Premier JA’s Day
Les citadins reprennent contact avec l’agriculture à Colmar
Premier JA’s Day
Publié le 31/05/2017
Les Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin ont organisé leur premier JA’s Day le jeudi 25 mai à Colmar. Un événement qui avait comme objectif de combler le fossé de plus en plus important qui se creuse entre le public citadin et le monde agricole.
Qui sont-ils ? Que font-ils ? Pourquoi travaillent-ils comme ça ? Pour le grand public - qui plus est citadin - les agriculteurs, leurs métiers, leurs animaux, leurs pratiques ou encore leur état d’esprit demeurent une suite d’interrogations avec très peu de réponses. Il existe beaucoup de « on dit », de clichés, mais finalement encore trop peu de certitudes pour le consommateur plus habitué aux rayons aseptisés des supermarchés qu’aux salles de traite robotisées. Entre les deux mondes, une sorte de gouffre que les Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin (JA 68) ont souhaité combler en organisant leur premier JA’s Day sur le Champ de Mars de Colmar. Entre la préfecture, la place Rapp, les jeux pour les enfants et le grand parc ombragé, le monde agricole s’est offert une visibilité de premier choix lors du jeudi de l’Ascension. « C’était nécessaire pour montrer au public citadin ce que l’on fait. Les concours de labour, c’est déjà très bien en matière de communication, mais cela concerne plutôt le public rural. Ici, on a des enfants qui n’ont jamais vu une vache de près », souligne le secrétaire général des JA 68, Pierre Meyer. « Ils ne sont pas assez soutenus » Au vu de l’affluence déjà conséquente vers onze heures du matin, il faut croire que le sujet intrigue. Ici, on découvre tous les débouchés qu’offre le maïs, mais aussi son impact réel sur l’environnement. Lorsqu’ils obtiennent des réponses, beaucoup de visiteurs sont surpris. « Le maïs a une mauvaise image dans la société alors qu’il bénéficie d’un bilan hydrique bien plus positif que le blé, et reste moins gourmand en produits phytosanitaires et engrais. C’est aussi un plus gros consommateur de CO2 que la forêt. En expliquant tout cela, on éclaircit les incompréhensions qui subsistent dans le public », poursuit Pierre Meyer. Comme au Salon de l’agriculture de Paris, les animaux ont la cote : une prim holstein, une vosgienne, des ânes, des lapins et quelques moutons sont aujourd’hui les représentants du monde de l’élevage. L’occasion de rappeler que derrière ces animaux dont le bien-être fait régulièrement la une des journaux, il y a surtout des femmes et des hommes qui doivent, là encore, jongler entre les a priori, les attentes des consommateurs, une concurrence farouche, et une réglementation de plus en plus handicapante. « C’est important que le citoyen voie et comprenne par lui-même la réalité de notre métier. Nous avons besoin de lui et de son soutien pour continuer à exister et à nous développer », estime Pierre Meyer. Appuyée sur l’enclos qui entoure les ruminantes du jour, Marie-France fait partie de ces citoyens convaincus par l’agriculture et les agriculteurs. Cette retraitée colmarienne écume depuis pas mal de temps déjà les magasins paysans pour faire ses emplettes : « Je pense qu’il faut aider les agriculteurs comme on peut. À mon sens, ils ne sont pas encore assez soutenus. Ce sont eux qui travaillent le plus et on leur donne des clopinettes. » Elle s’indigne lorsqu’elle découvre le prix du kilo de laine payé à l’éleveur. « Un euro et dix centimes, je trouve cela vraiment aberrant quand on voit combien ça coûte de payer quelqu’un pour se faire aider. Comment s’en sortir dans ces conditions ? », s’interroge-t-elle. Un peu plus loin, deux jeunes garçons expérimentent le test à l’aveugle des céréales que l’on peut trouver en Alsace. « Et ça, on peut le manger ? », demande l’un d’eux en se saisissant de quelques graines de colza. « En huile, c’est très bon, en plus d’être excellent pour la santé », lui répond son interlocutrice. Le bien-être par le bien manger est un autre aspect mis en avant lors de ce JA’s Day. « Pour moi, cela passe par des produits de saison et de proximité », confie un jeune papa après avoir fait le plein de fraises. Dans la poussette qu’il tient d’une main, sa fille de trois ans se régale déjà, avec un bonheur non feint sur son visage. A ce moment-là, il n’y a plus de question à se poser, juste un plaisir à savourer. Un sourire spontané que l’on observe en tournant la tête, tantôt chez ceux qui découvrent les vins proposés à la dégustation, tantôt chez ceux qui savourent le saucisson 100 % artisanal. Les clichés et les « on dit » tombent les uns après les autres. Le public découvre ou redécouvre le plaisir de bien manger… et la mission première de l’agriculture. Les interrogations ont laissé la place aux certitudes.












