, il y a toujours eu une politique partagée entre tous les acteurs de la forêt : le CRPF, la Chambre d’agriculture, les communes forestières, l’interprofession… On s’en félicite. Notre volonté, c’est que l’agriculture et la forêt continuent à travailler ensemble. » La Chambre d’agriculture étudie par ailleurs la possibilité d’un recours juridique contre ce décret, qui concerne aussi d’autres régions, comme la Savoie. La chalarose menace Antoine Herth, député, considère que la résolution adoptée par Forestiers d’Alsace constitue « une première étape qui permet de poser le débat et participe à construire un rapport de force ». Il fait état d’une autre catastrophe, sanitaire celle-là : les dégâts liés à la chalarose du frêne, qu’il a pu observer récemment en forêt de Sélestat, mais qui touchent de nombreuses forêts du Grand Est. La Région est alertée sur le sujet. Puisqu’elle est en train de remettre à plat l’ensemble de ses politiques, il serait bon que les forestiers y fassent inclure un volet chalarose afin de récolter au plus vite les frênes atteints et de substituer à cette essence d’autres moins sensibles, recommande le député.

EPA (entreprendre pour apprendre) Grand Est

De plus en plus créatifs !

Publié le 04/06/2017

80 équipes de l’académie de Strasbourg ont tenté de décrocher le titre de lauréat de la 9e édition du championnat d’Alsace des mini entreprises-EPA du Grand Est.

C’est dans l’une des plus prestigieuses institutions européennes de Strasbourg, le conseil de l’Europe, que plus d’un millier de collégiens et lycéens se sont lancés dans l’aventure du championnat régional des mini-entreprises-EPA Grand Est le 11 mai dernier. L’association, présidée par Georges Waltz, depuis la fusion des régions, rassemble dans ce championnat les trois académies du Grand Est : Strasbourg, Nancy et Reims. Aux côtés de l’académie de Strasbourg, une cinquantaine de parrains soutiennent ce championnat : des collectivités, des partenaires économiques, le Crédit Mutuel, la Chambre des métiers et la CCI, le MEDEF… Des entrepreneurs super-motivés ! Alors qu’en 2008, seulement cinq mini-entreprises étaient en lice, il y avait 80 équipes dans l’académie de Strasbourg pour cette 9e édition, et 150 équipes pour le Grand Est, soit plus de 2 500 mini-entrepreneurs. Montage des stands, mise en scène des produits, c’était le dernier round de cette aventure collective menée par ces collégiens et lycéens tout au long de l’année. Pour réussir à monter leur mini-entreprise et la faire fonctionner, ils ont été épaulés par plus d’une centaine de professeurs, un travail de longue haleine. Leurs entreprises sont dotées d’un statut unique virtuel de SA, avec un PDG, et une équipe, sur le principe un homme, une voix. Ces entrepreneurs en herbe ont été motivés jusqu’au bout pour présenter et défendre leur projet devant le jury, de l’idée à la réalisation du produit. Flyers, dégustations, déguisements, ils ont rivalisé d’arguments, pour convaincre les professionnels de l’entreprise et de l’éducation. De l’environnement à l’agroalimentaire, des objets du quotidien, en passant par la solidarité, ces élèves de 27 collèges, de 18 lycées, 18 post-bac et de 5 Initiative Emploi, ont fait preuve d’ingéniosité, de créativité et de volonté pour réussir. Women & Co, Bretzel Brains, Jamais l’un sans l’autre Le président du jury, très impressionné par le foisonnement d’idées, avoue « quelques coups de cœur, bien difficile à départager ». Néanmoins, après délibérations, le jury a proclamé les résultats en présence de l’ensemble des participants, des professeurs et des parrains. 26 prix ont été décernés. Celui du développement durable a été gagné par le collège de Strasbourg Imagine ta pastille et par le lycée Kleber à Strasbourg pour Ecodile. Le prix du meilleur projet haut-rhinois a été gagné par le collège Jules Verne d’Illzach pour Light Street Art et pour le Bas Rhin, le collège Charles de Gaulle de Seltz l’a remporté, avec Frigidate, un système ingénieux de marqueur de date d’ouverture des produits. Le prix coup de cœur du jury a été décerné au lycée Camille Schneider de Molsheim pour Jou’li’Lol et au CNAM (centre national des arts et métiers) de Strasbourg pour Made in Grand Est. Les jeunes ont décerné leur prix coup de cœur à deux établissements strasbourgeois, le collège Saint-Étienne pour Straswiew et le lycée Louis Pasteur pour SeQRité. Le premier prix représentant l’académie de Strasbourg et l’EPA au concours national a été décerné au collège du Landsberg de Rosheim pour Women & Co, un tee-shirt humoristique et féministe sur l’évolution de la condition de la femme et contre les inégalités existant encore entre les hommes et les femmes. C’est le lycée Blaise Pascal de Colmar qui remporte le premier prix, décerné par la région Grand Est avec Bretzel Brains, une série de sacs de sport et de ville originaux, élaborés à base de bâche de camions. Dans la catégorie Initiative emploi, la Mission locale de Saverne décroche le titre de lauréat avec Jamais l’un sans l’autre, un ingénieux produit qui permet de ne pas perdre les chaussettes dans la machine à laver. Pour la catégorie Post bac, Up’ngo de l’EM (école de management) de Strasbourg rafle le prix. Ces quatre équipes, sacrées championnes régionales, ont le privilège de représenter l’Alsace au concours national à Paris, les 1er et 2 juin à la Cité des sciences et de l’industrie.  

Concours « Jeunes talents et produits de qualité »

Déclinaisons de poulet fermier d’Alsace

Publié le 03/06/2017

Vingt-huit élèves alsaciens de troisième année en hôtellerie et restauration se sont affrontés le 9 mai au lycée Storck de Guebwiller. Pour cette 11e édition du concours « Jeunes talents et produits de qualité » organisée par Alsace Qualité, la matière première commune à tous les plats était le poulet fermier d’Alsace Label Rouge IGP.

Le concours « Jeunes talents et produits de qualité » vise à « faire connaître les labels de qualité et l’importance de la matière première aux professionnels de demain », selon Bénédicte Baur, directrice d’Alsace Qualité. « C’est un concours en équipe, comme ce sera le cas dans leur vie professionnelle ». En effet, cette édition a pour particularité de juger aussi bien les métiers de salle que ceux de cuisine. Les sept équipes concurrentes sont composées chacune d’un maître d’hôtel et de son commis, d’un chef et de son commis. Une singularité soulignée par le président du jury, Laurent Arbeit un macaron Michelin à l’Auberge Saint Laurent à Sierentz. Il s’est dit « heureux de participer à ce concours avec des personnes qui, comme lui, défendent les produits du terroir ». Accord mets et vin « Les concurrents doivent respecter le produit et le timing », annonce Bénédicte Baur. Les élèves ont deux heures pour élaborer une entrée et un plat et les accorder avec un vin. Cette dernière étape a été particulièrement contrôlée par Thierry Fritsch du Civa et Vicky Chan Fook Tin de l’Ava. « Le niveau des concurrents augmente d’année en année, constate Ginette Kirchmeyer, inspectrice de l’académie de Strasbourg, ils ont une bonne maîtrise des techniques de base avec, en plus, de la créativité ». Dans le cadre du partenariat entre Alsace Qualité et l’académie, elle participe au jury depuis 2008. Pour Michel Arnold, proviseur du lycée Joseph Storck de Guebwiller, « c’est un concours de grande qualité. Pour les futurs professionnels de demain, il n’y a rien de mieux ». Le lycée des métiers Charles Pointet de Thann a remporté le prix de la meilleure entrée grâce à un œuf parfait, duo d’asperges d’Alsace et espuma au raifort. L’équipe du CEFPPA Adrien Zeller d’Illkirch Graffenstaden est la grande gagnante, car elle décroche le prix du meilleur plat, le meilleur binôme cuisine, le meilleur binôme salle et le prix de la meilleure équipe. Les deux équipes du lycée hôtelier Alexandre Dumas et celles du lycée Joseph Storck de Guebwiller repartent bredouille. Dans tous les cas, la participation à ce concours est « joli point dans le parcours des participants » et un « levier pour se préparer au diplôme », souligne l’inspectrice. « Dès l’année prochaine, il faudra envisager l’avenir du concours dans le cadre du Grand Est », conclut Ginette Kirchmeyer.

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