Élevage

Maxime Springinsfeld, président des Éleveurs bovins du Haut-Rhin (EBHR)

Rencontrer les consommateurs sereinement

Publié le 22/10/2019

L’association des éleveurs bovins du Haut-Rhin, que préside depuis peu Maxime Springinsfeld, organise le concours départemental de Habsheim. Le jeune éleveur reprend le flambeau de l’organisation d’un rendez-vous bien rodé, fort de son quart de siècle d’existence.

L’association des éleveurs bovins du Haut-Rhin (l’EBHR) regroupe les membres du syndicat de la montbéliarde et ceux du Club Holstein 68. « L’EBHR existe depuis 2000. Les bureaux des deux syndicats forment le conseil d’administration. Notre mission est de préparer, d’organiser et de veiller au bon déroulement du concours départemental de Habsheim. C’est d’autant plus important que cette manifestation reçoit un accueil favorable. Le grand public répond présent. C’est pour nous, professionnels, l’occasion de communiquer positivement sur notre métier, nos pratiques, la réalité agricole. À l’heure où, dans les médias nationaux et régionaux, nous sommes régulièrement dénigrés et où l’agribashing devient un « sport national », Habsheim nous permet de rappeler certaines vérités. Nous, agriculteurs, pouvons rencontrer les consommateurs sereinement », explique Maxime Springinsfeld, éleveur à Durmenach. Cette 25e édition se présente bien. Le marché des producteurs du réseau Bienvenue à la ferme sera à nouveau au rendez-vous, directement intégré à la manifestation, sous le chapiteau. L’installation représente un travail important dans les jours qui précèdent. « Il mobilise les éleveurs, mais également le personnel de la Chambre d'agriculture d’Alsace pour l’organisation administrative, que nous remercions pour son aide et son soutien financier. Nous avons également le soutien du Conseil régional du Grand Est, du Conseil départemental du Haut-Rhin, de la M2A, de la ville de Habsheim, de Groupama et de sponsors privés comme les organismes bancaires, les assurances et les entreprises qui travaillent tout au long de l’année avec le monde agricole en général, de l’élevage en particulier. Le budget de la manifestation tourne autour de 35 000 €. Nous confortons d’ailleurs deux partenariats importants avec M2A et Groupama qui auront des stands plus importants que les années passées », ajoute Maxime Springinsfeld. Une lourde organisation qui est cependant facilitée par les acquis du passé. « Mon prédécesseur, Sébastien Stoessel, nous a laissé une manifestation bien rodée et sur pied. Tout est calé au niveau de l’organisation. Il faut simplement poursuivre de la même façon le travail réalisé. Encore merci à lui », poursuit le nouveau président de l’EBHR. 210 inscrits 210 animaux sont inscrits au concours. On retrouve peu de nouveaux et essentiellement des éleveurs passionnés, fidèles à Habsheim. Ils sont quinze à présenter des holstein et treize des montbéliardes, sachant que des inscriptions ou des retraits étaient encore possibles entre la rédaction de cet article et la date de la manifestation. En revanche, les salers ne seront pas au concours cette année. « Cinq races seront en présentation. Armand Mathieu, un autre fidèle de Habsheim, les fera défiler entre les deux concours. Ce sera l’occasion de les présenter et d’expliquer leurs spécificités. Armand Mathieu animera également la présentation des veaux avec les enfants. C’est toujours un moment sympathique et émouvant, précise Maxime Springinsfeld. Ces deux journées seront très intenses et riches en événements. Cette édition se prépare depuis de nombreux mois. Entre la recherche des sponsors, l’organisation administrative, la sécurité, l’accueil : il y a de quoi faire. Et dès la fin de cette édition, nous nous retrouverons pour faire un bilan et préparer la suivante. L’élevage régional vaut bien cela », conclut Maxime Springinsfeld.

Publié le 10/10/2019

Confrontés à des difficultés d’approvisionnement en drêches de brasserie, douze éleveurs se sont constitués en Groupement d’intérêt économique (GIE) afin d’aller directement à la rencontre des brasseries. Objectif : valoriser localement et au juste prix un coproduit précieux pour des éleveurs confrontés à une forte pression sur le foncier agricole.

Ils sont douze. Et ils ont décidé de prendre à bras-le-corps le problème de l’approvisionnement en drêches de brasserie. Tableaux à l’appui, Dominique Streicher, vice-président du GIE Les Éleveurs de l’Est et éleveur à Hilsenheim, expose la situation : « Il y a eu une augmentation progressive du prix des drêches de brasserie, avec une accélération ces trois dernières années, jusqu’à atteindre des niveaux qui compromettent la rentabilité économique du coproduit dans les rations. » Or, en Alsace, les surfaces agricoles sont rares, donc convoitées. Nourrir les animaux exclusivement à l’herbe, c’est compliqué. Les rations comprennent donc du maïs ensilage et des coproduits (lire en encadré), qui permettent d’obtenir une ration qui réponde aux objectifs de production des éleveurs, tout en préservant la santé des animaux. Contrer l’exode de la ressource Parmi les coproduits utilisés figurent les drêches de brasserie. Elles sont produites principalement par trois brasseries dans le Grand Est (Heineken, Kronenbourg et Champigneulles). Au fil du temps, leur prix de vente n’a fait qu’augmenter. « De 1990 à 2019, il est passé de 20 à 50 €/t », révèle Dominique Streicher. Surtout, sur les 200 000 tonnes produites en 1990, 160 000 t étaient écoulées localement, alors que sur les 165 000 t produites en 2019, seules 60 000 t restent dans la région. Pour l’éleveur, cet exode de la ressource est le fruit de la spéculation exercée par les intermédiaires. Avec pour effet collatéral de faire exploser le bilan carbone de la valorisation des drêches, puisqu’elles partent plus loin. « Jusqu’en Allemagne, voire aux Pays-Bas. » Tant et si bien que les volumes viennent parfois à manquer. « Et fermer le robinet, c’est aussi une manière de faire monter les prix », déplore Dominique Streicher. Du coup, les drêches échappent aux éleveurs locaux. Dommage, parce qu’elles sont dès lors remplacées par des tourteaux de soja ou de colza, souvent importés, parfois issus d’OGM. « Les drêches constituent d’ailleurs une alternative au soja OGM dans le cadre de la production de lait sans OGM », constate l’éleveur. Court-circuiter les intermédiaires C’est dans ce contexte qu’a émergé l’idée de créer ce GIE. Son objectif : « Aller directement à la rencontre des brasseries, pour leur dire que nous sommes capables de leur acheter tant et tant de volume de drêches et de les diffuser en direct », présente Dominique Streicher. Pour ce faire le GIE a créé un site internet, où tous les éleveurs intéressés par l’opération sont invités à passer commande. Une réussite. Déjà 31 849 t de drêches ont été pré-réservées par 140 agriculteurs. « Mais plus on a de volume, plus on sera en capacité de négocier », souligne Dominique Streicher, qui invite donc les éleveurs à passer commande en masse. Principal argument : le prix. « Nous pensons pouvoir obtenir un prix de 38 à 42 €/t. Car les seules marges qui seront appliquées serviront à rétribuer le secrétariat et le transport, assurés par la société Pollen, ce qui devrait représenter 5 €/t. »

Publié le 19/09/2019

Le grand rassemblement de l’élevage bovin aura lieu le 27 et 28 octobre, dans le cadre habituel de la Foire Simon et Jude à Habsheim. Ce ne sont pas moins de 180 bovins qui défileront sur le ring lors des concours et des présentations au grand public cette année.

Les éleveurs s’unissent afin que cette 25e édition soit un beau concours conjuguant professionnalisme et camaraderie, avec le partenariat du service Élevage de la Chambre d’agriculture Alsace et d’Élites, de la commune de Habsheim, avec le soutien des Conseils régional et départemental, ainsi que des banques Crédit Mutuel, Banque Populaire et Crédit Agricole et de nombreux partenaires organisationnels et financiers. Ensemble, ils contribuent à mettre en œuvre cet évènement annuel. En coulisses, la préparation s’organise et les éleveurs habituent les vaches à marcher au licol, les lavent et les bichonnent afin de mettre en valeur leurs plus beaux atouts. Le concours de la Foire Simon et Jude est une étape importante : l’occasion de montrer son savoir-faire en termes de sélection génétique et de conduite du troupeau laitier. Il clôture la saison pour certains et prépare aux prochaines échéances pour d’autres, en tout cas, il est un lieu de rencontre et de discussion apprécié par tous. Comme l’an dernier, le chapiteau accueillera la finale départementale de jugement de bétail organisée par la Chambre d’agriculture et le Lycée agricole. Pour la 14e année consécutive, aura lieu le concours du meilleur présentateur en race Montbéliarde et Prim’holstein. Le défilé des enfants avec leurs veaux est reconduit, il n’est accessible qu’aux éleveurs-exposants et les veaux sont soumis aux mêmes conditions sanitaires que les vaches. Toujours dans le but de communiquer avec le grand public, les producteurs fermiers adhérents à la marque « Bienvenue à la ferme » proposeront une restauration sous le chapiteau ainsi qu’un marché avec leurs produits.

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