Vie professionnelle

Initiatives à Ammerschwihr

Sourires et produits frais à domicile

Publié le 12/04/2020

Depuis le 2 avril, des producteurs livrent des paniers de légumes ou de produits laitiers aux habitants d’Ammerschwihr, directement chez eux ou sur la place de la mairie. Une manière d’entretenir le lien social et économique entre agriculteurs et consommateurs contraints de s’adapter à la fermeture des marchés de plein air.

Si tu ne peux pas aller chez le producteur, le producteur viendra à toi. Avec la fermeture des marchés de plein air et les mesures de confinement liées à l’épidémie de Covid-19, l’achat de produits frais, locaux et de saison, est devenu bien plus compliqué, notamment pour les personnes âgées, plus exposées à la dangerosité du virus. Pour cette catégorie de la population, la situation est d’autant plus problématique que ces rendez-vous quotidiens ou hebdomadaires avec le « petit producteur du coin » sont autant d’opportunités de maintenir un lien social avec le monde extérieur. En face, tous ces clients accueillis avec le sourire, très souvent par leurs prénoms, sont indispensables à ces agricultrices et agriculteurs qui ont fait le choix de la vente directe comme mode de commercialisation. Quand ce contact, si facile et spontané il y a encore un mois, disparaît du jour au lendemain, il y a urgence à réagir pour ne laisser aucun acteur sur le bord de la route. C’est ce qui a incité l’équipe municipale d’Ammerschwihr à solliciter des producteurs habituellement présents aux Estivales - des soirées conviviales et festives qui ont lieu chaque jeudi soir sur la place du village durant l’été - pour mettre en place un système de commande de légumes et de produits laitiers avec une livraison chez l’habitant ou via un point de retrait, en face de la boulangerie. Le maire fraîchement réélu, Patrick Reinstettel, explique comment est né ce projet : « Les marchés du secteur ont été interdits. Une situation compliquée pour pas mal de nos habitants, notamment les plus anciens. On voulait donc mettre en œuvre une solution qui compense ce manque tout en évitant au maximum aux gens de prendre des risques pour leur santé. D’un autre côté, c’est un bon moyen pour les agriculteurs concernés de continuer à écouler leurs produits. Beaucoup de leurs débouchés habituels sont fermés. Il leur faut donc des alternatives ». La puissance des réseaux sociaux Pour Laurence et Dominique Bousila, cette initiative de la municipalité d’Ammerschwihr va leur permettre de payer au moins les charges fixes de leur entreprise. Ce couple de maraîchers exploite un hectare à Colmar en agriculture raisonnée. Ils font partie des producteurs présents chaque été aux Estivales de la commune et ne vivent que de la vente directe à travers les marchés environnants. Dès leur fermeture prononcée, ils ont dû trouver une solution de repli, comme de nombreux producteurs dans la même situation. C’est là que la puissance des réseaux sociaux est entrée en jeu. Tout d’abord à travers la page Facebook « Solidarité coronavirus Pays Welche » créée le 16 mars, le jour de l’annonce du confinement par le président de la République. « Des habitants de Labaroche, la commune où nous vivons, nous ont demandé si nous voulions mettre en place un système de paniers. On a commencé comme ça. Dans la semaine qui a suivi, la mairie d’Ammerschwihr nous a demandé la même chose. Tout est allé très vite ensuite », explique Laurence Bousila-Stoecklin. L’information est rapidement partagée sur Facebook et le site internet de la Cité des trois merles. Les demandes affluent de la part de clients « historiques » mais aussi de la part de « nouveaux ». Parmi eux, beaucoup de jeunes consommateurs, plus habitués et plus présents sur les réseaux sociaux. Pour commander la procédure est simple : il faut appeler la maraîchère sur son téléphone portable et choisir son panier, à dix ou quinze euros, composé uniquement de légumes de saison de l’exploitation, complété par quelques fruits et légumes issus de l’achat-revente. La livraison se fait tous les jeudis matin, entre 9 h et midi. Le paiement, chèque ou liquide, se fait à ce moment-là. Pour respecter les mesures sanitaires en vigueur, des barrières sont mises en place pour délimiter la file d’attente, avec une entrée et une sortie séparées. Les maraîchers restent dans leur camion, équipés de gants, et livrent les sacs de provision au fur et à mesure. Avec le sourire. Chaque commande livrée est l’occasion d’échanger quelques mots, de prendre des nouvelles, ou de remercier les producteurs pour cette initiative. « C’est une réponse à la crise, souligne le maire d’Ammerschwihr. C’est important que les communes soient à l’initiative si elles en ont la possibilité. Elles ont bien souvent des moyens de diffusion de l’information que les petits producteurs ou commerçants n’ont pas. Du coup, nous utilisons le site Internet de la Ville pour faire connaître cette démarche. À titre personnel, je partage toutes ces informations sur ma page Facebook. » Cette communication « numérique » porte ses fruits.     Le « rôle social » des agriculteurs au premier plan Lors de la première livraison de paniers organisée jeudi 2 avril, plusieurs dizaines de commandes ont été retirées. Un engouement qu’a aussi constaté Christine Chaize, productrice de fromages fermiers à Orbey et éleveuse de porcs. Elle aussi a répondu à l’appel de la mairie d’Ammerschwihr pour livrer ses produits. À la différence près qu’elle s’arrête au domicile de chacun de ses clients. Une tournée au pas de course qui l’emmène dans plusieurs communes de la vallée de Kaysersberg. Si elle faisait déjà de la livraison de viande, c’est la première fois qu’elle utilise ce mode de commercialisation pour ses fromages. « C’est plein de petites commandes. Ça prend du temps à gérer. Mais au moins, ça permet de passer un peu mieux ce cap difficile », explique-t-elle. Habituellement, ses fromages sont vendus sur des marchés, à la ferme-auberge du Rain des Chênes et à la fromagerie Saint-Nicolas, à Colmar. Sans ces débouchés, il faut maintenant « limiter la casse ». « Évidemment, la vente à domicile ne me permettra pas d’écouler les quantités habituelles. Mais au moins, cela permet de garder le contact avec le client et rester positif. Et pour eux comme pour nous, cela fait du bien de voir d’autres visages, même brièvement. Les gens sont contents qu’on passe chez eux, surtout les personnes âgées. J’ai l’impression qu’ils se rendent à nouveau compte du rôle social important que peuvent avoir les petits producteurs », témoigne Christine Chaize. Elle s’inquiète en revanche de l’impact de cette crise sanitaire sur la production laitière locale utilisée uniquement pour la fabrication de fromages fermiers. « Moi, je ne fais que la production des fromages. N’ayant qu’une apprentie à payer, j’arrive pour l’instant à tenir grâce à la trésorerie accumulée en fin d’année dernière. Mais pour mes fournisseurs, c’est évidemment plus compliqué. Certains n’ont pas d’autres débouchés. Il va falloir trouver une solution rapidement pour les soutenir », prévient-elle. Penser à « l’après » La question du « demain » est déjà sur toutes les lèvres car il finira bien par arriver. Dans deux semaines, dans deux mois ? À l’heure actuelle, il est compliqué de savoir quand ce confinement prendra fin. À ce moment-là, est-ce que les consommateurs qui se seront nourris grâce au « paysan du coin » garderont cette habitude ? C’est une éventualité à laquelle Laurence Bousila-Stoecklin a envie de croire fortement. Elle espère que cette mondialisation qui a fait du « tort » aux productions locales prendra un visage différent. « Cela a été une catastrophe pour beaucoup d’entre nous. En parallèle, les gens sont devenus méfiants des producteurs à cause de l’agribashing. Grâce à ce confinement et aux réseaux sociaux, nous avons une belle occasion pour communiquer. Après, il faut convaincre. C’est un travail en plus. Mais ça vaut le coup. C’est l’occasion pour notre profession de rebondir. » Surtout, il y a cette reconnaissance que ces producteurs perçoivent dans les yeux des gens quand ils livrent les paniers. Une source de « courage » qui donne du « baume au cœur » qui les fait réfléchir. « On envisage sérieusement de prolonger ce système de panier après le confinement. Habituellement, on travaille toute la semaine en attendant le marché. Après, il y a un léger coup de mou jusqu’au marché suivant. Avec ces paniers, on est stimulé tous les jours. C’est une satisfaction incroyable ! »

Travail saisonnier en agriculture

Un maître-nageur pour récolter les choux-fleurs

Publié le 11/04/2020

Pour suppléer le manque de main-d’œuvre saisonnière en période de Covid-19, un appel aux bonnes volontés a été lancé. En Alsace, de nombreuses personnes y ont répondu : salariés en chômage partiel, étudiants, artisans… Mais sur le terrain, tout n’est pas aussi simple.

« À toutes les bonnes volontés qui disposent de temps, nous aurons besoin de 200 000 saisonniers dans les trois mois. Nous vous accueillerons dans de parfaites conditions de sécurité ». Lancé sous le slogan « Des bras pour ton assiette », l’appel à suppléer le manque de travailleurs saisonniers en période de Covid-19 a recueilli un franc succès. Selon les chiffres du 6 avril, 216 000 personnes s’étaient inscrites sur WiziFarm, la plate-forme nationale dédiée à l’opération, en l’espace de trois semaines. « Un chiffre incroyable », pour Christelle Jamot, directrice de la FDSEA du Haut-Rhin. Dans ce département, à la même date, 3 243 personnes s’étaient inscrites sur la plate-forme et 250 candidatures spontanées étaient parvenues directement au syndicat haut-rhinois. En face, 146 employeurs haut-rhinois avaient fait part de leurs besoins en main-d’œuvre.     Une fois, salariés potentiels et employeurs enregistrés sur la plate-forme, la mise en relation des uns et des autres est réalisée au moyen d’un algorithme qui prend en compte les compétences et la situation géographique. L’objectif est que chaque employeur trouve le personnel qui lui est nécessaire dans un rayon aussi proche que possible. Pour les 250 candidatures spontanées adressées à la FDSEA du Haut-Rhin, ce sont les mêmes critères qui sont utilisés. Participer à l’effort national La FDSEA du Bas-Rhin, elle, a choisi de s’appuyer sur une plate-forme existante, l’Agriculture recrute, pour trouver des bras prêts à remplacer les saisonniers qui devaient venir en renfort. L’appel aux candidats a été diffusé nationalement et elle a pu recueillir près de 600 candidatures. « Ça a très bien marché, juge Yohann Lecoustey, directeur de la FDSEA du Bas-Rhin. Nous avons eu des profils très différents, beaucoup de citadins, de Strasbourgeois notamment ». Les motivations sont diverses : envie de participer à un effort national, volonté de soutenir l’agriculture ou nécessité de gagner sa vie, c’est selon. Yohann Lecoustey, du côté du syndicat bas-rhinois, a choisi d’effectuer un premier tri dans les candidatures pour proposer aux employeurs intéressés un panel de profils différents avec au moins une expérience du travail agricole, même modeste. « C’est un travail de fourmi, qualitatif », souligne Yohann Lecoustey. Une animatrice de la FDSEA, Noémie Litt, a été chargée de mettre en relation candidats et employeurs, la sélection finale revenant à l’employeur.     Olivier Houdé, producteur de houblon à Minversheim, a ainsi reçu une liste d’une dizaine de candidats pour la mise au fil de houblon, un chantier qui nécessite entre quinze et vingt personnes sur un court laps de temps. Même si la mise au fil n’est prévue qu’autour du 20 au 25 avril, il a préféré prendre les devants en contactant les volontaires : des opticiens, un maçon, des kinés, des étudiants. « Ils sont prêts à travailler si le confinement continue », indique, soulagé, le jeune houblonnier. Il espère recruter par la suite, parmi les bénéficiaires du RSA. Et après le confinement ? C’est une des limites de cet appel : nombre de personnes qui y ont répondu sont des salariés mis au chômage partiel ou des étudiants dont les cours ont été interrompus. Que va-t-il se passer lorsque le travail ou les cours reprendront ? « Ce sont des gens qu’on aura formés mais qui ne seront peut-être plus là début mai lorsqu’on sera en pleine récolte et qu’on aura mis en place des conditions sanitaires optimales pour travailler en sécurité », constate, elle aussi, Véronique Steinmetz, directrice de la coopérative de Hœrdt, tout en reconnaissant le « magnifique élan » exprimé par les volontaires. Autre question : si la bonne volonté des candidats n’est pas à mettre en doute, celle-ci va-t-elle résister à l’épreuve des travaux physiques ? « Il ne faut pas une grande formation pour mettre au fil le houblon, mais il faut quand même tenir le coup, reconnaît Olivier Houdé. On se lève, on s’accroupit environ 300 fois par ligne. » Isabelle Eschbach, maraîchère à Innenheim, n’est pas trop inquiète de ce côté-là : elle a réussi à constituer une équipe d’une dizaine de salariés, parmi lesquels beaucoup d’étudiants et même un maître-nageur. « Ceux qui ont envie de bosser s’adaptent très bien. On ne peut pas s’attendre à la même efficacité qu’avec des gens qui font ça depuis vingt ans, mais au bout de deux ou trois jours, ça va tout seul, il faut juste être un peu patient. » Pour le mois d’avril, la récolte des choux-fleurs et les travaux de plantation sont donc assurés dans son exploitation. Pour le mois de mai, il faudra voir… Inquiétude sur les débouchés « On a besoin de main-d’œuvre qualifiée », insiste, pour sa part, Albert Binder, agriculteur à Sessenheim dans le nord de l’Alsace, qui emploie d’ordinaire une quarantaine de saisonniers pour la récolte des asperges, dont trente viennent de l’étranger, de Roumanie et Pologne, notamment. Les plus fidèles viennent depuis vingt ans et enchaînent la récolte des asperges, la plantation du tabac et la castration du maïs semence. S’il parvient à constituer son équipe pour récolter ses asperges, une question reste entière : va-t-il pouvoir les écouler ? « Notre principale question, c’est de savoir si la consommation va être au rendez-vous et à quel tarif on va vendre, relève Albert Binder. Imaginez ce qu’il va rester si on doit embaucher de la main-d’œuvre qui n’est pas qualifiée… » L’incertitude autour des débouchés est un facteur d’inquiétude croissant chez de nombreux agriculteurs alsaciens. Au point de faire passer désormais la question de la main-d’œuvre au second plan.

Publié le 09/04/2020

De nombreuses fermes-auberges débutent généralement leur saison à l’occasion des fêtes de Pâques. À cause de la crise sanitaire, ces établissements resteront portes closes. Les professionnels sont touchés et attendent des jours meilleurs. C’est le cas du président des fermiers-aubergistes du Haut-Rhin, Serge Sifferlen. Il s’est replié pour effectuer ses travaux agricoles au sein de son élevage à Kruth.

Le travail ne manque pas en ce début du mois d’avril. Le professionnel est bien occupé avec ses 70 bovins (dont une cinquantaine de vosgiennes) qui lui permettent de produire de la viande et du lait. « On a nettoyé les pâtures, sorti le lisier et le compost, fait le stockage des copeaux. Il y a également, comme partout, les vêlages, les entretiens des pâtures, la traite, ou encore les réparations des clôtures. Là, on est donc dans les temps pour cette sortie d’hiver. Ce qui me stresse actuellement, c’est déjà cette sécheresse et ce vent d’Est. Nous sommes inquiets pour la pousse de printemps. Il y a également une pression importante des cervidés sur les prés de fauche », explique Serge Sifferlen. Il profite du temps ensoleillé et doux en journée pour sortir une partie des laitières qui sont en stabulation entravée. Les génisses vont suivre dans quelques jours. L’ensemble du cheptel en fera de même dans les semaines à venir. Une activité qui se répète d’année en année. Cette fois, il y a cependant une pression supplémentaire : la crise sanitaire. Comme tous les professionnels du monde agricole et viticole, Serge Sifferlen doit appliquer les directives. « Nous sommes comme tout le monde. Cette crise sanitaire est angoissante et stressante. Pour la traite, c’est désormais toujours moi qui m’en occupe. Cela permet d’éviter de multiplier les contacts. J’ai un salarié qui s’en charge généralement. Je n’ai pas envie de lui faire prendre le moindre risque. Pour l’auberge, il est d’ailleurs en chômage partiel. Nous avions prévu d’ouvrir, comme chaque année, pour le week-end de Pâques. Généralement, nous préparons les lieux quinze jours à trois semaines avant. Ce travail n’a pas été effectué. Nous avons également des saisonniers dont ma fille. Là aussi, je dois les faire patienter », précise Serge Sifferlen. « Nous sommes dans l’expectative » Située au-dessus du lac de Kruth-Wildenstein, près du Grand Ventron, la ferme-auberge du Schafert va donc attendre plusieurs semaines encore ses premiers visiteurs. « En temps normal, elle est ouverte tous les jours sauf le lundi, de Pâques jusqu’au 11 novembre. Nous accueillons quotidiennement une cinquantaine de clients. Là, nous sommes dans l’expectative. Si la saison démarre entre le 15 mai et le 1er juin, tout ne sera pas perdu. Il restera deux beaux mois d’été, plus septembre et octobre. On pourra s’en sortir. Ce sera absorbable. Mais, si cette crise sanitaire venait à se prolonger en dépassant juin, nous n’aurions plus aucune visibilité économique. Il faut savoir que tout ce que nous produisons sur la ferme va à l’auberge. Nous sommes structurés pour ne pas gagner d’argent en hiver. Et pour travailler ensuite. Pour la production de fromage, c’est la même chose. Si le confinement devait s’éterniser, on devrait modifier la production de fromage. On ferait des fromages de garde qu’on peut stocker, plutôt que des munsters qu’il faut écouler à maturité après les trois semaines d’affinage », ajoute Serge Sifferlen.     Sa situation ressemble à celle de l’ensemble des professionnels du massif. Certains peuvent compter sur les marchés locaux encore ouverts (huit dans le Haut-Rhin la semaine passée), les magasins de producteurs, les drives fermiers ou même de nouvelles activités comme des livraisons à domicile. Mais, ces activités, certes intéressantes, ne feront pas la saison d’une ferme-auberge. « Les professionnels les plus expérimentés qui ont remboursé leurs prêts vont sans doute s’en sortir s’ils ont de la trésorerie. Mais, pour les plus jeunes qui viennent d’investir, notamment pour les mises aux normes, on va au-devant de difficultés importantes. Si nous voulons être optimistes, on peut se dire que le confinement actuel va donner l’envie aux gens de consommer à nouveau des produits locaux et de se rabattre sur la montagne. Mais, quand pourront-ils à nouveau sortir ? », s’interroge Serge Sifferlen. La transhumance à huis clos ? Une autre inconnue : les transhumances. Les premières ont généralement lieu début mai. Elles se succèdent pendant un mois. Celle de Serge Sifferlen est programmée chaque année à la Saint Urbain, le 25 mai. « Là, nous n’allons rien y changer. S’il le faut, nous les ferons à huis clos. Ce serait triste. Mais, quoi qu’il arrive, les troupeaux doivent monter sur les hautes chaumes », précise Serge Sifferlen. Il sait de quoi il parle. Sa première transhumance date de mai 1967 avec ses parents. Il a repris l’exploitation familiale en 1999. C’est, cette année, la 54e saison de l’auberge. « Faire la transhumance dans les temps, c’est une nécessité. On ne peut pas garder les troupeaux en vallée l’été. Il faut libérer les prés pour faire du fourrage pour l’hiver. D’autant qu’après deux années de sécheresse et les dégâts du gibier, les stocks sont déjà bas. Nous sommes nombreux à avoir acheté du foin », conclut Serge Sifferlen. Il attend également de meilleurs horizons pour programmer l’assemblée générale des fermiers-aubergistes. Elle sera vraisemblablement décalée à l’automne prochain.

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