Vie professionnelle

Caisse d’Assurance-Accidents Agricoles du Haut-Rhin

La prévention a porté ses fruits en 2016

Publié le 19/05/2017

Grâce à une politique de prévention très soutenue, la Caisse d’Assurance-Accidents Agricoles du Haut-Rhin a atteint en 2016 un nouveau « seuil bas de référence » en matière de sinistres déclarés, le tout dans un contexte de modernisation « nécessaire » mené de front avec les Caisses du Bas-Rhin et de Moselle.

En 2016, la Caisse d’Assurance-Accidents Agricoles du Haut-Rhin (CAAA 68) a récolté les fruits de sa politique de prévention entamée en 2014. C’était, à l’époque, la priorité d’action du nouveau comité directeur présidé par Jean-Michel Habig. Trois ans plus tard, au terme de sa première mandature, ce dernier se félicite naturellement du bilan de l’année écoulée. « Nous venons de vivre un exercice globalement positif après deux années - 2014 et 2015 - au cours desquelles la Caisse avait connu une très forte progression de ses dépenses de prestations. » Une embellie malheureusement entachée par la disparition prématurée de Jean-Marie Schappler le 24 janvier dernier. « Jean-Marie a toujours été très impliqué et investi dans les actions de la Caisse. Mais plus encore, il en a été le rénovateur et le modernisateur », a tenu à souligner Jean-Michel Habig en introduction de la dernière assemblée générale de la Caisse. Nouvelle année « record » L’ex président aurait certainement salué le nouveau record enregistré par la CAAA 68 en 2016 : seulement 907 accidents et maladies professionnelles pris en charge, soit 36 de moins que le précédent record datant de 2014. « Pour prendre la pleine mesure de chiffre, ayons à l’esprit que sur la période récente de 2005 à 2013, la moyenne de dossiers traités au cours d’un exercice était de 1 075 », rappelle Jean-Michel Habig. Et si l’on écarte les 47 déclarations d’accidents émanant des élèves des deux établissements d’enseignement agricole, ce sont 860 dossiers de salariés et non-salariés qui ont été pris en charge l’an passé. « Là encore, un nouveau seuil bas de référence », se félicite le président de la Caisse. Y’a-t-il eu pour autant une diminution du montant des prestations allouées ? En 2014, lors du dernier exercice de référence, la Caisse avait alors enregistré une forte augmentation. Cela n’a pas été le cas en 2016 avec une baisse de près de 800 000 euros des prestations, ramenant le montant total à 6 952 000 euros. Un montant en deçà de la barrière symbolique des sept millions d’euros, franchie une seule fois en 2011. En apparence, le décompte de l’année 2016 semble plutôt bon pour la CAAA du Haut-Rhin. C’est sans compter sur les quatre accidents mortels qu’a connu le département. Jean-Michel Habig le concède : « C’est l’une des pires années que la Caisse ait eue à connaître. » Si l’un des quatre décès est imputable à un malaise cardiaque, les trois autres sont la conséquence d’un excès de fatigue, d’un manque de vigilance ou de prudence de la victime. « Nous connaissons tous le caractère éminemment aléatoire des accidents, la difficulté de penser prévention et de rester vigilant en toutes circonstances. Néanmoins, il nous faut réaffirmer sans cesse la pertinence d’une approche réfléchie de nos métiers et de leurs contraintes. Je pense plus particulièrement à l’urgence à laquelle nous sommes souvent confrontés et qui nous amène à accélérer le rythme, à surestimer nos forces, et à sous-estimer les dangers des lieux où nous évoluions, des tâches que nous accomplissons, des animaux que nous élevons, ou des machines que nous utilisons », énonce Jean-Michel Habig qui met en avant la prévention comme le seul moyen d’agir face aux accidents et maladies professionnelles. Concrètement, en 2016, ce sont 104 actions de formations qui ont été menées, près de 100 000 euros d’aides financières à l’achat de dispositifs et d’équipements de prévention qui ont été versées, ou encore la commercialisation de la bâche de pré-signalisation lumineuse des attelages agricoles. D’autre part, le premier cycle d’enseignement à la prévention des risques en agriculture destiné aux élèves de première bac pro du lycée de Rouffach s’est achevé avec succès. Il a été reconduit pour l’année en cours. Tout comme les prochaines journées de sensibilisation à l’entretien et l’utilisation de la tronçonneuse qui sont prévues en décembre 2017 et janvier 2018. « C’est un thème qui nous tient à cœur, tant la gravité des accidents impliquant cet outil est élevée », ajoute Jean-Michel Habig. Défendre le régime local agricole Malgré la baisse « remarquable » des prestations allouées en 2016, la CAAA 68 a terminé l’exercice écoulé avec un léger déficit s’élevant à 50 000 euros. Une situation qui n’est pas vraiment paradoxale comme le détaille Jean-Michel Habig : « Il faut déjà se remémorer que l’exercice 2015 s’était clôturé sur un déficit exceptionnel de plus de 900 000 euros lié à la très forêt progression des dépenses de prestations, ainsi que la décision de l’État d’amputer de plus de 500 000 euros le montant de la compensation versée annuellement à la Caisse pour couvrir une partie des rentes salariées allouées. Deuxièmement, la diminution de cette compensation est désormais pérenne, ce qui se retrouvera d’année en année sur le compte de résultat de notre établissement. Troisièmement, la constitution d’un fonds commun de placement de quatre millions d’euros dédié à la Caisse n’a pas été comptabilisée à la fin de l’année. Si elle l’avait été, le résultat final de l’exercice aurait été positif. Enfin, la Caisse a mis en application la réduction Fillon sur les bas salaires, sans que celle-ci n’ait été compensée par l’État. » Une situation tout à fait « anormale » dénoncée par les trois Caisses du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de Moselle à travers un courrier envoyé à la ministre de la Santé, Marisol Touraine. « Nous lui avons demandé que l’État compense cet avantage financier. Nous avons également sollicité le soutien de nos parlementaires afin qu’ils se mobilisent pour la protection de notre droit local et de notre régime de protection sociale. Plus que jamais, il faut que les ressortissants de notre régime local agricole restent vigilants et solidaires pour défendre cet héritage de notre histoire commune. » Face au « peu de considérations » du pouvoir central pour ces spécificités locales, les trois Caisses d’Alsace et de Moselle entendent poursuivre leurs actions de modernisation et de coopérations que ce soit en adaptant les procédures de travail aux réformes mises en œuvre (DSN, Tesa Web), en renforçant les partenariats avec la MSA d’Alsace, en harmonisant les outils et procédures comptables au sein des Caisses, ou en coopérant avec le monde forestier (ONF, associations des communes forestières, etc.) pour organiser des journées d’informations et de sensibilisation aux risques des travaux d’exploitation. « Nombreux sont les chantiers de modernisation ou de mise à niveau. Il nous faut les accompagner, si possible les anticiper. Nous ne pouvons rester en dehors d’un système de protection sociale qui se réforme en profondeur sous l’impact, entre autres de la révolution numérique. » Mieux vaut prévenir que subir.

Publié le 14/05/2017

François Schmitt, président de Groupama Grand Est, et son directeur, Olivier Larcher, ont présenté les résultats de la Caisse régionale le 3 mai, lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée à Schiltigheim (Bas-Rhin), en visioconférence avec Chaumont (Haute-Marne) et Dijon (Côte-d’Or). La Caisse régionale dégage un résultat net de 17,7 millions d’euros, stable par rapport à 2015.

2016 était une année compliquée pour Groupama Grand Est, souligne François Schmitt. « Nous avons su être au côté de nos sociétaires, qu’il s’agisse des agriculteurs, des particuliers ou des entreprises. Nous avons fait notre métier : nous avons aidé nos assurés et nous avons payé les sinistres le plus rapidement possible. Nous avons prouvé notre solidité et dégagé un résultat de 17,7 millions d’euros (M€), à la hauteur de celui de 2015. » L’année écoulée a vu la mise en œuvre du projet d’entreprise qui a pour fer de lance la qualité de service, poursuit Olivier Larcher. C’est un succès : le taux des clients très satisfaits a progressé en trois ans de 17 à 23 %, l’objectif étant d’atteindre 25 %. « La qualité du service est le mot d’ordre de nos 1 500 salariés dans les années à venir », insiste le directeur. Stabilité du chiffre d’affaires Avec 576 M€, le chiffre d’affaires de l’assurance IARD reste stable - l’assurance de biens y contribue pour 72 %, l’assurance de personnes pour 28 %. De son côté, la collecte de l’épargne assurance-vie atteint 91,30 M€. Groupama Grand Est a reversé 428 M€ à ses sociétaires. Un montant élevé, dû à une sinistralité importante. « Nous avons été pénalisés par six sinistres « excédentaires » : trois suite à un accident automobile, deux suite à un incendie et un suite à un accident de ski. » Dans le jargon des assureurs, cela signifie que le coût du sinistre dépasse 2 M€. Ces sinistres excédentaires sont pris en charge en grande partie par la réassurance qui a rétrocédé 20 M€ à Groupama Grand Est. Autre secteur fortement touché, les sinistres climatiques sur récolte. « Notre portefeuille d’assurance récolte s’élève à 26 M€, or nous avons payé plus de 50 M€ d’indemnités, en hausse de 18 M€ par rapport à 2015. » Le rapport sinistres/cotisations se dégrade légèrement, à 75 % contre 69,9 % l’année précédente, poursuit le directeur. Grâce à la réassurance et à un travail d’assainissement des risques de son portefeuille, Groupama Grand Est a ainsi pu réaliser un résultat économique équivalent à celui de 2015. « La protection de la réassurance a garanti l’équilibre de nos comptes. » Le ratio combiné se dégrade légèrement, à 98,3 %. La marge de solvabilité atteint 342 % en y intégrant les mesures transitoires en lien avec la transition Solvabilité I à Solvabilité II. « Elle est cinq fois supérieure au minimum exigé par Solvabilité II », précise Olivier Larcher. Amélioration de la solvabilité Comment cette solvabilité s’est-elle améliorée ? Le directeur y voit l’effet de l’engagement de ses équipes, de leur dynamisme commercial, de la qualité du service, mais aussi du lancement des certificats mutualistes : « Jugés comme des quasi-fonds propres, ils améliorent notre solvabilité. Fin 2016, nous avions émis 27 M€ de certificats mutualistes, auxquels nous allons servir une rémunération de 3,15 %, sous réserve de l’approbation de l’assemblée générale du 16 mai à Strasbourg. » Début mai 2017, le volume des certificats mutualistes atteignait déjà 36 M€. « L’objectif de 45 M€ que nous nous étions fixé sera atteint dans quelques mois. Pour nous, c’est la traduction de la confiance de nos sociétaires. » Groupama Grand Est est un assureur solide efficace, qualitatif et engagé, résume le directeur. « Nous venons de terminer les assemblées générales de nos 278 Caisses locales. Plus de 18 000 sociétaires ont participé depuis la mi-février à cet exercice de proximité, avec une participation active à la validation des comptes, du fonctionnement institutionnel et des actions de prévention. Cela prouve leur attachement à notre mutuelle. Nous faisons vivre cet esprit de partage de communauté depuis 110 ans. »

Interbev Alsace

Dans le giron du Grand Est

Publié le 05/05/2017

Interbev Alsace rejoint le comité interprofessionnel Grand Est d’Interbev. La promotion des viandes et des métiers de la viande se fera désormais à l’échelle de la grande Région.

Dernière assemblée générale pour le comité interprofessionnel régional Interbev Alsace et pour son président, Lucien Simler, le 24 avril dernier à Schiltigheim. « Ma mission s’arrête là, a confié Lucien Simler après avoir rappelé les 30 années passées au service de la structure, et plus globalement au service de l’élevage alsacien. Avec les nouvelles régions, on nous a obligés à fusionner les comités régionaux d’Interbev. Je n’étais pas un partisan de cette fusion, mais je m’y suis attelé. » La nouvelle structure étant sur les rails, Lucien Simler peut lâcher les rênes. Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, Patrick Bastian, conseiller régional, qui l’a longtemps côtoyé au GDS, et David Bloch, vice-président d’Interbev Alsace, ont unanimement salué l’engagement et le dévouement de Lucien Simler. À la section bovine de la FDSEA, à la Fédération nationale bovine, comme au niveau de l’interprofession des viandes, il a défendu la cause de l’élevage. « Jamais on ne trouvera quelqu’un d’aussi dévoué que toi », a relevé Patrick Bastian en saluant sa discrétion et son travail aussi exemplaire que peu connu. « Tu as toujours été dans la conciliation, tu as toujours fait en sorte que les choses avancent, a remarqué David Bloch. Vu les crises qu’on a traversées, cela n’a pas toujours été simple. » Animatrice d’Interbev Alsace, Ambre Edde a dressé le bilan des actions menées par l’interprofession en 2016 : animation autour des produits tripiers, accueil des scolaires et du grand public dans les fermes d’élevage, mise à disposition d’un kit d’animation pour les centres aérés, Made in Viande, intervention des bouchers dans les écoles, stands dans les différentes manifestations (finale départementale de labour, foire européenne de Strasbourg, salon Egast, Journées d’octobre à Mulhouse…). Ces différents rendez-vous ont donné lieu à des dégustations, des distributions de fiches recettes ou de prospectus sur les viandes, ainsi qu’à des interventions variées des professionnels de la filière viande et d’une diététicienne. Des actions dans trois directions En 2017, le périmètre des actions change, mais les actions se poursuivent dans trois directions avec un souci d’efficacité renforcée, indique Franck Bellaca, le responsable du comité Grand Est d’Interbev. Elles concernent la communication, la réglementation des relations entre les différents membres de l’interprofession et la sensibilisation du public scolaire. Les animatrices Interbev des trois anciens comités régionaux se sont réparti les tâches, la coordination des actions revenant à Franck Bellaca. Doté d’un conseil d’administration de 32 membres et d’un bureau resserré de huit personnes, Interbev Grand Est va s’attacher à redéfinir une stratégie qui soit en phase avec le contrat de filière de la région Grand Est. L’objectif est d’augmenter les parts de marché des viandes régionales dans la restauration hors domicile (RHD) notamment, de promouvoir les métiers de la filière viande de manière à assurer le renouvellement des générations, et de contribuer à la recherche d’une meilleure valeur ajoutée pour les entreprises de l’aval. La volonté d’innover existe : Interbev Grand Est devrait notamment intensifier ses actions en direction des gestionnaires de lycées et des cuisiniers de la restauration hors domicile. Coordonner les messages Interpellé par le vice-président de la corporation des bouchers-charcutiers du Bas-Rhin, Jean-Luc Hoffmann, sur la montée en puissance du courant végan, Franck Bellaca relativise : les personnes qui refusent de consommer des protéines animales et s’interdisent de porter du cuir sont encore très minoritaires. La réponse passe par un travail de fond, permettant de mettre en avant les qualités nutritionnelles de la viande. Delphine Franck, diététicienne chez Interbev depuis 2011, s’emploie à les rappeler à chacune de ses interventions (lire notre encadré). La défense de la filière viande passe aussi par le rappel de sa contribution à l’entretien des surfaces fourragères, font valoir Gérard Lorber et Thomas Urban, éleveur à Schwindratzheim. Il convient aussi de coordonner les messages entre les différentes filières, pour éviter qu’elles ne se fassent du tort les unes aux autres, ajoute Dominique Daul. S’agissant de la restauration hors domicile, Patrick Bastian, conseiller régional, fait remarquer qu’elle n’absorbe que 30 % de la viande produite dans le Grand Est et qu’il est important d’augmenter cette part. « Mais il faut accepter, si l’on veut de la viande régionale, a fortiori de la viande bio, de payer plus : ce n’est pas avec 1,60 € par repas qu’on aura de la viande bio dans les cantines. Il faut accepter d’augmenter à 2 €-2,10 €. »

Pages

Les vidéos