Récolte du maïs grain
Les rendements ne suffiront pas à rétablir l’équilibre économique
Récolte du maïs grain
Publié le 20/10/2016
Si les conditions météorologiques de ces derniers jours étaient favorables à la récolte du maïs, les céréaliers font grise mine. Les rendements sont à la baisse et les prix n’augmentent pas. L’équilibre économique de certaines exploitations agricoles devient inquiétant.
Cela fait plusieurs jours maintenant que les céréaliers récoltent le maïs. Ils espèrent tous que la plante « phare » de la région va sauver une année agricole bien morose. La météorologie est favorable. « Ces derniers jours, les conditions de travail sont bonnes. Nous avançons. Nous estimons qu’un tiers des surfaces est désormais récolté dans le nord du Haut-Rhin. Nous espérons que ces conditions de récolte vont perdurer », explique Thomas Obrecht, président de l’Association des producteurs de céréales et d’oléagineux (Apco). Ceci dit, les raisons de se réjouir sont maigres. « La baisse des rendements est une réalité pour beaucoup de monde. Dans les bons secteurs irrigués et à fort potentiel, cette baisse est d’environ 10 %. Mais elle peut aller jusqu’à 25 - 30 % dans les secteurs les moins favorables, et notamment ceux qui étaient inondés le printemps dernier. Dans le Sundgau et les collines sous-vosgiennes, il est encore trop tôt pour se prononcer. La récolte vient à peine de débuter. « Sur mon exploitation, à Illhaeusern, les champs de maïs ont souffert des inondations du printemps. Un tiers des maïs n’a pas levé. Pour le reste, les rendements ne sont pas au rendez-vous. À Holtzwihr, c’est plus encourageant. Nous récoltons une variété précoce, semée début mai, après les pluies. Cette parcelle est intéressante en termes d’humidité et de potentiel de rendement. Mais, en règle générale, je pense que la baisse de rendement de ma propre exploitation sera de 10 à 15 % », estime Thomas Obrecht. « Selon moi, le rendement départemental moyen sera en baisse de 20 % pour le Haut-Rhin », ajoute-t-il. Or les prix sont toujours aussi bas. « Cette situation, qui fait suite à trois années difficiles, ne permet plus d’assurer l’équilibre économique de nombreuses exploitations. Après ces quatre années de vache maigre, je pense qu’à l’automne prochain, il risque d’y avoir des problèmes de trésorerie. Aussi nous nous attendons et nous nous préparons à mettre en place des politiques de soutien et d’aide identiques à ce qui a été mis en place pour les éleveurs avec, par exemple, des charges d’annuité en moins pour donner un ballon d’oxygène ». Heureusement la qualité semble être au rendez-vous grâce à la météo des dernières semaines. « Il faut parler » Thomas Obrecht appelle les agriculteurs à ne pas faire preuve de trop de pudeur, à ne pas rester seuls dans leur coin et à dire ce qui ne va pas. « Les gens doivent parler car il y a des solutions pour les accompagner. Qu’ils ne s’isolent pas. On a vu dans l’élevage l’année passée que, quand toute la filière se mobilise, il y a moyen de trouver des solutions au cas par cas. Les céréaliers ne doivent donc pas hésiter à partager leurs problèmes », insiste-t-il. Il s’agace en revanche des nouveaux projets de normes (ZNT de 20 m, par exemple) : « Les paysans ne supportent plus ces nouvelles contraintes. Nous acceptons les années difficiles, liées à la météo. Mais si on y ajoute des dogmes comme cela, nous serons encore davantage impactés. Surtout dans le Haut-Rhin. On fera tout pour se défendre contre ce projet », conclut Thomas Obrecht.












