Cultures

Grosse altise adulte du colza

Ne traiter qu’en cas de péril pour la culture

Publié le 24/09/2016

La lutte contre les grosses altises adultes ne doit être faite que si la survie de la culture est en jeu. La mise en évidence de populations résistantes aux pyréthrinoïdes impose un changement radical des pratiques vis-à-vis de ce ravageur. Il faut d’abord mettre tous les moyens agronomiques de son côté (semis précoce, levée rapide, dynamique de croissance) et ensuite raisonner au plus juste les interventions et le choix des insecticides.

À la fin de l’été, lorsque les températures baissent, le vol des grosses altises du colza est déclenché par un réchauffement significatif (températures supérieures à 20 °C). Le régime de précipitations ne semble pas intervenir, sinon en favorisant la levée et en provoquant une baisse de température. Dans les régions du Nord et de l’Est, l’arrivée des premières grosses altises se situe en général vers le 10-15 septembre. Après 3 feuilles les interventions sont inutiles Il faut que votre colza ait plus de 3 feuilles à l’arrivée des altises pour qu’il ne coure plus de risque. Si le colza a moins de 4 feuilles, le seuil de risque est fixé à 80 % des plantes présentant des morsures et 25 % de la surface foliaire détruite. Il faut aussi prendre en compte le dynamisme de la culture : un colza qui bénéficie de conditions de croissance favorables sort rapidement des stades de sensibilité. Les essais conduits par Terres Inovia ont montré qu’un traitement spécifique contre les larves était plus efficace que des interventions répétées contre les adultes. On peut l’expliquer par l’arrivée échelonnée des adultes, l’apparition des résistances aux pyréthrinoïdes et des conditions climatiques plus ou moins propices au moment des pontes. Par conséquent, il est recommandé de ne traiter les adultes que si la survie de la culture est en jeu, c’est-à-dire lorsque qu’elle est fortement attaquée en début de cycle. Il est donc inutile de s’acharner contre les adultes dans l’espoir de limiter les larves. Traiter la nuit ? Une fois installées sur les parcelles, les grosses altises ont essentiellement une activité nocturne. Intervenir en soirée ou en début de nuit permet d’obtenir une meilleure efficacité des insecticides. Le volume d’eau doit être au minimum de 150 l/ha pour optimiser la qualité de la pulvérisation et le contact du produit avec les insectes. Afin de préserver les pyréthrinoïdes là où ils fonctionnent encore et sur d’autres insectes, Terres Inovia conseille d’intervenir avec Boravi WG 1 kg/ha (Phosmet) sur altise adulte. Boravi WG est à utiliser avec un acidifiant. Si le phosmet n’est pas disponible, utiliser une association chlorpyriphos éthyl + pyréthrinoïde.

Fruits et légumes d’Alsace

Plus près, plus frais, plus vrai

Publié le 23/09/2016

Le premier salon interprofessionnel du commerce des fruits et légumes d’Alsace s’est tenu mardi 20 septembre aux Tanzmatten à Sélestat. Une belle réussite initiée par l’interprofession qui a mis à la disposition des participants un espace privilégié de dialogue.

L’idée est simple : proposer dans un même lieu, un espace d’exposition permettant à tous les acteurs du commerce des fruits et des légumes que sont les producteurs, les grossistes et les distributeurs, de se rencontrer pour échanger sur leur métier. « L’origine locale des produits, le raccourcissement des circuits de distribution, la démarche qualité engagée par les producteurs sont autant de déclencheurs d’actes d’achat demandés par les consommateurs. Nous avons donc pensé qu’il était pertinent de compléter notre action au quotidien en proposant une telle manifestation. Il y a ici une cinquantaine de producteurs régionaux qui présentent leur production et qui peuvent échanger, dialoguer et mieux se faire connaître auprès des distributeurs et des grossistes. Ce salon interprofessionnel complète d’autres manifestations comme, par exemple, le salon « Saveurs et soleil d’automne » dont la huitième édition aura lieu en 2017, vraisemblablement une nouvelle fois ici à Sélestat », explique le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Pierre Lammert. Une initiative de la profession saluée par le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Laurent Wendlinger. « La filière des fruits et des légumes en Alsace est une petite filière qui est cependant riche par la qualité de ses professionnels. Ce relationnel entre les producteurs, les commerçants et les distributeurs, c’est la marque de l’interprofession. Elle est une vraie réussite. Un exemple qui doit être suivi pour toute la région Grand Est. Il y a encore de la place en Alsace pour développer cette filière. Il y a un potentiel de consommateurs importants. Ce type de salon doit servir à l’avenir. Au niveau de notre nouvelle grande région, cela a été bien compris. La filière fruits et légumes fait l’unanimité au niveau des décisions politiques. Un budget de 400 000 euros doit ainsi être validé par la commission permanente pour vous soutenir afin de préserver cette dynamique. » Des contacts directs Dans les allées des Tanzmatten, Boris Wendling, chef de groupe chez Auchan, vice-président de l’interprofession et président de l’Association de la grande distribution qui regroupe onze enseignes, n’a pas caché sa satisfaction de la réussite de cette journée. « Elle nous engage et nous permet d’être avec les producteurs pour échanger en amont par rapport à tout ce que la production réalise. Cela permet de construire avec eux une relation commerciale pérenne, de nous ouvrir, de construire des liens, de conforter nos relations et de préparer l’avenir. Cela conforte également les efforts réalisés pour mettre en avant les fruits et les légumes alsaciens dans les rayons de nos magasins. Cela montre aux consommateurs un savoir-faire régional et favorise un circuit court. Il y a actuellement une vraie volonté des enseignes de faire profiter des produits locaux. D’autant plus qu’il y a de plus en plus de consommateurs qui veulent acheter local. L’Alsace est une réponse à cette attente. » Toute la journée, les professionnels se sont donc rencontrés pour échanger dans un cadre convivial et tisser des liens. Des échanges commerciaux qui ont permis de découvrir des produits et le savoir-faire des professionnels autour des stands des producteurs de fruits et légumes d’Alsace, mais également de mieux comprendre les demandes des distributeurs et des grossistes. Au cœur des Tanzmatten, le stand de Dany Schmidt, producteur bio à Volgelsheim, a été bien mis en valeur. « Je suis tout d’abord là car je suis membre de l’interprofession. Ensuite, nous cherchons évidemment à développer encore davantage l’agriculture biologique en Alsace et donc la commercialisation de nos produits dans les différentes enseignes. Il est donc logique d’être présent. Cette manifestation est très intéressante. Les contacts sont bons et les gens sont intéressés. » Joël Reisz, de l’EARL du même nom à Traenheim, partage le même point de vue. « Je suis venu pour présenter ma production et pour voir les acheteurs. Cette manifestation est pertinente pour moi car elle me permet de rencontrer des gens que j’ai d’habitude au téléphone. Le contact direct, c’est important et, souvent, bien plus décisif dans les échanges commerciaux. » Un cas unique Un salon réussi également pour Christian Frauel, commercial pour la France de la coopérative fruitière d’Oberkirch en Allemagne. « Nous tenions à être présents car huit de nos adhérents sont Alsaciens et l’un d’entre eux est au conseil d’administration de la coopérative. Nous faisons 50 000 tonnes de fruits dont 2 000 t viennent d’Alsace. Actuellement, les échanges commerciaux évoluent. Il faut être toujours plus réactif. On reçoit, par exemple, des commandes à 13 h et il faut être en capacité de les livrer le lendemain matin. Il est donc important de rencontrer nos clients et distributeurs pour qu’ils comprennent notre mode de fonctionnement. » Dans l’après-midi, Jean Harzig, rédacteur en chef de la revue Végétable a tenu une conférence. Il a salué l’organisation de la filière des fruits et légumes en Alsace. « Un cas unique qui marche alors que tous nos métiers sont bousculés dans leurs relations économiques et commerciales. » Jean Harzig a insisté sur la nécessité de relocaliser la filière alimentaire française car la proximité est une valeur en pleine croissance. « Tous les circuits courts sont demandeurs. Pour y parvenir, il faut donner des compétences accrues aux régions administratives et relier agriculture, alimentation et culture. Il faut apporter de vraies garanties en matière de qualité et de sécurité sanitaire, et surtout répondre aux demandes des consommateurs localement. Il faut sortir des logiques de masse et apporter du professionnalisme dans ces échanges commerciaux. Cela passe par de la formation, mais aussi par l’innovation. » Jean Harzig évoque la nécessité d’aller vers une agriculture plus solaire et de s’intéresser au « Agtech » qui intègre le numérique et les automates. Sans oublier l’innovation commerciale avec l’essor du bio, des enseignes de circuit court comme La Ruche qui dit Oui, des magasins paysans et pourquoi pas, dans le futur, le recours à des entreprises électroniques comme Amazon ou Uber. « En conclusion, il faut sortir l’agriculture et l’alimentation de leur image minière et industrielle. Il faut également revaloriser le rôle nourricier d’une agriculture porteuse de sens. » La dernière partie de la journée a été consacrée à la remise des prix du concours d’étalage en présence de Delphine Wespiser. L’occasion d’honorer notamment le U Express Greif à Strasbourg dans la catégorie des superettes, le Simply d’Obernai pour les supermarchés, le Leclerc d’Erstein pour les hypermarchés et Verexal d’Obernai pour les magasins de producteurs.

Maïs fourrage

Prévoir la récolte

Publié le 01/09/2016

Le stade de développement de la culture est primordial pour récolter le maïs fourrage car il conditionne la qualité et la conservation de l’ensilage. Trois à quatre semaines après la sortie des soies (stade repère de la floraison), l’observation des grains permet déjà de prédire la date optimale de récolte.

En 2016, les maïs risquent d’être particulièrement hétérogènes d’une parcelle à l’autre et justifient, encore plus que d’habitude, de bien observer le remplissage des grains, surtout dans les situations à fort déficit hydrique. Rendez-vous donc au champ trois semaines à un mois après la sortie des soies ! Objectif 32 % de matière sèche Quelles que soient les conditions de semis et de végétation, la date de récolte est importante pour la réussite de la culture de maïs fourrage. Récolter trop tôt, c’est un manque à gagner en rendement et en qualité (teneur en amidon), des pertes par jus. Récolter trop tard, c’est potentiellement des difficultés de conservation. L’observation du remplissage des grains en cours de végétation permet de prédire la date optimale de récolte. L’objectif est d’ensiler un maïs fourrage aux alentours de 32 % MS plante entière. À ce stade, l’amidon est réparti en trois tiers dans les grains des couronnes centrales des épis : amidons laiteux, pâteux et vitreux. Pour des raisons pratiques d’organisation de chantier, il faut anticiper ce stade. C’est pourquoi il est conseillé de visiter les parcelles trois semaines à un mois après floraison pour observer le remplissage des grains et ainsi déterminer la date optimale de récolte. « C’est le grain qui commande » À cette date, il est facile de repérer l’apparition de la lentille vitreuse à l’extrémité des grains des couronnes centrales des épis. La lentille vitreuse, jaune dorée et difficilement rayable à l’ongle, correspond au dépôt d’amidon vitreux à l’extrémité du grain. La plante entière est alors, selon son gabarit et l’état des feuilles, entre 24 et 26 % de MS. Si l’appareil végétatif est développé et les feuilles vertes, la plante est entre 23 et 25 % de MS. Si l’appareil végétatif est court et les feuilles sèches sous l’épi, la plante se situe entre 25 et 27 % de MS.À partir du stade d’apparition de la lentille vitreuse, il reste 6 à 8 points de MS à acquérir pour atteindre le stade optimal de récolte : 32 % de MS plante entière. Cela représente 140 à 180 degrés jours, soit 20 à 30 jours selon les régions, la période de récolte et le scénario climatique de la fin de l’été et de l’automne… Pour estimer la maturité de la parcelle, il est conseillé de se référer à la grille de maturation des grains diffusée par Arvalis-Institut du végétal.

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