Élevage

Publié le 04/03/2020

Améliorer le confort des vaches est un gage de performance économique. C’est aussi un plus grand confort de travail pour l’éleveur. Explications.

La taille des cheptels augmente mais celle des bâtiments d’élevage ne suit pas forcément. D’où des problèmes de saturation qui rajoutent du travail et font monter le stress chez les éleveurs comme chez les animaux. Tel est le constat fait lors des réunions hivernales animées par les conseillers élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Les chiffres sont là : en l’espace de dix ans, les effectifs ont augmenté de 30 % dans les élevages, pour atteindre 72 vaches en moyenne en 2019. Cette augmentation des effectifs a pu entraîner une dégradation du confort des animaux et, avec elle, des pertes économiques : on chiffre à 250 € le coût d’une boiterie, à 200 € celui d’une mammite. « Une vache est totalement cyclée, explique Cécile Michel. Quand on rompt quelque chose dans le cycle, on perturbe son métabolisme et son fonctionnement. » En 24 h, les vaches passent par une succession de cycles de deux heures : elles mangent environ 30 minutes, font un tour à l’abreuvoir, puis retournent se coucher pendant 1 h à 1 h 30. Le temps de couchage est très important, insiste la conseillère. D’où la nécessité de prévoir une logette par vache pour le couchage. Le temps de traite et de contention, lui, représente 3 h dans la journée d’une vache, soit 1 h 30 maximum matin et soir dans l’aire d’attente, ou bloquées au cornadis. Or, ce temps est très souvent dépassé ce qui engendre des problèmes de pattes. Une place à l’auge L’alimentation et l’abreuvement des animaux sont l’un des cinq fondements de la performance en élevage laitier. Un manque de place à l’auge induit une concurrence accrue entre les vaches. Celles qui ne peuvent pas s’alimenter en premier se ruent sur ce qui reste une fois que leurs congénères sont rassasiées. Cette prise excessive de nourriture entraîne un déséquilibre ruminal. Indépendamment du nombre de places à l’auge, il arrive que les vaches n’aient pas accès à la nourriture à certains moments de la journée ou de la nuit car l’auge est vide ou le fourrage inaccessible. Ce que révèlent les images prises par caméra Timelapse. « Il est important que la ration soit disponible tout le temps et soit repoussée », souligne la conseillère en élevage. Autre constat : une table d’alimentation surélevée de 15 à 20 cm facilite l’ingestion, de même qu’une inclinaison du cornadis de 20° vers l’avant. La qualité et la quantité d’eau distribuée aux vaches laitières sont d’autres paramètres à surveiller. Les besoins journaliers sont évalués à 100 l par vache par une température de 15 °C. Il faut prévoir un point d’eau pour dix vaches laitières (VL), ou huit cm minimum/VL, et un débit suffisant, soit 15 à 20 l/minute. La hauteur de l’abreuvoir doit être de 65 à 75 cm et la température de l’eau comprise entre 8 °C et 14 °C. Attention à l’eau du puits, avertit la conseillère en élevage : « Si vous avez des butyriques, ça peut venir de l’eau. » Elle recommande également de nettoyer régulièrement l’abreuvoir car les vaches préfèrent une eau propre. « Le premier embêté, c’est l’éleveur » À surveiller également, la note d’état corporel : celle-ci ne doit pas augmenter de plus de 0,5 point au tarissement, sans quoi la vache risque de faire du gras et d’avoir des problèmes au vêlage. Entre le vêlage et le pic de lactation, la perte se limitera à 1,5 point. Si la note d’état corporel baisse trop, la vache court plusieurs risques : acétonémie, déficit énergétique, baisse de la production, problèmes de reproduction, immunité affaiblie. La note d’état optimale est à adapter selon la race : aux alentours de 2,5 en prim’holstein et de 3 en simmental et en vosgienne, par exemple. Le confort des vaches est un autre facteur de la performance. On veillera d’abord à leur propreté car « quand les vaches sont sales, le premier embêté, c’est l’éleveur », qui doit passer plus de temps à nettoyer les pis. De plus, la saleté augmente les risques d’infection. Leur assurer un bon confort de couchage est un autre élément important : c’est quand elles sont couchées que les vaches produisent le lait. Bien régler la logette - il existe des référentiels pour cela -, régler la barre au garrot en fonction du gabarit des vaches, éviter les arrêtoirs et les bottes de paille entre les logettes sont quelques-unes des préconisations. Enfin, le confort des vaches laitières passe par la régulation de la température et de l’humidité à l’intérieur de l’étable. Les éleveurs ont pu le constater : les vaches supportent mieux le froid que les grosses chaleurs. À partir de 25 °C, elles rentrent en stress thermique. Il faut donc ouvrir le bâtiment au maximum et si la ventilation naturelle ne suffit pas, recourir à une ventilation forcée (ventilation, brumisation…). Du colostrum au bon moment Troisième fondement de la performance : limiter la douleur. Qu’il s’agisse des blessures et des boiteries ou des mammites, il s’agit d’intervenir tôt. Prévenir plutôt que guérir, comme le dit l’adage. Pour l’écornage aussi, mieux vaut agir avant un mois. Après, l’anesthésie est obligatoire. L’écornage thermique est réputé moins douloureux. Pour renforcer l’immunité des animaux, l’apport de colostrum à la naissance est essentiel. Il faut l’apporter « en quantité, en qualité et au bon moment », c’est-à-dire le plus tôt possible, souligne la conseillère, et privilégier la tétine pour stimuler la salivation. Favoriser les comportements naturels est recommandé. Cela passe par l’accès à une aire d’exercice, à un parcours, ou tout simplement au pâturage. Les aires d’exercices et les couloirs doivent avoir une largeur suffisante et une bonne qualité de sol. Scarifier celui-ci permet d’éviter les glissades. Il faut aussi assurer la propreté de ces espaces en passant le racleur le plus souvent possible. Dernier élément : maintenir une distance d’évitement permet à la fois d’avoir des animaux calmes et, d’assurer la sécurité de l’éleveur et de tous les intervenants présents à proximité des vaches. « Il faut être à la fois l’ami et le chef des animaux », résume la conseillère.   Lire aussi : « Boiteries : lever le pied pour bien les détecter », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Concours des vosgiennes

Girly, cette grande championne

Publié le 28/02/2020

Girly, cette belle vosgienne née le 3 novembre 2011, se trouve sur l’élevage de Laura et Lionel Vaxelaire à Saulxure-sur-Moselotte, dans le département des Vosges. Elle est la grande championne 2020 de ce salon de l’agriculture.

Le couple a repris l’exploitation familiale en 2003, la SNC de l’Envers des Graviers. Aujourd’hui, il élève trente laitières, toutes des vosgiennes, et leur renouvellement. « Cela fait quarante années que la race est présente sur ma ferme. À l’époque, un stagiaire de mon père s’était rendu chez Armand Burger pour acheter des veaux. Il avait été séduit », explique Lionel Vaxelaire. Lui-même vient à Paris depuis l’an 2000, année de son premier concours. « C’est la passion. L’envie de se retrouver tous ensemble et de chercher à valoriser la race », précise l’éleveur. Forcément, avec l’expérience et les différentes manifestations auxquelles il participe, il évite certaines erreurs. « Je viens chaque fois avec mes meilleures vaches. J’avais déjà eu une grande championne en 2011, prénommée Schild. De son côté, Girly avait débuté sa carrière en 2012 avec des titres à Wesserling puis a été grande championne en 2016 à Plaine. C’est donc une vosgienne de grande qualité. En 2017, déjà au salon de l’agriculture, elle avait été première de sa section et championne meilleure mamelle », précise Lionel Vaxelaire. Venir au « spécial » à Colmar Lundi passé, il a présenté sa vosgienne dans la dernière section, celle des vaches confirmées. « On s’est confronté avec des éleveurs qui ont présenté des vosgiennes de très grande qualité également. Je pense que la longévité de Girly a fait la différence. 696 kg de muscles qui expliquent une solidité à toutes épreuves et une très bonne attache arrière comme avant, un système mammaire élégant et porteur à en faire rougir un taureau, sans oublier des courbes avantageuses qui favorisent son aplomb », poursuit le professionnel. Il constate que, depuis vingt ans, le concours est toujours plus difficile et agréable. « La qualité des animaux a évolué positivement. Les lots sont plus homogènes. Les éleveurs progressent dans la préparation des animaux, dans leur tonte, dans leur façon de leur apprendre à marcher en concours. Il faut dire que la vosgienne est une race au top pour les concours. La mixité de la race est bien mise en avant », conclut Lionel Vaxelaire. Il espère venir avec Girly et sa sœur Girl, pour le « spécial » à Colmar, comme à Paris.    

Syndicat des éleveurs de la race Montbéliarde du Haut-Rhin

Un cheptel de qualité à valoriser

Publié le 10/02/2020

Une cinquantaine d’éleveurs de la race Montbéliarde du Haut-Rhin s’est retrouvée jeudi 30 janvier à Feldbach pour l’assemblée générale du syndicat. Parmi les points abordés, la qualité sanitaire du cheptel.

Le syndicat de la race Montbéliarde du Haut-Rhin que préside depuis six ans Jean-Philippe Meyer se porte bien. En 2019 encore, les éleveurs ont promu leur race préférée lors de différents concours réputés. À l’image de celui d’Habsheim lors de la foire Simon et Jude, du salon de l’agriculture à Paris ou encore de l’Axone à Montbéliard. « Ces manifestations ont permis de pérenniser notre dynamisme. Nous comptons poursuivre sur le même chemin en misant sur la solidarité et la convivialité entre les éleveurs. En 2020, le concours d’Habsheim se fera avec nos collègues du Territoire de Belfort. Ce partenariat va apporter un plus à la manifestation. Merci à la Chambre d'agriculture Alsace pour son soutien », se félicite Jean-Philippe Meyer. Ce dernier a été réélu à la présidence du syndicat qui compte 34 adhérents (+6 par rapport à l’année précédente) qui représentent un cheptel de 2 152 vaches (+ 208). Techniquement, la race Montbéliarde affiche des résultats intéressants. 37 élevages du Haut-Rhin, ayant au moins de 80 % de leurs animaux en race Montbéliarde, étaient suivis en 2019 avec un effectif moyen qui dépassait les 62 vaches. La réunion a été l’occasion de remettre la statuette de l’organisme de sélection (OS) à Jean-Pierre Goldschmidt pour sa vache Tabea (Pastago/Electro) qui a produit 108 011 kg de lait dans sa carrière. Cette dernière a débuté à 24 mois en août 2004 lors de son premier vêlage. Elle a fait douze lactations avec une exceptionnelle cyclicité car son dernier vêlage a eu lieu en septembre 2015 ! « Cette vache, comme de nombreuses autres, montre une nouvelle fois les qualités de la race Montbéliarde qui affiche de bons taux en règle générale. C’est un atout dans un environnement économique qui reste compliqué. L’année 2019 l’a démontré avec une météo atypique et un prix du lait qui ne correspond toujours pas à nos attentes. Quoi qu’il en soit, participez aux réunions hivernales du contrôle laitier qui arrivent et engagez-vous dans vos communes pour défendre notre métier et nos vaches », ajoute Jean-Philippe Meyer. Une réunion à laquelle a participé le vice-président de la Chambre d'agriculture Alsace Denis Nass. Comme lors de l’assemblée générale des cantons d’Altkirch et de Dannemarie de la FDSEA du Haut-Rhin, il a rappelé les missions de la Chambre. « Nous nous investissons pour construire avec vous de meilleures solutions techniques. Le programme Elena en est le meilleur exemple. Il s’agit de donner aux agriculteurs les meilleures solutions techniques et les meilleurs conseils », précise Denis Nass. L’intention du projet Elena est en effet de renforcer les exploitations d’élevage du Rhin supérieur. Les expériences et connaissances sont échangées et des solutions communes sont élaborées pour être mises en place des deux côtés du Rhin. Le premier objectif concret est d’apporter une meilleure coopération pour l’approvisionnement d’un marché intégré transfrontalier pour les produits animaux du Rhin supérieur. Le second, d’améliorer les conseils techniques et méthodiques tout comme un accompagnement intensifié vers une plus grande compétitivité. Le troisième est d’établir un réseau sur le développement et la stabilisation de la coopération transfrontalière. « Par rapport à ces objectifs, vous avez toute votre place. La race Montbéliarde fait un très bon compromis entre la production de lait et celle de la viande », rappelle Denis Nass. Il a également insisté sur l’importance de la communication par rapport à l’agribashing actuel, sur la nécessité de mutualiser le matériel et sur les évolutions actuelles et à venir de la Chambre. Prévenir les maladies Le groupement de défense sanitaire (GDS) a fait le point sur les différentes maladies. La bonne nouvelle concerne la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR). Il n’y a pas de nouvelles contaminations en Alsace même si 21 cheptels sont encore concernés. Dans le Haut-Rhin, la maladie est assainie. Pour la diarrhée virale des bovins (BVD), on est en phase de bouclage et d’élimination des « infecté permanent immunotolérant » (IPI). La proportion des veaux positifs baisse. Actuellement, elle se positionne à 0,13 %. Cette diminution doit se poursuivre car l’objectif est d’obtenir l’éradication. Cependant, six nouveaux cheptels ont été infectés en Alsace. Une seconde phase de traitement de la maladie permettra de tester une nouvelle technique et d’effectuer des dépistages. Quatre cantons tests ont été sélectionnés : Drulingen, La Petite Pierre, Bischwiller et Guebwiller. Ce travail de prévention complétera ce qui a déjà été mis en place : la vaccination des animaux mis à la reproduction, l’élimination des animaux positifs sous les quinze jours, l’obtention d’un statut pour tous les animaux, la restriction de la circulation ou encore une enquête épidémiologique dans les cheptels afin de vérifier leur statut. Enfin, pour éviter d’introduire une ou des maladies, il sera demandé des garanties avant l’achat, d’isoler à l’introduction, de vérifier les conditions de transport et encore de compléter les analyses classiques. Concernant la coopérative Elitest, les éleveurs ont été informés que de nouvelles offres sont proposées pour les Montbéliardes avec un renouvellement important de la gamme. Il y a cinq nouveaux taureaux disponibles en semences sexées : Odyno, Ovalromey, Ozone, Ogive et Olifly. Six nouveaux attribués avec des doses à 11 € : Noelcerneu, Ouper, Opticom, Oreo, Ovallees et Oss117. Le dernier point à l’ordre du jour a concerné l’intervention de Benjamin Laville, technicien à l’union des fédérations agricoles (UFA) et spécialiste en nutrition. Il a abordé le thème de l’élevage des veaux et leur alimentation de zéro à six mois. Dans l’après-midi, les éleveurs ont visité le Gaec de la Verdure à Riespach.

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