Élevage

Syndicat des éleveurs de la race Montbéliarde du Haut-Rhin

Un cheptel de qualité à valoriser

Publié le 10/02/2020

Une cinquantaine d’éleveurs de la race Montbéliarde du Haut-Rhin s’est retrouvée jeudi 30 janvier à Feldbach pour l’assemblée générale du syndicat. Parmi les points abordés, la qualité sanitaire du cheptel.

Le syndicat de la race Montbéliarde du Haut-Rhin que préside depuis six ans Jean-Philippe Meyer se porte bien. En 2019 encore, les éleveurs ont promu leur race préférée lors de différents concours réputés. À l’image de celui d’Habsheim lors de la foire Simon et Jude, du salon de l’agriculture à Paris ou encore de l’Axone à Montbéliard. « Ces manifestations ont permis de pérenniser notre dynamisme. Nous comptons poursuivre sur le même chemin en misant sur la solidarité et la convivialité entre les éleveurs. En 2020, le concours d’Habsheim se fera avec nos collègues du Territoire de Belfort. Ce partenariat va apporter un plus à la manifestation. Merci à la Chambre d'agriculture Alsace pour son soutien », se félicite Jean-Philippe Meyer. Ce dernier a été réélu à la présidence du syndicat qui compte 34 adhérents (+6 par rapport à l’année précédente) qui représentent un cheptel de 2 152 vaches (+ 208). Techniquement, la race Montbéliarde affiche des résultats intéressants. 37 élevages du Haut-Rhin, ayant au moins de 80 % de leurs animaux en race Montbéliarde, étaient suivis en 2019 avec un effectif moyen qui dépassait les 62 vaches. La réunion a été l’occasion de remettre la statuette de l’organisme de sélection (OS) à Jean-Pierre Goldschmidt pour sa vache Tabea (Pastago/Electro) qui a produit 108 011 kg de lait dans sa carrière. Cette dernière a débuté à 24 mois en août 2004 lors de son premier vêlage. Elle a fait douze lactations avec une exceptionnelle cyclicité car son dernier vêlage a eu lieu en septembre 2015 ! « Cette vache, comme de nombreuses autres, montre une nouvelle fois les qualités de la race Montbéliarde qui affiche de bons taux en règle générale. C’est un atout dans un environnement économique qui reste compliqué. L’année 2019 l’a démontré avec une météo atypique et un prix du lait qui ne correspond toujours pas à nos attentes. Quoi qu’il en soit, participez aux réunions hivernales du contrôle laitier qui arrivent et engagez-vous dans vos communes pour défendre notre métier et nos vaches », ajoute Jean-Philippe Meyer. Une réunion à laquelle a participé le vice-président de la Chambre d'agriculture Alsace Denis Nass. Comme lors de l’assemblée générale des cantons d’Altkirch et de Dannemarie de la FDSEA du Haut-Rhin, il a rappelé les missions de la Chambre. « Nous nous investissons pour construire avec vous de meilleures solutions techniques. Le programme Elena en est le meilleur exemple. Il s’agit de donner aux agriculteurs les meilleures solutions techniques et les meilleurs conseils », précise Denis Nass. L’intention du projet Elena est en effet de renforcer les exploitations d’élevage du Rhin supérieur. Les expériences et connaissances sont échangées et des solutions communes sont élaborées pour être mises en place des deux côtés du Rhin. Le premier objectif concret est d’apporter une meilleure coopération pour l’approvisionnement d’un marché intégré transfrontalier pour les produits animaux du Rhin supérieur. Le second, d’améliorer les conseils techniques et méthodiques tout comme un accompagnement intensifié vers une plus grande compétitivité. Le troisième est d’établir un réseau sur le développement et la stabilisation de la coopération transfrontalière. « Par rapport à ces objectifs, vous avez toute votre place. La race Montbéliarde fait un très bon compromis entre la production de lait et celle de la viande », rappelle Denis Nass. Il a également insisté sur l’importance de la communication par rapport à l’agribashing actuel, sur la nécessité de mutualiser le matériel et sur les évolutions actuelles et à venir de la Chambre. Prévenir les maladies Le groupement de défense sanitaire (GDS) a fait le point sur les différentes maladies. La bonne nouvelle concerne la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR). Il n’y a pas de nouvelles contaminations en Alsace même si 21 cheptels sont encore concernés. Dans le Haut-Rhin, la maladie est assainie. Pour la diarrhée virale des bovins (BVD), on est en phase de bouclage et d’élimination des « infecté permanent immunotolérant » (IPI). La proportion des veaux positifs baisse. Actuellement, elle se positionne à 0,13 %. Cette diminution doit se poursuivre car l’objectif est d’obtenir l’éradication. Cependant, six nouveaux cheptels ont été infectés en Alsace. Une seconde phase de traitement de la maladie permettra de tester une nouvelle technique et d’effectuer des dépistages. Quatre cantons tests ont été sélectionnés : Drulingen, La Petite Pierre, Bischwiller et Guebwiller. Ce travail de prévention complétera ce qui a déjà été mis en place : la vaccination des animaux mis à la reproduction, l’élimination des animaux positifs sous les quinze jours, l’obtention d’un statut pour tous les animaux, la restriction de la circulation ou encore une enquête épidémiologique dans les cheptels afin de vérifier leur statut. Enfin, pour éviter d’introduire une ou des maladies, il sera demandé des garanties avant l’achat, d’isoler à l’introduction, de vérifier les conditions de transport et encore de compléter les analyses classiques. Concernant la coopérative Elitest, les éleveurs ont été informés que de nouvelles offres sont proposées pour les Montbéliardes avec un renouvellement important de la gamme. Il y a cinq nouveaux taureaux disponibles en semences sexées : Odyno, Ovalromey, Ozone, Ogive et Olifly. Six nouveaux attribués avec des doses à 11 € : Noelcerneu, Ouper, Opticom, Oreo, Ovallees et Oss117. Le dernier point à l’ordre du jour a concerné l’intervention de Benjamin Laville, technicien à l’union des fédérations agricoles (UFA) et spécialiste en nutrition. Il a abordé le thème de l’élevage des veaux et leur alimentation de zéro à six mois. Dans l’après-midi, les éleveurs ont visité le Gaec de la Verdure à Riespach.

Après un méteil

Pourquoi pas un sorgho ?

Publié le 05/02/2020

Résistants à la chaleur et au manque d’eau, les sorghos avancent deux arguments de poids dans un contexte de changement climatique.

Un des avantages de récolter les méteils au stade ensilage est de libérer suffisamment tôt les parcelles pour implanter une culture suivante, qui profitera d’un sol structuré, avec peu d’adventices et riche d’un reliquat azoté. La solution la plus « basique » est d’implanter un maïs précoce. Mais d’autres possibilités existent. Notamment les sorghos, plantes qui présentent l’avantage, à ce stade de l’année, de bien supporter la chaleur. Il existe plusieurs types de sorghos. Les sorghos monocoupes ne se sèment pas avant le 15 mai. Le sol doit en effet afficher une température de 12 °C, sinon les adventices risquent de pousser plus vite que le sorgho, avec des difficultés de désherbage à la clé. Ce type de sorgho se récolte plus tard qu’un maïs ensilage, vers la mi-octobre, mais peut rester en place jusqu’aux premières gelées sans subir de perte de rendement. « Au contraire, indique Laurent Fritzinger, conseiller à la Chambre d'agriculture Alsace, plus le sorgho mûrit plus le rendement augmente. Et comme leur valeur alimentaire découle essentiellement de leur digestibilité et de leur teneur en sucre, il ne faut pas les récolter trop tôt. » La principale difficulté est de déterminer quand le sorgho est mûr. Les sorghos multicoupes s’apparentent davantage à une graminée, et se gèrent donc « comme de l’herbe ». La première coupe doit donc être positionnée avant l’épiaison. Puis, selon la chaleur, deux à trois coupes permettent de valoriser les repousses, qui sont assez rapides : « Il faut prévoir une coupe toutes les six semaines », prévient Laurent Fritzinger. Cependant, la valeur alimentaire de ce fourrage est moyenne, comparable à celle d’« un bon foin ». Pour ces deux types de sorghos, il existe des variétés BMR, moins riches en lignine, ce qui améliore leur digestibilité, donc permet de gagner en UFL. Mais, forcément, ces sorghos sont plus sensibles à la verse. Il s’agit donc de « bien gérer la densité de semis et la fertilisation azotée ». Itinéraire technique Les sorghos se sèment au semoir monograine afin de garantir une levée homogène. En effet, il n’y a pas de produit de désherbage homologué à moins du stade trois feuilles du sorgho, qui prend un certain temps à être atteint, d’où l’intérêt d’une levée homogène. Le besoin en azote est limité, de 50 à 80 unités, soit moins qu’un maïs. Laurent Fritzinger déroule les atouts des sorghos par rapport au maïs : « Ils sont moins gourmands en intrants, les semences sont moins chères, ils résistent bien à la chaleur et à la sécheresse grâce à un système racinaire plus profond. Ils attirent moins les sangliers. Riches en sucres, ils s’ensilent bien. Dans les rations, ils ramènent de l’énergie mais sans amidon, ce qui limite le risque d’acidose. » Quelques inconvénients tout de même : « Ils démarrent lentement, sont sujets à la verse, mûrissent lentement et doivent être ensilés après le maïs. » La comparaison des coûts de revient entre un maïs et un sorgho donne l’avantage au second. « Sachant qu’avec un sorgho BMR, on apporte quasiment autant d’UF qu’avec un maïs. » Citant une étude réalisée par Arvalis - Institut du végétal, Philippe Le Stanguennec, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture Alsace, précise : « Même si on fait 2 tMS/ha de moins avec un sorgho qu’avec un maïs on est encore bon en termes de coûts alimentaires. Et, à rendement égal, on obtient un gain de 5 €/1 000 l de lait avec le sorgho. »   Lire aussi : « Des pistes pour reconstituer les stocks », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Publié le 04/02/2020

Les méteils cumulent de multiples vertus, qu’elles soient agronomiques, alimentaires ou économiques. En outre, dans un contexte de changement climatique qui pénalise aussi bien le rendement des prairies que du maïs ensilage, ils diversifient les sources de fourrage, donc sécurisent les stocks.

Les méteils, mélanges de céréales et de légumineuses, présentent de nombreux avantages, exposés par Laurent Fritzinger, conseiller à la Chambre d'agriculture Alsace : « Ils constituent une couverture hivernale des sols, qu’ils explorent efficacement, grâce à des systèmes racinaires différents. Ils contribuent au maintien de la structure des sols. Selon les espèces utilisées, les méteils permettent aussi de limiter les opérations de désherbage en concurrençant les adventices. La présence de légumineuses implique des restitutions d’azote sur la culture suivante. En outre, les méteils sont généralement peu sensibles aux maladies et moins exigeants en eau que d’autres solutions, comme les intercultures de ray-grass. Enfin, ils ne requièrent aucun matériel spécifique, puisqu’un semoir à céréales et une faucheuse suffisent. » La principale charge des méteils est constituée par les semences : « Compter 150 à 200 €/ha, sachant que le prix augmente avec la proportion de protéagineux. Et qu’il est possible de faire son propre mélange, avec des semences de ferme pour les céréales, et de n’acheter que les protéagineux. » Il s’agit aussi d’être attentif à la composition du mélange, pour en maximiser les bénéfices. Laurent Fritziner conseille : « La proportion de chaque espèce dans le mélange dépend de ce qu’on veut en faire. Il est important d’utiliser des espèces qui affichent des précocités comparables et d’incorporer au moins une espèce tuteur. » Parmi les céréales envisageables, l’orge a peu d’intérêt, justement parce qu’elle ne constitue pas un bon tuteur. Le triticale est plus adapté, si on choisit des variétés résistantes à la verse. L’avoine peut être utilisée, à condition de choisir une variété résistante au gel. Tout comme le seigle fourrager, sachant que sa valeur alimentaire est médiocre, qu’il est très compétitif envers les protéagineux, mais qu’il est précoce. La tardiveté de l’épeautre peut nécessiter de retarder l’implantation de la culture suivante. Bref, la céréale parfaite n’existe pas ! Idem en ce qui concerne les protéagineux : le pois fourrager risque de faire verser le méteil s’il est semé trop dense, les vesces sont riches en protéines mais sont tardives et peuvent aussi faire verser les céréales, les trèfles survivent difficilement à la compétition inhérente au mélange, par contre la féverole est plus adaptée : « Elle résiste au gel, est très riche en protéines et constitue un tuteur en elle-même. » Des essais sur les méteils menés par la Chambre d'agriculture Alsace depuis plusieurs années, il ressort que les fertiliser ou pas ne change pas grand-chose, tant en termes de rendement que de valeur alimentaire. Ce n’est pas interdit « pour aider la céréale », mais si le mélange est riche en protéagineux, la fertilisation risque d’être contre-productive. Ces essais révèlent aussi que les méteils présentent des UFL compris entre 0,74 et 0,9. Les plus faibles valeurs énergétiques sont obtenues avec les mélanges à base de seigle ; les plus élevées avec des mélanges riches en pois ou en vesce. Quant à la teneur en protéines, elle va de 15,7 à 21 % de MAT (Matière azotée totale) avec de la féverole. Donc mieux qu’un maïs. Ces essais comprennent également une analyse économique, qui permet de démontrer l’intérêt de ces mélanges. Notamment parce que « leur coût de production, évalué à 55-80 €/tMS, est inférieur à celui de l’ensilage d’herbe, essentiellement grâce au faible niveau d’intrants », précise Laurent Fritzinger. Du champ à l’auge Outre ces avantages agronomiques et économiques, les méteils présentent aussi des intérêts alimentaires, puisqu’ils s’intègrent bien dans les rations à base de maïs ou d’herbe où ils apportent fibres et protéines. À condition de réussir la récolte ! Une étape pas toujours évidente : « Les méteils se caractérisent par leur faible teneur en matière sèche (MS) sur pied, la présence d’espèces à grosses tiges, difficiles à sécher au champ, leur tendance à former un couvert dense, qui maintient un microclimat humide et peu aéré au niveau du sol », décrit Philippe Le Stanguennec, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture Alsace. L’objectif est donc d’atteindre un méteil à 30 % de MS au champ, seuil qui permet de préserver les teneurs en sucres et en protéines en ensilage. Pour atteindre ce stade, « deux jours de séchage, c’est incompressible », constate Philippe Le Stanguennec. Il rappelle les facteurs qui conditionnent l’aptitude à l’ensilage d’un fourrage : « Plus la teneur en sucre est élevée, meilleure est la conservation. Et plus la teneur en éléments minéraux est élevée, plus le pouvoir tampon est fort, donc plus la baisse de pH est difficile. Enfin, plus le fourrage est humide, plus les protéines sont dégradées. » D’où l’intérêt du préfanage qui, en en accélérant la baisse du pH, réduit la protéolyse. Selon la météo, il n’est pas toujours évident d’obtenir un fourrage réunissant ces qualités. Dès lors, la pertinence du recours à un conservateur peut se poser. Ces conservateurs sont généralement composés de bactéries, qui transforment les sucres simples en acides, qui diminuent le pH. Ils contiennent éventuellement aussi des enzymes, qui ont pour objectif d’attaquer la cellulose et de transformer les sucres complexes en sucres simples. Ils peuvent aussi être plus simplement composés d’acides. Pour Philippe Le Stanguennec, ces conservateurs ont un intérêt si la teneur en MS du méteil est insuffisante, s’il est riche en légumineuse, si l’acidification risque d’être lente entraînant une dégradation des protéines, ou encore si de la terre a été incorporée à la récolte, engendrant un risque de multiplication de spores butyriques. Pour garantir leur efficacité, il convient de « les répartir de manière homogène dans le silo, en respectant la dose préconisée par le fabricant ». Maintien des performances techniques, amélioration des performances économiques Il ne reste plus ensuite qu’à valoriser les méteils dans les rations. Ils peuvent par exemple remplacer une partie de l’herbe. Leur teneur en azote plus élevée permet d’économiser du correcteur. Ils peuvent aussi remplacer une partie du maïs, avec également des économies de correcteur à la clé. « Mais, comme on perd en UF, il faut apporter des céréales », tempère Philippe Le Stanguennec. Le conseiller cite une étude menée par l’Idele et qui démontre qu’en intégrant 30 % de méteil dans une ration, les résultats sont équivalents à la ration de référence, que ce soit en termes d’ingestion, de production de lait ou de taux, avec cependant la perte d’un point de matière grasse. Ce qui se répercute sur la paie de lait. Mais « comme le coût de la ration est un peu inférieur, la marge est supérieure avec la ration comprenant 30 % de méteil », rapporte Philippe Le Stanguennec. Qui précise que l’étude se fonde sur un rendement en méteil de 6,5 tMS/ha. « Si le rendement baisse, le coût à la tonne augmente. Mais le méteil reste performant jusqu’à 4,5 tMS/ha. » Pour conclure, les techniciens rappellent qu’afin d’obtenir la valeur énergétique la plus élevée possible, les méteils gagnent à être récoltés jeunes, donc généralement en mai. Ce qui suggère de bien choisir la culture suivante.   Lire aussi : « Une association gagnante », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin ; « Des pistes pour reconstituer les stocks », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.  

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