Élevage

Publié le 05/03/2020

Le « bien vivre ensemble » du Club Holstein 68 demeure. Les éleveurs comptent renforcer leurs présences à divers concours et manifestations dans les mois à venir. Des actions qui seront impulsées par une nouvelle équipe au conseil d’administration présidée par Yves Ritzenthaler.

Avec ses 47 adhérents et ses 3 599 vaches, le club Holstein 68 poursuit sa croissance tant en nombre d’adhérents (+2) que de vaches (+155). Excusé en raison d’obligations familiales, le président sortant David Butsch a fait lire par son vice-président Thomas Prinz un discours dans lequel il se félicite des nombreuses actions engagées. « La qualité de notre cheptel, les nombreux prix de nos vaches et des éleveurs au concours, sans oublier le logo de l’association qui semble apporter une nouvelle lisibilité sont de nombreux points positifs. Nous sommes une grande famille et nous le constatons lorsque nous nous retrouvons pour ces événements ou lors de manifestations plus ludiques comme celle du 2 août 2019 à l’étang de Largitzen », se félicite David Butsch. Par ailleurs, il a décidé de se retirer de la présidence du club Holstein 68. Un nouveau conseil d’administration a été élu à l’unanimité des membres présents. Et c’est un jeune éleveur de 24 ans, Yves Ritzenthaler, qui a été porté à la présidence. Il est associé avec son père sur l’exploitation familiale située à Jebsheim, au Gaec Malaitis. « J’ai accepté cette responsabilité car je sais que je peux compter sur une équipe motivée et, comme moi, des éleveurs passionnés. À nous, toutes et tous ensemble, de poursuivre la dynamique engagée et de continuer à promouvoir l’élevage dans le Haut-Rhin. C’est d’autant plus nécessaire avec tout ce qu’on entend de nos détracteurs. Nous ne devons pas nous cacher. Bien au contraire. Continuons à être fiers de notre métier et positivons », insiste Yves Ritzenthaler. À Swiss Expo Cet optimisme est d’autant plus justifié que le cheptel se porte bien. À l’exemple de ces trois nouvelles vaches qui ont dépassé les 100 000 kg de lait. C’est le cas de Bledina (104 872 kg) du Gaec Gnaedig à Largitzen en huit lactations. De 52 Este (103 921 kg) du Gaec Butsch à Ranspach-le-Haut en sept lactations. Et de Sissia (113 341 kg) de l’Earl Prinz à Hausgauen en sept lactations. À Swiss Expo 2020, au concours Red Holstein, quatre animaux du département étaient présents. Il faut noter la belle deuxième place de section de Pick Red du Neuhof qui est la co-propriété de l’Earl de l’élevage du Neuhof et Maxime Pierre. Pour le concours des génisses, huit du Haut-Rhin ont défilé sur le superbe ring de Swiss Expo. L’une d’entre elle, Midali Denver Providence du Gaec Butsch s’est très bien illustrée en remportant la deuxième section. Huit vaches noires du Haut-Rhin ont également défilé avec à la clé dans ce concours au niveau très relevé, un podium et une troisième place pour Menthe du Neuhof de l’Earl Élevage du Neuhof. Enfin, neuf jeunes de l’équipe du Club Holstein 68 ont participé à la troisième édition du « showmanship » organisé par Swiss expo. Alicia Gutzwiller s’est classée deuxième de sa section, Andréa Resch et Damien Thiebaut ont terminé troisième de leur section.     L’assemblée générale a également permis de mettre en valeur les élevages du département pour la qualité de leur cheptel et les résultats obtenus. Elle s’est terminée par l’intervention de Ken Poincelet de la société Sobac sur le thème de l’autonomie fourragère et protéique, la relation entre les sols, les plantes, les animaux et la santé. L’intervenant a insisté sur le rôle des micro-organismes sur la macrofaune du sol. « Une multitude d’animaux, parfois minuscules, le sillonne. Certains y déroulent la totalité de leur cycle biologique alors que d’autres ne l’habitent qu’à l’état larvaire », a-t-il rappelé au cours de son intervention où il a attiré l’attention des éleveurs sur leurs pratiques. Et la nécessité de respecter et de bien comprendre le sol où l’on se trouve.

Publié le 04/03/2020

Améliorer le confort des vaches est un gage de performance économique. C’est aussi un plus grand confort de travail pour l’éleveur. Explications.

La taille des cheptels augmente mais celle des bâtiments d’élevage ne suit pas forcément. D’où des problèmes de saturation qui rajoutent du travail et font monter le stress chez les éleveurs comme chez les animaux. Tel est le constat fait lors des réunions hivernales animées par les conseillers élevage de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Les chiffres sont là : en l’espace de dix ans, les effectifs ont augmenté de 30 % dans les élevages, pour atteindre 72 vaches en moyenne en 2019. Cette augmentation des effectifs a pu entraîner une dégradation du confort des animaux et, avec elle, des pertes économiques : on chiffre à 250 € le coût d’une boiterie, à 200 € celui d’une mammite. « Une vache est totalement cyclée, explique Cécile Michel. Quand on rompt quelque chose dans le cycle, on perturbe son métabolisme et son fonctionnement. » En 24 h, les vaches passent par une succession de cycles de deux heures : elles mangent environ 30 minutes, font un tour à l’abreuvoir, puis retournent se coucher pendant 1 h à 1 h 30. Le temps de couchage est très important, insiste la conseillère. D’où la nécessité de prévoir une logette par vache pour le couchage. Le temps de traite et de contention, lui, représente 3 h dans la journée d’une vache, soit 1 h 30 maximum matin et soir dans l’aire d’attente, ou bloquées au cornadis. Or, ce temps est très souvent dépassé ce qui engendre des problèmes de pattes. Une place à l’auge L’alimentation et l’abreuvement des animaux sont l’un des cinq fondements de la performance en élevage laitier. Un manque de place à l’auge induit une concurrence accrue entre les vaches. Celles qui ne peuvent pas s’alimenter en premier se ruent sur ce qui reste une fois que leurs congénères sont rassasiées. Cette prise excessive de nourriture entraîne un déséquilibre ruminal. Indépendamment du nombre de places à l’auge, il arrive que les vaches n’aient pas accès à la nourriture à certains moments de la journée ou de la nuit car l’auge est vide ou le fourrage inaccessible. Ce que révèlent les images prises par caméra Timelapse. « Il est important que la ration soit disponible tout le temps et soit repoussée », souligne la conseillère en élevage. Autre constat : une table d’alimentation surélevée de 15 à 20 cm facilite l’ingestion, de même qu’une inclinaison du cornadis de 20° vers l’avant. La qualité et la quantité d’eau distribuée aux vaches laitières sont d’autres paramètres à surveiller. Les besoins journaliers sont évalués à 100 l par vache par une température de 15 °C. Il faut prévoir un point d’eau pour dix vaches laitières (VL), ou huit cm minimum/VL, et un débit suffisant, soit 15 à 20 l/minute. La hauteur de l’abreuvoir doit être de 65 à 75 cm et la température de l’eau comprise entre 8 °C et 14 °C. Attention à l’eau du puits, avertit la conseillère en élevage : « Si vous avez des butyriques, ça peut venir de l’eau. » Elle recommande également de nettoyer régulièrement l’abreuvoir car les vaches préfèrent une eau propre. « Le premier embêté, c’est l’éleveur » À surveiller également, la note d’état corporel : celle-ci ne doit pas augmenter de plus de 0,5 point au tarissement, sans quoi la vache risque de faire du gras et d’avoir des problèmes au vêlage. Entre le vêlage et le pic de lactation, la perte se limitera à 1,5 point. Si la note d’état corporel baisse trop, la vache court plusieurs risques : acétonémie, déficit énergétique, baisse de la production, problèmes de reproduction, immunité affaiblie. La note d’état optimale est à adapter selon la race : aux alentours de 2,5 en prim’holstein et de 3 en simmental et en vosgienne, par exemple. Le confort des vaches est un autre facteur de la performance. On veillera d’abord à leur propreté car « quand les vaches sont sales, le premier embêté, c’est l’éleveur », qui doit passer plus de temps à nettoyer les pis. De plus, la saleté augmente les risques d’infection. Leur assurer un bon confort de couchage est un autre élément important : c’est quand elles sont couchées que les vaches produisent le lait. Bien régler la logette - il existe des référentiels pour cela -, régler la barre au garrot en fonction du gabarit des vaches, éviter les arrêtoirs et les bottes de paille entre les logettes sont quelques-unes des préconisations. Enfin, le confort des vaches laitières passe par la régulation de la température et de l’humidité à l’intérieur de l’étable. Les éleveurs ont pu le constater : les vaches supportent mieux le froid que les grosses chaleurs. À partir de 25 °C, elles rentrent en stress thermique. Il faut donc ouvrir le bâtiment au maximum et si la ventilation naturelle ne suffit pas, recourir à une ventilation forcée (ventilation, brumisation…). Du colostrum au bon moment Troisième fondement de la performance : limiter la douleur. Qu’il s’agisse des blessures et des boiteries ou des mammites, il s’agit d’intervenir tôt. Prévenir plutôt que guérir, comme le dit l’adage. Pour l’écornage aussi, mieux vaut agir avant un mois. Après, l’anesthésie est obligatoire. L’écornage thermique est réputé moins douloureux. Pour renforcer l’immunité des animaux, l’apport de colostrum à la naissance est essentiel. Il faut l’apporter « en quantité, en qualité et au bon moment », c’est-à-dire le plus tôt possible, souligne la conseillère, et privilégier la tétine pour stimuler la salivation. Favoriser les comportements naturels est recommandé. Cela passe par l’accès à une aire d’exercice, à un parcours, ou tout simplement au pâturage. Les aires d’exercices et les couloirs doivent avoir une largeur suffisante et une bonne qualité de sol. Scarifier celui-ci permet d’éviter les glissades. Il faut aussi assurer la propreté de ces espaces en passant le racleur le plus souvent possible. Dernier élément : maintenir une distance d’évitement permet à la fois d’avoir des animaux calmes et, d’assurer la sécurité de l’éleveur et de tous les intervenants présents à proximité des vaches. « Il faut être à la fois l’ami et le chef des animaux », résume la conseillère.   Lire aussi : « Boiteries : lever le pied pour bien les détecter », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Concours des vosgiennes

Girly, cette grande championne

Publié le 28/02/2020

Girly, cette belle vosgienne née le 3 novembre 2011, se trouve sur l’élevage de Laura et Lionel Vaxelaire à Saulxure-sur-Moselotte, dans le département des Vosges. Elle est la grande championne 2020 de ce salon de l’agriculture.

Le couple a repris l’exploitation familiale en 2003, la SNC de l’Envers des Graviers. Aujourd’hui, il élève trente laitières, toutes des vosgiennes, et leur renouvellement. « Cela fait quarante années que la race est présente sur ma ferme. À l’époque, un stagiaire de mon père s’était rendu chez Armand Burger pour acheter des veaux. Il avait été séduit », explique Lionel Vaxelaire. Lui-même vient à Paris depuis l’an 2000, année de son premier concours. « C’est la passion. L’envie de se retrouver tous ensemble et de chercher à valoriser la race », précise l’éleveur. Forcément, avec l’expérience et les différentes manifestations auxquelles il participe, il évite certaines erreurs. « Je viens chaque fois avec mes meilleures vaches. J’avais déjà eu une grande championne en 2011, prénommée Schild. De son côté, Girly avait débuté sa carrière en 2012 avec des titres à Wesserling puis a été grande championne en 2016 à Plaine. C’est donc une vosgienne de grande qualité. En 2017, déjà au salon de l’agriculture, elle avait été première de sa section et championne meilleure mamelle », précise Lionel Vaxelaire. Venir au « spécial » à Colmar Lundi passé, il a présenté sa vosgienne dans la dernière section, celle des vaches confirmées. « On s’est confronté avec des éleveurs qui ont présenté des vosgiennes de très grande qualité également. Je pense que la longévité de Girly a fait la différence. 696 kg de muscles qui expliquent une solidité à toutes épreuves et une très bonne attache arrière comme avant, un système mammaire élégant et porteur à en faire rougir un taureau, sans oublier des courbes avantageuses qui favorisent son aplomb », poursuit le professionnel. Il constate que, depuis vingt ans, le concours est toujours plus difficile et agréable. « La qualité des animaux a évolué positivement. Les lots sont plus homogènes. Les éleveurs progressent dans la préparation des animaux, dans leur tonte, dans leur façon de leur apprendre à marcher en concours. Il faut dire que la vosgienne est une race au top pour les concours. La mixité de la race est bien mise en avant », conclut Lionel Vaxelaire. Il espère venir avec Girly et sa sœur Girl, pour le « spécial » à Colmar, comme à Paris.    

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