Élevage

Publié le 26/03/2020

Si la plupart des organismes d’élevage continuent à assurer un service minimum, Elitest a suspendu son service d’insémination dans quatre secteurs du sud de l’Alsace.

Vendredi 20 mars, Elitest a suspendu son service d’insémination dans quatre secteurs du sud de l’Alsace en raison du Covid-19 : Ferrette, Altkirch, Dannemarie et les collines sous-vosgiennes. « Nous avons pris cette décision suite à l’explosion des cas chez des éleveurs du Sundgau et dans leur entourage, explique Lilian Sellenet, responsable des inséminateurs chez Elitest. Et parce qu’une de nos inséminatrices présentait des symptômes qui l’ont obligée à être confinée. » La coopérative d’insémination a ainsi voulu protéger les inséminateurs dont la santé est fragile, et ne pas exposer davantage ses adhérents. Cette suspension du service a été décidée « jusqu’à nouvel ordre ». « On espère que cela ne va pas durer plus de quinze jours car le cycle d’une vache est de trois semaines », indiquait, ce lundi, Lilian Sellenet, mais en pleine période de crise sanitaire, il est difficile de faire des prévisions. Les éleveurs concernés - ils seraient autour de 250 - ont été avertis par courrier. « C’est une mesure exceptionnelle. Dans le passé, même en cas de fièvre aphteuse, nous n’avions jamais suspendu l’activité », souligne Lilian Sellenet. Dans le reste de l’Alsace, Elitest assure un service minimum : « Nous privilégions les inséminations et les échographies ou les constats de gestation sur les lots, notamment sur les génisses qui sortent à l’herbe. » Les inséminateurs, qui n’ont pas d’autre choix que de se rendre dans les élevages, respectent des consignes d’hygiène strictes. « Tant qu’on a pu, on leur a distribué du gel hydroalcoolique pour qu’ils puissent se nettoyer les mains. » Lorsque celui-ci a manqué, les éleveurs ont été priés de mettre à disposition de l’eau et du savon. L’épidémie prenant de l’ampleur, la coopérative a demandé à ses adhérents de bloquer les vaches à inséminer, de laisser les documents à disposition, d’éviter les contacts entre eux et l’inséminateur. Maintenir l’activité aussi longtemps que possible, tel est l’objectif d’Elitest, qui fait du respect des gestes barrières une priorité.     Contrôle laitier : le conseil… à distance Pour le contrôle laitier, l’activité tourne aussi au ralenti. « La collecte des échantillons de lait a été stoppée, indique Laurent Clarys, du service élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Même chose pour le contrôle de performances en vaches allaitantes. » Les conseillers élevage continuent à assurer le conseil à distance, sur la base des données d’élevage enregistrées ces dernières semaines. Il leur est demandé de maintenir le contact téléphonique, d’être à l’écoute des problèmes rencontrés par les éleveurs, de répondre aux questionnements qui peuvent se poser. Bref, d’avoir un rôle d’accompagnement des éleveurs confrontés à une situation inédite et pleine d’incertitudes. Les seuls conseillers élevage autorisés à se rendre sur le terrain - sans contact avec les éleveurs - sont ceux qui procèdent à des relevés de la pousse de l’herbe. En effet, avec l’arrivée du printemps, la diffusion des flashs consacrés à la mise au pâturage et à la prochaine récolte des fourrages a repris. Compte tenu de la situation, la CAA envisage d’élargir leur diffusion au-delà du cercle des abonnés. Par ailleurs, toutes les activités liées à l’Identification pérenne généralisée (IPG) - déclarations de naissance, édition de passeport, boucles - sont maintenues tant que La Poste fonctionne. Pour faire face à la baisse d’activité liée au Covid-19, le service élevage a par ailleurs devancé la vérification annuelle du matériel de pesée, qui a généralement lieu en été. Les agents qui peuvent se former à distance ou prendre des congés ont été encouragés à le faire. Collecte laitière maintenue L’heure est grave, mais il faut garder espoir, répète Marc Hoenen, directeur d’Unicoolait. La coopérative laitière a informé ses producteurs qu’elle continuait à assurer la collecte du lait, le dépannage des tanks à lait et autres équipements de traite, ainsi que la livraison de l’agrofourniture. Les diagnostics pour la charte Cap avenir et Visa qualité sont suspendus. « On n'assure que le strict nécessaire », résume le directeur d’Unicoolait. En interne, toutes les mesures d’hygiène ont été mises en place et il a été demandé aux éleveurs de respecter quelques mesures simples pour protéger les chauffeurs : laisser la porte de la laiterie entrouverte, assurer l’hygiène et la propreté autour du tank à lait, mettre à disposition de quoi se laver et s’essuyer les mains, respecter les distances de sécurité. L’épidémie intervient au moment où la collecte de lait est à son maximum. Les craintes sont grandes que les industriels ne puissent transformer le lait faute de personnel suffisant. Face à ce risque, Marc Hoenen n’hésite pas à rappeler que les mesures de prévention et de confinement sont indispensables pour venir à bout du Covid-19.

Syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers

La salers trouve sa place

Publié le 24/03/2020

La race salers poursuit son développement. L’interprofession qui l’accompagne a la volonté de revenir dans des labels et des signes de qualité. Les producteurs se sont retrouvés en assemblée générale mercredi 11 mars à Linsdorf avant de visiter l’élevage de Suzanne Stich à Kiffis.

La morphologie des animaux et l’impact de la génétique font progresser la race salers. « On apprécie tout d’abord la morphologie des femelles. Nous établissons ensuite un listing des différentes qualifications des élevages avec des animaux qui sont recommandés, d’autres reconnus, d’autres homologués et les derniers confirmés. Nous hiérarchisons les reproducteurs de chaque troupeau et nous mettons alors en évidence les meilleurs animaux. L’intérêt des accouplements porte sur les vaches recommandées », explique Pierre Laceppe, inspecteur au Herd Book Salers. Il intervenait devant les éleveurs alsaciens en leur précisant que l’on refaisait du « sans corne ». Une précision complétée par Daniel Renger, de la Chambre d'agriculture Alsace et spécialiste de la race. « Le sans corne prendra la place que les éleveurs voudront lui donner. Mais il y a de la place. C’est une fenêtre qui est effectivement à explorer. D’autant plus que l’on constate de beaux taux pour les animaux sans corne. Nous avons un bon exemple avec le taureau prénommé Joker. Il faut toujours conserver les femelles en standard et ensuite remettre du cornu. Nous avons dix années de travail génétique derrière nous. C’est peu. Nous pouvons encore progresser tout en étant prudent et varier les souches », précise Daniel Renger. De la bonne viande Concernant l’avenir de la production, les projets ne manquent pas. Il y a une demande toujours plus importante concernant l’engraissement de génisses sans corne en salers. L’interprofession souhaite revenir dans les labels et les signes de qualité. Sachant que les labels rouges existent dans la plupart des races. « En salers, nos vaches sont intéressantes même si elles sont lourdes. Pour être dans une démarche label rouge, il faut quatre mois de carence à partir du moment où on a fait le dossier. Il faut également être charté et s’engager dans une démarche de qualité. Les animaux doivent pâturer et leur alimentation doit être sans OGM et sans additif particulier. En outre, il ne doit pas y avoir d’ensilage de maïs à l’engraissement sur la période de finition, soit les quatre derniers mois », ajoute Daniel Renger. Il a incité les éleveurs alsaciens à participer à « l’Euro Salers » qui doit se dérouler du 10 au 13 septembre 2020 à Sedan. Une race facile Après avoir approuvé les comptes financiers et renouvelé la confiance au conseil d’administration que préside Nicolas Fady, les éleveurs se sont rendus sur l’exploitation de Suzanne Stich à Kiffis. Elle a repris l’exploitation familiale en janvier 2007. « Auparavant, c’était une exploitation laitière. J’ai débuté avec une quinzaine de génisses de neuf mois. En 2009, j’ai commencé la vente directe de broutards de sept à neuf mois en caissettes. Et, en 2010, j’ai eu mon premier taureau sans corne. J’ai souhaité faire de la salers car c’est une race facile et qui donne de la bonne viande », explique Suzanne Stich. Elle est seule sur l’exploitation. Elle a aujourd’hui 43 vaches, exclusivement des salers. Elle vend sa viande sur commande. De la découpe sous vide et des gens qui viennent sur place pour chercher leurs commandes. Les abattages se font à Cernay. Les vaches sont en pâture et consomment l’herbe locale. 100 % des surfaces de l’agricultrice sont des prairies, soit 90 hectares d’herbes. Elle n’achète aucun produit supplémentaire. « Ce système fait ses preuves. Les résultats des vaches sont plus que satisfaisants. Il y a ici des variétés fourragères adaptées et productives. La clé de la réussite, c’est l’autonomie fourragère. Cela montre que l’on peut vivre de sa production sans gros bâtiment, sans trop s’agrandir et avec peu ou carrément pas d’intrants et de compléments alimentaires », observe Daniel Renger. À noter qu’elle pratique un vêlage à deux ans qui marche très bien. Un système de printemps qui débute en ce mois de mars. L’âge moyen des vaches est de six années avec une faible mortalité (5 % sur la dernière campagne) et un bon taux de renouvellement. Les professionnels ont pu visiter l’exploitation qui se trouve au cœur de ce village sundgauvien, frontalier avec la Suisse.   L’assemblée générale du syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine Salers s’est déroulée ce mercredi matin à Linsdorf.Dans l’après-midi, les professionnels ont visité l’élevage de Suzanne Stich à Kiffis. pic.twitter.com/psigXRXm2R — EAVPHR (@EAVPHR) March 11, 2020   Pour (re)découvrir la race salers, (re)visionnez la vidéo d'Ilo !  

Poulets de chair standards et label

2019 est une bonne année

Publié le 20/03/2020

Les 3 et 4 mars ont eu lieu les réunions techniques Lorial poulets de chair standards et label, à la ferme Maurer à Dorlisheim. Globalement, tous les indicateurs sont au vert en 2019.

Un contexte sanitaire correct, des vaccinations contre la bronchite infectieuse (BI) qui se poursuivent, pas de réovirus, une augmentation de l’âge d’abattage (+ 1,8 jour en poulet standard 957) car il n’y aurait pas eu de pics de consommation imprévus, une augmentation du poids vif (PV) a priori dû au bon contexte sanitaire et à l’âge d’abattage, une baisse de la mortalité (- 15 %) et de la saisie (- 40 %), et aussi une baisse de l’indice de consommation (IC), font globalement de 2019, une bonne année en poulets de chair standards et label. Le marché de 2019 est stable, les rotations un peu plus rapides qu’en 2018 (5 lots par an en 2019), les densités (21,7/m2) et les effectifs sont stables. Aucun phénomène sanitaire marquant n’est à déplorer en 2019, contrairement aux années 2017 et 2018, qui ont compté des épisodes de réovirus, colibacille et BI. Le vétérinaire qui accompagne la filière, Arnaud Schmitt, n’avait donc « pas grand-chose à se mettre sous la dent », a-t-il plaisanté. Avant tout, il a alerté sur la présence d’un cas positif de grippe aviaire dans le Bade-Wurtemberg, début février 2020. Mais aucun autre cas n’a été signalé depuis, a-t-il ajouté. « Faire la nuit » Le docteur a fait son exposé sur l’hypoglycémie qui peut toucher des poulets non habitués au jeûne, non habitués à vivre sur leurs réserves, et qui y sont confrontés exceptionnellement. L’hypoglycémie peut entraîner une mortalité primaire liée à l’absence d’aliment ou une mortalité secondaire liée au début de la digestion consommatrice d’énergie sur des poulets qui viennent de consommer après un jeûne imprévu. Les cas de mortalité qu’il a constatés cet hiver concernaient des poulets jaunes face à une rupture accidentelle d’alimentation et soumis à une absence de programme lumineux. Il conseille donc vivement aux éleveurs de « faire la nuit ». C’est une obligation réglementaire qui participe à la prévention de l’hypoglycémie puisque la « nuit » habitue les poulets à jeûner. Si après une extinction de la lumière, les poulets consomment de plus belle, l’indice de consommation (IC) n’est pas forcément amélioré, en revanche, il n’est pas moins bon ! Du huitième jour à trois jours avant l’abattage, les poulets doivent avoir six heures de nuit au minimum sur 24 h, dont quatre heures d’affilée, a rappelé le vétérinaire. Une lumière transitoire pour passer du « jour » à la « nuit » et inversement est bien sûr préconisée. Une intensité lumineuse de 20 lux est recommandée pour le « jour ». À cette puissance, on ne peut pas lire le journal, précise Arnaud Schmitt. « À 35 jours, les poulets voient bien. Vous pouvez éteindre la lumière en journée. Les poulets seront moins nerveux », informe le docteur. Il est aussi revenu sur le phénomène des « aiguillettes vertes » ou « filets spaghettis » pour rassurer les éleveurs : le problème est mondial, il est dû à des poulets à croissance rapide et lourds, dont la croissance musculaire est importante. Si le filet n’est pas ragoûtant, selon ses propres termes, le reste du poulet est « OK ». Les poulets label sont aussi concernés. Un IC en baisse Ce sont les abattoirs qui déterminent l’âge d’abattage des poulets. En 2019, il semble que les abattoirs n’aient pas été en manque de poulets. Ceux-ci ont donc gagné plus d’un jour de vie, plus d’un jour de consommation. Les poulets standards 757 jaunes ont gagné 1,4 jour et les blancs 957 ont obtenu 1,8 jour. « C’est énorme », en ce qui concerne les blancs, s’exclame Mario Troestler, responsable de l’ensemble des productions volailles de chair de Lorial. En label, ils sont partis un peu plus tôt, tout en respectant l’âge minimum d’abattage (81 jours en jaune et 84 jours en blanc). Si les standards jaunes ont quasiment maintenu leur PV, ils ont moins mangé. L’éleveur maintien donc son revenu ! D’1,938 kg en 2018, ils sont passés à 1,922 kg en 2019. Les standards blancs cependant « ont profité » : ils ont gagné 75 grammes par rapport à l’an passé. Ils pèsent en moyenne 2,215 kg, en 2019. « Le poids vif moyen le plus élevé de ces cinq dernières années ! », souligne Mario Troestler. En label, les mêmes tendances s’observent. Les deux marqueurs pour la réussite des lots sont la mortalité et la saisie. Si la mortalité a baissé de 15 %, en général, en poulets standards, elle n’a pas baissé aussi franchement en label (elle a même remonté en jaunes label). Cela est dû à une mortalité au démarrage et au nervosisme. La saisie a diminué de 40 %, en standard, en général. L’IC baisse, en standard, en 2019. « C’est la deuxième meilleure performance de la décennie ! », met en avant Mario Troestler. La différence entre le PV et l’IC augmente, remarque-t-il, en standard. Les poulets mangent moins que l’an passé et croissent bien. D’ailleurs, 2019 est la plus grosse production de poulets standards blancs de la décennie : 48,5 kg/m2 en cumul, environ. En jaune standard, on est à 40,45 kg/m2 en 2019, en léger recul par rapport à 2018. En label, l’IC est stable. Les deux tiers de la centaine d’éleveurs de poulets de chair standards et label, clients de Lorial, ont participé aux réunions.   Lire aussi : « 2018, une bonne année pour le poulet label rouge », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.  

Pages

Les vidéos