Vie professionnelle

FDSEA du Haut-Rhin - section des anciens

« Il faut garantir des retraites décentes »

Publié le 08/04/2017

Lors de leur dernière assemblée générale, les anciens exploitants agricoles du Haut-Rhin ont rappelé leurs revendications.

Le président de section des anciens de la FDSEA du Haut Rhin, Jean-Paul Schneider, a rappelé d’entrée avec regret qu'« il n’y a pas eu de revalorisation des retraites depuis 2013, sauf en 2016 avec un relèvement de 0,1 %, alors que les prélèvements ont été plus élevés. Ça devient insupportable. Nous restons parmi les retraités avec les pensions les plus faibles de France, alors que nous avons autant travaillé, sinon plus que d’autres ». Il espère que l’avenir sera meilleur : « En 2017-2018, ceux qui ont cotisé à taux plein pendant 42 années au moins devraient toucher 75 % du SMIC de niveau de retraite, selon l’engagement qu’avait pris le Président de la République en début de mandat ». Jean-Paul Schneider s’est dit solidaire de la revendication de la SNAE de revaloriser ce niveau à 85 % du SMIC. Reste une ombre au tableau « la réforme promise sera financée par les actifs, ce qui est anormal. Si l’on veut de vraies retraites agricoles, il faut que les responsables s’interrogent aujourd’hui sur leur financement ». « 29 % des retraités agricoles sont veufs ou veuves » Les autres revendications ont été confirmées les 7 et 8 mars par le congrès national des anciens exploitants agricoles, comme le mentionne, Jean-Paul Obrecht, vice-président de la section des anciens des anciens de la FDSEA du Haut-Rhin. Il s’agit d’un calcul des retraites sur les 25 meilleures années comme pour les autres régimes et non pas sur les 25 dernières, la remise en place de la bonification par enfant à partir du troisième enfant et le rétablissement de la demi-part fiscale supplémentaire pour les veuves, veufs et les invalides. « 29 % des retraités agricoles sont veufs ou veuves », rappelle Jean-Paul Schneider. Lors du congrès national, plusieurs départements se sont plaints de leur relation avec leur MSA, rapporte le vice président. « Nous avons de bons rapports avec la MSA, avec une rencontre annuelle pour trouver des solutions. Mais il y a un problème que nous n’avons pas encore résolu : la MSA envoie de moins en moins de décomptes des prestations et de détails des modes de calcul des retraites. Nous avons souhaité organiser des sessions de formation à l’informatique pour que les aînés puissent prendre connaissance de la manière dont sont calculées les prestations. Nous n’avons pas eu de succès chez nous, car nous n’avions que deux inscrits, alors que dans le Bas-Rhin, ils ont dû refuser du monde et ces formations perdurent. Nous allons tout de même renouveler l’expérience ». En moyenne, 831 euros par mois Jean-Paul Obrecht porte également à la connaissance des adhérents des sujets portés conjointement avec la FNSEA pour les élections présidentielles : « Le montant moyen de la retraite des chefs d’exploitation - qui justifient d’une carrière complète en agriculture - s’élève avec la retraite complémentaire obligatoire à 831 euros par mois. Il est grand temps d’engager une réforme structurelle pour garantir des retraites décentes ». Les autres thèmes mis en avant sont l’égalité des chances pour la ruralité, la défense la terre et la lutte contre le sentiment d’abandon. « 82 000 ha de productions agricoles sont susceptibles de disparaître chaque année par an, dont 500 ha dans le Haut-Rhin ». Les adhérents ont ensuite élu de nouveaux membres au conseil d’administration. Le président Jean-Paul Schneider pour sa part, ne s’est pas représenté. Jean-Paul Obrecht lui a rendu hommage et a salué l’engagement de toute une vie au service de l’agriculture. Le nouveau président sera désigné prochainement par le conseil d’administration.

Publié le 07/04/2017

Pour le président Henri Buecher, les résultats 2016 du Crédit Agricole Alsace Vosges sont de bonne tenue. « Notre dynamisme commercial et notre bonne gestion des risques nous permettent de tirer notre épingle du jeu », a-t-il indiqué lors de la conférence de presse qui précédait l’assemblée générale statutaire de la Caisse régionale, vendredi 31 mars à Strasbourg.

Au Crédit Agricole Alsace Vosges, le fait marquant de l’année 2016 était le changement de gouvernance : le président et le directeur général ont été renouvelés au même moment. Henri Buecher a été élu à la présidence le 24 mars ; Pierre Fort a été nommé directeur général la veille. « Après cette première année, je ne peux que m’en féliciter, affirme Henri Buecher. Notre tandem a fait la preuve de son efficacité. » « Près de 26 000 nouveaux clients nous ont rejoints », annonce le nouveau directeur général, Pierre Fort. Malgré ces efforts, le solde net est légèrement négatif, précise-t-il. Pour l’instant, la loi Macron n’a pas engendré d’explosion des mobilités. « Cette loi va contribuer à accroître la multibancarisation plutôt qu’à inciter au transfert d’établissement bancaire. C’est un élément qui doit nous pousser à viser la satisfaction client, pour continuer à être la banque principale. » En matière d’épargne et de placements, 2016 est une année très satisfaisante. L’encours d’épargne atteint 12,2 milliards d’euros (Md€), en progression de 3,2 %. La Caisse régionale enregistre une progression forte des dépôts à vue. « L’épargne logement, comme l’année précédente, connaît une croissance élevée car les taux sont attractifs. » Belle année aussi pour les crédits : l’encours progresse de 2,6 % pour atteindre 7,80 Md€. La Caisse régionale a accordé 1,50 Md€ de nouveaux financements, une activité fortement tirée par les crédits à l’habitat, dont les déblocages dépassent 1 Md€. « Nos offres sont compétitives. Entre 2014 et 2016, nous avons fortement révisé nos taux à la baisse : sur 100 000 € empruntés, le client réalise une économie de 12 000 €. Nous avons redonné du pouvoir d’achat à nos clients. L’agriculture souffre mais ne baisse pas les bras. » Les crédits à la consommation sont en croissance de 17 %, les crédits d’investissement de 2,5 %. « Malgré les difficultés que traversent les agriculteurs et auxquelles le Crédit Agricole a porté toute son attention, nous réalisons de belles progressions sur le marché agricole (+ 13 %). Cette crise ne doit pas occulter la réalité : l’agriculture investit pour renforcer sa productivité, sa compétitivité, et pour mieux répondre aux attentes des consommateurs. Cette agriculture qui continue à investir et à se développer, nous tenons à l’accompagner », insiste le président Henri Buecher. Le Crédit Agricole Alsace Vosges se développe sur le marché des artisans. « Nous sommes très présents dans le domaine agroalimentaire, en particulier. Cela nous permet d’affirmer que nous sommes un acteur majeur au service du développement régional, de la création d’emplois. » En matière de services, le Crédit Agricole Alsace Vosges a fortement développé la prévoyance et l’assurance dommages, avec une croissance de l’activité de respectivement + 14 % et + 9 %. Le portefeuille dépasse 200 000 contrats. « Notre métier est touché sur les marges de crédits. La vente de services est vitale pour nous. » 2016 est donc une belle année sur le plan commercial. Elle marque aussi la poursuite de la transformation engagée sur le plan technologique : « Notre ambition est d’être une banque 100 % humaine et 100 % digitale », déclare Pierre Fort. « Nous avons fait preuve de résilience » Le produit net bancaire s’élève à 265 M€. Il recule de 4,1 %, du fait des renégociations de crédits. « Dans un contexte pénalisant pour la banque de détail, nous avons fait preuve de résilience. Les volumes sont au rendez-vous mais, les prix ayant fortement baissé, la marge d’intermédiation globale est pénalisée. D’où l’intérêt de préserver la vente de services qui représente près de 50 % du produit net bancaire. » Le Crédit Agricole Alsace Vosges continue à investir dans les ressources humaines : « Nous avons procédé à 150 recrutements et fait des efforts de formation. La compétence fait la différence. » Il continue également à moderniser son patrimoine immobilier (180 agences) : « Nous avons rénové quinze agences et renforcé les moyens technologiques, notamment pour déployer la signature électronique. » Il n’y a aucun plan de fermeture d’agences, même s’il risque d’y avoir quelques ajustements ponctuels, insiste Pierre Fort. « Grâce au digital, les points de vente perdurent, avec des collaborateurs pour accueillir les clients qui viennent en agence et pour répondre aux questions de ceux qui nous contactent par téléphone ou par internet », explique le directeur général. Les charges de fonctionnement sont en augmentation de 2,6 % par rapport à 2015, essentiellement du fait des charges informatiques pour préparer l’évolution technologique, de la contribution aux fonds de garantie et de résolution, et de la progression des amortissements. Le résultat brut d’exploitation est en recul, à 102 M€. Le coût du risque reste à un niveau bas. « Ce n’est pas de la frilosité mais de la saine gestion. » Le résultat net, qui dépasse 70 M€, est comparable à celui de 2015. « Plus de 90 % de ce résultat vont consolider nos fonds propres qui s’élèvent à 1,40 Md€, ce qui nous permettra de continuer à investir pour avoir des offres compétitives. » Le ratio de solvabilité Bâle 2 s’établit à 22,16 %, très au-delà de l’exigence réglementaire. Conclusion de Pierre Fort : « Dans un contexte adverse pour les banques de détail, notre Caisse régionale a su faire preuve d’une belle dynamique, continuer à se développer, consolider sa situation financière et se donner les moyens de continuer à investir. » La preuve, c’est que la Caisse régionale va s’engager dans la construction d’un nouveau site à Épinal, un chantier de 20 M€. Elle lance également une nouvelle solution de paiement, PayLib, dès le 7 avril.

La MSA d’Alsace à la rencontre des parlementaires

Renforcer « l’assise sociale » du régime agricole

Publié le 06/04/2017

Quelle place pour la Mutualité Sociale Agricole (MSA) dans la prochaine législature ? À deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle et deux mois des élections législatives, cette question taraude les responsables du deuxième organisme de protection sociale français. Une problématique que la MSA d’Alsace a souhaité mettre sur le tapis le 3 avril en invitant plusieurs parlementaires haut-rhinois à une rencontre à la Ferme Clarisse, à Sigolsheim.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, la maîtresse des lieux - Clarisse Sibler - a présenté son exploitation en mettant l’accent sur les difficultés rencontrées pour l’embauche de travailleurs saisonniers. Un sujet d’autant plus d’actualité que la campagne des asperges a démarré cette année avec quinze jours d’avance pour elle. « C’est une situation inédite. Je me suis fait un peu surprendre pour le coup », témoigne l’agricultrice. Si la saison 2017 s’annonce « très belle », Clarisse Sibler s’inquiète sur sa capacité à recruter du personnel « compétent » et « motivé ». « C’est de plus en complexe. On a du mal à garder les bons éléments qui n’ont pas de mal à trouver du travail ailleurs », reconnaît-elle. Mais même avec une équipe au complet, il est toujours aussi compliqué de rester compétitifs face aux producteurs allemands qui disposent toujours d’un coût du travail moins important. « Là-bas, c’est des bus de Polonais qui viennent travailler, dimanche compris. Comment peut-on être dans les clous si l’on ne nous en donne pas les moyens ? », demande Clarisse Sibler aux élus présents : Eric Straumann, Francis Hillmeyer et Jacques Cattin, en tant que suppléant de Jean-Louis Christ. « Chaque pays se concurrence en Europe alors qu’il faudrait plus d’Europe », déplore le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass. « Le problème est que l’on se retrouve avec des filières qui sont mises à mal par un manque de criant de compétitivité. » Le président de la MSA d’Alsace, David Herrscher, est lui aussi convaincu que la solution passe par une harmonisation européenne de la réglementation et de la fiscalité. Il estime que l’Europe a le devoir de faire comprendre aux élus et aux citoyens européens quel est l’intérêt de cette union. « Grâce à elle, nous connaissons la paix depuis soixante-dix ans. Mais c’est vrai, comment expliquer un à antieuropéen qu’il a tort alors qu’à quelques kilomètres de là, des personnes peuvent travailler le dimanche tout en étant payées moins cher ? Cette question du travail détaché est dans la bouche de tous les candidats à la présidentielle. Il va falloir agir rapidement car c’est maintenant qu’on doit se pencher sur les problématiques de l’emploi en agriculture », prévient-il. La capacité de « nuire » de la DSS Le premier point serait déjà de ne pas détruire ce qui « fonctionne » pour les employeurs de main-d’œuvre agricole, à l’instar du Tesa (Titre emploi simplifié agricole). Un outil que la Direction de la Sécurité sociale (DSS) a souhaité « dézinguer » en 2016 témoigne David Herrscher. « Heureusement, la MSA a tenu bon. Mais il serait judicieux que les élus veillent à ce que la haute Administration reste à sa place, et ne déborde pas sur le plan politique. » Plus globalement, c’est la « capacité de nuire de la DSS » qui est pointée du doigt. Comme le souligne la directrice de la MSA d’Alsace, Christelle Jamot, la Haute fonction publique a fait doubler la contribution locale aux charges hospitalières. A cela pourraient encore s’ajouter plusieurs millions d’euros de charges supplémentaires. « Grâce à une saine gestion, on avait pu constituer une réserve de douze millions d’euros qui est ensuite passée à neuf. Et là, on pourrait tomber à quatre ou cinq millions. Si c’est le cas, nous devrions malheureusement augmenter nos cotisations », détaille-t-elle. « Et quand on demande pourquoi, on n’obtient aucune justification. Est-ce vraiment démocratique ? », s’agace David Herrscher. « Le statut de la MSA doit être renforcé » La démocratie, justement, est l’essence même de la MSA rappelle-t-il aux élus présents. Grâce à son réseau de 528 délégués répartis entre Haut-Rhin et Bas-Rhin, l’organisme de protection sociale garantit une proximité constante avec ses adhérents. « Nous assurons un rôle d’accompagnement pour les personnes en difficulté, ou les plus isolées en milieu rural. Nous détectons les salariés ou les exploitants en détresse », détaille le président de la MSA d’Alsace. « C’est l’outil social de la ruralité », résume Denis Nass. Sans compter les différents événements destinés à promouvoir la santé et le bien vieillir, ou les créations d’habitats séniors et de micro-crèches. « Des actions qui seront pérennes à condition qu’elles soient nationalement soutenues par les élus du territoire », fait remarquer David Herrscher. La MSA se caractérise aussi par une couverture sociale plus favorable que dans le reste de la France, un guichet unique de toutes les prestations sociales, le niveau de fraudes aux aides sociales le plus faible de tous les régimes, ainsi que la liberté de choix de son directeur par le conseil d’administration. Une particularité essentielle pour Christian Schneider, administrateur à la MSA d’Alsace : « On a reçu des demandes pour nous parachuter un directeur issu de l’Administration. Ce n’est pas quelque chose d’envisageable à nos yeux. Nous souhaitons garder la main pour choisir un directeur proche de la ruralité. Nous voulons ce qu’il y a de mieux pour nos adhérents. » Un panel d’assurés que la MSA souhaiterait voir grossir dans les années à venir en devenant l’organisme social de référence dans les industries agroalimentaires. « Aujourd’hui, on en couvre certaines, d’autres non, alors que leurs matières premières sont issues de l’agriculture. Par exemple, Sodiaal est sous le régime MSA tandis que Lactalis est sous régime général. Il faut que la législation évolue afin que le statut de la MSA soit renforcé. Oui, il y aurait des effets en cascade. Mais nous sommes persuadés qu’il y aurait plus d’avantages que d’inconvénients. Il est le temps que le produit agricole retrouve son assise sociale », conclut David Herrscher.

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