Cultures

Désherbage du colza

Gérer la post-levée sur dicots

Publié le 19/10/2017

Un tour de plaine en octobre est l’occasion de vérifier la qualité du désherbage pour envisager ou non un rattrapage ou un complément de post-levée sur dicots : Atic-Aqua contre le coquelicot, Ielo ou Callisto. Focus sur les deux herbicides de post-levée les plus employés.

Les échecs de désherbage sur géraniums, bleuet, moutardes, ravenelle, calépine sont observables dès le mois de septembre. Fin septembre à début octobre les premières levées de matricaire, coquelicot, gaillet, véronique, stellaire sont constatées. En général, ces mauvaises herbes tardives restent bien contrôlées par l’herbicide appliqué au semis. Ielo, Biwix, Yago (propyzamide 500 g/l et aminopyralide 5,3 g/l) Les produits Ielo, Biwix, Yago (1,5 l/ha, dose homologuée en novembre) ont les mêmes conditions d’emploi que le Kerb flo (antigraminée-propizamide seule) et sont aussi efficaces contre les graminées. Ielo est efficace sur anthémis, bleuet, laiterons, légumineuses, mâche, matricaire, mouron des champs, stellaires et véroniques. Le produit fonctionne à basse température et présente aussi une efficacité intéressante sur pensée, lychnis, mercuriale et, en complément d’une base prélevée, sur coquelicot et fumeterre. L’efficacité sur chardon-marie peut parfois être jugée insuffisante (complément possible avec Callisto). Attention, des efficacités moyennes à faibles sont toutefois constatées si les stades sont très développés au moment du traitement (intervenir tout début novembre). Ielo complète la lutte contre des infestations modérées de géraniums avec une base prélevée adaptée même à dose modulée (ex : Colzamid et/ou Alabama, Springbok, Colzor Trio, Axter). Les efficacités contre géranium disséqué, géranium à feuille ronde et géranium mou sont supérieures à celle obtenue sur géranium à tige grêle. Le produit limite leur croissance et leur montée à graines. L’intensité du froid hivernal joue un rôle important dans l’efficacité finale (efficacité très faible sur géranium à tige grêle en cas d’hiver doux). Ielo n’apporte rien sur gaillet, crucifères, ombellifères (anthrisque, carotte, scandix, ammi majus) ou encore lycopsis des champs. Le mélange de Ielo avec Callisto à 0,15 l/ha pour la lutte contre chardon-marie par exemple ou les moutardes n’est pas conseillé par les firmes, mais il est autorisé. Il sera donc réalisé sous la responsabilité de l’utilisateur. Terres Inovia valide ce mélange à travers de nombreux essais où Ielo ne modifiait pas la sélectivité du Callisto. Callisto 0,15 l/ha (mésotrione 100 g/l, formulation SC) Il sera suivi ou pas d’une deuxième application. Le produit est utilisable à l’automne, à partir de 6 feuilles, sur des colzas en bon état végétatif, légèrement endurcis (premiers froids d’octobre) ou novembre et jusqu’au stade rosette, repos végétatif. Callisto détruit très bien calépine, capselle et moutardes. Doté d’une action foliaire et systémique, Callisto présente aussi une efficacité sur lamier, stellaire, véronique, feuille de lierre. Pour les espèces ciblées, l’efficacité est meilleure à des stades jeunes. L’application peut être renouvelée trois semaines plus tard en cas des fortes pressions en crucifères. Du gel durant la fin de l’automne améliore les efficacités. La première application de Callisto s’accompagne souvent d’une forte décoloration, blanchâtre à jaune, et d’une légère réduction de vigueur d’une durée de trois à quatre semaines. Pour limiter ces effets, il suffit de bien respecter les conditions d’emploi et d’application. Contre ravenelle, il est possible d’associer Callisto 0,15 l/ha et Cent 7 0,2 l/ha, bien plus efficace (ce mélange, autorisé, n’est pas couvert par les firmes). L’application est à renouveler trois semaines plus tard. Respecter les bonnes conditions d’emploi du Callisto et du Cent 7. Cette association est également efficace sur jeunes lycopsis (première application mi-octobre). Attention, les couverts de légumineuses associés au colza (trèfle, vesce, gesse, fenugrec, lentille, féverole) seront détruits après usage de Ielo, Biwix, Yago ou Callisto. Ces produits peuvent donc répondre aussi bien à un besoin de désherbage que de destruction simultanée de plantes compagnes avant l’hiver (situations à faible probabilité de gel ou exubérance de végétation des légumineuses).

Publié le 19/10/2017

La campagne de blé 2017 s’est caractérisée par une très faible nuisibilité des maladies, qui permettait de réaliser des impasses sur les traitements fongicides dans la très grande majorité des cas. Cependant, la prudence reste de mise et la tolérance des variétés aux maladies doit rester un critère prioritaire lors du choix variétal.

Face à la faible pression en maladies cryptogamiques sur blé cette année, « les différents prescripteurs avaient des points de vue différents sur les stratégies à adopter », constate Laurent Fritzinger, conseiller agricole à l’Adar de l’Alsace du Nord. La Chambre d'agriculture d’Alsace était, dans la majorité des situations, partisane des impasses. Laurent Fritzinger justifie : « Il n’y avait que quelques foyers de rouille jaune, car le rayonnement important a limité le développement de l’agent pathogène. La rouille brune, la septoriose et la fusariose étaient très rares. Ce faible niveau de pression s’est traduit par une nuisibilité très faible, de 4 à 5 q/ha, contre 30 q/ha en 2016. » Les symptômes les plus marqués de l’année ont donc été ceux dus à l’oïdium, des taches physiologiques, et des dégâts de gel très localisés. Pour Laurent Fritzinger, avec un risque climatique faible, et en l’absence de symptômes, les impasses sur les traitements, que ce soit contre les maladies foliaires ou des épis, se justifiaient dans la grande majorité des cas. « Dans nos essais nous avons procédé à des traitements qui se sont traduits par une contre-performance économique de 50 à 130 €/ha de dépense en produits phytosanitaires qui n’ont pas permis de significativement améliorer le rendement. Sauf sur la variété SY moisson, très sensible à la septoriose, qui valorise un peu un traitement contre les maladies foliaires. » Même constat pour les traitements visant la fusariose. Conclusion de Laurent Fritzinger : « Ces résultats valident à nouveau notre grille de décision ». Variétés : un choix très personnel La Chambre d'agriculture a mis en place des essais variétaux sur trois sites. Les préconisations émises (résumées dans le schéma ci-contre) regroupent les variétés qui ont donné de bons rendements sur chaque site, et chaque année (l’année 2016 a été exclue de l’analyse des données en raison de sa particularité). De la compilation des données récoltées, il ressort que les variétés orloge, pibrac et absalon combinent un rendement et une teneur en protéines supérieurs à la moyenne. En effet, la tendance générale est à une dilution de la teneur en protéines avec l’augmentation du rendement. Parmi les nouvelles variétés mises sur le marché figure orloge, qui cumule une tolérance un peu trop limite à la verse, à la septoriose et à la fusariose. Filon et chevignon semblent plus tolérantes à la septoriose, et affichent un bon comportement vis-à-vis de la rouille jaune. « Il y a des nouveautés intéressantes en septoriose, mais aucune avec un bon profil confirmé face à la fusariose, sauf peut-être chevignon, mais cela reste à confirmer lors des prochaines campagnes », conclut Mickaël Haffner. Quoi qu’il en soit, aucune variété n’étant parfaite, les conseillers préconisent de les choisir en fonction des caractéristiques et des objectifs principaux de chaque exploitation : date de semis, productivité régulière, tolérance à la septoriose, profil DON, teneur en protéines, tolérance à la verse ou au chlortoluron. Quant à la densité de semis, ils préconisent de l’augmenter en cas de semis tardif, afin d’assurer le nombre de plants par mètre carré en sortie d’hiver. Et d’augmenter la densité de semis de 50 grains par mètre carré en mauvaises conditions.

Ferme Stempfler à Spechbach-le-Haut

Les cucurbitacées, source de diversification

Publié le 14/10/2017

À Spechbach-le-Haut, cela fait une dizaine d’années que la famille Stempfler s’est lancée dans la culture des cucurbitacées. Potirons, potimarrons, butternut sont des légumes très appréciés par les consommateurs. La famille en décore sa cour de ferme. Une décoration qui ne peut qu’attirer l’œil et les clients.

Laurence et Vincent Stempfler ne se privent pas d’exposer une partie de leur récolte dans leur cour pour le plus grand bonheur des clients qui apprécient cette décoration pour le moins originale. Cette année encore, le couple d’agriculteurs a fait fort, avec un moulin rouge et ses danseuses. Il y a là des courges par milliers, de toutes les couleurs, de toutes les formes, comestibles ou décoratives. Il y en a pour tous les goûts. « Du rouge vif d’Estampes, des musquées de Provence, des potimarrons ou encore des butternuts. Il y a là de quoi faire de bonnes soupes, mais aussi les proposer en gratin, en purée, en quiche ou encore en tarte, sans oublier des coloquintes pour la décoration automnale », explique Vincent. Cette année, il fête le 20e anniversaire de son installation à la suite de ses parents. Depuis le 1er juillet 1997, il n’a jamais cessé de se diversifier avec, entre autres, des cucurbitacées : « Je suis fier de cultiver ces multiples légumes, de les vendre directement à la ferme, et de décorer ma cour de cette façon ». Ni potasse, ni phosphore S’il s’est autant diversifié, c’est tout d’abord pour des raisons économiques. « L’exploitation reste très petite avec seulement 45 hectares. Mais, surtout, je voulais sortir du tout maïs. Lors de mon installation, il n’y avait ici que trois cultures : le blé, le maïs et la pomme de terre. À ce jour, il y en a douze. Au fil des années, l’orge, le colza, l’oignon, la carotte, le poireau, le pissenlit, les fleurs à couper, les prairies de fauche et les cucurbitacées se sont ajoutés ainsi que d’autres légumes de saison. Nous vendons essentiellement directement ici à la ferme, depuis 1983. Cette façon de travailler nous permet d’être en contact direct avec les clients. Cela nous permet d’échanger avec eux, de les écouter et d’être attentif à leurs demandes ». C’est pour cette raison qu’il a fait le choix de se passer progressivement de produits phytosanitaires. « Beaucoup de mes cultures ne sont pas traitées et celles qui le sont encore reçoivent des mini-doses ou, en remplacement, reçoivent des jus de plantes. Je ne mets plus de potasse, ni de phosphore depuis déjà douze ans. Et j’ai banni tous les insecticides », précise l’agriculteur. Il espère pouvoir continuer sur cette lancée même si, économiquement, la visibilité n’est pas totale. « Pour autant, j’estime qu’il faut tout de même être optimiste, aller de l’avant et, surtout, positiver, innover et ne pas compter les heures passées dans les champs », conclut Vincent Stempfler. Une façon de faire qui séduit. Une centaine de clients s’arrête chaque jour devant la cour pour acheter des légumes du terroir. La cour est ouverte au public tous les après-midi de la semaine de 14 h à 18 h et le samedi toute la journée.

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