Publié le 23/09/2016
Le premier salon interprofessionnel du commerce des fruits et légumes d’Alsace s’est tenu mardi 20 septembre aux Tanzmatten à Sélestat. Une belle réussite initiée par l’interprofession qui a mis à la disposition des participants un espace privilégié de dialogue.
L’idée est simple : proposer dans un même lieu, un espace d’exposition permettant à tous les acteurs du commerce des fruits et des légumes que sont les producteurs, les grossistes et les distributeurs, de se rencontrer pour échanger sur leur métier. « L’origine locale des produits, le raccourcissement des circuits de distribution, la démarche qualité engagée par les producteurs sont autant de déclencheurs d’actes d’achat demandés par les consommateurs. Nous avons donc pensé qu’il était pertinent de compléter notre action au quotidien en proposant une telle manifestation. Il y a ici une cinquantaine de producteurs régionaux qui présentent leur production et qui peuvent échanger, dialoguer et mieux se faire connaître auprès des distributeurs et des grossistes. Ce salon interprofessionnel complète d’autres manifestations comme, par exemple, le salon « Saveurs et soleil d’automne » dont la huitième édition aura lieu en 2017, vraisemblablement une nouvelle fois ici à Sélestat », explique le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Pierre Lammert.
Une initiative de la profession saluée par le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Laurent Wendlinger. « La filière des fruits et des légumes en Alsace est une petite filière qui est cependant riche par la qualité de ses professionnels. Ce relationnel entre les producteurs, les commerçants et les distributeurs, c’est la marque de l’interprofession. Elle est une vraie réussite. Un exemple qui doit être suivi pour toute la région Grand Est. Il y a encore de la place en Alsace pour développer cette filière. Il y a un potentiel de consommateurs importants. Ce type de salon doit servir à l’avenir. Au niveau de notre nouvelle grande région, cela a été bien compris. La filière fruits et légumes fait l’unanimité au niveau des décisions politiques. Un budget de 400 000 euros doit ainsi être validé par la commission permanente pour vous soutenir afin de préserver cette dynamique. »
Des contacts directs
Dans les allées des Tanzmatten, Boris Wendling, chef de groupe chez Auchan, vice-président de l’interprofession et président de l’Association de la grande distribution qui regroupe onze enseignes, n’a pas caché sa satisfaction de la réussite de cette journée. « Elle nous engage et nous permet d’être avec les producteurs pour échanger en amont par rapport à tout ce que la production réalise. Cela permet de construire avec eux une relation commerciale pérenne, de nous ouvrir, de construire des liens, de conforter nos relations et de préparer l’avenir. Cela conforte également les efforts réalisés pour mettre en avant les fruits et les légumes alsaciens dans les rayons de nos magasins. Cela montre aux consommateurs un savoir-faire régional et favorise un circuit court. Il y a actuellement une vraie volonté des enseignes de faire profiter des produits locaux. D’autant plus qu’il y a de plus en plus de consommateurs qui veulent acheter local. L’Alsace est une réponse à cette attente. »
Toute la journée, les professionnels se sont donc rencontrés pour échanger dans un cadre convivial et tisser des liens. Des échanges commerciaux qui ont permis de découvrir des produits et le savoir-faire des professionnels autour des stands des producteurs de fruits et légumes d’Alsace, mais également de mieux comprendre les demandes des distributeurs et des grossistes. Au cœur des Tanzmatten, le stand de Dany Schmidt, producteur bio à Volgelsheim, a été bien mis en valeur. « Je suis tout d’abord là car je suis membre de l’interprofession. Ensuite, nous cherchons évidemment à développer encore davantage l’agriculture biologique en Alsace et donc la commercialisation de nos produits dans les différentes enseignes. Il est donc logique d’être présent. Cette manifestation est très intéressante. Les contacts sont bons et les gens sont intéressés. » Joël Reisz, de l’EARL du même nom à Traenheim, partage le même point de vue. « Je suis venu pour présenter ma production et pour voir les acheteurs. Cette manifestation est pertinente pour moi car elle me permet de rencontrer des gens que j’ai d’habitude au téléphone. Le contact direct, c’est important et, souvent, bien plus décisif dans les échanges commerciaux. »
Un cas unique
Un salon réussi également pour Christian Frauel, commercial pour la France de la coopérative fruitière d’Oberkirch en Allemagne. « Nous tenions à être présents car huit de nos adhérents sont Alsaciens et l’un d’entre eux est au conseil d’administration de la coopérative. Nous faisons 50 000 tonnes de fruits dont 2 000 t viennent d’Alsace. Actuellement, les échanges commerciaux évoluent. Il faut être toujours plus réactif. On reçoit, par exemple, des commandes à 13 h et il faut être en capacité de les livrer le lendemain matin. Il est donc important de rencontrer nos clients et distributeurs pour qu’ils comprennent notre mode de fonctionnement. »
Dans l’après-midi, Jean Harzig, rédacteur en chef de la revue Végétable a tenu une conférence. Il a salué l’organisation de la filière des fruits et légumes en Alsace. « Un cas unique qui marche alors que tous nos métiers sont bousculés dans leurs relations économiques et commerciales. » Jean Harzig a insisté sur la nécessité de relocaliser la filière alimentaire française car la proximité est une valeur en pleine croissance. « Tous les circuits courts sont demandeurs. Pour y parvenir, il faut donner des compétences accrues aux régions administratives et relier agriculture, alimentation et culture. Il faut apporter de vraies garanties en matière de qualité et de sécurité sanitaire, et surtout répondre aux demandes des consommateurs localement. Il faut sortir des logiques de masse et apporter du professionnalisme dans ces échanges commerciaux. Cela passe par de la formation, mais aussi par l’innovation. » Jean Harzig évoque la nécessité d’aller vers une agriculture plus solaire et de s’intéresser au « Agtech » qui intègre le numérique et les automates. Sans oublier l’innovation commerciale avec l’essor du bio, des enseignes de circuit court comme La Ruche qui dit Oui, des magasins paysans et pourquoi pas, dans le futur, le recours à des entreprises électroniques comme Amazon ou Uber. « En conclusion, il faut sortir l’agriculture et l’alimentation de leur image minière et industrielle. Il faut également revaloriser le rôle nourricier d’une agriculture porteuse de sens. »
La dernière partie de la journée a été consacrée à la remise des prix du concours d’étalage en présence de Delphine Wespiser. L’occasion d’honorer notamment le U Express Greif à Strasbourg dans la catégorie des superettes, le Simply d’Obernai pour les supermarchés, le Leclerc d’Erstein pour les hypermarchés et Verexal d’Obernai pour les magasins de producteurs.