Cultures

CAC - Modulation de la fertilisation azotée par drone

« On apporte ce qu’il faut là où il faut »

Publié le 13/10/2017

Depuis le début de l’année, la Coopérative Agricole de Céréales propose à ses adhérents le pilotage de la dose d’azote sur blé avec un drone. Une technologie de plus en plus en vogue qui permet d’améliorer l’efficacité et la précision de sa fertilisation.

Avec le drone, finies les approximations. Thomas Ritzenthaler, agriculteur à Holtzwihr, dresse un premier bilan très positif du pilotage de la dose d’azote par drone sur ses parcelles de blé. Un service proposé depuis cette année par la Coopérative Agricole de Céréales (CAC) après l’avoir expérimenté durant deux campagnes. « On a une offre avec deux vols. Le premier vol se fait au stade « épi 1 cm » et le deuxième au stade « 2-3 nœuds » », explique Christian Jenn, responsable Innovation, Marketing et Solutions Adhérents (IMSA) à la CAC. « Au stade « épi 1 cm », on n’est pas sur du pilotage de la fertilisation azotée, l’objectif est d’homogénéiser la végétation pour pouvoir piloter encore plus finement le dernier apport. C’est à ce moment que le drone va analyser la matière sèche au niveau de la plante ainsi que la quantité d’azote absorbée. On obtient ainsi une mesure réelle de l’indice de nutrition azotée du blé que l’on compare à un indice de nutrition théorique. On sait alors qu’à une période donnée, on est déficitaire en azote et, derrière, l’outil nous permet de calculer la quantité d’azote qu’il faut rajouter pour arriver au niveau optimal. » Plus précis que le satellite En quelques passages réalisés par le pilote de la CAC pour plus de réactivité, la société Airinov - qui assure le traitement des données - peut établir une cartographie très précise des besoins en azote des plantes. Thomas Ritzenthaler, déjà utilisateur de nouvelles technologies (surveillances des chaleurs et de la rumination) dans son élevage de prim’holstein, ne voit que des avantages à utiliser ces machines volantes pour la gestion de sa fertilisation : « On obtient des cartes de préconisation avec des variations de seulement trois unités. On obtient une vision plus fine et technique que ce qu’on peut constater à l’œil. Quand on regarde comme ça, on voit qu’il y a des manques d’azote. Mais ça reste dans les grandes lignes. Avec le drone, il n’y a aucune approximation. ». Pour le conseil en azote, la CAC peut fournir deux types de cartes : la version simplifiée (avec deux à trois doses d’azote différentes) pour l’adhérent qui n’est pas équipé d’un matériel capable de moduler et qui devra par conséquent appliquer les préconisations manuellement ; et la version détaillée (jusqu’à dix doses d’azote différentes) pour les épandeurs équipés. Dans le premier cas, l’utilisateur récupère la carte dans une application installée dans son smartphone, dans le deuxième cas, il récupère un fichier informatique qui est ensuite chargé dans la console du tracteur. Thomas Ritzenthaler fait partie de la première catégorie, son épandeur n’étant pas encore équipé des dernières technologies. Il estime qu’il faut « un peu de surface pour ça ». Sur une SAU totale de 80 ha, il ne dispose en effet « que » de 10 ha de blé répartis en plusieurs parcelles. La plus petite faisant à peine douze ares. Une très petite surface qui n’est pas un frein pour le drone, contrairement à la cartographie par satellite explique Christian Jenn. « Le gros avantage du drone, c’est qu’on peut l’utiliser sur du petit parcellaire comme sur du grand parcellaire. Même une parcelle de douze ares, on ressort une modulation très précise. Avec le satellite, il n’y a pas de carte de préconisation au-dessous de trois hectares. » Quid des économies réalisées ? Elles sont loin d’être négligeables à en juger les observations effectuées par la CAC lors des différents essais. « Dans l’ensemble des situations, en comparant la partie pilotage faite par un drone avec la méthode classique du bilan, on va de zéro à quarante unités d’azote épandues en moins. Il y a ainsi des situations où l’on conforte que la méthode du bilan était la bonne, et d’autres, on s’aperçoit qu’on peut arriver à l’optimum en rendement et protéines avec dix, vingt, ou trente unités de moins. Et même, demain, l’outil pourra nous montrer des situations où l’on pourra dépasser la dose recommandée par la méthode du bilan. Ça sera justifié et mesuré », annonce Christian Jenn. Ce service de pilotage par drone sera étendu au colza dès la campagne 2018. Pour le maïs, il faudra attendre encore un peu. « On y travaille, mais pour l’instant, on n’arrive pas à obtenir des résultats probants avant le stade dix ou douze feuilles. À huit feuilles, les données ne sont pas corrélées avec une courbe de rendement et ne permettent pas de donner la dose d’azote qu’il faudrait apporter », ajoute le responsable IMSA de la CAC.

Choucrouterie Claude à Chavannes-sur-l’Étang

Une année correcte pour le chou à choucroute

Publié le 11/10/2017

Après deux années difficiles en raison d’une météo défavorable, la saison 2017 du chou à choucroute est correcte. Depuis mi-juillet, la choucrouterie Claude à Chavannes-sur-l’Étang produit 25 tonnes de chou par jour, mais également 4 à 5 tonnes de navets.

2015 et 2016 n’ont pas été des années favorables à la production de chou à choucroute. La faute à la canicule et aux excès d’eau. Fort heureusement, 2017 permet un retour à la normale. « La saison a démarré le 17 juillet. Il faisait chaud au mois de juin. Nous avons immédiatement irrigué les choux. Cela nous a permis d’avoir une bonne récolte sur les précoces jusqu’au 15 août. Pour l’heure, l’année est normale. Les rendements sont corrects. Il y a suffisamment de matière première. Nous n’avons plus besoin d’acheter de chou aux Pays-Bas. Des achats qui ont pesé depuis deux ans sur la trésorerie », explique Pascal Claude, responsable de la choucrouterie éponyme à Chavannes-sur-l’Étang. L’entreprise produit une dizaine de variétés de choux. Elle travaille en culture raisonnée, mais a été contrainte d’effectuer des traitements pour faire face à la pression forte d’insectes - teigne, altise ou encore puceron - durant la période chaude. Pendant tout l’été, la récolte s’est déroulée tôt le matin. « Nous le faisons pour ramener un produit très frais. À partir du mois de septembre, nous récoltons toute la journée car il fait moins chaud. Ensuite, le chou est stocké une quinzaine de jours en cuve, trois semaines en septembre, et quatre semaines actuellement. On a déjà beaucoup coupé, près de la moitié de la récolte totale. Je pense que nous allons terminer la saison vers le début du mois de décembre », ajoute Pascal Claude. Diversifier les produits Les ventes se font ensuite directement au magasin de vente de la choucrouterie, le Cabas du Terroir, dans les grandes et moyennes surfaces, les boucheries, les lieux de restaurations, sur toute l’Alsace, mais également en Suisse et en Franche-Comté. « Nous faisons le constat d’une baisse de la consommation de chou à choucroute depuis quelques années en France. Du coup, nous diversifions nos produits en proposant du chou dans des tartes, des salades, des plats préparés et faits maisons. Il faut trouver de nouvelles idées pour attirer les consommateurs. Pour y parvenir, nous avons investi il y a deux ans dans un nouvel atelier de fabrication. Et nous avons comme projet de moderniser le matériel de conditionnement », précise Pascal Claude. Une quinzaine de personnes sont présentes sur le site de la choucrouterie en pleine saison, y compris le personnel qui fait les livraisons. Outre les 25 tonnes journalières de chou travaillées, l’entreprise a débuté il y a quelques semaines la récolte de la production du navet à raison de 4 à 5 tonnes par jour. Un produit de diversification apprécié et qui a trouvé ses consommateurs.

Campagne de blé 2017

Le rendement par le nombre de grains

Publié le 06/10/2017

Meilleure que celle de 2016, la campagne 2017 s’est caractérisée par son lot de particularités, notamment une fertilisation azotée compliquée à gérer. À l’heure des prochains semis, la Chambre d'agriculture d’Alsace propose de dresser le bilan de cette campagne qui s’achève sur un rendement moyen de 78 q/ha.

En préambule, rembobinons le film en arrière. Les préparations de sol et les semis ont été effectués dans de bonnes conditions. Il y a donc eu peu de pertes à la levée. Puis, l’hiver est arrivé, et avec lui le froid. Conséquences : « Une pression des pucerons limitée, des blés peu développés à l’entrée de l’hiver, un fond de cuve de septoriose quasiment inexistant », détaille Mickaël Haffner, conseiller agricole à l’Adar de l’Alsace du Nord. Les mois de décembre et de janvier se sont caractérisés par la rareté des précipitations, qui n’ont pas permis de recharger la réserve hydrique des sols. La sortie d’hiver s’est caractérisée par une période de tallage courte, qui s’est traduite par un nombre réduit de talles, ce qui explique que peu d’épis sont arrivés à montaison. Les premiers apports d’azote réalisés au mois de février ont été bien valorisés car suivis de précipitations. Ce qui n’a généralement pas été le cas des deuxièmes apports, rarement suivis de précipitations, le mois d’avril ayant été peu arrosé. Le retour des pluies fin avril - début mai a permis de valoriser les deuxième et troisième apports simultanément. Fin avril, un épisode de gel tardif a frappé l’Alsace, avec des dégâts qui sont restés très localisés sur blé et orge, suivi par un mois de mai arrosé, avec des températures moyennes relativement élevées pour la saison. La période qui sépare l’épiaison de la floraison a été assez brève. Et la floraison s’est déroulée en l’absence de précipitations, laissant augurer d’une faible pression en fusariose. Les conditions de fécondation étant idéales, la fertilité a été très bonne, se traduisant par un nombre de grains élevé par épis, ce qui a compensé le faible nombre de talles. Le mois de juin, avec des températures relativement élevées, a fait courir un risque d’échaudage. La récolte s’est déroulée dans de bonnes conditions. Et se solde par un rendement moyen pour l’Alsace de 78 q/ha, de bons PS (à 78 - 82 pour les premiers battages, puis 4 à 6 points de moins suite au retour des précipitations), et une bonne teneur en protéines. Beaucoup - voire trop - de grains Le graphique ci-dessus permet d’étudier la mise en place des différentes composantes du rendement en 2017 par rapport à la moyenne sur la période 2011-2015. Le faible nombre d’épis par mètre carré trouve son origine dans l’installation rapide et intense des températures hivernales, qui a conduit à des blés peu développés en entrée d’hiver. Suivi d’un intervalle court entre la reprise de végétation et la montaison. Ainsi la période de tallage a été réduite et ce potentiel n’a pu complètement s’exprimer. Les nombres de grains par mètre carré et par épi sont en hausse parce qu’à la période stratégique de la méiose, c’est-à-dire lors de la formation des grains de pollen, les conditions ont été optimales. Celles-ci l’ont également été durant la période qui sépare l’épiaison de la floraison. Par contre le poids de mille grains apparaît en baisse. « C’est la conséquence de plusieurs pics de températures supérieures à 25 °C qui ont impacté le remplissage des grains. Cependant, le rendement final n’aurait peut-être pas été meilleur sans ces conditions échaudantes, avance Mickaël Haffner. En effet, il y avait tellement de grains à remplir que les plantes n’auraient peut-être pas pu combler les besoins en remplissage de chaque grain. »

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