événement

Publié le 25/05/2018

« Dans la famille Becker, vous demanderez Jean François, viticulteur qui vous offrira les vins, Jean Philippe, viticulteur œnologue et distillateur artisanal qui vous proposera les nouveautés, mirabelle et quetsche bio, Martine qui brodera sur le thème des mises en bouche et bien sûr Marie Josée, la maman, qui s’occupera du café et des desserts… » L’invitation était alléchante, le rendez-vous était convivial. Martine Becker, grand maître de la confrérie Saint-Étienne, n’a pas changé une formule qui gagne : promenade dans le grand cru Froehn le matin, pique-nique - ou barbecue - dans la cour du domaine à midi, balade digestive dans le lieu-dit Kronenbourg l’après-midi. D’année en année, la foule des convives grandit, à l’image de la chaleur de l’accueil de cette famille qui exploite ses vignes en culture biologique depuis 1999.

Foire aux vins d’Ammerschwihr

90 ans et pétillante de jeunesse

Publié le 17/05/2018

Ammerschwihr était en fête du 27 au 29 avril : le Syndicat viticole organisait sa 90e foire aux vins. Comme chaque année, la manifestation a ouvert le bal des nombreuses foires qui émaillent la route des vins d’Alsace.

Traditionnellement, c’est le samedi matin qu’a lieu l’inauguration durant laquelle l’assistance prend la température du vignoble à travers les discours : Ammerschwihr est en quelque sorte le baromètre des grandes tendances et de l’état de santé de la profession. Derrière les belles phrases et les bons mots, il faut lire quelques vérités acidulées, dites avec le sourire de circonstance, mais qui veulent interpeller quand même. Après avoir salué les personnalités présentes - le député Éric Straumann, le conseiller régional Bernard Gerber, Pierre Bihl, vice-président du Conseil départemental, Patrick Reinstettel, maire d’Ammerschwihr, les représentants des instances professionnelles de la viticulture, la reine des vins d’Alsace Justine Schmitt et sa dauphine Clémence Bléger -, Romuald Bohn, président du Syndicat viticole, a rappelé les difficultés du millésime 2017 : les gelées à - 10 °C peu avant la foire aux vins, l’été chaud, la récolte précoce, qui s’est soldée par des pertes allant de 30 à 50 %. Il a lancé un appel aux élus, face aux contraintes administratives de plus en plus pesantes auxquelles les viticulteurs sont confrontés. Si on ajoute la pression pour les produits de traitement, les maladies encore incurables, on sent que le moral n’est pas au beau fixe. Christian Relle, vice-président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), a pointé d’autres soucis : la réforme de la fiscalité, la pression sociétale et environnementale envers les produits phytosanitaires. Pierre Bihl s’est voulu plus positif, en évoquant l’essor de l’œnotourisme qui commence à peser dans l’économie alsacienne. Patrick Reinstettel s’est montré fier des 90 ans de la foire aux vins d’Ammerschwihr : elle est née en 1921, par la volonté de Joseph Dreyer père, sur les cendres d’un vignoble alsacien en ruines, a connu les tensions, les maladies, la guerre, de nouvelles destructions, les divisions, mais a toujours su résister, s’inscrivant dans « le patrimoine immatériel d’Ammerschwihr ». Éric Straumann a assuré que Jacques Cattin, retenu par d’autres obligations, « s’occupe bien de vos dossiers ». Enfin, la reine des vins et sa dauphine ont remis les diplômes des prix d’honneur aux maisons primées par le Syndicat viticole avant d’inviter officiellement aux dégustations d’ouverture de cette foire aux vins. Esprit de foire Tout au long de ce week-end de foire, le public est venu nombreux, catalogue en mains, pour dénicher les perles du terroir local, curieux du millésime 2017. Certains préféraient une « verticale » de rieslings ou de muscats, d’autres testaient deux trois vins par maison avant d’aller plus loin. « Je ne jure que par les gewurztraminers Kæfferkopf, et les 2017 s’annoncent bien ! Je me régale », commente Serge, venu de Mulhouse. Le sommelier François Lhermite proposait une dégustation commentée, agrémentée par Julien Binz. À la foire, on sait trouver les bons compagnons pour les vins : des tartes flambées, du schifala cuit dans l’alambic avec du marc de gewurztraminer, ou encore le menu de la masterchef Christelle Richert : foie gras suivi d’un filet alsacien et sa sauce flambée. Et qui dit foire, dit aussi musique avec l’ensemble Loyala de Colmar, les Frankenthaler de Stosswihr, le Licorne Elsasser Bandet l’ensemble des jeunes de l’Harmonie municipale d’Ammerschwihr. Le dimanche, une exposition de matériel vignes et cave et quelques stands de marché complétaient l’ambiance. Un vendeur de tracteurs confiait : « Au lendemain d’un gel ou de grêle nous avons les premières résiliations de commandes. Nous vivons avec à la nature, à côté des viticulteurs. Mais il faut quand même être présent ici, chez nos amis et clients. » Bernard Schneider, la cheville ouvrière de la foire aux vins d’Ammerschwihr et toute son équipe ont tout mis en œuvre pour que la fête soit digne d’un 90e anniversaire : ils ont bien réussi !

Publié le 10/05/2018

Coup de tonnerre dans la communauté des éleveurs du Grand Est. Le salon Cœur d’élevage, qui devait se tenir du 21 au 23 juin prochain au Parc des expositions de Colmar, a dû être annulé par les organisateurs, faute de participants, de financement, mais aussi d’organisation et d’entente entre les professionnels.

Le président de la Chambre d'agriculture d'Alsace, Laurent Wendlinger, est le premier à regretter cette annulation. « Le projet était ambitieux et devait prendre la suite d’Eurogénétique. Une des complexités de cette manifestation semble précisément être son ampleur. Tous les partenaires économiques et financiers ne sont visiblement pas prêts à s’inscrire dans un projet aussi important. Et le lien n’a peut-être pas été fait suffisamment avec la manifestation spinalienne. » Laurent Wendinger poursuit : « Le parc-expo de Colmar voulait un équilibre financier. Il n’a pas pu être trouvé dans l’immédiat. Un second point important semble avoir posé problème, l’aspect sanitaire. Les normes à respecter sont toujours plus contraignantes. Or il était question d’une manifestation internationale, avec des éleveurs venus de Suisse et d’Allemagne, notamment. Sans cette large vision, Cœur d’Élevage n’aurait pas eu la même dynamique. Pour ma part, je pense toujours qu’il y a de la place pour une manifestation d’élevage d’envergure dans le Grand Est. Nous avons pu en avoir un superbe exemple en 2016 avec la confrontation européenne à Colmar qui a été une belle réussite. Reste à savoir si les gens seront capables de se remobiliser à l’avenir. Et surtout, les partenaires sont-ils prêts à mettre des moyens financiers importants ? Cette année, cela n’a, semble-t-il, pas été le cas. » « Le lieu était idéal » « Le lieu était idéal : de belles infrastructures, plus adaptées que le Parc des expositions d’Épinal où se déroulait le salon Eurogénétique. Mais apparemment, les sponsors et les exposants n’ont pas répondu présent, ou du moins pas suffisamment vite », estime un responsable professionnel bas-rhinois. Trop d’individualisme, pas assez de collectif, telle serait l’une des raisons de cet échec. « L’équipe organisatrice était trop restreinte pour prendre en charge une telle organisation. » « Les organisateurs ne voulaient que des éleveurs dans le comité d’organisation. Mais pour une manifestation de cette taille, il faut s’entourer de toutes les compétences, car c’est un travail titanesque. » Une autre remarque va dans le même sens : « On ne peut pas critiquer la Chambre d’agriculture et réclamer ensuite son soutien. » Une manifestation de trop, en plus de Brumath et de Habsheim ? « Non, car le public visé n’était pas le même. C’était une manifestation à vocation internationale », indique un président de syndicat. Mais les nouvelles contraintes sanitaires (quarantaine) imposées récemment à la participation des animaux étrangers suite à la résurgence de la FCO ont porté le coup de grâce à ces ambitions. « Très peu d’éleveurs étrangers auraient fait le déplacement. » Un autre professionnel précise toutefois : « Il convient d’être prudent sur l’attrait que peut avoir un tel salon sur les éleveurs allemands et autrichiens. On ne peut pas se baser sur le succès de la Confrontation européenne prim’holstein qui reste un événement unique et qui est une affaire de passionnés. » « L’Alsace n’est pas une terre d’élevage » Plusieurs responsables du monde de l’élevage insistent sur le fait que l’Alsace n’est pas une région d’élevage. « Nous n’aurons jamais le même potentiel que l’Ouest (Space) ou le Massif Central (Sommet de l’élevage) pour organiser une manifestation d’élevage. Il y a plus d’éleveurs dans un département breton que dans toute la région Grand Est ! Eurogénétique, c’était 15 000 entrées payantes, là où le Sommet de l’élevage de Cournon en fait 100 000… » Non seulement il y a peu d’éleveurs, mais « tous les acteurs qui gravitent autour du monde de l’élevage (insémination, alimentation, machinisme…) ont beaucoup moins de moyens à déployer qu’en Bretagne par exemple ». De fait, de gros constructeurs ne se sont pas engagés à soutenir la manifestation car ils sont déjà présents au Space, avec une visibilité et une rentabilité garanties. Ce qui n’était pas forcément le cas de Cœur d’élevage. « Pour moi, c’est la chronique d’un désastre annoncé, affirme un technicien. C’est dommage, car c’était une belle vitrine pour l’élevage de la région ! » « Du coup, il manque un grand concours dans l’Est de la France », renchérit un président de syndicat. Pour autant, il ne faut pas baisser les bras et profiter de cette année de pause pour rebondir, mettre en place une organisation plus efficace, s’accordent à dire les personnes interrogées. Les départements du Grand Est invités à Habsheim De son côté, Sébastien Stoessel, président du service élevage de la Chambre d'agriculture, regrette, « comme l’ensemble des professionnels haut-rhinois », l’annulation de la manifestation. « Je ne vais pas revenir sur les conditions qui ont conduit à cette décision. Politiquement, et j’ose l’affirmer, certains n’ont sans doute pas voulu que cela se fasse en Alsace, à Colmar, dans la configuration proposée par Thomas Prinz. Résultat, nous n’avons pas d’événement majeur dans le Grand Est. C’est dommage, et d’autant plus regrettable que cela a cassé une dynamique chez les éleveurs. Car il s’agissait bien d’un projet porté par et pour les éleveurs, adossés à une structure privée. Malheureusement, cette dernière, pour diverses raisons, a pris la décision d’annuler la manifestation. » Une bonne nouvelle, toutefois : « Avec David Butsch et Jean-Philippe Meyer, les présidents des syndicats holstein et montbéliard, nous avons pris la décision, pour l’édition 2018 du concours de Habsheim, d’inviter les départements du Grand Est, à raison de cinq animaux holstein par département. Et pour 2019, d’organiser un concours montbéliard interdépartemental, annonce Sébastien Stoessel. Nous le faisons pour garder une dynamique alsacienne forte, malgré ce revers. Mais aussi par respect pour le temps passé par Thomas Prinz, Franck Guittard et l’ensemble de l’équipe. »

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