événement

Publié le 29/06/2018

Les Jeunes Agriculteurs du Ried invitaient, dans le cadre de 30e fête de la Carotte à Muntzenheim, pour une journée portes ouvertes à la ferme. Un public nombreux est venu, dès le matin, découvrir et se sensibiliser avec la variété des travaux effectués à la ferme Husser, Earl Les Laitières, de Muntzenheim.

Les Jeunes Agriculteurs du Ried, avec l’expérience des éditions précédentes, ont proposé aux visiteurs une journée de découverte sur les travaux à effectuer dans une ferme de la plaine du Rhin. À partir de 9 heures, et jusqu’au soir, ils ont pu découvrir les filières agricoles du lait et des céréales au travers de panneaux explicatifs au contenu pédagogique. L’exposition de matériel agricole d’hier et d’aujourd’hui a intéressé un public familial composé de plusieurs générations, apportant aux plus jeunes des informations sur des machines anciennes entreposées dans les hangars de leurs grands-pères. Le quiz « Découverte de la Ferme » a permis aux participants de se rendre compte des divers métiers et activités impliqués dans l’évolution du monde agricole. Un marché de producteurs locaux a permis de découvrir des produits alimentaires confectionnés dans la proche région, et se familiariser avec l'artisanat local. De nombreuses animations pour petits et grands ont permis de comprendre le monde agricole tout en s’amusant. À l’heure du repas de midi, les JA étaient au four et au moulin pour répondre aux attentes des personnes venues pour goûter au repas confectionné avec des produits 100 % Alsace. La visite de l’exploitation laitière, l’Earl des Laitières, a familiarisé les visiteurs avec les spécificités de l’agriculture dans le Ried. L’exploitation agricole s’étend sur 63 hectares, dont 6,5 ha de prairies, 19 ha de maïs ensilage, 13,5 ha de maïs grain, 9 ha de luzerne, 7,6 ha d’orge, 4,5 ha de blé, 2 ha de soja et 0,90 ha de jachère. L'élevage pour sa part, est composé de 80 vaches laitières, 60 génisses et 2 taureaux avec un quota laitier de 700 000 litres. Trois personnes sont employées à plein temps sur l’Earl. Le succès de ces portes ouvertes à la ferme a permis aux Jeunes Agriculteurs du Ried de promouvoir leur métier tout en faisant découvrir au grand public le savoir-faire alsacien. Cette journée permit aussi de casser quelques préjugés sur l’agriculture d’aujourd’hui et de promouvoir ce lien, si important, entre producteurs et consommateurs.

Agriculture biologique en Chine

Un grand retour aux sources enclenché

Publié le 10/06/2018

Le gouvernement chinois a déclaré la guerre à la pollution. Dans le domaine agricole, cela se traduit par la volonté de développer l’agriculture biologique, et de remplacer la fertilisation non organique par un mix de minéral et d’organique. D’importants moyens humains et financiers sont déployés en ce sens.

Dans l’imaginaire collectif, la Chine est composée de grandes villes, très peuplées et de vastes zones rurales, où règnent des conditions de vie encore rudimentaires. La Chine abrite 20 % de la population mondiale, pour 7 % des surfaces arables mondiales, dont une part importante à flanc de montagnes. « Il est donc important de produire, et tout le temps. Donc, comme on ne laisse pas les sols au repos, il faut aussi soutenir leur fertilité », indique An-ni Zhu. Une précaution qui semble avoir été un temps oubliée puisque de nombreux sols manquent de matières organiques. Une des particularités de l’agriculture chinoise, c’est la production de riz. « Les Chinois mangent du riz tous les jours, à tous les repas », précise Ronald Hupin. Aussi les terrasses reçoivent-elles beaucoup de riz sur riz, même s’il est possible de les assécher pour y cultiver autre chose. La Chine compte encore quelque 300 millions d’agriculteurs, dont beaucoup de petits paysans, qui pratiquent encore la traction animale. Autre particularité de l’agriculture chinoise, les paysans sont nombreux à prendre en compte des aspects énergétiques : « Les premiers orages du printemps sont source de festivités car ils sont considérés comme fertilisants », illustre An-ni Zhu. Dans ce paysage, la part de l’agriculture biologique certifiée est très modeste : « Moins de 1 %, plutôt 0,5 % de la production nationale », avance An-ni Zhu. Ce qui représente tout de même une certaine quantité, et qui ne prend pas en compte tout ce qui est produit de manière biologique mais sans certification. Le potentiel de croissance de l’AB en Chine est donc énorme. Sauf que les consommateurs chinois n’ont pas confiance en ces produits. « Ceux qui ont les moyens préfèrent consommer des produits bios importés avec une certification européenne par exemple », rapporte le professeur Wang. Quitte à payer ces produits cinq fois le prix de leur équivalent conventionnel. L’essor de la bio en Chine passe donc par deux voies. Restaurer la confiance des consommateurs en la production locale. Mettre au point de nouvelles techniques. « Celles qui sont utilisées actuellement viennent pour beaucoup du passé, et sont difficilement transposables à plus grande échelle », pointe An-ni Zhu. « Nous ne voulons pas revenir au passé, mais inventer » La Chine a la réputation tenace d’être une nation à l’activité industrielle débridée, peu regardante sur ses impacts écologiques. Or, lors de son dernier congrès, le gouvernement a affirmé sa volonté de réduire la pollution. La fertilisation non organique est dans le collimateur. Et des fonds ont été débloqués pour encourager le recours à la fertilisation organique. En Chine, 90 % des engrais organiques sont fabriqués par des sociétés. Ils sont souvent à base de déjections animales, de résidus de culture, de tourteaux, de micro-organismes. « 60 % du coût d’un fertilisant organique est pris en charge par l’État », indique le professeur Wang. L’argent ne va cependant pas aux utilisateurs, mais aux fabricants pour qu’ils puissent vendre ces engrais moins cher. Déjà, le recours à la fertilisation non organique aurait diminué de 20 %, avance le professeur Wang. Mais la médaille a deux revers. Le premier c’est que de plus en plus de sociétés, plus ou moins sérieuses, se sont lancées dans le créneau de la fabrication d’engrais organiques. Le second, c’est que, souvent, le niveau de production ne suit pas. C’est pourquoi les acteurs de cette révolution verte sont actuellement à la recherche de techniques qui permettraient de combiner fertilisation organique et minérale : « Nous ne voulons pas revenir au passé, mais inventer quelque chose de neuf », indique An-ni Zhu. De la recherche à la pratique Comme en Europe, la Chine a développé un concept qui semble assez similaire à celui du développement durable, puisqu’il s’articule autour de trois piliers : l’économie, l’écologie et la société. Sur ce dernier aspect, le gouvernement alloue d’importants moyens aux actions à même de freiner l’exode rural en dynamisant les campagnes. Ainsi, chaque village peut recevoir un soutien financier du gouvernement s’il engage des actions en faveur de l’environnement. En outre, la volonté politique de réduire la pollution et l’exode rural se traduit par un soutien significatif aux universités agricoles pour financer la formation et la recherche. Les étudiants sont incités à faire de la recherche appliquée dans les villages. « C’est très efficace car les résultats obtenus en recherche sont appliqués automatiquement », constate le professeur Wang. En outre, la présence d’étudiants contribue aussi à l’éducation de la population locale. Les techniques mises au point dans le cadre de ces projets pilotes ont vocation à être diffusées à grande échelle.

Publié le 09/06/2018

La troisième édition du salon Agriculture de demain a refermé ses portes sur un bilan qualitatif unanimement reconnu, mais quantitativement plus mitigé. La manifestation a en effet accueilli à peine plus de 1 000 professionnels aguerris ou en devenir, étudiants ou personnes en reconversion. Et ce, malgré un programme de conférences et d’ateliers de haut vol, un pôle diversifié d’une cinquantaine d’exposants et une météorologie très favorable.

Le thème de cette troisième édition sur la fertilisation était porteur, explique Maurice Meyer, directeur d’Alsace Bio, société partenaire et co-organisatrice de la manifestation. Tous les partenaires ont porté l’événement de façon active, en diffusant très largement les invitations dans leurs réseaux et cela, à l’échelle du Grand Est. On aurait donc pu s’attendre à une fréquentation bien supérieure à celle de 2016. Ce désintérêt montre à l’évidence le malaise croissant d’un secteur en souffrance… Sur les quelque 1 000 professionnels qui ont fait le déplacement sur la manifestation, beaucoup venaient des différents départements de la Région Grand Est (Moselle, Haute-Marne, Vosges), quelques-uns d’Allemagne et de Suisse… d’autres arrivant même de Chine. En effet, une délégation de cinq représentants de l’Université d’agriculture de Pékin était présente les deux jours, d’une part pour y présenter une conférence passionnante sur le développement de l’agriculture biologique en Chine (lire ci-dessous) ; d’autre part pour participer aux différents ateliers démonstrations proposés, qu’ils ont suivis avec attention et intérêt. Un nombre important d’élèves et étudiants étaient également au rendez-vous. Organisé cette année pour la première fois à l’échelle de la Région Grand Est, Agriculture de demain est un rendez-vous professionnel bisannuel, porté par les Chambres d’agriculture Alsace et Grand Est, Arvalis-Institut du végétal, l’Organisation professionnelle de l’agriculture en Alsace (Opaba) et Alsace Bio. « Nous restons convaincus que ce type de manifestation très pointue tant dans le choix des thèmes que dans la qualité de ses intervenants est important pour les professionnels du secteur. Reste à savoir comment l’adapter au mieux pour les motiver à venir plus nombreux. C’est notre prochain défi… nous avons deux ans pour y réfléchir », conclut Maurice Meyer.

Pages

Les vidéos